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Près de Rares

2. Ne quittons pas la patrie de Mahomet sans constater, une fois de plus, qu’en Orient comme en Occident l’érotisme frôle parfois de très près le mysticisme : c’est précisément à l’époque du Ramadan ou Ramazan, consacrée au jeûne, que paraît en

scène le cynique Karagucuz, descendant de Priape, précédé de son monstrueux phallus.

ADDENDA

Paris. Notre-Dame (p. 36). — Pour notre confrère rouennais P. Nouiy, à Fimag-ination vive et pleine d’imprévu, le groupe occupant le premier plan du tympan de la porte Saint-Etienne (lîg. 20) représenterait un ménage à quatre : « la Vierge est arrogante, l’archange cherche le moyen de tout arranger, Joseph boude et songe à la fuite ». Mais, où l’aviateur Gabriel a-t-il mis ses ailes?

Essommes (Aisne) (p. 154). — Les trente-huit stalles de cette curieuse église du xiii« siècle sont richement sculptées d’arabesques et de motifs capricieux, grotesques ou fantastiques, qui valent bien quelques mots de description. Nous suivrons celle qu en a donnée A. Barbey (1873), et nous ne retiendrons que les numéros les plus pittoresques qui enjolivent et égayent les dossiers des stalles et leurs miséricordes.

N"" 6. Monstre bipède, pansu, la tête tournée en arrière et « paraissant se dévorer lui-même ». Ne serait-ce pas plutôt l’image de V Onanisme? — N« 11. Griffon ailé et mamelé. — - N« 29. Génie caché derrière un bouclier et armé de sa fronde (la Calomnie). — N® 30. Enfant assis, les yeux bandés, tenant une bouteille : VIvrorjnerie qui obnubile le jugement. — N« 32. Cupidon porte son carquois en bandoulière et tire de l’arc. — N« 33. Femme nue, couverte seulement d’une légère draperie ; elle fouette deux monstres.

Les hauts dossiers offrent des tableaux décoratifs qui n’ont aucune

signification corrélative avec les sculptures des sellettes. N*^ 5.

Homme et femme entièrement nus, assis dos à dos et se frappant de verges. — N"" 6. Cupidon et mascaron, entre deux amours en

cariatides : au sommet, cœur percé d’une flèche. — 8. Autre

Cupidon, aux ailes éployées, entre deux sphinx. — N° 13. Cariatides ailées et cornues, accostées de deux têtes d’amours. — N® 14. Deux néréides dont les queues se mêlent à des feuillages enroulés. — N® 17. Homme et femme nus jusqu’à la ceinture; le reste se perd dans des feuillages. — 25. Tête d’amour sur une colonne; au-

dessous, une femme en cariatide se coupe les seins avec une serpe ; à ses côtés, deux griffons ailés la fixent d^un air féroce. — N® 32. Cariatide féminine. — 37. Autre cariatide et monstre qua-

drupède à mamelles pendantes.

Dans ce symbolisme « un peu grivois », Tabbé Poquet (1842j voit « une espèce de scène mythologique, où l’amour, sous différents attributs, semble jouer le principal rôle. C’est Cupidon qui, les yeux bandés, tend son arc et décoche ses traits, ou bien semble, avec un petit air riant et malin, offrir et distribuer ses faveurs; il est entremêlé de guerriers, de religieux, d’hommes, de femmes, de monstres fantastiques. Ne pourrait-on pas voir dans cette représentation allégorique à caractère profane un enseignement frappant sur l’origine et les suites malheureuses, déshonorantes du péché de luxure? » Jeu de dame damne.

Semer (Côte-d’Or) (p. 205). Notre-Dame. — D’après le Père Cahier, la scène du banquet au portail représenterait le festin donné par le roi Gundaforus à saint Thomas, et le personnage qui semble tomber à la renverse ne serait autre que la bayadère de la légende.

Chartres (Eure-et-Loir) (p. 217, fig. 274). Cathédrale. — Les trois premières statues de la baie de gauche foulent aux pieds d’inexplicables êtres. Leroi, hermaphrodite par sa tête de reine, (( marche sur un homme nu enlacé de serpents » ; le souverain voisin « pèse sur une femme qui saisit, d’une main, la queue d’un reptile et caresse, de l’autre, la tresse de ses cheveux » ; enfin, la reine bedonnante a pour piédestal « deux dragons, une guenuche, un crapaud, un chien et un basilic à visage de singe ». La Lubricité châtiée par la ménagerie infernale.

Brétigny (Eure-et-Loir) (p. 225). — Une source qui passe sous l’église est réputée contre la rage et les épidémies. Au grand scan-

(laie (lu curé, dit E. Lami, on vit un jour ce quatrain gravé sur la pierre par un éthylique impénitent :

De ta vertu, fontaine,

Je serais plus certain,

Pour soulaj^er ma peine,

Si tu coulais du vin.

Le malade guéri se rendait à la chapelle « des balances » ; il se l^laçait dans 1 un des plateaux et mettait, dans l’autre, un poids équivalent au sien d’objets qui restaient la propriété de l’église.

hoLGOAi (^hinistère) (p. 22b). — Un bas-relief de l’église représente un sujet des plus banals, reproduit à Pencran et sur la porte de la chapelle de la Fontaine-Blanche, à Landerneau : la Vierge, couchée dans un lit, présente aux mages l’Enfant Jésus qu’elle tient par le bras, tandis que Joseph, rêveur comme toujours, joue ^^rès de la couche avec le gland de 1 oreiller. Or, un avocat en renom de Brest, M. Gilbert de \illeneuve, dans son Itinéraire du Finistère y donne cette interprétation ultra-fantaisiste i « Le Père éternel v remplit les fonctions de chirurgien. Jésus sort du sein de la mère par les pieds, accouchement contre nature dont le Nouveau Testament

a omis de faire mention. D une main, Dieu le père tient un des pieds du Sauveur, qui lui-même saisit la queue du Saint-Esprit ; 1 âne et le bœuf ont la tête dans une auge, et saint Joseph est là comme il est représenté partout, avec une physionomie bonasse ». Ce chat fourré se fourre le doigt dans l’œil et nous espérons qu’il interprète avec plus de clairvoyance les articles du Code que les sculptures. Mais pourquoi se moquer de celui qui se trompe? Errare hu manu ni est. Seuls, ceux qui ne font rien ne se trompent jamais, et <( Qui n a pas son coin d ignorance grossière? » dit Hugo.

D ailleurs, en Bretagne, on ne manque pas d’imagination; ainsi, a Saint-Pol-de-Léon (Finistère), assure H. du Cleuziou, le jeudi de la semaine des Quatre-Temps de l’hiver, les habitants soupent deux fois en mémoire d’une envie de femme grosse qu’eût autrefois la Sainte Vierge. Détail tocologique généralement ignoré ; mais les Bretons, confits dans le vinaigre de la dévotion, sont mieux renseignés que quiconque sur les faits et gestes célestes, grâce à un « fil spécial », un fil de la Vierge.

Landivisiau (Finistère). Saint-Thuriaff. — Des cariatides (fig. 505), autrefois adossées à la paroisse, maintenant dans l’ossuaire voisin, ont été prises pour des Vénus,

des démons, des reines Gathe- ^

rine. H. du Cleuziou y voit

Fig-. 505.

Fig. 506.

l’homme placé entre le Vice, en costume espag-nol, et la Vertu, coiffée à la l)retonne ; pourquoi pas Hercule entre la Volupté et la Vertu? Le champ des conjectures reste toujours ouvert :

Devine, si tu peux, et choisis, si tu l’oses.

Saint-Laurent-du-Pouldour (Finistère). — Au voisinag-e de la chapelle se trouve une fontaine sacrée (fig-. 506), où les femmes reçoivent une douche sur la poitrine, en invoquant saint Laurent pour qu’il les g’uérisse de leurs maux et les préserve des maladies, sauf la bêtise. Les al^lutions des hommes in iinturRlibus se font dès l’aurore.

Saint-Paulien (Haute-Loire) (p. 247). — H. Malè^ue (1866) sig'nale un frag’inent étrang'e incrusté dans le mur septentrional de l’église paroissiale : une statue priapique, a phallus immonde qui donne une idée de l’abrutissement du polythéisme de la décadence », vitupère ce rigide critique, lequel oublie que c’est par ce canal qu’il sortit du néant.

Saint-Léonard (Haute-Vienne) (p. 254). — Curieuses stalles décrites dans V Histoire monumentale du Limousin.

Fig. 507.

Ghinon (Indre-et-Loire) (p. 257). Saint-Mesme. — Peintures murales, diaprés un croquis à la plume du comte de Galembert : le Crucifiement (fig-. 507), traité d’une manière mystique, et le Jugement dernier, côté des damnés (fig. 508). Le Sauveur est placé entre Marie-Madeleine et Marie l’Eg-yptienne ; ces saintes qui détiennent le « ricord » de la débauche, expliquent chacune la pensée de 1 auteur par une lég'ende versifiée.

En 1851, cette chapelle servait de débarras à l’école de Frères.

Blois (Loir-et-Gher). — Ajoutons aux exemples d'incongruités sculpturales, civiles et religieuses, exposées en public et citées page 194, deux ornements bien connus de l’aile Louis XII du château de Blois. L’un, dans l’escalier d’honneur, est la Correction mater-

l’art profane. — II.

L^VRT PROFANE A l' ÉGLISE

iielle sans étrivières (lig. 509) et l’autre, un culot (fig. 510),

qui, comme la Chouette de Germinal, montre le... portrait de la belle fdle de la Palestine : « Elle ressemble, écrit cette plume pétu-

Fig. 509 et 510. — Communiquées par le D‘‘ Le Double.

lante, met verlojf, à un cul comme deux gouttes d eau * elle est toute bistournée ».

Nous connaissons la fessée pédagogique du minster de Sommerset (fîg. 68), et qui est analogue à celle dune patience de la cathédrale de Rouen. Cette correction n est pas nouvelle, Plaute dit déjà d’un pédagogue qui menace un écolier de lui « zébrer le cuir» : Fieret coriiim tam maculosum quam nutricis pallium (Aussi maculé de bleus que le tablier d’une nourrice).

\ KNiJOMU. La Trinité (pag'e 277). — Nous avons accusé, à tort, un viliail (le 1 abside d avoir été expurgé par ordre épiscopal ; mais il

s aj,nt tout simplement d'un saint Sébastien nu, dont la résfion pelvienne est voilée d’une bande d’étoffe. Toutes nos excuses.

Heims (Mm-ne) (p. 285). — .\u-dessus des anciennes portes de « la cathédrale des cathédrales ,,, dans l’espace ogival qui contenait cm<ï bas-rehefs, entre le second lia nésurrecHon) et le quatrième { ii Paradis ei\ Enfer), .se trouvaient les opposées aux Vices.

Ceux-ci ont été mutilés jrar le chapitre avant la tourmente révolulonnaire , ils représentaient « des scènes de sodomie ou le dernier acte des amours de Loth et ses filles : E Amour a vaincu Lof /i, mots de Çon^onnance malencontreuse de la tragédie lyrique de JepJué, par 1 abbe Pellegrin « qui dînait de l'autel et soupait du théâtre „.

Epernay (Marne). — Une verrière raconte l’ivresse de Noé aussi crûment que le font les motifs sculptés blottis dans la voussure du calvaire de Guimihau, en Bretagne ; le patriarche grisé par la eur e acchus, flore Lihcri, « repose dans une posture plus qu mdecente qui motive de la part de ses fils un geste étonné » Meme scene tirée de la Bible, « le livre le plus frivole des livres serieux a la Martyre, à Pencran et aux églises du Léon.

l\vRT PROFANt: A f/ÉGLlSfe

Abbaye de Notre-Dame- de -l’Epine (Marne). — Garg-ouilles particulièrement curieuses ; celles de l’abside personnifient les péchés

Fig. 512.

capitaux : « la Luxure, écrit l’auteur du Rhin, jolie paysanne beaucoup trop retroussée, a dû bien faire rêver les pauvres moines ».

Saint-Mihiel (Meuse). — La figure 511 représente le Sépulcre sculpté par Ligier-Richier et décrit p. 295.

Douai (Nord) (p. 50b). Musée. — Une sculpture peinte, du treizième siècle (fig. 512), en commémoration de la Fête des Fous, provient d’un ancien édifice religieux picard: Nous sommes sept, sous-entendu « fols )), dit ce rébus lapidaire, compris le spectateur.

ViLLEFRANCHE (Rhône). Notre-Dame-des-Marais (p. 357). — Parmi les gargouilles du xni'^ siècle, qui allégorisent les sept péchés capitaux, celle qui a le plus grand succès de curiosité est la Luxure (fig. 513). Dans la localité, on l’appelle Le bouc et la nonne, bien que le personnage féminin et passif ait plutôt l’apparence d’une bergère; mais, moines et nonnes se trouvent souvent au fond

A DDENDA

des satires médiévales, et il y a une légende versifiée sur ce vieux

cabri scabreux que propage une carte postale :

1 our calmer ses ardeurs, ne trouvant pas un homme,

G est au beau Idouc barbu c|u’elle a donné la pomme.

Le J. Gruzu a eu 1 amabilité de nous communiquer la reproduction de cette joyeuseté ecclésiale, refusée par l’austère Chronique

Fig-. 513.

medicale, « crainte d'encourir les foudres de M. Bérenger^ » ! Trop souvent, on a découvert des attitudes équivoques où il n’en existe pas l’ombre, comme le motif d’un chapiteau de la cathédrale de Brioude, qui représente un ange serrant de près Lame d’un élu ;

1. Autres signes des temps. Le « Comité de rédaction » de la Presse médicale lelnse 1 autorisation d’insérer une analyse de nos Seins à Véylise, par le D-- Martinet n/r ^ ^ prétexté que le sujet était paramédical, alors que le professeur

à l’Académie de médecine. Enlin, le Correspon- ^ consent à risquer qu’un compte rendu écourté de notre Arl profane

-(J ise, en t rance, et se garde d’en reproduire la moindre illustration sons les memaces de docteurs (en théologie) de boycotter les spécialités préconisées par ce

le do-me*— 'fellM sourdine à l’éloge d'œuvres en contradiction avec

ri ’ ./esiz.s — et s’il ne couvrait d’un voile épais ses reproduc-

® 1, acüstiques, choquantes pour ces Tartutfes qui eussent pu servir de

modèles a Gutherms, auteur de VEloçfe de la hélise. C'est ainsi qu’iu xx^ sLie

^ nouveau est encore maîtrisé par la terreur noire et que la

pres^se medicale, en particulier, est à la merci d’une bande occulte de révc?rcnds conFreres an , ■ v-uni. uc ic\crcnas

genoux calleux, aux chc-

^ ‘ t c* Xix. LJ. UUU JJcl

conh reres au regard oblique, à l’échine cvphosique, aux

veux p1 £1111- ïM-r.no ' 1 1 A, . A ’ .

veux et aux pieds plats, à la boîte

, . , 1 ‘ ^ cri'inienne fissurée de microcéphale nui tan

mépris de la physiologie) croient ou feignent de croire, avec Agnès, qu’une Vemme peut etre « fécondée par l’oreille » à l’aide d’un oiseau de paradis -

h. enfants, et qu’enx-mômes à

< (.on des cucurbitacés, sont venus au monde sous des gourdes !

ce n’est pas un Azazel. Quant à notre bouc, il ne laisse aucun doute sur ses intentions.

Meaux (Seine-et-Marne) (p. 343). Cathédrale. — Au curieux tympan du grand portail, la reine Jeanne, une cathédrale à la main, se présente à la porte du paradis. « Saint Pierre, raconte Hugo, la lui ouvre à deux battants ; son beau mari Philippe la suit la tête basse ; la reine semble dire : « Bah I laissez-le entrer par-dessus le marché.

Champeaux. Saint-Martin (p. 315). — Pour montrer quhl n’y a rien d’exagéré dans notre figure 412, nous donnons une photogravure de cette sedicula d’après la photographie de M. F. Martin-Sabon (PI. XV).

Presles (Seine-et-Oise) (p. 363). — De même, la photogravure de Idisuhsellia ornée du Conflit de la culotte (PI. XVI) convaincranos lecteurs que la « jupe collante », entrevue par l’abbé Marsaux pour atténuer la légèreté de ce motif religieux^ est une vue de l’esprit ; les hachures qu'il signale sont purement subjectives (fig. 441).

Rouen (^Seine-Inférieure) (p. 370). Cathédrale. — Notre érudit confrère P. Noury nous transmet deux documents précieux, à classer parmi les ohscena. Dans un coin sombre, sous le palier de l’entrée du Trésor, se cache un Onan à tête de porc ; en plein jour, il faut une lumière pour le dénicher. A l’entrée de la Bibliothèque, au niveau du linteau, côté gauche, au bas de l'ogive en feuillages qui encadre le tympan de la porte, se trouve « une vulve entr ouverte qui fait pendant à un phallus très fruste ; les petites lèvres, le clitoris et son capuchon sont très visibles, l’hymen paraît intact et imperforé ».

En examinant à un fort grossissement les détails de la carte postale communiquée par notre aimable confrère, nous distinguons les contours de deux quadrupèdes à mufle humain ; l’image vulvaire qui baille proviendrait, nous semble-t-il, de l’usure, par vétuseté, du dos d’un de ces animaux fantastiques.

Saint-Ouen (page 3). — Réhabilitons Alexandre de Berneval, qui

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