‹ L'arthrite blennorragique aiguë et son traitement par l'arthrotomie précoceChapitre 4 sur 22 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Étiologie.

La blennorrhagie est maintenant reconnue comme la

cause directe de l’arthrite aiguë blennorrhagique. Dès

1869, M. le professeur Fournier écrivait ce qui suit : « La blennorrhagie est la cause essentielle, efficiente, indispensable des accidents rhumatismaux dont l’ensemble compose le rhumatisme blennorrhagique ; c’est elle qui les détermine et elle suffit par elle seule à les produire indépendamment de toute provocation appréciable ».

Cette opinion encore contestée au moment où elle était émise réunit peu à peu tous les suffrages et on peut la voir aujourd'hui écrite un peu partout. Du reste M. le professeur Duplay et M. Brun décrivant l’arthrite aiguë blennorrhagique admettaient aussi la gonorrhée comme cause primordiale de l'affection. « Il suffit d’avoir observé avec attention un certain nombre d’arthrites blennorrhagiques, d’avoir analysé avec soin les caractères spéciaux et l’évolution particulière des arthropathies dites blennorrhagiques pour être bien et dûment convaincu que c’est dans la blennorrhagie que

On PEUR

réside la cause première, essentielle, de leur apparition » (Brun) (1).

L'opinion est donc fixée sur ce point. Mais il en est un autre sur lequel les idées sont partagées, à savoir, l'action secondaire plus ou moins active de certains éléments invoqués à titre déterminant, tels la diathèse rhumatismale si fortement soutenue par Peter et complètement niée par M. le professeur Fournier et Quinquaud. Dans un même ordre d'idées, le froid, les traumatismes, la fatigue et le surmenage sont mis en cause par les uns et dédaignés par les autres.

En général on n’admet guère l’action provocatrice de la diathèse rhumatismale, et pour ce qui regarde les malades que nous avons eus sous les yeux, ils ne présentaient aucunement matière à pareille interprétation. L'un d'eux pourtant semble avoir eu une attaque de rhumatisme aigu ordinaire, il y a quelques années. Mais, rien dans son état actuel ni dans son passé pathologique, ne nous fait croire à une intervention de l’affection ancienne. D'une part, il a présenté de nombreuses. blennorrhagies et la dernière seulement s’est compliquée d’arthrite. Pourquoi ce long sommeil de la diathèse et cette action tardive. D'autre part, les caractères de l'arthropathie récente ne permettent en aucune façon d’en affirmer l’étroite parenté avec lerhumatisme ancien, encore moins la relation de cause à effet.

Quant au froid et à l'humidité, ils sont assez souvent invoqués par les malades désireux de trouver la raison

(1) BRUN. Thèse de Paris, 1881.

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