II. — La voie d'abord
Nous ne voulons pas reprendre ici l’étude des très nombreuses voies qui ont été proposées pour atteindre l'articulation. Des thèses récentes ont été consacrées à ce sujet, (Bournoville, F. Bérard), et nous nous contenterons ici d'indiquer quelles sont les incisions les plus favorables à l’exécution de chacune des interventions que nous avons décrites.
L’incision externe en tabatière d'Ollier qui circonscrit le grand trochanter dans une courbe à concavité supérieure permet la section facile du grand trochanter et donne accès sur la face supérieure de l'articulation. La fosse iliaque externe n’est pas alors accessible et l’on ne saurait, par cette voie, pratiquer aisément une arthrodèse extra-articulaire. Mais cette incision peut convenir pour effectuer une résection arthroplastique et récemment MM. Gatellier et Merle d’Aubigné en ont étudié la réalisation en modifiant sur un certain nombre de points la technique classique.
L'incision antérieure peut, sous réserve d’incisions complémentaires, convenir à tous les cas.
L’incision classique part de l’épine iliaque antérieure et supérieure et descend, en se dirigeant à peu près parallèlement à l'axe du membre. Elle offre la possibilité d’entrer dans l’interstice tenseur du: fascia lala et couturier puis de passer entre les petit et moyen fessiers et le droit antérieur de la cuisse. A elle seule, elle est insuffisante pour pratiquer autre chose qu’une simple arthrotomie.
Si on l’élargit à sa partie supérieure (Smith Petersen). par une incision qui suit la crête iliaque, il est facile de désinsérer les muscles fessiers profonds de la fosse iliaque externe, et l’on peut sans difficultés pratiquer une butée ostéoplastique.
Si on l'élargit au contraire (R. Whitman, Dujarier) à sa partie inférieure par une incision perpendiculaire audessous de la base du grand trochanter, on peut sectionner le tenseur du fascia lata et découvrir la face externe du grand trochanter. Il est alors possible de sectionner celui-ci et d'obtenir un large jour sur les faces antérieure et supérieure de la capsule. Cette voie d’abord permettra la réalisation d’une résection, d’une arthroplastie, d’une résection arthroplastique.
Il faut rapprocher de cette incision, l’incision en baïonnette que nous avons vu exécuter par M. le Pr Ombredanne.
Enfin, la combinaison-des incisions complémentaires supérieure et inférieure, telle que l’a décrite M. P. Mathieu, donnera non seulement les facilités les plus
grandes pour toute intervention, maisencore, seule, elle permettra de suivre la technique d’arthrodèse extraarticulaire que nous avons décrite.
Dans lPensemble, c’est à Pincision antérieure élargie que, avec notre maître M. P. Mathieu, nous donnons la préférence comme étant celle qui assure le plus de jour, et qui, ne nécessitant aucun délabrement musculaire,
permet une reconstitution anatomique parfaite.
Paboyant 9