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OBSERVATION III (Inédite).
Arthrite aiguë blennorrhagique du genou gauche.
Marie Caut.…, 18 ans, domestique. Cette malade passe de médecine en chirurgie le 2 juillet. Elle souffre depuis trois semaines de son genou gauche, mais les douleurs ne sont devenues très grandes que vers le cinquième jour du début. L'épanchement ne paraît pas considérable et, du reste, une ponction faite en médecine n’a donné que quelques gouttes de liquide. L'examen bactériologique sur lamelles et avec les cultures resta négatif à ce moment.
On fait l’arthrotomie le 8 juillet. La prétiière incision longue de 5 à 6 centim. est faite le long du bord externe de la rotule. On pénètre dans l'articulation et l'on fait une large irrigation au sublimé, ce qui fait sortir une large « couenne » fibrineuse, très cohérente, d'aspect verdâtre et gardant la forme du cul-
- de-sac tricipital. Sur toute la face interne de la synoviale, il existe des fausses membranes adhérentes au point qu’il faut les détacher avec l’ongle. L'ensemble des exsudats ainsi enlevés représente le volume d’un œuf. On fait à la partié interne une contre-ouverture qui permet le nettoyage complet de l’articulation. On termine par un drainage et un pansement compressif soigné, et l’on place le membre dans une gouttièré en fil métallique.
Le premier pansement est fait le 7 juillet. Pas de pus dans l'article. La douleur est considérablement diminuée. La température est un peu tombée, mais elle remonte encore à 38° le soit. Du reste, pendant toute la durée de la maladie, la courbe de température a été extrêmement variable, passant de 37° à 38° et même 39°, pour retomber le lendemain à 37°. Fait à remarquer, ceci se passait généralement les jours où l'on pansait la malade.
Le deuxième pansement est fait le 10 juillet, et l’on trouve
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les plaies presque fermées. La malade continue à souffrir, mais tous les jours un peu moins. |
On commence la mobilisation le 19 juillet, mais sous chloroforme. Il n'y à pas de craquements dans l'articulation. On continue les jours suivants, sans chloroforme, les mouvements provoqués, mais au prix de grandes souffrances, et malgré des séances multipliées on ne peut empêcher l’ankylose et la malade sort de l'hôpital le 8 octobre, avec un membre en rectitude. On n’a pas pu revoir cette malade.
L'examen bactériologique des couennes est resté négatif et sur lamelles et sur cultures.
OBSERVATION IV (Inédite).
Arthrile blennorrhagique du genou droit.
François B..., 29 ans, sommelier, entre dans le service le 8 août 1894, avec tous les symptômes d’une arthrite aiguë blennorrhagique du genou droit.
On l'incise le 10 août. Une première incision de 6 centim. est faite sut le côté externe, donne issue à un liquide séro-purulent peu abondant. On ne rencontre pas de fausses membranes. Les tissus sont infiltrés, œdémateux. La synoviale est fortement hyperhémiée et épaissie; sa face interne est irrégulière, villeuse, et présente l’aspect de la muqueuse intestinale. Les cartilages ne paraissent pas érodés. Contre-incision à la partie interne de la jointure. Lavage au sublimé et drainage à la gaze. La grande incision externe est rétrécie par quelques points de suture. Pansement compressif etimmobilisation dans une gouttière de Bœckel.
Le 20 août, premier pansement. L’articulation est vide de liquide et l’on retire les drains. Le malade à vu disparaître peu à peu ses douleurs et la mobilisation, commencée peu de jours après, donne de bons résultats. Le malade ‘sort de l’hôpital le 10 septembre avec une articulation suffisamment souple.
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OBSERYVATION V (Inédite).
Arthrite blennorrhagique du genou droit (M. Prerre RS DELBET).
Justine May..., 31 ans, cuisinière, est entrée dans le service le 6 février 1896. :
Antécédents héréditaires, nuls. Ordinairement bien portante, a eu à 24 ans une fièvre typhoïde. N’a jamais présenté trace de rhumatisme. Elle n'avoue pas de blennorrhagie, mais elle a souvent des pertes blanches. ,
Il y a vingt-deux jours, sans subir aucun traumatisme, ni refroidissement, elle commence à souffrir dans les deux genoux, surtout dans le droit. Au bout de trois jours, celui-ci s’est gonflé considérablement. Un médecin consulté fit appliquer des vésicatoires, mais sans résultats. On avait cependant eu la patience d'aller jusqu’au huitième.
À sonentrée dans le service, la malade présente une jointure très augmentée de, volume, très douloureuse à la pression et qu'il est impossible de mobiliser à cause de ces douleurs. L'épanchement paraît considérable. La rotule est mobile. Pas de mouvements de latéralité. Quant à ceux de flexion et d'extension, ils sont impossibles, etle membre est en complète extension. L'état général est altéré. La, température vespérale est de 38°.
On l’opère le 6 février. L’incision externe laisse passer un liquide rougeâtre séro-purulent, suivi d’une couenne identique à celle trouvée dans l'articulation des malades II et III. La synoviale, rouge et épaissie, présente l'aspect ordinaire en pareil cas. Contre-incision et lavage au sublimé suivi d’une large irrigation d'eau boriquée.
Un soulagement marqué se produit, mais la malade continue assez longtemps à souffrir. On enlève bientôt les drains et l’on commence la mobilisation. Mais malgré celle-ci la malade sort de l'hôpital le 19 mars avec une jointure dont la flexion ne dépasse pas 45°.
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La malade a été revue quelques semaines après; les mouvements ont encore un peu gagné, mais elle souffre quelque peu en marchant.
OBSERVATION VI (Inédite).
Arthrile aiguë du genou droit (M. PIERRE DELBET).
L. J.., 26 ans, cultivateur, entre le 21 mars 1896 dans le service de M. Nicaise. Il a une blennorrhagie vieille de deux mois, qui après avoir été violente à presque disparu depuis quinze jours. Il y a quatre jours, sans éause apparente, il à été
pris d’une douleur très vive pendant la nuit et d’un gonflement considérable, douleur et FAQRE Es, qui Siégeaient au niveau du genou droit.
A l'examen, le genou apparaît très fortement augmenté de volume, la peau est tendue et lisse, mais elle a gardé sa coloration normale. L'œdème est considérable et remonte assez haut. À la palpation, on sent les tissus périarticulaires fortement épaissis, mais l’épanchement parait peu considérable, si ‘on en juge par la faiblesse du choc rotulien.
Au repos, le malade souffre déjà d’une façon cruelle. Mais c'estbien autre chose, dès qu’on imprime quelques mouvements à son articulation. Ceux-ci, du reste, sont excessivement limités L'extension complète est même devenue impossible.
On trouve quelques ganglions dans l’aine.
L’atrophie est déjà prononcée. Le triceps crural est mou, flasque, affaissé. La température, sans être très élevée, nes: sente cependant un maximum constant de 38°.
L'état général est mauvais. Bien que solide gaillard, ce malade est aplati, nerveux; il se plaint tout le temps et gémit dès qu'on le touche.
Arthrotomie le 24 mars 1896. Le liquide est séro-purulent, très louche, peu abondant. On ne rencontre pas de couenne, mais la Synoviale épaissie, dépolie, à surface irrégulière, présente un aspect de muqueuse intestinale. Contre-ouverture et
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lavages au sublimé et à l’eau boriquée. Drainage par des mèches de gaze iodoformée. Pansement compressif et immobilisation. Le lendemain les douleurs ont beaucoup diminué et la fièvre est tombée. On renouvelle le pansement et l’articulation ne donne que quelques gouttes de liquide.
Le 29 mars, pas de température et pas de douleurs.
On fait un second pansement le 1° avril, et l’on trouve les choses en bon état. On remet cependant des mèches. Le malade ne souffre plus spontanément.
Les mèches sont supprimées le 5 avril. La rotule paraît immobilisée.
Le 13 avril, l’état est stationnaire. Cependant, on dirait qu’il y à un léger rappel de la douleur.
On commence la mobilisation vers le 18 avril, la gouttière de Bœckel étant supprimée du même coup. Les premières tentatives sont douloureuses, et peu effectives. Néanmoins, les mouvements augmentent assez rapidement et le 27 avril la flexion atteint presque l'angle droit. La mobilisation n’est plus aussi douloureuse.
Le malade se lève le 4 mai. Il marche en boitant un peu, mais sans souffrir. L’atrophie de son triccps est notable et n’a pas encore cédé à l’électrisation et au massage. Chaque jour depuis lors est marqué par un progrès sensible et le malade, à sa sortie de l'hôpital, jouit de l'intégrité complète de ses mouvements. Son état général est absolument parfait.
Examen bactériologique. — Au moment de l'opération on prend du liquide à travers la capsule ligamenteuse du genou et avant son incision. Le liquide louche, séreux, d'aspect pyoïde, est ensemencé dans trois tubes de bouillon [, IT, III, le premier seul étant largement ensemencé. Après l’ouverture complète de la jointure on recueille le liquide des culs-de-sac dont on ensemence un quatrième tube. Puis avec un morceau de synoviale on en fait un cinquième.
Les tubes I, IT, IIT, IV sont restés constamment stériles.
Le V ensemencé avec la synoviale a présenté le 27 mars
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un trouble intense. Le 28 mars on en fait des lamelles colorées au Ziehl sur lesquelles on voit des cocci assez abondants isolés ou en diplocoques. Le 31 mars, on ensemence deux tubes de gélose avec les produits du tube V, et l’on additionne l'un des tubes de quelques gouttes de sang humain. Le lendemain on constate la présence sur ces tubes, de colonies blanches, isolées ou formant nappe, nombreuses surtout sur la gélose additionnée de sang. Le 4 avril on fait des lamelles avec ces colonies, et l'on trouve par le procédé de Weigert des amas de microcoques et quelques chaînettes. De rares diplocoques ont un peu l'aspect de grains de café. Des ensemencements sur gélatine ne donnent rien.
OBsERvATION VII (Inédite).
Arthrite aiguë du genou droit. (Malade de M. P1ERRE DELBET.)
La nommée Julia Gouil..., 36 ans, domestique, sans antécédents personnels héréditaires, a vu apparaître dans son genou droit, il y a huit jours, une douleur très vive qui ne l'empêche pas d’abord de marcher ni de faire son service. Mais un gonflement considérable étant survenu en même temps que la douleur devenait très forte, elle va trouver son médecin qui lui ordonne un vésicatoire. Celui-ci n'ayant produit aucun effet sensible, la malade entre à l'hôpital Laënnec, service de M. Nicaise, le 3 juin 1896.
Elle est en pleine puissance de vaginite et d'uréthrite blennorrhagique dont le début remonte à trois semaines.
Son genou est extrêmement douloureux surtout quand on essaye de le mobiliser. Les douleurs spontanées sont aussi très fortes. La flexion prononcée du genou et l’extension du pied paraissent être les positions les moins douloureuses.
Le gonflement périarticulaire est peu prononcé, mais, en revanche, il y a une grande quantité de liquide dans l’articulation. Les culs-de-sac bombent fortement et la rotule parait surmontée d’un énorme bourrelet en fer à cheval. Fluctuation
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