GUSTAVE LE VAVASSEUR
Cette étude, destinée aux Poe TES Français, où le titre est suivi de la mention : né en i8iç, parut d'abord dans ta Revue Fantaisiste, 12" li\Taison, i" août 1861, (Titre général : Réjîexions sur quelques-uns de mes Contemporains, VI.)
Le second texte (second en date) nous ayant paru moins bon, nous l'avons écarté. Les éditeurs de 1868 avaient reproduit le premier.
Cette notice a reparu en tête des Œuvres choisies de Gustave Le Vavasseur, in-8", Alph. Lemerre, 1897.
Pour les rapports de Baudelaire et de Le Vavasseur, voir notamment les notes de celui-ci chez E.-J. CrÉPET, op. cit., passim, et Ernest Ray- NAUD, Charles Baudelaire, p. 89-102 ,119, 373-381.
M. Ernest Raynaud a apporté des indications fort intéressantes, entre autres , sur la gaîté épicurienne qui régnait dans le petit groupe de la pension Bailly et le cuite qu'on y portait à Joseph Delorme.
Mais faut-il admettre que l'école dont Le Vavasseur était le chef ait exercé une influence réelle sur Baudelaire? II existe bien, dans ce sens, un billet à Prarond, resté inédit jusqu'à ce jour, croyons-nous, et qui est relatif à ce recueil collectif Vers auquel Baudelaire pensa d'abord collaborer (voir notre édition des FleÙRS DU M AL, p. 299) Le voici :
[i I février 184.3.] Lundi, mon ami, vous aurez mes paperasses. Vous m'apprendrez à paginer et à disposer mes feuilles. Je compte encore sur vous pour des corrections. Je vous recommande toujours d'être très-méchant pour le style enfantin.
Mais de ce billet il faut rapprocher ce qu'a rapporté Le Vavasseur de leur collaboration manquée :
Sans faire fa grimace, je fis mes obser^'ations. Je voulus même, imprudent et indiscret ami, corriger le poète. Baudelaire ne dit rien, ne se fàclia point et retira sa part de collaborateur, etc.
— témoignage qui semble bien établir que Baudelaire n'accordait pas une grande valeur aux conseils de l'Ecole normande et de son chef.
Nous ne sommes pas non plus très sûr que Baudelaire, malgré qu'il eût été extrêmement lié avec Gustave Le Vavasseur de 1838 à 1847 — c'est à lui qu'il avait confié ses manuscrits à la veille de son départ pour l'île Bourbon — lui conservât un souvenir tout favorable.
Dans une lettre adressée à Baudelaire par Eugène Crépet le 3 juin 1861, nous relevons en effet ce passage :
Je persiste plus que jamais dans l'observation que je vous ai faite sur le début de la notice de Le Vavasseur. Il y a là évidemment de quoi le blesser. Vous êtes son ami; évitez cela. Cfiangez les cinq premières lignes.
Mallieureusement le texte premier de ces cinq lignes-là ne nous a pas été conservé.
Page 377. «. . .ma pensée se porte. . .» — 1862 : se «porte.
«. . .d'en faire autant,)) — Cette expression ne figure pas en ita-
lique dans le texte des PoËTES FRANÇAIS,
Page 378. «. . .une rare distinction de cœur et d'esprit. . .» — 1862 : de sentiment et d'esprit.
u ... réfugié dans son pays,...» — 1862 : installé duns son pays.
Vire et les Virais, FANTAISIES,
«. . .comme aucuns le pourraient croire , on le voit,...» — 1862 :
comme on le voit.
a. . .et, n'oublions pas ceci,. ..)) — 1862 : et, ^arc/oni c/'ou6/ier ceci.
«... dans un temps et un pays où la causerie peut être comparée
aux arts disparus.» — Voir CURIOSITÉS ESTHÉTIQUES, p. 260.
«. . .sa conversation n'est pas moins solide. . .» — 1862 : n'en
est pas moins solide.