HOLLANDE
Saauda^i. Eglise du Taureau. — Le vocable de cette église réformée s’explique par un tableau placé au fond du chœur et que nous avons reproduit dans notre Histoire des Accouchements^ . On y voit un taureau furieux qui, sur ses cornes, enlève une femme grosse : au même instant, la femme accouche et retombe avec le nouveau-né. L'enfant aurait vécu un mois et la mère serait morte au bout de trente-six heures ; ce fait divers paraît plus véridique que le précédent.
A.malfi. Cathédrale Saint- André. — A la nef, deux sarcophages antiques sont couverts de sculptures qui traitent des sujets du paganisme : VEnlèvement de Proserpine^ les Noces de Pelée et de Thétis ou de Thésée et d’Ariane.
Vallée d’Aoste. Cloître de la collégiale de Saint-Ours K — Le chapiteau historié qui a le plus frappé M. Edouard Aubert est celui où l’évêque Plocéan est entraîné dans les flammes de l’Enfer par les démons, vengeurs de son apostasie
Aquila. Couvent de Santa Maria di Colle magnio. — Kuter, moine célestin, élève de Rubens, décora la chapelle de Saint-Gélestin de peintures fantastiques qui se rapportent à la vie de ce pape.
Fie-, 103.
Arezzo. — A l’intérieur de l’église, un colossal Cupidon (fig. 103) sculpté par Pierre délia Francesca, vêtu de son bandeau, dirige ses flèches sans le secours de son arc dans le tas de fidèles qui se prosternent au pied des autels. Cet impudique enfant de Gypris s’est-il blotti sous les voûtes sacrées pour
1. Qualificatif curieux, à rapprocher de celui qui est donné aux églises, en Sicile ; les chanoines sortis du chapitre de la cathédrale étaient appelés, paraît-il, dans les aneiennes chartes, frères-uiérins de cette égiise-mère.
l’art profane a l’étilise
rappeler la vision de saint Dominique qui vit un diablotin assis sur le sein d’une jeune fille nue, d’où il dardait des flèches à pointes de feu contre ceux qui l’appétaient ?
Assise. — Giotto, dans l’allégorie de la Pénitence (fîg. 104), place encore un Cupidon^ son carquois en bandoulière et dont l’arc vient de faire une victime ; mais il le transforme en esprit du mal, avec des griffes de vautour b
Le sacré couvent « renferme autant de merveilles que de pierres » ; c’est la folie de l’art chrétien qui célèbre « la folie de la croix », pour nous servir d’une expression ironique de Bossuet, à propos de de François d’ Assises. Ce ne sont que décors et ornements peints, sculptés ou burinés.
Valéry signale le manque de tenue du personnage qui représente la reine de Chypre, llécube de Lusignan, sur son vaste mausolée : « sa statue assise a une jambe en l’air, passée sur le genou de l’autre, posture fort singulière pour une femme, pour une reine et pour une statue d’église, et dont le lion rugissant, au-dessus du lit dont deux anges soulèvent la draperie, paraît horriblement choqué. »
1. Rappelons une circonstance mystérieuse de la naissance de saint François, en nous appuyant sur l’autorité du R. P. Arsène de Chalet.
Sa mère, Rica, était en proie à de terribles sonlTrances, sans pouvoir enlanter, lorsqu’un pèlerin de passade, après avoir reçu son aumône, Ht cette prédiction : « La mère ne sera délivrée (juc dans une étable et 1 entant ne verra le jour que sur la paille ». Aussitôt, la patiente fut installée sur une botte de paille dans une étable du voisinage et mit au monde son fils qui naquit comme Jésus. L étable a été convertie en chapelle San Francesco il Piccolo (Saint-h rançois-le-Petit).
Hereame. — 1*^ Santa Maria Maggiore. — Chapelle Colleoni. Le sarcophage de ce prototype des condottières « qui vendaient leur force comme les avocats leur éloquence^ sans se soucier de la cause », est entouré d’une frise d’amours dansant une farandole au milieu de guirlandes tleuries. Nous connaissons la statue de l’orgueilleux personnage, à Venise, avec ses indécentes armes parlantes ^
Fit:-. 105.
Fit
2^ Oratorio Suardi. — Une importante fresque de Lorenzo Lotto raconte la Vie de sainte Barbe. Sur le premier plan, on conduit la vierge au bourreau (fîg. 105) ; dans le fond, le tortionnaire lui arrache les seins (fîg. 106), et, après son supplice, un ange la couvre d’une draperie.
Bologne. U Cathédrale Saint-Pierre. — Portail central. Entre autres superbes figures de Jacopo délia Quercia, qui a puisé ses thèmes dans les récits mythologiques et bibliques, notons une Eve naissante et dodue, d’une grâce incomparable.
Au haut du sanctuaire se trouve V Annonciation^ fresque de Louis Garrache, son dernier ouvrage; l’attitude de l’archange Gabriel dans cette situation intéressante est équivoque : il semble avancer les mains sur le corsage de la Vierge pour lui découvrir la gorge.