Les Seins à Véglise, fig
I, AKT PROFANE.
d’un coq. On lit sur le piédestal cette inscription : xo7o.o'j,
le Sauveur du monde !
d. Musée Grégorien. —
Parmi les antiquités étrusques, un vase peint à plusieurs couleurs développe les différents incidents de VEnfance de Bacchus :
Mercure apporte le dieu du vin à Silène et trois jeunes nymphes offrent leurs mamelles au nouveau-né, qui ne sait à quel sein se vouer.
12"* Jardins du Vatican.
— Pendant son séjour à Rome, en 1671, le marquis de Seignela}" s'étonne de trouver au « petit jardin » plusieurs figures de Vénus, qu’on ne pouvait confondre avec la Vierge.
Il vit dans une niche une Vénus avec un petit Amour auprès d’elle ; dans une autre niche, une seconde Vénus, appelée la « Honteuse », de se trouver dans pareil lieu, sans doute. Mais le Vatican, vous l’avez vu, fourmille de pareilles surprises.
De Lalande, un siècle plus tard, note avec non moins d’étonnement, dans le petit pavillon ou Casin bâti par Jules II, au milieu de la cour Ovale, « une cuvette avec des enfants qui pissent continuellement, dont les jets se croisent j cette polissonnerie n a aucun mente du cote de 1 ait. Enfoncé le Manneken-Pis bruxellois, savez-vous ?
Jules Gourdaiilt, dans r//a/ie, ne donne qu'une appréciation générale, mais elle a son prix :
La laineuse Villa Pia (^Casino ciel Papa)^ le Gasin de Pie IV (1560), est bien drôle, et, malgré son nom, elle n’a rien de pie. C’est le seul juge-
ment que je trouve à porter sur ce nec plus iiUra de débauche architecturale. FaUes-y deux tours, je vous prie, et dites-moi par quel effort d’imagination, vous vous représentez le saint Pontife lisant son bréviaire dans ce huen retira anacréontique, où de chaque feston de verdure, de chaque rocaille, de chaque chant d’oiseau s’exhalent un mvstérieux frissonnement de volupté et les plus pénétrants parfums aphrodisiaques.
Aussi, est-ce dans ce bosquet que, selon Bædeker, le pape donne parfois audience aux dames.
Enfin, nous empruntons à Ch. Yriarte le dessin de la Vipne du pape Jules du jardin pontifical (fig-. 311). C’est un portique couronné d une balustrade soutenue par une dizaine de cariatides à
game, portant un torse féminin richement meublé et découvert jusqu au pubis inclusivement, ce qui n’est pas positivement un sio'Qe de pudicité. " ^
On conçoit que dans ce milieu paradisiaque, les papes refusent comme l’a fait Pie IX, « le prisonnier du Vatican », sous couleur
l’art profane a l’église
de protestation, de sortir du palais pontifical et de mourir dans ce cachot enchanteur, sur la paille humide dont on a vendu des échan-
tillons. Qu’ils continuent donc à suivre l’exemple de cette dame de
volupté, citée par Brantôme, qui, pour plus grande sûreté, fît son
paradis en ce monde : c’est autant de pris.
Les palais où les pontifes avaient l’habitude de faire leur retraite
estivale étaient décorés de statues et de tableaux qui n’avaient bien
souvent que des rapports fort éloignés avec la religion. En 1765,
raconte de Lalande, le Pape avait coutume de prendre le café dans
un Casin du palais de Monte Cavallo : « Il y a, dans le jardin, une
fontaine où une femme assise donne à téter et un Adrien nu. dans
un bosquet. »
La Villa cil papa Giulio appartenant à Jules III, dont la chape était couverte de nudités des deux sexes, comme on le voit sur une de ses médailles (fîg. 312) et mieux sur son buste, à Florence*. Cette villa est ornée d’un grand nombre de peintures païennes représentant silènes, satyres, Vénus et autres déités de l’Olymi^e. Aux voûtes, des rondes de nymphes, la Grossesse de Calypso.^