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plus modérée au bout de quelques jours. » Plus loin il ajoute : « Si rien ne nous paraît plus rationnel que d’admettre et de décrire une forme hydrarthrose et une forme rhumatismale, il re nous semble pas moins indispensable de distraire de cette dernière forme les cas où la complication de la chaudepisse revêt toutes les allures de l’arthrite la plus aiguë. »
Sous quel aspect donc et avec quel cortège de symptômes se présentent ces cas, voilà ce que nous allons essayer de décrire. Nous empruntons à M. Brun sa division en faisant ressortir quant aux détails quelques points que M. Delbet a bien voulu nous signaler.
Période d'invasion. — À vant de prendre la grande allure qui la distingue, l’arthrite aiguë blennorrhagique passe par une période moins bruyante, en général assez courte, mais durant parfois quelques jours et même jusqu'à une semaine. L'un de nos malades n’est sorti de cette période qu’au bout de huit jours, à telles enseignes qu'on avait espéré pour lui la terminaison rapide d'un rhumatisme blennorrhagique simple et sans grand fracas. Au cours de cette première période les malades se plaignent seulement de souffrir dans quelques articulations. Ce sont des douleurs vagues, d'une mobilité étonnante, n’entrainant la plupart du temps aucune gêne fonctionnelle, spontanées et difficiles à provoquer, bref de véritables douleurs d’arthralgie. Et avec cela pas la moindre altération ni du côté de la peau, ni du côté des tissus sousjacents, non plus que dans l'articulation elle-même. Cela dure un jour ou deux, quelquefois plus. Telle est la
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période d’invasion. Il ne faudrait pas la croire indispensable et inévitable. On voit souvent en effet des malades entrer de plain-pied dans les manifestations violentes qui constituent la période d'état.
Période d'état. — C’est souvent au milieu de la nuit que surviennent les phénomènes de la seconde périoce. Les malades qui se sontendormis, faisant plus ou moins bon ménage avec leurs douleurs vagues, sont brusquement éveillés parune souffrance intolérable, déjà accompagnée d’un gonflement manifeste et suivie de près par le troisième grind symptôme, l’impotence fonctionnelle. La douleur du rhumatisme blennorrhagique finit toujours par se calmer, dit M. le professeur Fournier, grâce au “repos. Mais dans l’arthrite aiguë proprement dite, excessive, remarquablement violente, elle est bien légèrement influencée par le repos. C’est la douleur atroce, comme l’appelait Swediaur.Jusqu’à l'application d'un traitement approprié, elle persiste avecla même intensité, procédant par exacerbations et accalmies, prédominant surtout la nuit, spontanée mais s’exagérant au moindre mouvement etprivantles malades de tout sommeil,en vertu de l’impossibilité pour eux d'immobiliser leur jointure en dormant.
Elle s’exagère parles mouvements, disons-nous. Il est facile de s'en rendre compte auprès des malheureux qui geignent et se lamentent dès qu’on les touche. Veut-on apprécier le jeu de l'articulation, ce sont cris et pleurs même chez les gaillards les plus robustes, témoin notre malade de l'observation VI. Du reste, les mouvements sont déjà en partie supprimés par l’infaillible et banale
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contracture musculaire défensive.
Le doigt porté sur toute la région permet de reconnaître comme point maximum de la douleur l'interligne articulaire. Sur cet interligne se trouvent des points d'élection variables pour chaque jointure (Brun). Au poignet, ce sont les sommets des apophyses. Au coude, ce sont aussi les parties latérales de l’interligne. La coulisse bicipitale et le sommet du creux axillaire sont à l'épaule les deux points maximum. Nous avons cru remarquer au genou la mobilité de ces points douloureux. C’est cependant encore sur les parties latérales qu'on les trouve le plus souvent. En somme, ces points d'élection existeraient dans les portions de l’interligne le moins protégées par les parties molles et par conséquent le plus accessibles au doigt explorateur.
La tuméfaction suit de près l’apparition de la douleur. À peine quelques heures séparent-elles le début de ces deux symptômes. Bien rarement le phénomène douleur peut cependant précéder le gonflement de quelques jours. Il est, la plupart du temps, difficile de se rendre compte du point de départ de l’enflure puisque les malades nous arrivent avec un article complètement envahi. Cependant, on à remarqué que le gonflement débutait au niveau de l’interligne articulaire. Mais il déborde bientôt au-dessus et au-dessous et sa tendance à diffuser est extrême. Néanmoins, il se plaît davantage en certaines parties des articulations et l’on à fait remarquer avec justesse que la face dorsale des membres était plus hâtivement et plus complètement envahie. La face palmaire et les faces latérales suivent de près et l’on se trouve
alors en présence d'une jointure presque cylindrique. Il est vrai d'ajouter que dans certaines formes, au début tout au moins, la déformation affecte une autre apparence. En effet, dans certaines arthrites aiguës du genou à grand épanchement primitif suivi plus tardivement de gonflement périarticulaire, la déformation de l’article est un peu spéciale. La partie du genou située au-dessous de la rotule est an début peu touchée. Quant à celle-ci, elle apparaît coiffée en quelque sorte par l'énorme bourrelet en fer à cheval que dessinent au-dessus d’elle les culs-de-sac de la synoviale distendus par l'épanchement. C’est la disposition observée chez les malades des observations VIT et VITE.
L’articulation du coude semble se prêter avec une complaisance particulière au développement de l’æœdème périarticulaire, et on l’a vu atteindre en haut jusqu'au tiers supérieur du bras pendant qu’il envahissait en bas les deux tiers inférieurs de J'avant-bras.
On s'est demandé de quels éléments était faite la tuméfaction. Le liquide articulaire d’une part, l'œdème périarticulaire de l’autre en sont les deux éléments primitifs. Plus tard viendra s y ajouter une troisième cause laquelle maiïntiendra la déformation même après la disparition des deux autres. Nous voulons parler de l'augmentation des extrémités osseuses signalée par Lasègue, Gosselin, admise par Bouilly. Cette troisième cause peut nous donner l'explication de ces jointures à forme bizarre qui persiste même après guérison complète. n
Nous avons invoqué comme cause du gonflement,
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l'épanchement intra-articulaire. M. Brun paraît vouloir le mettre tout à fait hors cause. Le liquide articulaire n’y est pour rien, dit-il. On n'en trouve que peu, ou même pas du tout, comme nous l’assure l'absence du choc rotulien ou tout au moins sa faible intensité.
Il nous semble nécessaire de faire ici deux parts aux arthrites aiguës blennorrhagiques, celle qui revient à ce que M. Delbet appellerait volontiers « la forme sèche » (avec peu de liquide et un gonflement périarticulaire prononcé), et la forme à grand épanchement. Même dans cette forme les tissus périarticulaires prendront leur part de la phlegmasie, mais d’une façon secondaire et plus tardivement. L'une comme l’autre forme du reste se caractérisent par les symptômes violents, douleur et autres, dont l’apparition et la durée ne laissent aucun doute sur la nature aiguë de l’arthrite.
Quant au rôle de l'æœdème périarticulaire dans la tuméfaction des « formes sèches », il nous paraît incontestable. Cet œdème est en général dur, garde, sous forme de godets, l'empreinte du doigt, rend impossibles les plis de la peau et s'étend quelquefois très au loin.
L'augmentation de volume des épiphyses est, dit-on, facile à constater par une palpation profonde. Nous ne l'avons jamais sentie bien nettement. Mais notre excuse repose sur. ce fait qu'il est bien difficile, à travers les parües molles tuméfiées à ce point, de faire la part du sonflement osseux.
En résumé, nous croyons pouvoir invoquer comme cause de la tuméfaction les trois éléments suivants : l’épanchement, l'œdème périarticulaire et enfin l’augmen-