‹ L'art profane à l'égliseChapitre 72 sur 97 · L ’ A R T P R O F A IS K A É G 1. 1 S F · texte numérisé non relu

L ’ A R T P R O F A IS K A É G 1. 1 S F

Sainte-Marie in Cosmedin (Sainte-Marie-du-Soleiiy .

22"Sainte-Marie-de-la-Minerve. {Santa Maria sopra Minerva)-.—

Fig. 353. — Marte. Fig-. 354. — iMerciirio.

Léon X ne pouvait choisir pour ses cendres un asile dont le vocable mi-chrétien, mi-païen, répondît mieux aux goûts artistiques du

âge, faisait riutérim de son père, au Vatican, en cas d’absence. Son épitaphe, contrairement à Fusage, est dépourvue de louanges dithyrambiques :

IIoc iiimulo dormit Lucrelia nomiiie. sed re Thaïs, Alexandvi jilia, sponsa, inirns.

(Dans ce tombeau repose Lucrèce, par le nom, mais en réalité Thaïs, tille, épouse et bru d’Alexandre.)

1. Remarquable par son mude de satju’e en marbre veiné, connu sous le nom de Bocca délia verita. Une ancienne tradition veut que l’on prête serment en introduisant la main dans la bouche du masque. Depuis, les mères et les nourrices racontent aux enfants que s’ils passent la main par la bouche de la ^V*rité, après avoir fait un mensonge, ils ne pourront plus la retirer; c’est ainsi que l’on fait mentir la bouche de la vérité.

2. Ou mieux Sur Minerve, parce que cet édifice, la seule église gothique de Rome, fut élevé sur l’emplacement d’un temple dédié à Minerve, par Pompée.

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pontife qui a contribué, pour une si g-rande part^ à pag-aniser l’art chrétien.

Sous le vestibule latéral, la face principale du tombeau de Gio-

vanni Arbermi (fig. 364) montre Hercule, avec l’attribut bien évident de la virilité ; le fils de Jupiter et d’Alcmène étouffe le lion de Némée.

L’une des statues qui décorent la sépulture d’Astorgio Agnense, se fait remarquer par son déshabillé presque complet (fig. 365) ; la bégueulerie en art, à l’époque où cette figure fut sculptée, était alors inconnue. L’observation s’applique encore au Saint Sébastien de Michel Maini de Fiesole, au torse d’Apollon, qui porte une draperie pour la forme (6g. 366).

Au maître-autel, une sculpture d’un caractère tourmenté, modelée par Michel-Ange représente le Christ tenant sa croix. Une draperie de fer-blanc, confectionnée par un chaudronnier intrépide, voile aujourd’hui la nudité du Rédempteur. On a même muni d’une chaussure de bronze le pied droit, qui s’avance et que les pèlerins

l’aUT I'UOKANE. — II.

l'aut l'iioFANto A i/éc;lisf

peu dégoûtés, couvrent de leur salive, comme Torteil de saint Pierre. C’est apparemment pour le protéger de l’usure qu’on l’a recouvert ainsi.

Cependant, le Saint André de Michel Maini a conservé sa nudité,

Fig. 357. — Apollü.

Fig. 358.

— Veiiere.

(( ce qui était, écrit M. Paléologue, une audacieuse innovation pour l’époque, 1480 ».

Il est question du Christ précité dans une lettre qu’Alexandre Lenoir adressait, le 18 thermidor, an x, au Ministre de l’Intérieur, « sur les objets demandés pour l’église de Choisy » :

Citoyen Ministre,

Par votre lettre en date du 16 du courant b vous m’invitez à vous faire connaître si l’on peut mettre à la disposition du curé de Choisy un Christ en marbre, réclamé par cette commune.

J’ai l’honneur de vous observer. Citoyen Ministre : 1'^ que cette statue, représentant une figure nue, peut être utile pour 1 étude du dessin, puisqu’elle met en évidence toutes les formes du corps humain ; qu’elle est

la seule copie qui soit eu France de ce chef-d’œuvre de la main de Michel-Ange, qui se voit à Rome, dans l’église dite de la Minerve.

J’ai fait connaître ces observations au citoyen Ameilhon, membre de

l'Institut, qui s’est chargé de cette réclamation au nom de la commune de Ghoisy, en l’invitant de proposer à la place les objets suivants qui ne sont d’aucune utilité pour les arts, dont le déplacement ne peut nuire à la collection que j’ai formée dans le Musée des Monuments français, savoir : une statue en marbre de saint Louis ^ patron de l’église de Ghoisy ; une idem de saint Maurice et une statue de la Vierge (en pierre).

J’attendrai votre adhésion, Gitoyen Ministre, pour remettre ces objets aux personnes chargées de cette opération au nom de la commune précitée.

Salut et respect.

Lenoir.

Fi«'. 3G1 bis.

23». Sainte-Marie-de-la-Victoire' . — Une chapelle du transept,

1. La façade fut élevée aux frais du cardinal Scipion Borghésc comme prix de

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« parée comme un boudoir » abrite dans son cadre élégant le fameux groupe d autels où Bernin fait revivre la psvcho-névrosée sainte Thérèse (PL XIV), en extase de Lamour divin ou du divin amour. C’est une des plus vivantes imitations de la nature que ciseau de sculpteur ait jamais rendu : le marbre semble respirer ou mieux soupirer, car « la vie de cette vierge, suivant Diderot, se trouve résumée tout entière dans ce mot : amour! » Passion qu^Esquirol qualifie scientifiquement à' érotomanie ou folie de l’amour chaste^.

Un ange touche de la flèche emblématique le sein de la vierge d Avila, dont les prunelles chavirent dans le blanc. Le Bernin traduisit fidèlement la vision que la sainte, alors âgée de 44 ans, décrit dans sa Vie, lorsqu’elle reçut au monastère de l’Incarnation une faveur si extraordinaire que l’Eglise fête sous le vocable de la Transverbération du cœur de sainte Thérèse :

Voici une vision dont le Seigneur daigna me favoriser à diverses reprises. J’apercevais près de moi, du côté gauche, un ange sous une forme corporelle... Il n’était point grand, mais petit et très beau; à son visage enflammé, on reconnaissait un de ces esprits d’une très haute hiérarchie, qui ne sont, ce semble, que flamme et amour. Il était apparemment de ceux qu’on nomme chérubins... Je voyais dans les mains de cet ange un long dard qui était d'or et dont la pointe en fer avait à l’extrémité un peu de feu. De temps en temps il le plongeait au travers de mon cœur, l’enfonçait jusqu’aux entrailles ; en le retirant il semblait me les emporter avec ce dard, et me laissait si embrasée d’amour de Dieu que la violence de ce feu me faisait jeter des cris ; mais des cris mêlés d’une si extrême joie, que je ne pouvais désirer d’être délivrée d’une douleur si agréable...

Tous les écrivains voyageurs ont décrit ce chef-d’œuvre et s’accordent à lui trouver un caractère ultra-voluptueux ; ils le citent

V Hermaphrodite trouvé clans le jardin voisin des Pères carmélites. Ceux-ci, pense Valéry, embarrassés sans doute d’une telle statue, la cédèrent au cardinal pour la galerie de son palais où elle ligure encore aujourd’hui.

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