PART
On peut faire les constatations suivantes :
1° Le trochanter s’est fortement soudé au fémur ;
2° La capsule épaisse et très résistante s’est adaptée à la nouvelle articulation ;
3° La tête du fémur est régulièrement arrondie, parfaitement lisse, mais dépourvue de cartilage; dans son ensemble, l'extrémité du fémur s’est huméralisée et la tête donne l'impression d’une tête humérale, elle s’appuie très solidement sur le toit du cotyle qui a conservé sa direction horizontale ;
4° La cavité cotyloïde est divisée en deux parties par des tractus fibreux néoformés, la partie supérieure qui contient la nouvelle tête et la partie inférieure déshabitée remplie d’un coussinet fibro-adipeux. Les tractus fibreux néoformés viennent compléter en bas la capsule.
Ces constatations anatomiques démontrent d’une manière absolue que par résection arthroplastique, on peut obtenir une hanche solide, avec néarthrose fonctionpant d’une manière parfaite et suivant toutes probabilités, définitive (Sorrel).
En résumé, si nous voulons opposer les avantages et les inconvénients que présente la résection arthroplastique, il nous sera possible de dire :
Les résultats fonctionnels, sans être parfaits, sont cependant très appréciables eu égard à l’état antérieur du malade. On peut la tenir pour la seule intervention qui permette d'obtenir une sédation des phénomènes
douloureux associée à une certaine conservation des mouvements articulaires.
Mais on a pu, à ces bénéfices réels, opposer des inconvénients graves qui, si leur fréquence était avérée, restreindraient singulièrement les indications de cette intervention.
Tout le monde admettait jadis et beaucoup admettent encore volontiers que la résection de la hanche est marquée d'une lourde mortalité par choc opératoire et par infection. Cet argument s’il était fondé devrait alors nous faire renoncer absolument à cette intervention. C’est qu’en effet, en matière de chirurgie réparatrice, on ne saurait, pour une affection qui ne menace point la vie du malade, faire courir à celui-ci un danger quelconque. En réalité, il semble bien qu’il y ait une grosse part d’exagération dans cette réputation, et pour nous en assurer, nous devons, avec notre maître M. P. Mathieu, analyser ce que l’on considère comme élément de gravité de cette intervention.
En ce qui concerne l'infection, nous pensons qu’elle est facilement évitable à condition toutefois de ne jamais opérer de sujels présentant la moindre lésion cutanée, de multiplier les précautions d’asepsie au cours de l'intervention, d'éviter les dilacérations musculaires et enfin d'assurer une hémostase rigoureuse.
Restent les dangers de choc opératoire. Sans doute a-t-on pu signaler souvent, après résection de la hanche, des accidents avec collapsus, pâleur extrême que n'expliquait aucune hémorragie. Ces accidents ont d’ailleurs été de peu de durée et ont cédé à la médication
symptomatique habituelle. Nous n’avons d’ailleurs relevé aucun fait de ce genre, ni chez les opérés de M. le D: Dujarier ni chez ceux de notre maître, M. P. Mathieu. Il semble qu’on puisse les éviter en proscrivant toute manœuvre brutale de l'acte opératoire : c’est ainsi qu’il faut s'abstenir de toute dilacération musculaire, facteur de choc sarguin, et surtout de toute luxation violente du fémur, facteur de choc nerveux. Ce dernier point nous paraît capital et son importance a conduit M. P. Mathieu à insister sur la nécessité de pratiquer la section première du col fémoral et de procéder avec douceur à l’ablation secondaire de la tête.
D'ailleurs, toutes ces précautions opératoires pe vaudront que si l’on opère sur de bonnes indications. Nous étudierons plus loin celles-ci dans le détail, mais, dès maintenant, nous pouvons dire que ce sont surtout les altérations antérieures de l’état général des malades plus encore que l’acte opératoire lui-même qui sont les causes efficientes des accidents qui ont contribué à établir le renom de gravité de la résection de la hanche.
De quelques points intéressant à la fois toutes les méthodes chirurgicales
Deux questions qui ne sont point prapres au traitement de l’arthrite chronique, mais sont liées à toute la chirurgie de la hanche doivent être posées :
1° La question de la table orthopédique ;
2° La question de la voie d’abord.