RÉPONSE DU MÉDECIN
Les deux sexes chez moi venaient avec mystère M’apporter certaine eau qui m'apprenait leur mal ; Qui voudra voir la mienne, et me tirer d’affaire ? — Hélas ! il est trop tard : voici l’instant fatal.
LA MORT A l'abbesse (fi". 425).
Dites-nous, Dame Abbesse, honneur du monastère, D’où vient cet embonpoint qui semble vous gêner ?
Je ne veux rien imaginer :
Mais enfin pour jamais je vais vous en défaire.
RÉPONSE DE l'abbesse.
Au pied du saint autel, dans un pieux accord,
Les vierges du Seigneur et moi-même à leur tête.
Nous chantions tous les jours les hymnes du Prophète. Oh ! si ces chants divins pouvaient fféchir la mort!
SUISSE
Cette Danse macabre, qui date du milieu du xv® siècle, est faussement attribuée à Holbein, né à la lin de ce siècle.
Fribourg. Cathédrale. — Sous Fabaque d"un chapiteau, une néréide allaite encore son rejeton qui, ici, tient un oiseau (fi»*. 42b). D’après
Fia-. 426.
Fia-. 427.
le Père Cahier, ee groupe familial personnifie les dangers de la vie mondaine, c’est-à-dire tous les genres de séduction. Nous persistons à considérer le poisson précité et le volatile — une mouette sans
doute comme des jouets de l’enfance appropriés au caractère maritime des personnages.
Saixt-Gall. Monastère. — A la bibliothèque on conserve précieusement un diptyque en ivoire, habilement fouillé par le moine Tuotilon qui possédait tous les talents, au point que le roi Charles maudissait ceux qui l’avaient tonsuré. Le motif n’est pas nouveau mais il offre de curieux détails, surtout des figures de la mytliolo^Ae romaine. Le Sauveur, pour indiquer qu’il est V Alpha et YOmécja le maître du Ciel, de la Terre et de la Mer, est placé au-dessous d Apollon-Soleil et de Diane-Lune; mais, il domine une femme assise, Tellus, qui allaite un nourrisson avide (fip-. 427) en f^iop
d’un vieillard barbu, l’Océan, lequel s’appuie sur iin’monsü^e marin et tient une urne renversée.
IIiN'DELBANCK. — Le tomheau de Mme Langhans (fig. 428) imaginé 0 execute par I. Nahl dans l’église paroissiale de cette localité,
l’art profane a l’éotjse
Fig. 428. — Le jour de la UésurrccLion.
olfre un caractère crime puissante orig’inalité. La pierre tombale se brise au Jour de la. Résurrection, et une mère, vraisemblablement
SUISSE
morte en couches, s’échappe par la fente du sépulcre avec son uouveaii-ué. C’est une lugubre, mais heureuse trouvaille.
Fig. 429.
Lausanne h
1. En 1479, l’évêquc de Lausanne et son chapitre citèrent devant leur tribunal les hannetons qui faisaient de grands ravages. Nécessairement, les inculpés firent défaut et un jugement les condamna à rexcommunication majeure et au bannissement du diocèse.
Ces hannetons — nous parlons de l’cpiscope et de sa sequelle — n'ont rien
l’art profane a t/ église
Locarno. La Madona del Sasso. — En quittant cette église de la Suisse italienne, G. Vanor tombe sur un moine « qui adapte à sa hampe un étendard représentant deux esclaves, un homme et une femme, nus ; depuis trois siècles, on quête pour leur rançon, bien que 1 esclavage soit suppriméj mais les dons enrichissent la communauté ». C’est ce qu’en correctionnelle on qualifie d’abus de confiance.
La Maloja. — Le peintre Giovanni Segantini est mort en 1899 près de la Maloja. Ses admirateurs ont commandé au sculpteur Leonardo Bistolfî un monument (fig. 429) qu’ils destinent au tombeau du peintre voué à l’interprétation des cimes et des glaciers, mais le curé de la modeste commune refuse d’admettre dans son cimetière une allégorie dont la nudité lui paraît déplacée sur une tombe chrétienne.
SlONh
innové: le 7 fév. 1314, un autre bras séculier confirma la décision du comté de Valois qui avait condamné un taureau homicide à être pendu. Plus tard, en 1522, le ^rand vicaire d’Autun intenta un procès aux rats qui ravageaient les campagnes; comme les hannetons de Lausanne, ils furent assignés à comparoir et excommuniés par contumace. Ghassenée, qui devint premier président du Parlement de Provence, fut constitué d’office leur défenseur. Gomme quoi les confits en dévotion le sont également en bêtise.
1. Autrefois, dans la capitale du Valais, un débiteur insolvable était obligé de s’asseoir — podice niido eL coram populo — trois fois de suite sur une borne en forme de phallus antique et placée devant le palais épiscopal.