‹ L'Artériographie dans les anévrismes artériels des membresChapitre 15 sur 20 · US · texte numérisé non relu

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leurs ramifications. La supérieure se détache de la terminaison de la fémorale, descend presque verticale en abandonnant des collatérales, et se ramifie en arrière du tronc principal en un très riche chevelu artériolaire. L’inférieure nait de la poplité à la partie supérieure du sac anévrysmal, se dirige horizontalement en arrière, elle donne naissance à des rameaux qui descendent en s’amenuisant en arrière de la poplitée. Elle se termine en de nombreuses branches qui s’anastomosent avec les ramifications terminales de l'artère précédente.

La topographie des lésions, leur étendue beaucoup plus importante que celle que laissait prévoir lexamen clinique, l'existence enfin de lésions artéritiques accentuées, contreindiquent, pour le moment du moins, toute intervention.

OBSERVATION II (Jeanneney, Magendie et Magnant)

Henri A.., 57 ans, entre dans le service de M. le Professeur Chavannaz, le 8 juillet 1928, pour douleurs dans Ia jambe droite et tuméfaction du creux poplité.

Début six mois auparavnt, en pleine santé apparente, par des crampes douloureuses qui apparaissent au niveau du mollet droit, sont augmentées par la fatigue et calmées par le repos.

Deux mois environ après le début de ces douleurs, il constate la présence d’une petite grosseur située dans le creux poplité droit, laquelle atteint rapidement le volume d’un œuf de pigeon et croît ensuite lentement et régulièrement. Gêne fonctionnelle progressive pour la marche. Le soir, œdème de la jambe droite. Depuis un mois, accentuation des troubles douloureux.

Dans les antécédents personnels on relève une fièvre typhoïde à l’âge de 25 ans, et une syphilis mal soignée

Eh AN

(chancre à l’âge de 26 ans). Sa femme a fait deux fausses couches.

L'examen montre une tuméfaction du creux poplité droit présentant tous les signes d’un anévrysme artériel : battements extrêmement marqués, expansion, souffle systolique trésenet:

Le pouls est perceptible à la pédieuse et à la tibiale postérieure; par rapport au côté gauche, ces battements sont un peu plus faibles. Œdème léger en surface avec réseau veineux superficiel.

L'examen au Pachon donne un résultat paradoxal, consistant en exagération de la pression maxima et de l’indice, du côté de l’anévrysme, soit :

Pour la jambe gauche Mx 17, Mn 6; Io 5 1/2.

Pour la jambe droite Mx 19, Mn 6; Lo 7.

Réaction de Bordet-Wassermann, dans le sang, positive.

L'examen de l’appareil cardiovasculaire montre un souffle systolique léger à la pointe.

L’aorte ne semble pas augmentée de volume.

L'appareil pleuro-pulmonaire est indemne de lésions.

Réflexes tendineux et oculaires normaux.

Opération le 22 juillet 1929 (Prof. Chavannaz)s — Ligature incomplète de lartère poplitée droite en amont de lPanévrysme. Le fil est serré jusqu’à diminution considérable des battements de la pédieuse et de la tibiale postérieure, mais On ne va pas jusqu’à leur abolition complète."

Suites opératoires normales.

Quinze jours après l'intervention, la tumeur anévrysmale s'est affaissée légèrement. Les battements de la poche sont moins violents. Les battements de la pédieuse sont tou- Jours perçus, mais très atténués, beaucoup plus faibles que de l’autre côté.

L'examen au Pachon montre cette fois une diminution de la maxima et de l'indice.

Du côté gauche on à : Mx 16, Mn 9, lo 4, et du côté droit : MIS, Mn 9, lo 2,5.

Le malade quitte le service le 15 août 1929, en attendant de subir le deuxième temps.

Il revient le 2 septembre 1929.

Artériographie le 20 août 1929 : Dénudation de l'artère fémorale à Ia base du triang'e de Scarpa après anesthésie locale. Injection en circulation libre de 10 cc. de solution de bromure de sodium à 25 p. 100. La radiographie est prise de face et de profil au 6° centicube et au moment où se termine l'injection (10° centicube). Aucun incident pendant l'injection qui est très peu douloureuse. L’aiguille enlevée, l'orifice de ponction ne saigne pas. Suites sans incident. La radiographie de profil montre nettement lartère et la poche anévrysmale et on ne distingue pas de circulation collatérale. La radiographie de face est beaucoup plus intéressante. On voit nettement la trace de la ligature à la partie ‘supérieure de la région poplitée. Elle se traduit par un trait opaque transversal, En amont on distingue une collatérale volumineuse de 2 mim. de diamètre environ qui nait sur la partie externe de l’artère à deux travers de doigt au-dessus de la ligature. Du côté interne on voit une arborisation importante de collatérales de calibre plus fin que lon suit de façon discontinue jusqu’à l’interligne articulaire. L’artère et la poche anévrysmale sont également visibles en aval de la ligature. La circulation collatérale étant ainsi nettement prononcée, l'intervention radicale est décidée.

Opération le 2 septembre 1929.

Après hémostase au tube d’Esmarch en amont, découverte de lanévrysme. Ligature de lartère poplitée au-dessous de la poche anévrysmale. Un fil d'attente est placé sous la même artère en amont de lanévrysme. Ouverture du sac et extirpation d’un gros caillot partiellement organisé.

On tente l’'anévrysmorraphie oblitérante de Matas en essavant d’obturer dans le sac deux grosses collatérales, à Pode d’un fil de soie fin. L’hémostase étant insuffisante, on se résout à lier l’artère de façon définitive au-dessus et

au-dessous du sac; capitonnage partiel de la poche, mèchage de la partie la plus superficielle.

Suites opératoires normales.

Le 3 septembre 1929, le pied et la jambe ont conservé leur coloration et leur chaleur normales.

Les battements de la pédieuse et de la tibiale postérieure ne sont plus perceptibles au doigt; mais, au Pachon, on note une ébauche d’oscillation. Le 28 octobre 1929, la tension peut être prise au Pachon : l'indice atteint 1/2.

On note du côté droit : Mx 10; Mn 6: Io 1/2, et du côté gauche : Mx 23, Mn 10, Io 3,5.

Une petite escarre talonnière de la grosseur d’une lentille est apparue, mais elle évolue assez rapidement vers la guérisOn.

Le 30 octobre 1929, le malade quitte le service très amélioré. Les douleurs ont complètement disparu. La marche est possible, quoique un peu pénible et s’accompagnant d'une boiterie légère. La cicatrisation de la plaie poplitée est complète. L’escarre talonnière a disparu. Les battements de la tibiale postérieure ne sont pas encore perceptibles au doigt.

OBSERVATION II (R. Leriche et Arnulf)

M. B.., 62 ans, cultivateur, entre au Pavillon G, à Grange- Blanche, le 20 septembre 1933, pour un anévrysme du triangle de Scarpa.

Dans ses antécédents, on ne relève aucune spécificité certaine. Marié, il a eu deux enfants qui sont en bonne santé. Sa femme n’a jamais eu de fausse-couche.

I y a 10 ans, il a présenté une attaque d’apoplexie fruste qui n’a laissé aucun trouble moteur des membres. La seule conséquence a été une légère gène de la parole.

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