LANGUE XV
Page 422. — Petite pluie abat grand vent.
Planche XVI
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passe pour avoir assassiné par envie son « apprentif », sorti vain- (jiieur du concours institué pour la rose d une croisée de cette église ; on dit avoir trouvé la preuve que ce maître maçon fut victime d'une calomnie, d’un canard à la rouennaise.
Saint-Florentin (Yonne) (p. 443). — Deux figures d’anges adultes de l’époque Louis Xlll choquent les yeux pudibonds par leur nudité et leur attitude équivoque ; ils sont étendus sur les grilles qui ferment les deux côtés du chœur, « comme sur une couche de mollesse ».
Sens (p. 451). Palais Synodal. — 11 est bien évident, comme le veut M. Deroye, qu’Abeilard, étant mort en 1142, n’a pas pu être enfermé dans les cachots de TOfficialité construite en 1231, mais bien dans l’édifice où saint Bernard, en 1140, obtint une seconde condamnation de sa doctrine. En outre, il est entendu que l’archevêque de Sens et sa famille n’habitaient pas le palais synodal, mais l’archevêché qui y est contigu et donne sur la même cour; sommesnous assez précis, cette fois ?
AllemaCxNE. — Aix-la-Chapelle. Cathédrale (p. 1). — Description du sarcophage de Charlemagne (fig. 1), par V. Hugo : « A l’extrémité de la composition, quatre chevaux frénétiques, à la fois infernaux et divins, conduits par Mercure, entraînent vers un gouffre entr’ouvert dans la plinthe un char sur lequel crie, lutte et se tord avec désespoir Proserpine saisie par Pluton. La main robuste du dieu presse la gorge demi-nue de la jeune fille qui se renverse en arrière et dont la tête échevelée rencontre la figure droite et impassible de Minerve casquée. Pluton emporte la Proserpine à laquelle Minerve, la conseillère^ parle bas à l’oreille. L’Amour, souriant, est assis sur le char, entre lesjambes colossales de Pluton. Derrière Proserpine, se débat, selon les lignes les plus fières et les plus sculpturales, le groupe des nymphes et des furies. Les compagnes de Proserpine s’efforcent d’arrêter un char attelé de deux dra^j-ons
i/art profane a i/église
ailés et ignivomes, qui est là comme une voiture de suite. Une des jeunes déesses, qui a saisi hardiment un dragon par les ailes, lui
Fig', 514.
fait pousser des cris de douleur. Ce bas-relief est un poème. C’est de la sculpture violente, vigoureuse, exorbitante, superbe, un peu emphatique, comme en faisait la Rome païenne, comme en eût fait Rubens. Ce cercueil, avant d’être le sarcophage de Charlemagne, avait été, dit-on, le sarcophage d’Auguste. »
Mersehourg. — Un pendant au mot historique de Charles IX à Montfaucon : u L’odeur d’un ennemi mort est toujours bonne ».
ADDENDA
L'empereur Henri IV, en visitant l’église, s’arrêta devant le tombeau de Rodolphe, son compétiteur; un courtisan lui conseilla de détruire
ce monument « trop superbe pour un rebelle », le monarque lui répondit finement : « Plût à Dieu que tous mes ennemis fussent aussi pompeusement enterrés ! »
Munich (p. 29). Musée.
— Nous donnons en entier le Jugement dernier de Rubens, gravé par Réveil (fig. 514), dont nous n'avions reproduit qu’un groupe (fig. 35).
Angleterre. — Reverley (p. 49). — Déjà du temps de Montaigne, les bonnes femmes étaient plutôt rares : « Il n’en est pas à douzaines, disait hauteur des Essais^ et notamment aux debvoirs de mariage ». De tout temps, en effet, les femmes ont provoqué la lutte et changé le ménage en ménagerie, pour disputer la suprématie au sexe « noble ». avons-nous pas vu lord By ron, battu et content, prendre pour de tendres caresses les raclées de sa bienaimée Margherita Gogni, au nom prédestiné ? Aussi, l’image de cet abus de pouvoir, de ce jiu-jitsu matrimonial, est-il souvent reproduit sur les édifices civils et religieux sous les aspects les plus variés. La reine de Chypre, Catherine Cornaro, après son abdication, se retira à Asolo; elle eut la malice de se faire peindre à cheval sur son mari,
Fiii’. 5 J G.
Fig’
. G15. — Un mari aux prises avec un serpent à sornettes. Symbole du pugilat conjugal, moral et physique.
l’art profane a l’église
bridé ù la façon d’Aristote. Sur une indulgence de la cathédrale de Rouen, le philosophe est remplacé par un lion, sa barbe et sa che-
velure sont transformées en crinière. Dans le rninster de Beverley, le mari marche à la baguette (lig. 515), et, à la cathédrale, de Ripon, l’épouse altière se fait rouler en chariot par son époux débonnaire, pour le mieux « rouler » (lig. 516). Pourtant, il nous faut trouver l’exception qui confirme la règle, et voilà le rninster de York qui nous la fournira : c’est la revanche d’un mari contre une ménagère oisive et coquette (lig. 517).
Boston. — Le renard mitré, allégorisant l’hypocrisie et la ruse épiscopales, se rencontre fréquemment en Angleterre ; nous en avons cité plusieurs représentations à Sommerset (p. 54). A Boston, le renard rusé attire une poulette pour la plumer (lîg. 518) ; Nantwich, nous offre un renard capucin, au retour d’une chasse fructueuse (fig. 519) ; mais, à Sherborne, les rôles sont intervertis et les oies révoltées par les abus procèdent à l’exécution du canidé déconfît
Honteux comme un renard qu’une poule aurait pris.
Londres. Westminster Abbey. — Sur une miséricorde, la Luxure est représentée par une courtisane, une vide-bourses, qui débat le prix de ses faveurs et cote sa cotte (fîg. 521).
Nortiiamptoasiiire. Rotiiwell (p. 53). — Un dragon allégorise
prosaïquement la Médisance (lîg. 522).
Oxford (p. 54). U New College. — Deux personnages à béchevet, analogues à ceux de la cathé-
drale de Rouen, forment un groupe de quatre personnes (lîg. 523).
2^ Chapelle des Trépassés. — Un Diogène sans gêne qui étale son c...ynisme : un anus Dei (lig.
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Fig. 521.
IsLE OF Thanet. Eglise Sainte - Marie. — Une sculpture symbolise la Vanité (lîg. 525)% portant la coiffure à cornes ; les genoux du démon simulent les seins de la coquette.
Belgique. — Gand (p. 77). — Alphonse Karr a vu dans une des
1. Tiiidall Wilclridg-e, dans The Grotesque in church art, a reproduit tous ces ornements d édifices religieux, ainsi qu’une centauresse qui allaite son petit (lîg. 520).
i/aRT PROFAISE A l’ÉOLTSE
ég-lisesde la ville le porti'ait de Sainte Ayaya^ peu connue en France, où elle a pour concurrent saint Yves. « Elle a pour état et pour fonctions de faire gagner les procès aux plaideurs qui déposent dans
Fi«-. 525.
Fig-.
le tronc qui est à ses pieds, des offrandes convenables. — Elle est représentée, sur le tableau, entourée de sacs à procédures, et de papiers timbrés, assignations, déboutés, commandements, jugements, procès-verbaux de saisie et de carence, etc. — J’avais vu souvent des saints représentés avec les instruments de leur martyre ; le peintre ingénieux a préféré entourer sainte Avaya des instruments de martyre de ceux qui ont recours à son intervention ; de même que le nom de la sainte semble un mot imitatif des doléances des plaideurs. Je suppose que si deux adversaires recommandent également leur affaire à la sainte, c'est celui qui dépose 1 offrande la plus forte qui gagne le procès. »
Dans l’Avertissement de notre premier volume, nous engagions les archéologues et les amis des arts, des autres nations, k compléter nos recherches documentaires à l’étranger. Nous avons la satisfaction d’apprendre que M. L. Maeterlinck, conservateur du Musée des Beaux-Arts de Gand, a répondu à notre appel et va publier une étude sur les miséricordes satiriques et licencieuses de la Belgique qui servira de complément k nos notes trop clairsemées sur la Flandre. On y trouvera, k côté des proverbes et dictons flamands, des moralités k forme inattendue, mais vive, voire grivoise ; telle cette Lucrèce qui, pour refroidir les ardeurs d’un galant qui la poursuit, le phallus en main, verse dans ses chausses une cruche