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Toujours au inéiue Miisée,ÏAssonip(ion de la Madeleine du Titien qui, au dire du Tintoret, peig-nait avec de la chair broyée, provient aussi de TKscorial'.
Girone. Cloître de la Cathédrale. — Episode caricatural d'un JiKjenient où une damnée est enlevée par un démon auquel elle oppose la plus vive résistance (fîg. 98) ; situation pénible, en effet, pour le sexe habitué à donner et non à recevoir des ordres, qui, dans 1 enfer conjugal a toujours le dernier mot et désormais est obligé de se soumettre aux « concessions à perpétuité. »
Grenade. Cathédrale. — Cet édifice abrite le tombeau des abominables Ferdinand et Isabelle qui, pour s'assurer le ciel où les criminels sont reçus à bras ouverts, établirent Tlnquisition.
La garde des ossements de ces époux assortis est confiée à des harpies mythologiques qui occupent les extrémités du monument, en regard
de figures chrétiennes de saints préposés au
A . ^ ^ lug-. 98.
même emploi. Pour de tels personnages, on ne
pouvait choisir de plus vils gardiens que ces chiennes voraces,
filles de Zeus et d’Héra, monstres ailés au visage de femme, au
corps de vautour et aux griffes crochues.
Madrid. Prado. — Nous connaissons le tableau où Murillo a peint saint Bernard dans sa cellule, agenouillé aux pieds de la Vierge qui lui apparaît au milieu d’un nuage et lui lance au visage une douche de son lait -.
2*^ Notre-Dame d’Atocha [Notre-Dame-du-Bulsson). — Lantier,
1. Est-il utile de rappeler dans quelles circonstances le cruel dévot Philippe II éleva le monastère de San-Lf)renzo près de Madrid? Au siège de Saint-Quentin, le féroce roi catholique, ((ui pensait, comme le fait dire Shakespeare à l’iin de scs personnages, que « le monde est une huître (ju’il faut ouvrir avec un couteau », avait endommagé 1 église de Saint-Laurent ; en expiation, il lit vœu de faire consacrer au saint nn monument auquel il donnerait la forme d’un gril, l’instrument de son supplice.
"2. Anec. hist. et relig. lig. 52.
l'art l'ROKANE A l’É(11JSL
en 1835, vit dans la chapelle de la Vier^^e un curieux ex-voto, sous forme de tableau représentant une scène de flagrant délit d'adultère. Voici l’anecdote. Un hidali^o surprend sa femme avec son amant cjui s'évade prestement par la fenetre , 1 Othello espagriol retourne sa fureur contre son épouse agenouillée et s’apprête à la larder de son épée, quand soudain il éprouve un vertige indéfinissable qui paralyse ses mouvements ; puis revenu à la réalité, il fait grâce à la coupable. Il lui demande à quel saint puissant elle s’est recommandée « A. Notre-Dame d Atocha, lui fut-il répondu, j ai fait vœu d’aller à Madrid visiter son église. — Allez accomplir votre vœu, madame, je ne m’y oppose pas. »
Saragosse. Nuestra-Senora-del-Pilar. — Une Vierge enceinte, avec l’enfant Jésus dans le ventre, a été sculptée sur une stalle de cette basilique par Giovanni Morelo, de Florence, en 1542 h
De Saint-Foix décrit, dans la cathédrale de Saragosse, le tombeau d’un fameux inquisiteur : « Il y a, dit-il, six colonnes sur ce sépulcre, et à chacune de ces colonnes un Maure nu, attaché et qu’il paroît qu’on va brûler. Si jamais le bourreau, dans quelque pays étoit assez riche pour se faire élever un mausolée, celui-là pourroit lui servir de modèle. »
Séville. U Cathédrale. — Près de la porte de la Lonja se trouve la fameuse Génération de Louis Vargas ; le chapitre, peu soucieux des probabilités historiques, mais essentiellement pudibond, y fit voiler la poitrine d’Eve î
Ce tableau, dit Desbarolles, fait dans la manière de Raphaël, a acquis auprès des étrangers une certaine célébrité, par un mot de Ferez de Alesco incessamment répété par les guides. Il dit, en le regardant, que la jambe d’Adam seule valait beaucoup mieux que tout le saint Christophe colossal peint à fresque, à quelques pas plus loin.
Le devant d’autel de la chapelle de Azulejos n’est autre qu’une peinture décorative, 1 jAnnonciation ^ sur faïence, par Niculoso Francisco. Ce médaillon est soutenu par deux centauresses à torses nus, suffisamment capitonnés (fig. 90).
1. Document communique à la Chron, luédic, par M. Pluyette, de Marseille.
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Le superbe mausolée où repose Maria Padilla, la favorite de Pierre le Lruel, évo([ue les nudités que cette beauté se plaisait à exposer aux veux émerillonnés des gens de cour quand, en leur présence, elle preiunt un bain dont chacun devait boire une tasse.
Fiii-. !)!).
2^ La Giralda. — Ce « clocher de la cathédrale » est une tour à caractère religieux et satirique surmontée d’une girouette symbolisée par une statue de la Foi. De fait, on ne pouvait trouver une figure plus piquante de V Abjuration, et quand la nouvelle reine d'Espagne, Pépouse d’Alphonse Xlll, passera en vue de cette antithèse artistique, elle songera à sa conversion et à celle d’Henri IV pour qui le royaume de France valait bien une messe.
^ 3« Musée. — Les Ames du Purgatoire d’Alonso Gano sont autant d académies à mi-corps, enveloppées de flammes. Au premier plan du Jugement universel de Martin de Vos, une des nombreuses damnées privée de son corset retient, avec peine, ses mamelles exubérantes et croulantes.
4° Eglise de l’Université. — Le tombeau de Don Pedro Enriquez est couvert de nudités.
S» Couvent de la Caritad '.
t. Un rideau voile une toile célèbre de Valdes Léal, le Triomphe de U Mort ■ les cadavres grouillent de vers et le réalisme macabre est à ce point repoussant que Munllo, a la vue de ce charnier, s’écria : „ Il faut se boucher le nez ! »
l'art profane. — II.
l’art profane a L ÉGI.ISE
Tolède. Cathédrale. — La façade est percée de trois portes dites de VEnfer, du Pardon et du Jugement, en raison des sujets qui y
sont sculptés.
Parmi les curieuses incrustations des stalles, les impudents
Manne ken-Pis foisonnent ; le plus fameux de tous, celui de Bruxelles, est-il leur ancêtre ou un de leurs descendants ?
Toutefois, la domination espao-nole dans les Flandres ne
semble pas étrangère à ces similitudes.
Contraste décevant : à côté de ces actes naturels ruisse-
Fig-. 101.
lants d’inouisme qui donnent une image joyeuse de la vie, 1 epitaphe inscrite sur le tombeau du cardinal Porto Carrero nous rappelle son
inanité I Hic jacet pulvis, cinis et nihil. ^ ^
Un panneau des armoires de la salle capitulaire est orne d un buste de femme nue (fig. 100). Enfin, le curieux heurtoir de la porte des Lions ou de l’Alegria, qui conduit au cloître de la cathédrale, est formé de deux torses de néréides aux seins lourds (fig.jlOl).
Valence. Cathédrale’.
1. A la fête de la Vierge, le 15 août, honni soit... Nous voulons dire qu’on y
l’église devenait une véritable cage à serins; lâchait une multitude de canaris, à la queue
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^rsT. Monastère dit de Saint-Just \ — A l’ombre duquel le boulimique, enq)hysémateux, prog'iiate, hémorroïdaire, g’outteux, artério-scléreux et surtout ca^ot Charles Quint vint se retirer et finir ses jours, en exhalant, de sa bouche de brochet, dans un souille ultime et infect des adénoïdiens, son Ame catholique, apostolique et romaine.
On vit longtemps dans la Chapelle de l’Empereur la gracieuse statue de la Vierge à la cruche, dont l’origine légendaire vaut d’être contée. \ers 1780, d après le récit de L. Lurine et A. Brot, un jeune gentilhomme du voisinage, don Manuel, sculpteur amateur, rencontra une ravissante paysanne, Marica, qui venait de remplir sa cruche a la rivière ; il s’en éprit aussitôt. La jeune fille, surprise
desc[iiels ctait attachee une banclerolle do papier doré 5 la g'alanterio espaj^'iiolc exigeait que ces volatils emblématiques lussent attrapés par les gens de tout âge au C(xui jeune et oflcrts a leur eiuiinorndo, Rien qu un nonce ait défendu aux hommes, sous peine d’excommunication, d’olîrir de l’eau bénite à l’église parce qu’ils en profitaient pour glisser des billets doux, le rigorisme du clergé n’était qu’apparent et, comme dans tous les pays méridionaux, le sensualisme faisait bon ménage avec le mysticisme ; le culte de la religion était intimement lié à celui de Vénus. Et cette tolérance se conçoit d autant mieux Irii la la los montes que les premiers auteurs comiques de l’Iberie, sont des prêtres : Lopes de Vega. avec ses dix-huit mille pièces, et Calderon, chanoine de Tolède, auteur de plus de sept cents. N’oublions pas non plus que le patron de Valence est Vincent Terrier, prédicateur facétieux à qui La Fontaine a emprunté le calendrier des vieillards et dont la saveur pimentée de ses sermoues sancti ne le cédait en rien à celle du üécaméron. Nous avons rapporté son apologue pour inciter les épouses négligentes à remplir leurs devoirs conjugaux (les Seins à l'Eglise, p. 189).
Ecoutez cet autre sermon sur le maquillage et la parure des femmes. « N’est-ce pas taire 1 œuvre du démon ([ue de vouloir changer, comme font les femmes en se peignant le visage, ce que Dieu a créé? Sentez-vous, mesdames, quel alTront c’est pour Dieu ? Corrigeriez-vous le tableau d’un habile peintre ? Dieu n’a pas besoin qu’on lui montre à peindre, il en sait bien autant que vous. Il vous a donné un sein rond et volumineux, et vous voulez vous faire une petite gorge ; il vous a donné de petits yeux, et vous en voulez de grands; vous êtes nées avec des cheveux noirs, et vous les changez en crins roux, comme la queue d’un bœuf. Aussi qu'arrive-t-il ? {{uand vous priez Dieu, il détourne la tête et prend vos tigurcs pour des têtes de diables; et siyous disiez : « Seigneur, je suis votre créature ; il vous répondrait : vous mentez, je ne vous connais pas. » Entre temps, il recommande aux dames de porter du linge blanc, ne vir senlial malum odorem. Il appelle les moines (rrossos porcos... ; on n’est jamais trahi que par les siens.
L Ly auteurs des Couvents racontent encore qu’un jour, les franciscains de Sain t-'^ ust apprirent que Mata-Florida, ancienne religieuse de la communauté de Iluelgas, ballerine célèbre du théâtre del Principe à Madrid, était de passage dans les environs du monastère pour se rendre à Lisbonne, où l’appelait une fantaisie royale; ils la prièrent de venir danser dans leur réfectoire; ce qu’elle fit de la meilleure grâce du monde (fig. 101 his). MM. Bérenger, G. Lecomte, A. Brisson et autres chevaliers de la triste figure, ne criez pas au scandale et souvenez-vous que l’abbaye de Chelles vit danser la Gamargo et la Sallé.
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l’art l'IlOFANE A l/ÉfiLlSE
de cette rencontre, se sentit détaillir... iit une chute sur 1 hei bette et sa cruche se brisa. Les familles des deux amoureux s’opposèrent à cette mésalliance. De chagrin, don Manuel devint fou et aveugle ;
mais il huit par obtenir de son père, grand d'Espagne, que Marica lui servit de compagne et de guide. 11 tailla dans le marbre une statue de la Vicrrjc à la cruche et lui donna les traits de sa bien aimée ; puis, il attendit qu’elle s’animât et vécût comme la Galatee de Pygmalion. Afin de réaliser son rêve, Marica imagina de prendre la place de la statue ; don Manuel saisit son ciseau pour corriger un défaut de grain qu’il croyait sentir au sein de son idole, mais celle-ci épouvantée arrêta la main de l’artiste... « Enfin, s’écria-t-il, elle a remué, elle vit ! » L’émotion fut si vive que le pauvre insensé revint à la raison. On attribua cette miraculeuse cure à l’intervention de la "Viero-e de la Pitié. Quelques années plus tard, Marica mourut , Manuef se retira chez les franciscains de Saint-Yust et leur fit don de sa statue, aux pieds de laquelle il passa le reste de ses jours.
Canaries. Santa-Cruz de Ténériffe. — Pendant la messe de
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minuit, à Noël, la paroi abdominale d’une statue en bois de la \derg-e à terme, s'ouvre à deux volets, comme ceux d’un dij)tyque, et Marie accouche, à minuit sonnant, du divin Bambino par l’opération césarienne.
La statue richement parée, dit un témoin oculaire, est placée sur un autel. Quand l’heure de l’accouchement est arrivée, un prêl re s’en approche et, après force génullexions, il introduit ses mains sous la robe, ouvre les deux portes ménagées dans le ventre et en retire à la grande joie des assistants, un joli bébé rose.