DIAGNOSTIC
- Nous avons vu que si le diagnostic d’arthrite chronique déformante de la hanche a été toujours aisé à poser lorsque l'affection évoluait chez le vieillard, il a fallu la radiographie et les travaux récents de plusieurs auteurs pour montrer sa fréquence chez l’adulte.
I. — C'est L’ARTHRITE TUBERCULEUSE DE LA HANCHE, LA COXALGIE qu’il faudra savoir distinguer avant tout. Il y a là une question capitale de pronostic et de traitement. Quels sont donc les éléments qui permettent d’y répondre ?
Dans la coxalgie, il existe plus rapidement une grosse atrophie musculaire. Les mouvements de la hanche sont tous rapidement limités, en particulier la flexion qui, nous l’avons vu, est longtemps respectée dans l’arthrite chronique non tuberculeuse.
Et surtout, il existe une adénopathie iliaque dont la valeur diagnostique est considérable. |
Enfin, radiographiquement, on note comme dans l’arthrite, une grosse décalcification. On trouve un pincement articulaire qui siège toujours à la partie supérieure
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de l’interligne. On sait, en outre, la fréquence chez l'adulte, du début par une ostéite localisée juxta-coxale qui sera facilement décelée par la radiographie.
Plus tard, le diagnostic radiologique est encore plus sûr. On constate, à cette période, de grosses destructions osseuses, il n’y a pas de productions ostéophytiques, au contraire la tête, petite, joue dans un cotyle agrandi.
II. — LA SPONDYLOSE RHIZOMÉLIQUE sera éliminée assez . aisément par suite de ses localisations multiples et simultanées (hanche opposée, épaules, colonne vertébrale) et aussi par son aspect radiographique. Il y a peu ou pas d'ostéophytes, mais on constate une tendance à l’ankylose osseuse rapide par formation d’un manchon périarticulaire par ossification des ligaments.
IT. — Nous devons mentionner enfin LA SCIATIQUE, facilement distinguée dans les cas typiques, plus difficilement lorsqu'elle revêt la forme de sciatique de Pétren, celle-ci coexistant d’ailleurs presque toujours avec une arthrite de la hanche. |
Signalons aussi L’ARTHRITE CHRONIQUE DE L'ARTICULA- TION SACRO-ILIAQUE qui peut donner des signes cliniques analogues. Léri et Me Linossier ont insisté sur la difficulté de'son diagnostic qui n’est possible qu’à la faveur de très bonnes radiographies.
L’ARTHROPATHIE TABÉTIQUE se distingue par son indolence, son début brusque, l’existence de signes neurolo-
giques.
IV. — Quant aux diverses malformations de la hanche: subluxation congénitale, coxa vara, ostéochondrite, nous ne pouvons les envisager en détail dans ce chapitre, puisque nous verrons qu’elles sont fréquemment retrouvées à l’origine des arthrites chroniques. Le seul point qu’il nous faille signaler ici, c’est qu’elles peuvent, en dehors de toute arthrite surajoutée, se manifester par des douleurs et une limitation des mouvements. Mais l’absence de signes radiologiques d’arthrite et la disparition rapide des symptômes cliniques sous l'influence du repos permettront de faire la part de ce qui revient à la malformation elle-même.