‹ L'arthrite blennorragique aiguë et son traitement par l'arthrotomie précoceChapitre 18 sur 22 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

OBSERVATION I (Inédite).

Arthrite aiguë blennorrhagique du genou droit.

Joséphine Char..…., entre dans le service de M. Nicaise le 10 février 1894, avec tous les signes d’une arthrite aiguë blennorrhagique du genou.droit. État général mauvais. Température variant de 38,5 à 39°. On lui avait fait antérieurement une ponction suivie d'injection de sublimé. La malade présenta un peu de stomatite mercurielle à la suite de cette injection. Le 16 février, M. Pierre Delbet se décide à intervenir. On fait une double incision et un lavage de l'articulation. Drainage à la gaze iodoformée.

Pendant les jours qui suivent l'opération, la malade voit diminuer ses douleurs, les phénomènes aigus s’atténuent et finissent par disparaître complètement. Le 16 avril, elle sort de l'hôpital ne souffrant plus du tout. Le massage et la mobilisation n'ont cependant pas pu obtenir un complet rétablissement des mouvements. La flexion ne dépasse guère quelques degrés. En revanche, on constate un peu d'hyperextension et quelques mouvements de latéralité.

La malade, revue le 15 juin 1895, marche sans boiter ni souffrir. Le genou est parfaitement mobile, et la flexion dépasse de beaucoup l’angle droit.

OBSERVATION II (Inédite).

Léon B.…., boulanger, 27 ans, entre en chirurgie le 4 mai,

venant de médecine où il était depuis le 27 avril. Pas d’anté-

(1) Les huit premières observations se rapportent à des malades opérés par M. Delbet, dans le service de M. Nicaise, à l’hôpital Laënnec.

cédents héréditaires. Comme antécédents personnels, il a eu sa première chaudepisse il y a deux ans. L’uréthrite s'est compliquée de douleurs rhumatoïdes avec gonflement marqué au niveau des articulations tibio-tarsiennes.

Nouvelle chaudepisse au commencement d'avril, d'intensité moyenne et peu douloureuse.

24 avril. Il est pris brusquement pendant la nuit de douleurs violentes au niveau du genou gauche, le gonflement et l’impotence du membre suivant de près.

A son entrée à l'hôpital, on lui trouve la jointure très gonflée, chaude, douloureuse, le maximum de la douleur étant situé sur linterligne articulaire, en dehors. L'épanchement est considé= rable et les culs-de-sac très tendus. On constate un œdème développé jusqu'à mi-cuisse et la circulation veineuse superficielle est augmentée dans toute la région.

Quant à l'écoulement uréthral, il est très abondant.

Arthrotomie, le 5 mai. L’incision externe de 5 centim. donne issue à une certaine quantité de liquide jaune citrin et à une fausse membrane jaunâtre et gélatiniforme, moulée sur le culde-sac tricipital et dont elle reproduit exactement la forme.

Le doigt, promené sur les surfaces articulaires, reconnaît qu’elles sont déjà érodées. l

On lave au sublimé et l’on complète le nettoyage au moyen d'éponges. Drainage à la gaze iodoformée et pansement compressif et gouttière.

Le 9. On enlève le pansement. Il n'y a plus qu’un peu de liquide dans l’articulation. On remet des mèches et on refait le même pansement.

Le 17. Nouveau pansement. Plus de liquide dans larticulation, on enlève les mèches et on commence la mobilisation.

Le 19. Le malade exécute lui-même des mouvements assez étendus. Il commence à marcher facilement.

Il sort le 11 juin, ayant recouvré la parfaite intégrité de ses membres.

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