‹ L'arthrite blennorragique aiguë et son traitement par l'arthrotomie précoceChapitre 6 sur 22 · ENTRE · texte numérisé non relu

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cas frappants, pour mettre la clinique en éveil et produire ce revirement d'opinion.

L'âge des malades atteints varie quelque peu. Si la majorité d’entre eux accusent une jeunesse relative, on a vu l'affection s'attaquer à des vieillards d’un âge avancé. Par contre, on a souvent eu à la combattre chez de malheureux enfants, des nouveau-nés ou d’autres, dont l’âge variait depuis ?, 3 et 4 ans jusqu’à 10 et 12 ans. Pour les tout petits c'était la suite et la complication de l'ophtalmie purulente. On a eu de cette façon la preuve que l’uréthrite blennorrhagique n’était pas indispensable àl’éclosion des accidents rhumatismaux. Quelques chservations très précises de la thèse de Raynaud auxquelles on pourrait joindre un grand nombre d’autres, sont à ce sujet absolument concluantes. Les fillettes fournissent le plus grand nombre des victimes dans la seconde enfance, et dans la plupart des cas, le point de départ est génital. On sait en effet combien sont fréquentes chez les petites filles, même en dehors de tout attentat, les vaginites gonococciques. L'origine et la pathogénie de ces vaginites sont diversement expliquées, mais quel qu’en soit le point de départ, il a été constaté de leur fait des arthropathies blennorrhagiques avérées.

On a beaucoup discuté l’époque d'apparition de l’arthrite blennorrhagique et les rapports qui existent entre l'âge de la chaudepisse et l’éclosion de sa manifestation articulaire. Mais, on sait maintenant qu'une jointure peut être prise en pleine période aiguë de l’uréthrite, comme aussi le simple écoulement chronique, la goutte militaire peut être le point de départ de manifestations

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articulaires très aiguës. Chose curieuse, la gravité de la complication n’est souvent pas le moins du monde imputable à l'abondance de l'écoulement, à l'état aigu de l'uréthrite, et tel malade qui présentait une chaudepisse de toute moyenne intensité se voit cloué sur un lit de douleurs par la plus aiguë des arthrites. Nous avons observé le fait chez un de nos malades, à qui, au moment des accidents articulaires, il ne restait qu'une minuscule goutte matutinale, un rien, comme il disait. On a donc vu l’arthrite blennorrhagique se produire à des époques variables. Dans les débuts les plus précoces, elle apparaît vers le cinquième ou sixième jour. En général, c’est vers le dixième ou le quinzième qu'elle débute. Mais il lui arrive assez souvent d'attendre jusqu'au trentième et même au soixantième jour pour se déclarer. Dans l’ordre de fréquence c’est le genou qui est le plus souvent pris. Ensuite viennent le cou-de-pied, l'épaule, le poignet, le coude et les petites articulations.

En résumé, l’on peut dire que l’arthrite blennorrhagique a pour cause la blennorrhagie soit uréthrale, soit oculaire, et que secondairement elle peut naître à l’occasion d’un refroidissement, d’un traumatisme ou d’un surmenage quelconque, sans toutefois que son existence soit dépendante de ces causes secondaires. Si parfois, à sa naissance, on peut trouver la trace de ces éléments, dans la plupart des cas il est impossible d’y arriver.

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