‹ L'arthrite blennorragique aiguë et son traitement par l'arthrotomie précoceChapitre 15 sur 22 · CHAPITRE VI Traitement · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI Traitement

L'ordinaire thérapeutique de Parthrite blennorrhagique comprend, d'habitude, l’immobilisation aussi complète que possible de la jointure, la compression ouatée et plus tard, la révulsion. Immobilisation, massages, électricité, bains sulfureux et frictions excitantes viennent compléter ces trois éléments principaux.

L’immobilisation, disait Verneuil, est le meilleur des

antiphlogistiques à appliquer dans ces cas. Quel que soit le moyen adopté, il sera toujours bon pourvu que l’article malade soit aussi peu mobile que possible.

La compression sera aussi régulière que possible et l’on y apportera les soins habituels en pareil cas.

Pour la révulsion, on à recours aux pointes de feu ou à la teinture d'iode. Maïs nous n’insisterons pas, notre objectif n'étant pas de décrire ici le traitement médical de l’arthrite aiguë blennorrhagique.

Disons cependant un mot du traitement général et de celui de l’uréthrite, quand celle-ci n’a pas encore abdiqué. Il est admis à l'heure actuelle que l'infection blennorrhagique existe et forme à elle seule une entité morbide indéniable. Il est donc naturel de penser à la combattre par un traitement interne approprié, et l’on administre à

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cet effet différents antiseptiques généraux, par exemple, le salol à la dose de ? à 4 gr. par jour, le naphtol 1 à 2gr., le benzo-naphtol ? à 4 gr. Voilà pour la médication antiseptique générale dont l'efficacité peut bien avoir été reconnue dans certains cas peu graves, mais dont les effets sur l’arthrite aiguë nous ont toujours paru assez problématiques.

Quant aux antiphlogistiques généraux, sulfate de quinine, salicylate de soude, antipyrine, si utiles. dans les phlegmasies rhumatismales simples, nous savons qu'ils ont une action bien modérée dans les cas qui nous

occupent.

Le traitement de l’uréthrite nous paraît nécessaire. Nombre d’auteurs appuient sur la nécessité de ne pas l'oublier. Dans les cas d'écoulement aigu à gonocoques encore présents, les malades se trouveront bien des lavages à plein canal avec le permanganate de potasse, à 1 p. 4000, puis 1 p. 2000, etc. En cas d'écoulement chronique et en l’absence du microbe de Neiïsser, nous croyons qu'il faudrait s’en tenir à la méthode suivie dans

le service de M. le professeur Guyon, c'est-à-dire aux injections de sublimé pour les écoulements qui contiennent les microbes d'infection secondaire, aux instillations au nitrate d'argent pour les cas où l’examen microscopique ne révèle rien.

A côté des méthodes detraitement local non sanglant, sont venues se placer les méthodes sanglantes, la ponc-

tion et le lavage de l’article par le procédé de Schede, la ponction par la méthode de M. Rendu, et enfin l’arthrotomie.

Quel est le but de ces différentes interventions ? Évidemment d'interrompre le processus inflammatoire en supprimant le contact prolongé de l'épanchement et en modifiant l’état des surfaces articulaires par des lavages.

La ponction simple paraîtrait à peine suffisante dans les cas d'hydarthrose à tendance vers la chronicité, Du reste on a remarqué même dans ces cas son insuffisance contre le retour de l’épanchement.

Le procédé de Schede serait peut-être plus recommandable en raison du lavage antiseptique qu’il comporte.

Enfin après avoir retiré le liquide, M. Rendu introduit une certaine quantité de sublimé (5 à 6 c.c.) en solution à 1 p. 4,000, qu’il laisse dans l'articulation. Il a publié un cas de guérison complète dû à ce procédé.

Le reproche que l'on peut faire à ces différents procédés c'est de travailler un peu à l’aveuglette. La ponction ne permet pas de constater en quel état se trouve l'articulation.

Par l’arthrotomie au contraire le chirurgien se rendra parfaitement compte de l’état plus ou moins prononcé des lésions. La vue et le toucher ne lui permettront pas d'ignorer jusqu’à quel point la synoviale, les cartilages, l'appareil ligamenteux et les tissus périarticulaires sont envahis.

Le nettoyage, si nécessaire, de la cavité pourra se faire d’une façon aussi parfaite que possible. L'évacuation des fausses membranes, des flocons fibrineux, des végétations synoviales en voie de dégénérescence, impossible à réaliser par l'intermédiaire d'un trocart même un peu fort, deviendra des plus faciles. Les adhé-

rences, si elles existent déjà, pourront être rompues. L’antisepsie des moindres recoins devient possible après l'incision,

Et du reste, la principale objection que l’on pourrait soulever contre l'intervention du bistouri, a perdu maintenant sa valeur. Nous sommes loin de l’époque où l'on craignait à si juste titre de porter le couteau sur une jointure. L’antisepsie et l’asepsie ont ici comme partout fait leur œuvre. Les observations citées plus haut, la pratique courante de l'ouverture de l'articulation pour suturer la rotule, l’arthrotomie pour corps étrangers du genou dont nous avons pu constater à plusieurs reprises la parfaite innocuité, voilà autant de faits rassurants pour l'intervention.

En tant que procédé opératoire l’arthrotomie ést parfaite. Mais quels vont en être les résultats immédiats et quel bénéfice le malade en retira-t-11? Il souffrait horriblement et sans presqu'aucun répit, il voit ses douleurs décroitre rapidement pendant les premiers Jours qui suivent l'opération. Souvent même elles disparaissent complètement le premier ou le second jour.

Une suite constante et immédiate de l’arthrotomie, c’est la chute de la température, plus ou moins brusque" quelquefois graduelle, mais complète en quelques jours, comme chez quelques-uns de nos malades.

Ce que nous savons de la pathogénie de l'affection nous porte à croire que supprimer en grande partie, comme le fait l'arthrotomie, les causes locales d'inflammation, ce doit être un excellent moyen d’enrayer d’une part l’atrophie musculaire résultant de la phlegmasie et

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d'autre part de prévenir l’ankylose que nous savons être trop souvent le terme de l'affection.

Le nombre d'observations publiées jusqu’à ce jour ne permet pas de dire dans quelle proportion l’arthrotomie supprime l’ankylose. Mais on peut déjà affirmer que dans la majorité des cas, le succès est très satisfaisant.

L’arthrotomie est-elle indiquée pour toute éspèce d’articulations? Si nous consultons la liste des observations publiées, nons voyons M. le professeur Tillaux ouvrir l'articulation du poignet, puis celle de l'épaule. MM. Thiéry et Walther incisent l'articulation du coude. On ne connaît pas encore d'observation d’arthrotomie du cou-de-pied. Quant au genou, il forme le plus grand nombre des cas où l'intervention ait été pratiquée.

Le procédé opératoire tout en étant très simple mérite cependant quelqu'attention. Nous en dirons un mot pour ce qui regarde le genou, les modifications à apporter pour les autres jointures n'étant pas très considérables.

Le champ opératoire soigneusement préparé, l’opérateur porte le bistouri sur la partie externe du genou, pas trop en avant, et on y pratique une incision d’au moins » ou 6 centim. Plus grande, cette incision serait inutile, plus petite, elle ne permettrait pas d'y voir suffisamment et sa grande tendance à se cicatriser empêcherait, les jours suivants, l'écoulement facile des liquides. Dans un cas de Tédenat, une parcimonieuse incision de 2 centim. dut être agrandie le lendemain de l'opération. Nous avons dit pas trop en avant, car si l’entaille est placée le long du bord externe de la rotule, comme on le fait d'habitude, le drainage en est rendu difficile à cause

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