‹ L'Arthrite Chronique Déformante de la HancheChapitre 10 sur 44 · TON · texte numérisé non relu

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pourra être utilisée aux fins d'interventions reconstructrices.

Dans certains cas, rares d’ailleurs, le cotyle est déprimé, enfoncé, son fond fait saillie à la face interne de los iliaque, réalisant letype de coxite sèche avec enfoncement de la cavité cotyloïde décrit par M. Frælich.

Chez un malade, qu'a bien voulu nous signaler M. Lance, les deux aspects $e trouvent à la fois réalisés : d’un côté, il existe un enfoncement de la cavité cotyloïde, de l’autre, un aspect de subluxation. Cette observation présentera pour nous un grand intérêt lorsque nous devrons discuter les diverses hypothèses pathogéniques qui ont été envisagées pour expliquer l’arthrite déformante, et, en particulier, le rôle des lésions congénitales.

A cette description des modifications extérieures des os, il nous faut ajouter l’état du tissu osseux lui même.

Deux cas se présentent, en pratique, au niveau de l'extrémité supérieure du fémur:

— ou bien il s'agit d'os dur, éburné, difficile à couper ; -

— ou bien d'os décalcifié, friable, rouge à la coupe, constitué de travées osseuses peu serrées.

La connaissance de ces divers états possibles des extrémités osseuses ne saurait être négligée par le chirurgien. Elle lui sera en effet de première utilité au cours de la réalisation de certaines interventions et lui permettra, dans une certaine mesure, d'établir le pronostic

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ultérieur de celles-ci, notamment en ce qui concerne la production possible d’une ankylose (Hybbinette).

Lésions périarticulaires et capsulaires

Ou décrivait classiquement des signes de réaction fibreuse périarticulaire avec bourses séreuses altérées, adhérentes, capsule épaissie, ligaments indurés et difficiles à isoler. E. Quénu a vu le nerf sciatique englobé par une masse fibreuse comprenant la capsule et les muscles pelvi-trochantériens.

Les proliférations ostéo-cartilagineuses qui entourent le col adhèrent à la capsule dans l’épaisseur de laquelle elles pénètrent. La partie de la tête qui est dans le cotyle n’est pas adhérente à la capsule et garde une forme arrondie.

Lésions synoviales

Synoviale épaissie vascularisée, disparition du ligament rond. Développement des franges synoviales avec des saillies et des colonnettes (comparées par P. Broca aux piliers du cœur) à tel point que l’on a pu décrire une forme d’arthrite villeuse.

Les lésions sont surtout accentuées au niveau des points de réflexion, à la jonction avec le cartilage diarthrodial.

Les bourgeons ainsi formés contiennent des cellules embryonnaires dont une partie est capable d’engendrer du tissu cartilagineux ; ces nodules cartilagi-

neux (qui peuvent subir une infiltration calcaire ou uné ossification vraie) sont rattachés à la synoviale par un pédicule plus ou moins large ; il arrive qu’ils s’en détachent et deviennent libres dans Particulation.

C’est là, à n’en pas douter, un des modes de formation, mais non le seul (comme nous le verrons plus loin) des corps étrangers articulaires. Dans certains cas la présence de ceux-ci constitue le fait dominant réalisant une ostéochondromatose {cas de M. Fredet).

Lésions cartilagineuses

On se trouve ici en présence des lésions vraiment caractéristiques des arthrites chroniques : elles existent quelles que soient les modifications de la mor. phologie articulaire. Ce sont elles dont Cruveilhier se servit pour définir Paffection nouvelle qu’il décrivait.

La lésion essentielle est en effet l’usure du cartilage articulaire. Celui-ci présente soit de simples érosions, soit des ulcérations véritables. Certaines apparaissent avec des bords nets taillés à pic, d’autres, les plus caractéristiques ont des bords frangés mal circonscrits, leur fond présente une apparence veloutée. Ce sont les altérations velvétiques bien décrites par Redfern et par Charcot.

L'ensemble des lésions cartilagineuses donne un aspect de cirques et de cratères, aspect lunaire que l’on trouve avec la plus grande netteté sur les différentes pièces de résection.

Des fragments de cartilage peuvent se détacher et,

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FiG. 4 et 5. — Tête fémorale atteinte des lésions caractéristiques de l'arthrite déformante

(Pièce de résection. Observation J) En haut : face articulaire,

En bas : tranche de section courbe du col fémoral,

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devenant libres, constituer autant de corps étrangers articulaires.

Parfois, on trouve un véritable séquestre ostéochondral. Il se présente au début sous forme de zone où le cartilage est décollé, plissé. Plus tard, le séquestre se détache complètement, Il s’agit là des lésions décrites sous le nom d’ostéochondrite disséquante. D'abord localisées, elles s’'accompagnent bientôt. des lésions diffuses d’arthrite chronique.

Histologie des lésions

Coruil et Rauvier donnèrent les premiers une descrip: tion du processus des lésions, que nous croyons utile de résumer de la manière suivante :

Sur une coupe perpendiculaire, à la surface du cartilage, on observe une multiplication des cellules cartilagineuses qui donnent naissance à de grandes capsules contenant des capsules secondaires nombreuses. Celles-ci ‘s’ordonnent en séries linéaires et s'ouvrent à la surface, vidant leur contenu dans la cavité articulaire. La substance fondamentale du cartilage, comprise entre les espaces laissés vides par la chute de leurs éléments persiste longtemps et forme des villosités plus ou moins longues à la surface du cartilage.

Ces filaments disparaissent progressivement par usure et l’os sous-jacent subit une éburnation et peut être usé lui-même par les mouvements articulaires. Il arrive que se détachent de véritables pelits copeaux osseux réalisant un cas de pulvérisation des extrémités articulaires,

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; Te Pour P. Moulonguet, ces fragments osseux, Soit qu ils aient entraîné avec eux un fragment cartilagineux, soit qu’ils aient été englobés par une villosité synoviale,

FiG. 6. — Microphotographie : coupe de tête fémorale (Pièce de résection. Observation I) -

pourraient être l’origine de corps étrangers articulaires. M. P. Moulonguet a bien voulu pratiquer l’examen

histologique d'une tête fémorale réséquée par M. P.Ma-

thieu (obs. Il).

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Le tissu spongieux de la tête fémorale est normal.

La surface de la lête montre de très grosses allérations. Le cartilage de revêtement a complètement disparu. La surface est constituée tantôt par de los à vif, tantôt par une couche de tissu fibreux présentant par places un revêtement endothélioïde, Dans l’intérieur de la couche fibreuse, on voit des amas de cartilage néoformé ou parfois du tissu ostéoïde.

En d’autres points, la surface libre est formée par du carlilage, mais celui ci est atypique, différent du cartilage articulaire normal.

Il existe par endroits de petits ilots de cartilage non

superficiels, recouverts par une mince lamelle osseuse.

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