TECHNOLOGIE
[ Recherches, monographies, biogra- I phies, documents historiques.
I Etudes, ouvrages didactiques.
Traités, manuels, documents administratifs , jurisprudence iuduiîtrielle, etc.
« Tel esl le tableau que nous avons dressé pour faire saisir l'ensemble de notre classification. La première division comprend le dessin industriel considéré d'une manière générale et comme formant une industrie spéciale, indépendante. Sous ce titre, nous comprenons tout ce qui sert de modèle à la fabrication industrielle, mais considérée ici, pour ainsi dire, d'une manière abstraite. C'est le point de départ de toute fabrication, on un mot, c'est l'invention.
« La profession d'artiste industriel se subdivisant en un grand nombre de spécialités qui se rapportent à la grande variété des applications, il y a telles de ces applications qui sont subordonnées à des conditions de fabrication. Pour celles-là, l'artiste n'en est pas moins le créateur du modèle que l'industrie met en œuvre et nous comprenons ces modèles dans la division de l'invention.
« La seconde division comprend la sculpture. Cette division, comme les précédentes, peut et doit se subdiviser en un g-rand nombre de spécialités selon les matières que Tartiste met en œuvre, selon les procédés qu'il emploie. Nous appelons d'ailleurs sculpteur industriel tout artiste ou artisan dont le travail manuel,
mécanique, chimique ou autre, a pour résultat de donner la forme à une matière quelconque.
« La troisième division comprend la peinture subdivisée en trois sections principales. Cette division, la plus considérable des trois, renferme une immense quantité de professions industrielles dont plusieurs ont, comme dansles précédentes divisions, et plus encore peut-être, une telle affinité avec les beaux-arts, qu'il est souvent fort difficile d'assigner le point où commence la distinction, si l'on n'admet pas que l'application décorative détermine exactement le caractère de l'œuvre.
« La quatrième division comprend sous le titre d'iconographie tout ce qui se rattache aux arts ayant pour objet la reproduction. C'est là que les artistes et le public doivent puiser les études les plus fécondes. On conçoit en effet que huit fois sur dix il sera plus aisé de consulter une gravure ou un dessin, d'emporter même une reproduction de l'une ou de l'autre que l'original qu'on ne peut avoir la pensée de faire sortir de la collection publique ou particulière qui le possède, ou qu'on ne peut songer à détacher d'un monument dont il fait partie. Une collection de calques qui
i08 L'AIIT SOUS LA RÉPUBLIQUE.
pourraient être vendus ou prêtés rendrait les plus grands services.
« De la colloclion grapliique à la bibliothèque, la transition est naturelle, le plus grand nombre des ouvrages d'art étant ornés de planches. La bibliographie est le complément indispensable.
« Pour réaliser ce musée, il faut s'adresser aux hommes qui ont le savoir et à ceux qui exercent le pouvoir. Los premiers se chargeront du classement méthodique. Les seconds se seront déjà chargés de donner les ressources, nécessaires. Et sur le chiiïro de ces ressources, il ne faut pas se faire d'illusions. L'Etat est déjà fort riche en objets anciens qu'il peut prêter temporairement, et quant aux objets modernes il suffit d'assimiler les fabricants, dont les produits se multiplient par de nombreux exemplaires, aux éditeurs, imprimeurs et libraires, en les obligeant par une loi à faire le dépôt d'un exemplaire ou d'un échantillon de leurs produits, tout en exemptant les industries pour lesquelles cette contribution serait un sacrifice impossible, comme les orfèvres, joailliers, etc. A ceux-là, on peut demander le dépôt obligatoire du dessin des objets.
« Nous nous résumons en disant que l'Exposilion fie Londres doit être un avertissement. Ne nous laissons pas aller à des satisfactions d'amour-propre dans le présent. Songeons à l'avenir et ne perdons pas de vue l'intensité des efforts que les nations rivales de la France tentent pour lui disputer la suprématie en matière d'art industriel. »