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I. Pinacothèque. Galerie de tableaux

— La plus haute conception du génie de Raphaël et, en même temps, son chant du cygne, la Transfiguration, nous intéresse par 1 épisode du jeune possédé que les apôtres se déclarent incapables de guérir. Sa mère les conjure, à genoux, de faire de l’exercice illégal de la médecine ; la moitié de son torse est a nu ; elle tourne le dos aux spectateurs et, par suite, réserve la

vue de son sein gauche aux seuls colla-

Fig-. 300.

borateurs du Christ, qui peuvent en jouir tout à leur aise.

Les Vertus théologales du Sanzio faisaient partie de la fameuse Déposition de la Croix de Saint-François des Pères conventuels de Pérouse, actuellement au palais Borghèse. La Charité 302), au corsage boutonné, est assaillie par cinq orphelins qui se disputent ses mamelons, déjà pris d’assaut par deux petits gloutons qui (( v sont et y restent », selon la hère devise du vainqueur d’un autre

mamelon de Malakoll’. Chaque Vertu est assistée de deux génies ou

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amours, munis d’ailes et de vêtements; toutefois, ceux qui accompagnent la Charité pudique ne voilent rien.

Fig. 30 J.

J. Chambres de Raphaël — Chambre de la Segnatnra.

Des scènes mythologiques et bibliques de la voûte symbolisent avec les larges peintures des parois et les ligures allégoriques du soubassement les quatre directions suivies par l’homme dans la vie intellectuelle. A l’un des angles de la voûte est représenté le Supplice de Marsyas, par Raphaël (lîg. 302 bis). Apollon nu, vu de dos, fait écorcher le jeune joueur de flûte pour le punir de sa téméritéh Aux soubas-

1. Que penser de ce dieu de l’harmonie qui puise l’inspiration poétique dans un tel spectacle; n’cst-ce pas l’image allégorique la plus frappante de l’envie féroce des

sements, parmi les fresques de Pierino del Vag*a, la Philosophie se fait remarquer par sou siège en marbre reposant sur des Dianes

Fig. 30:2. — Roproduction par Armengaucl dans les Galeries de l’Europe,

d’Eplîèse, aux multiples mamelles. Les couleurs de sa tunique rappellent les quatre éléments : le bleu (LAir), le rouge (le Feu), le vert avec des poissons (l’Eau), le bitume avec des fleurs (la Terre)b Chambre de VIneendio. U Incendie del Borgo Vecchio montre des hommes entièrement nus; entre autres, un groupe évoque le souvenir d Enée portant son père Anchise, et suivie de sa femme, après l’incendie de Troie. Cet embrasement est si peu terrible que personne ne se presse de fuir. Les femmes qui perdent la tête dans le danger et en toute occasion, sont échevelées, il est vrai.

artistes, invidia artifîcum, dont Ijcauconp n’ont pas recnlê devant le crime pour se défaire d’un rival gênant, on soustraire à un camarade un secret de métier, comme André del Gastagno qui assassina Dominique afin de ])osséder seul le secret de la peinture à riuiile?

l. Cette chambre pourrait encore s'appeler apollinaire, en raison de la tri])le représentation du Irère de Diane. Nous connaissons l’Apollon de VEcorehemeni ; voici celui du Parnasse <pii joue du violon, comme les chérubins, dans un bois d oliviers : primitivement, il jiinçait de la lyre, jugée, dit-on, troj) païenne et supprimée par Raphaël, bien que le bourreau de Marsyas tienne cet instrument et que \ Ecole d Athènes de la même salle soit l’apologie et l’apothéose des philosophes du paganisme. P]nfin, au fond de cette peinture murale se dresse un immense portique décoré des statues de Minerve et d’Ajiollon nu et la harpe à la main, réminiscence d un des captifs du mausolée de Jules II, par Michel-Ange.

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mais elles ont pris le temps de se vêtir; quelques-unes seulement sont k demi nues. La délicatesse de Raphaël — par opposition à la

Fig-, 302 his

foug-ue de Michel-Ange — évite les effets de la plastique dans les tableaux religieux. Pourtant, au premier plan, une jeune femme, qui se montre de dos et porte un vase sur ses cheveux, qu’elle avait pris le temps de tresser, est connue « pour ses formes majestueuses si accusées par le mouvement des draperies (fig. 302 fei') ».

A droite de cette fameuse fresque, vers la partie supérieure du volet de la fenêtre, se trouve un détail d’ornementation singulier, constitué par un corps féminin irréel, muni de seins et d'organes accusés (fîg. 303). Nous avons rencontré une chimère identique sur la sculpture de Bernardo Scultati et Giovanni di Knibe, k Santa Maria delP Anima.

Au plafond, entre autres motifs symboliques, conçus et exécutés dans ses ovales k fond d’or par le Pérugin^ mais que nul n a encore

pu expliquer, nous attirerons rattention sur celui qui, en attendant mieux, a été appelé Le Christ en gloire. Nous avons supprimé la

Fig. 302 ter. — Reproduite par Armengaud dans les Galeries de VEurope.

nichée d’ang-elots ou de chérubins qui volettent dans les espaces vides. Le Rédempteur, qui semble jouer ici le rôle de Juge suprême aux assises du Jugement dernier, est placé entre la Justice ou saint Michel et une pécheresse repentie, dont la mise et l’attitude sont celles de la Madeleine ; si ce n est elle, c’est assurément une de ses consœurs en libertinage (fîg. 303 />w). Certains « explicateurs » ont découvert la Foi dans ce personnage énigmatique.

Salle de Constantin. Des figures symboliques décorent les murs des Stanze et sont le complément des Vertus, Allégories et Emblèmes que Sixte A fit peindre dans la Bibliothèque. Ici, nous voA^ons Injustice (ûg. 304)etlaC/ia/T7é(fig. 304 ôw), aux côtés d'Urbain Ri’; elles ont été peintes à riiuile par Jules Romain, d’après les cartons de Raphaël. Les seins de la Carita sont occupés par deux nourrissons avides, munis de caleçons de bain; la Giustizia n'n que le sein droit à nu ; elle appuie la main gauche sur

Une autruche pesante au long cou dégarni.

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A quoi rime ce rapprochement de la Justice et de l’oiseau chameau des Turcs, renommé par sa bêtise et sa g-loutonnerie ; l’emblème ordinaire de la Synagogue, qui dépose et abandonne ses œufs dans la poussière?

Fis-. 303 bis.

Autre bizarre conception du même peintre : V Innocence (fig. 305) qui assiste Léon L»' avec la Vérité ionie nue (PI. Xlll), porte un corset à losang-es ajourés qui mettent seins et mamelons en évidence. Etrange costume pour une figure qui personnifie la Pudicité. Sa sœur de Pise, la Vergonosa., offre une particularité aussi peu logique : elle se cache la figure avec les doigts écartés. Relevons au passage une singularité de la symbolique : la colombe est à la fois l’emblème de V Innocence et celle de son contraire, la Luhricité\

Aux côtés de Clément V\ la Modération (fig. 306 bis) montre son sein droit et la Bonté (fig. 306) découvre franchement son sein gauche, organe qui n’a aucun rapport symbolique avec la douceur d’âme, à moins quTl ne soit gonflé de lait, il caractérise alors la Charité. Peut-être cette Vertu indique-t-elle ainsi la région qui abrite le cœur?

Barbier de Montault signale encore la Substance (Substantia), sous les traits d’une femme u dont le principal attribut est le lait de son sein qui nourrit l’enfant ».

l^LAXCUE XI II

K. Antiques, a. Le Nouveau-Bras. — Nudités remarquables, mais en nombre restreint, tout au plus une quarantaine de marbres : Uli/ssc au milieu des sirènes;

Diane apereevant Endi/mion endormi; le Faune à Venfant; le %

Faune au repos; Vénus Anadyoniène. Une mosaïque, qui occu-

«eu

Fia-. 304

D’après Armengaud.

Fig. 304 his.

pait le milieu de l’abside, reproduit une Nature sous la forme de Diane d Fphèse, dont les multiples mamelles fécondent les plantes et les animaux. Notons encore, mais comme exception, une Pudicité; celle-ci, rara avis, strictement habillée.

b. Musée Ghiaramonti. — Autres divinités dévêtues : Torse d Héhé; autel en marbre pentélique avec une Vénus et des scènes bachiques; Faune dansant; Nymphe allaitant Jupiter enfant ; la Vénus du Vatican^ dont les vêtements retenus au-dessous du pubis

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