‹ L'arthrite du genou et de l'épanchement articulaireChapitre 16 sur 49 · OBSERVATION XII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XII

Fracture du fémur gauche par coup de feu, siégeant vers le tiers supérieur, guérie sans suppuration du foyer de la fracture.

Prudhomme (A. J.), âgé de 23 ans, mobile du Loiret, reçoit, le 19 janvier 1871, à la bataille de Montretout, un coup de feu qui le fait tomber. Transporté le lendemain à la Charité, salle Sainte-Vierge, n° 30, M. Gosselin constate un séton du tiers supérieur de la cuisse ayant traversé le membre dans sa plus grande largeur et fracturé los. Les orifices sont petits, peu contus, ne laissent passage qu’à peu de liquide; il n’y a point ou fort peu d’épanchement sanguin. Le fragment supérieur se déjette fortement en dehors, et il y a un raccourcissement de 2 à 3 centimètres.

M. Gosselin, sans chercher à explorer le trajet, place le membre dans une gouttière, après réduction, et le recouvre de cataplasmes, aucune tentative d’occlusion n’est faite sur les orifices. M. Gosselin insiste tout particulièrement sur l'indication formelle de ne pas provoquer la suppuration profonde par des recherches inopportunes, d'autant plus que les orifices n’admettent pas l’introduction du petit doigt. Dès les premiers jours apparaît un épanchement considérable et un peu douloureux du genou. Du reste, le trajet paraît exempt d’inflammation; les orifices suppurent, mais superficiellement et à une profondeur qui ne dépasse pas 1 centimètre de chaque côté. Le membre est laissé dans l’immobilité la plus complète.

La marche est d'ailleurs des plus simples, à part l’ouverture spontanée d’un abcès sous-culané voisin qui guérit presque aussitôt.

Le 15 mars, les orifices sont cicatrisés; on explore alors la position du membre qui présente un léger chevauchement et un .déplacement angulaire moins appréciable, le fragment supérieur étant dévié en dehors assez fortement et l’inférieur un peu en dedans; le cal est volumineux, etil y a 4 à 5 centimètres de raccourcissement réel.

L’épanchement du genou diminue. Le 20 mars, on retire l’appareil; la consolidation est complète, et, dès le 28, le malade peut déjà fléchir le genou aux deux tiers.

Le 10 avril, il marche avec une béquiile; le 42, il pose le pied par terre; 1l peut déjà fléchir complétement le genou.

Le 23, il marche sans béquilles en boitant, le genou ne présente plus d’épanchement, mais encore un peu d’engorgement. Il quitte l'hôpital le 23 avril.

OBSERVATION XIIL

Blessure en cul-de-sac de la cuisse produite par coup de feu, avec fracture du fémur droit au tiers moyen; cicairisation de l'orifice d'entrée et consolidation de la fracture sans suppuration, quoique la balle n'ait point été extraile.

X...., limonadier, garde national, est blessé par une balle dans le fort d’Issy, le 4 avril, dans l'après-midi. Apporté sans appareil à la Charité (n° 16, salle Sainte-Vierge), dans la soirée. Homme très-vigoureux, âgé de 41 ans.

Il présente tous les signes d’une fracture du fémur : déplacement notable, abduction et rotation en dehors du membre ; léger angle ouvert en dedans; raccourcissement assez prononcé ; grande mobilité.

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Épauchement sanguin énorme sur le côté externe de la cuisse; on remarque une saillie dure à ce niveau , que le blessé croit être la balle, ce qu’on ne peut vérifier au milieu de la tuméfaction produite par l’épanchement.

L’orifice d'entrée de la balle est situé en dedans du droit antérieur; il n'admet pas le petit doigt et est très-nettement découpé; il n’y a pas d’orifice de sortie.

Le genou présente déjà un épanchement notable,

Le trajet du fort d’Issy à l'hôpital, fait dans une voiture mal suspendue et sans appareil aucun, a été horriblement douloureux.

Vu le danger que présenteraient des recherches dans un foyer sanguin aussi étendu et aussi éloigné de l’orifice d'entrée, et la nécessité d’un large débridement pour les pratiquer, craignant surtout que l’énormité de l’épanchement sanguin ne rende infructueuses les tentatives d'extraction de la balle, sur la direction de laquelle on n’a aucun renseignement, M. Lannelongue préfère attendre la suppuration, qui paraît inévitable, du trajet et de l’épanchement sanguin. On fixe le malade dans une gouttière de Bonnet et on recouvre le membre de cataplasmes.

9 avril. L'épanchement sanguin de la cuisse a augmenté, ainsi que celui du genou; fièvre traumatique intense.

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