‹ L'Arthrite Chronique Déformante de la HancheChapitre 9 sur 44 · DOTE · texte numérisé non relu

DOTE

sager l'application d’un traitement chirurgical. Sans doute n'est-ce pas là une règle absolue et dans certains cas l’arthrite est ou peut devenir bilatérale : alors se posent des problèmes thérapeutiques spéciaux.

Lésions osseuses

On peut ramener à peu près tous les cas à deux gran: des formes anatomiques.

1e Forme : Forme où la morphologie générale de la hanche normale est conservée.

2° Forme : Forme où la morphologie normale a disparu et ou ilexiste de grosses déformations réalisant dans l’ensemble un aspect de subluxation.

1'è FORME : (ARTHRITES PROLIFÉRANTES ET ANKYLO- SANTES).

La têle fémorale a conservé sa forme normale. Les lésions cartilagineuses caractéristiques que nous étudierons ultérieurement occupent une plus ou moins grande étendue de sa surface articulaire. re

La limite entre le cartilage articulaire et la surface du col a perdu sa netteté ; elle est occupée par une série de bosselures arrondies comparées par Léri à des gouttes de cire. On les trouve en particulier groupées à la face antérieure au niveau de l’empreinte iliaque. Parmi ces bosselures, les unes restent cartilagineuses, les ecchondroses, d’autres sont osseuses, les ostéophytes. Les lignes intertrochantériennes et le trochanter peuvent être aussi le siège d’ostéophytes. ;

Quant au col, il a souvent conservé sa direction normale ; cependant on peut observer des déformations en Coxa vara ou en coxa valga.

Le cotyle est cerné par des formations ostéophytiques qui occupent tout son contour et en augmentent la pro-

FiG. 1. — Arthrile chronique proliférante

(Pièce 557-c du Musée DUPUYTREN)

fondeur. Le sourcil cotyloïdien se trouve ainsi prolongé à la fois à sa partie supérieure (ce que l’on a pu appeler auvent) et à sa partie inférieure (ce que lona pu appeler seuil). Les néoformations osseuses qui jouent un rôle indiscutable dans la limitation de certains mouvements constitueront un obstacle ‘parfois très sérieux à l'accouchement de la tête fémorale après arthrotomie..

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L'arrière-fond est, lui aussi, rempli d’ossifications ; celles-ci pourront radiographiquement donner l'aspect de double fond décrit par Calot.

2e FORME : ARTHRITES DÉFORMANTES (Fig. []).

D'une manière générale, l’aspect observé dans cette forme est un aspect de subluxation. Mais comme nous le verrons, si la tête semble avoir perdu sa situation normale par rapport à l’os iliaque, rien ne prouve qu'il s'agisse là d’une lésion congénitale. Dans de nombreux cas, au contraire, tout semble s’être passé comme si la tête avait été, selon un processus sur lequel nous reviendrons, expulsée progressivement de la cavité cotyloïde (ce que l’on peut rapprocher des formes subluxantes de l’arthrite gonococcique (Mondor, Mille Lamy)).

La tête fémorale est aplatie, comme écrasée aux dépens de sa partie supéro-externe, la surface articulaire déborde sur la. partie supérieure du col, atteint le bord supérieur du grand trochanter. Au début, la tête a conservé son rayon de courbure normal dans sa moitié inférieure, alors que ce rayon est nettement augmenté au niveau de sa moitié supérieure.

Puis la tête s’aplatit de plus en plus, prenant un aspect cunéiforme ou ovoïde ; la surface articulaire déborde le col de tous côtés, jusqu’au contact du grand trochanter acquérant ainsi une forme en champignon ou en tampon de wagon. On se rend surtout compte de cette déformation en pratiquant une coupe vertico-frontale de l’extrémité supérieure du fémur qui montre l’aplatissement de la surface articulaire et l’existence

. — Arthrite chronique déformante (Pièce n° 560 du Musée DuPUYTREN)

Fi. 3. — Arthrite chronique déformante (Détails des déformations fémorales sur une coupe verticale) (Pièce n° 560 du Musée DUPUYTREN)

du bourrelet périphérique formé par les ostéophytes.

Exceptionnellement on peut trouver une tête fémorale diminuée de volume, atrophiée, mais environnée d'ostéophytes.

Le col, au début, a le plus souvent conservé sa direction normale. Il n’est. modifié que par suite de l’empiètement de la surface articulaire. Il est en quelque sorte invaginé dans une coque osseuse d’où l’on pourra le libérer. | |

Plus tard, il est raccourci, très réduit et sa direction se rapproche souvent de la verticale (angle d’inclinaison augmenté). |

A l’opposé, il arrive que l’on trouve dès le début de l'affection un aspect de coxa vara dont il nous faudra discuter la valeur étiologique.

Le cotyle rappelle dans l’ensemble la Aélor mation de la tête. Son rayon de courbure est très augmenté. Il existe le plus souvent des néoformations osseuses qui occupent la partie centrale et inférieure de la cavité cotyloïde réalisant là un double fond des plus nets et repoussant en quelque sorte en dehors la tête fémorale.

Dans l’ensemble il est donc possible de distinguer deux types de cavités cotyloïdes : Le premier est caractérisé par un cotyle aplati, dont le bord supérieur évasé fuyant, réalise vraiment l’aspect de subluxation. Dans autre. au contraire, le rebord cotyloïdien supérieur forme un large auvent, la cavité est restée profonde et

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