‹ L'art profane à l'égliseChapitre 34 sur 97 · Plon. Benvenuto CelLinl · texte numérisé non relu

Plon. Benvenuto CelLinl

l’aUT IMIÜFANE A i/ÉELISE

d’accord avec les textes du théologien que M. J. de Bonnefon cite dans ses Cas de conscience modernes :

Jacques de Voragine, dans sa treizième légende, alîirme que Noire- Seigneur, avant de monter au ciel, a ce qui manquait « pour entrer complet dans le royaume du Père ».

Saint Athanase, homme tort respectable dans le recul du tem})s, croit aussi que Jésus-Christ ressuscita tout entier.

Le jésuite Suarez, en une thèse copieuse, prouve que Notre-Seigneur « a maintenant dans le ciel l’objet du litige ».

Le débat a lait couler des Ilots de discussion. On a publié à Rome une (( Narration critique et historique de la relique très précieuse... »

L’auteur assure que « l’absence de cette partie infiniment petite ne nuit pas à l’intégrité rayonnante du corps de Jésus ».

Parmi les peintures de la voûte du grand escalier, à l’angle Sud- Ouest, plusieurs des Vertus cardinales se font remarquer par la nudité et l’opulence de leurs seins (PL I, fîg. 97) L

Le Noli me tangere du Gorrège, que l’on admire au Musée de Madrid, figurait au monastère de Philippe II, « où, dit Viardot, il était enseveli sous un ignoble badigeonnage, dont quelques moines imbéciles, sous prétexte de voiler des nudités innocentes, l'avaient outrageusement barbouillé. . . L’attitude du Sauveur, auquel le peintre a mis une bêche à la main pour justifier sa nudité presque complète, est vraiment admirable. »

Ce Musée possède en outre une Tentation de saint Antoine, sorte de parodie du Jugement de Paris, dont Quentin Metzys ou Massys a peint les personnages, et Joachim le paysage.

Trois jeunes beautés, écrit L. Maeterlinck^, vêtues à la dernière mode d’Anvers, ont entrepris la séduction d’un saint anachorète. Elles s’approchent souriantes, et d’un air candide. Tune d’elles lui tend une pomme, allusion visible au premier péché. Le démon, sous les traits d’une vieille pi'oxénète outrageusement décolletée, rit d’avance du succès de sa ruse. Un singe, une des incarnations favorites du démon au moyen âge, tire à la capuce de l’ermite pour l’empêcher de se détourner à la vue de ses jolies séductrices. M. H. Ilymans dit que : « Metzys n’a rien lait de plus beau, de plus délicat, ni de plus chaste », quoique le sujet doive se ranger dans la catégorie des compositions satiriques plutôt scabreuses.

1. D’après VHistoi'ia del moiiasterio de S. Lorenzo del Escorâil, par D. Antonio Rotondo ; D. Euserbio Aguado, édit., Madrid, 2® édit., 1863.

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