‹ L'art profane à l'égliseChapitre 74 sur 97 · Anecd. hisi. sur les seins et rnllail., lig · texte numérisé non relu

Anecd. hisi. sur les seins et rnllail., lig

dévouement filial. Ce cachot se montre encore sous le maître-autel^

et Kotzebue y a vu des traces d’une ancienne peinture relatant ce fait.

29® Panthéon. — Ce temple « de tous les dieux » que le servile Agrippa éleva à la gloire de son beau-père Auguste, a été converti en église et consacré à « tous les saints » par Boniface I\ : c’est ce qui le sauva de la destruction (fîg. 287 Lis).

Là reposent les cendres de Raphaël près de sa fiancée,

Maria di Bibiena, laquelle, dit l’abbé Boulfroy, le précéda de trois mois dans la tombe : assertion que contredit la toile de Rodolfo Morgari, exposée à l’Académie des Beaux-Arts de

1 lorence, et qui représente le a divin », F aimmortel » Sanzio mourant (fîg. 373 ter).

Fit:-. 37:

Fi«-. 37

3Qo Saint-Paul hors des murs. — Le tabernacle ou ciborium^ qui date du xiii® siècle, porte une représentation curieuse d’Ève et du serpent tentateur à tête de canard (fig. 374) ; est-ce une ironie picturale relative à la véracité de la légende biblique ?

Des motifs hétéroclites, piqués çà et là au milieu d un gracieux entrelacement d arabesques, de feuillages et de volutes, décorent les tympans entre les archivoltes des arcades du cloître. Nous reproduisons les plus fantaisistes de ces figures : trois visages portant la même couronne (fig. 375)S sorte d'Hécate à « trois têtes dans le même bonnet », et un petit Hercule nu (fig. 376), avec une a nature »

1. La Irinite chrétienne a exercé la fantaisie des artistes en France et à l’étran-f Nous connaissons une peinture de la cathédrale de Saint-Pol de

.«ti.cuidie ue v^nicnester, une sculpture d’une double Trinité avec froi^

2rné Mary-S de Favcrshan,. le même m"Lre «

sculpte sous la ligure d un Zens à quatre yeux (lig. 375 quarte). ^

l’art profane a l'église

féminine, qui étouffe les deux serpents envoyés par punir de son orig'ine adultérine^.

Fie-, 375 ter.

Fig-. 375 bis.

Fig-. 375 quarte.

dl"" Pères Pénitenciers (Padri Penitenzieri). — Ce palais délabré, devenu couvent, fut construit pour le cardinal Donienico délia Rovere, au xv® siècle. Le Pinturicchio, l’un des hôtes du prélat, orna de peintures la demeure de son Mécène. Seules, les trois salles du premier étag-e, d'après G. Lafenestre et E. Richtenberger, ont conservé les traces de ses décorations : le plafond de la seconde « renferme des personnages fantastiques et des animaux fabuleux », et à celui de la troisième sont représentés « des épisodes de la légende, des animaux marins, combats ou scènes amoureuses, des sirènes nageant, des nymphes montées sur des dauphins, des amazones, etc. »

32^* Saint-Pierre-aux-Liens {San Petro in VincoU). — Sur le monument commémoratif de Jules II, inhumé à Saint-Pierre de

1. Dans l’église de la Piazza Sciarra on Corso^ pendant la semaine sainte, un sermon était exclusivement réservé aux femmes qui s'étaient écartées du droit chemin ; les coupables se trahissaient par leurs larmes de repentir et bien peu des représentantes du sexe que Milton appelle « un beau défaut de la nature », fair defecto of nature, sortaient les yeux secs.

Rome, sont ciselés des Mme de Genlis, puisqu’ils re|3résentent les divinités du paganisme ». Pendant ses excursions en Italie, la pruderie de ce délicat bas-bleu a souvent eu l’occasion d’être eltarouchée par une pareille promiscuité.

Ce mausolée devait être « une montagne d’architecture ^ » ; il comprenait plus de quarante statues, sans compter les bas-reliefs en bronze ;

Fiff. 376.

tig. 377. — Reproduite par A. Dcmmin^in Encyclopédie des Beaux-Avis plastiques.

mais son édification fut interrompue par la reconstruction de

1. Voici la description que Gondivi donne de ce tombeau ; elle est conforme au dessin a executer, laissé par Michel-An^c (lig-. 380, 381). Sur chacune des quatre faces devaient liH-urer qu enchaînés à des Ternes placés en arrière

. . Lntie les eschnes, des niches auraient abrité des Victoires terrassant à leurs l>ieds des prusoimiers abattus. Au-dessus d’une corniche qui aurait terminé cette t ecora ion, ilichel-Ange disposait huit figures assises, deux sur cluupic face qui

10')^ P'-°Phétes et des Vertus. La Prudence (onail un cL

le Moïse était au nombre de ces statues. Du sarcophage placé au milieu de ces hgures s devait une pyramide dont le sommet supportait un am;e chargé comme Atla.s, cl un globe sur ses épaules. De ce gigantesque projet, il ne reste ’à l’état

d execution que Mo:se, l'une des Victoires et deux Captifs. (Cf d’L ncouid Hist. de VArl par les Alonumenls). ^ • u .•Xç,incoui i,

Saint-Pierre^ et, dans la suite, il fut réduit à sa plus simple expression

(fîg^. 377). Tous les arts libéraux, la Peinture, la Sculpture et V Architecture y étaient représentés comme des captifs tombés en esclavage après la mort de Jules 11b

1. Rappelons que la statue en bronze de ce bouillant pontife, destinée à son fastueux monument, fut brisée à Bologne (p. 110). Nous savons qu’il voulut être représenté une épée et non un livre à la main :

Eh quoi I Mathan, d'un prêtre est-ce là le langage ?

De tout temps, d’ailleurs, le sabre et le goupillon ne furent-ils pas deux inséparables.

Parmi ses richesses, le Louvre possède deux prisonniers nus (h^‘. 378 et Lun cndonni^ l’autre éveillé^ qui occupaient les

pilastres du soubassements Ils furent donnés à François F^’ par Robert Strozzi, et plus tard le connétable de Montmorency les oifrit au cardinal de Richelieu pour orner son château; ce qui n’empêcha pas ^ ce prélat peu reconnaissant de lui faire trancher la tête.

Le monument actuel est toujours dominé par le fameux Moïse^ en Jupiter olympien, avec cornes et barbe de bouc, à qui il ne manque que la parole ; mais les captifs sont remplacés par des statues de lemmes drapées, sculptées par Rafaele Montelupo, élève de Buonarroti; elles représentent la Vie active.

Nous relevons, sans plus insister, un des détails décoratifs et incongrus du soubassement (fîg. 379).

Fiji-. 379.

en dépit des maximes évangéliques; « Celui qui frappe de l’épée mourra par Fépée » et Ecclésial nhhorret a sanguine ? Pour respecter ce précepte chrétien, le fameux évêque Odon, frère utérin de Guillaume le Bâtard, prit part à la conquête d’Angleterre en assommant les Anglaisa coups de massue. L'Inquisition aussi, se gardait de répandre le sang, elle brûlait les hérétiques; de même, les Frères de Moravie, une secte des Anabaptistes, se conlormaieut au texte de l’Evangile en faisant chatouiller le coupable jusqu a ce qu il mourût. Jules II n’avait pas ce scrupule et ne visait d’autre modèle que saint Paul qui essorilla Malchus. Que les pourfendeurs religieux méditent cette réflexion du roi Jacques; « On a bien \'u Notre-Seig'neur battre des gens pour les chasser du temple, mais on ne trouve nulle part qu’il en ait maltraité pour les y faire entrer. » La conduite de trop de pontifes, qui devraient prêcher d exemple, est en contradiction avec les livres saints ; Sixte-Quint approuvait le régicide et Grégoire XIII glorifiait le massacre de la Saint-Barthélemy que ce dévot dévoyé, ce rat raté d’église, Joris Ilu^^smans, appelle allègrement» une partie de chasse » et considère lo7i » comme une date glorieuse ». Aussi, ne nous étonnons pas de voir ces oiseaux de paradis, qui suent le sang et l’hypocrisie, clonés au pilori de 1 histoire par l’éclat et la vigueur du verbe de notre chantre national, — ne pas confondre a\ ec notre << chantre mou ». François Coppée ;

Boniface a des fils de scs nièces; Urbain

Fait saigner et mourir cinq prêtres dans leur Jjain;

Borgia dans Gomorrhe y serait une tache ;

Grégoire tient la torche et Sixte tient la haclic ;

Félix est un désastre et Simplicius ment;

Cet Innocent brûlait les hommes, ce Clément Les massacrait, ce Pie est un vendeur du Temple,

Jule est l'épouvantail comme Clirist est l’exemple

1. Baphaël semble s’étre inspiré de l’attitude de ce dernier pour V Apollon qu’il a placé dans son Ecole d’ Athènes, au Vatican.

i/art profane a l’éoeise

On voit encore dans cette église un singulier tableau en mosaïque

représentant Saint Sébastien, le nimbé voué au nu, affublé d’une longue robe comme une Vierge byzantine.

33^^ Saint-Pierre du Mont (San Pietro in Montorio). — Première

chapelle, du côté droit. La Flagellation (fig-. .381-0 /s), peinture à l’huile

Fig’. 381. — Moitié droite de la même face.

de Sebastiano del Piombo, d’après le dessin de Michel-Ange, qui a dû y donner aussi quelques coups de pinceau, des coups de maître. L un des deux bourreaux (celui de droite) frappant le divin Flagellé avec des lanières, serait son portrait. On reconnaît l’intervention de Buonarroti à l’exagération du nu, qui rappelle celle de ses person-

t/art propane a r/ÉnrjSE

nag-es athlétiques du Jiujemcnt de la Sixtine : la draperie du Rédempteur est réduite à sa plus simple expression; quant aux caleçons blancs des deux exécuteurs du premier plan, il est visible^ surtout

en considérant la peinture, qu’ils ont été .ajoutés après coup par quelque Volterre complaisant. Nous avons fait pointiller les voiles supplémentaires dont l’éclatante blancheur jure avec la teinte foncée des personnages, due à la peinture qui a noirci, en raison de l’inexpérience de Sel^astiano Luciani, qui tentait, pour la première fois, l’emploi des couleurs à l’huile sur l’enduit des murs.

Quatrième chapelle. Des enfants entièrement nus soutiennent deux à deux la corniche de la balustrade. « Cette balustrade, dit

de Lalande, conviendrait mieux dans un jardin que dans une église, où elle est un peu indécente. »

Première chapelle à gauche. Deux anciens tombeaux vides sont ornés de bas-reliefs singuliers. Sur 1 un, on voit « les danses et les jeux obscènes » des faunes, des satyres, des bacchantes; puis, la cérémonie des cendres et la mort au milieu de ses nombreuses victimes. L’autre représente la désobéissance d Eve et le Jugement

dernier; les ressuscités forment des groupes bien divertissants, paraît-il : « Je les examine souvent, dit un moine cicerone à l’auteur de V Itinéraire d’un Voyage en Italie^ et ne m^en approche jamais sans y découvrir de nouvelles facéties, plus burlesques les unes que les autres, un peu trop libres peut-être pour un temple catholique et pour des capucins. » Bah ! les bons frocards d’antan n’avaient pas froid aux yeux; n’avaient-ils pas adopté pour juron per Dio Bacco^ parce que les peines contre les blasphémateurs les empêchaient de jurer per Dio. Nous savons que Benoît XIV, affolé dans sa jeunesse par Mme Dubocage, avait toujours à la bouche le mot le moins honnête de sa langue, et celui de sa contre-partie.

34° Le Saint Escalier (Scala Santa). — Sur la paroi de droite et en haut du prétendu escalier de Pilate ', dont les pèlerins des deux sexes — les dames au risque de montrer leurs dessous ^ vissent les vingt-huit marches^, à la façon des culs-de-jatte et aussi de César quand il montait Tescalier de Jupiter Capitolin, un tableau représente Eve sortant d’une côte « superflue^» d’Adam. Celui-ci est couché sur le côté gauche et tourne le dos au public, pour dissimuler sa nudité antérieure. De plus, le peintre pusillanime a pris la

1. Cet escalier de Pilate a servi longtemps dans les représentations théâtrales de la Passion ; de là sa réputation usurpée.

2. Un éditeur d’art nous contait qu’à sa visite dans cette église, une agenouillée ambulante tomba à la renverse, en découvrant son architecture inférieure ; sa femme, simple curieuse, se précipita à son secours et gravit, pedibiis cum jambis, les sacrés degrés. Mais un prêtre la réprimanda vivement de la profanation qu’elle venait de commettre. L’interlocutrice reprit sans désemparer qu’il fallait éti’e un sérénissime — ou serinissime — imbécile pour ne pas aider à se relever une femme «qui tombe ». Un autre jour, à Rome, la même personne sévit fermer la porte d’une église, parce qu’elle était en costume de cycliste, mais le bedeau lui insinua un « accommodement avec le ciel » celui de louer une jupe à son épouse. La proposition fut acceptée et une fois dans la place, au beau milieu de l’édifice religieux, la travestie retira la jupe de location, en disant d’un ton narquois au sacristain ébaubi : « Maintenant que je suis entrée dans la place, je sors de vos hardes. »

Les Hamands qui, assure Nisard, se servent des prêtres, mais ne les servent pas, gravissent d’une façon analogue la montagne sainte de Ghevremont, près de Ghaufontame, pour adorer la Vierge dans une chapelle : « les uns les pieds nus, les autres avec des pois dans leurs souliers, ce qui est l’épreuve intermédiaire entre monter nu-pieds et monter en souliers ; quelques-uns, les plus zélés, à genoux. »

3. A chaque marche, à chaque roulis de hanche, à chaque tangage de croupes, on gagne neuf années d’indulgences.

4. Bossuet assure « qu’en prévision de la naissance d’Ève, l’Eternel avait donné à Adam une côte superflue dans le côté » et l’aigle de Meaux ajoute, en s’adressant dédaigneusement a la plus belle moitié du genre humain, qu’elle doit sans cesse se souvenir de son origine, c’est-à-dire « qu’elle vient d’un os surnuméraire ».

l'art profane a l’église

précaution de cacher les organes prohibés par un petit nuage, qui sort... on ne sait d’où. Eve se contente de croiser les bras pour cacher ses seins au Créateur, mais elle ne peut dissimuler son ventre aussi développé que celui d’une femme à terme.

35^" Sainte Sabine. —

Mausolée du cardinal Monti del Pozzo. Autour du sarcophage se tiennent la Vierge

Fis. 382.

Fig. 383.

portant Jésus tout nu, deux saintes et les Vertus cardinales : la Prudence découvre son torse et une partie de l’abdomen pour se faire piquer la mamelle droite par un serpent (fîg. 382),

Qui déchire son sein, qui dévore son liane.

36° Santo Stefano Rotondo. — Sur les parois de ce temple antique qui date du v° siècle, Pomarancio, pour les figures, et Matteo di Sienna, pour les paysages, représentèrent dans une suite de trente-

deux fresques mouvementées et tourmentées, les horribles tortures appliquées aux martyrs dépouillés de leurs vêtements.

37*^ Trinité du Mont. — Les matériaux de cette belle ég-lise furent tirés des Thermes qui portent le nom du plus acharné persécuteur des chrétiens : (( Quel triomphe, exclame Ampère, et quelle noble venai'eance du Christianisme ! »

La Descente de Croix est des plus... décentes; c’est à ce titre que nous en parlons. Elle est due au pinceau-goupillon de Daniel Ricciarelli, plus connu ou trop connu sous le nom de Daniel de Volterre et le surnom de Bracchetone, sa « culotte » de Nessus. Les quatre femmes de face, inclinées, ne montrent absolument rien de leur gorge. Comparez cette composition avec celle de Rubens ^ et vous vous rendrez compte de la distance qui sépare le peintre de la chair de celui de la chaire.

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