ETES
plus voisines de la cavité articulaire, il en est de même de la synoviale.
Au-dessus des cartilages, dans la fossette de la diaphyse qui correspond au cul-de-sac supérieur, se trouvent quelques points d’un bleu plus marqué : ce sont des orifices vasculaires.
L'os est scié; puis mis dans une solution très- faible de perchlorure. On le retire au bout de quelques minutes et on remarque, en examinant avec soin la surface de section des épiphyses, trois ou quatre points bleuâtres qui se correspondent exactement dans les deux moitiés. Ils sont peu distants du bord de l'épiphyse; on ne peut les suivre jusqu’à la surface de l'os; la lame compacte limitante ne se colore pas, non plus qu'aucun autre point de l'os et du tissu médullaire ou du périoste ; les autres parties du squelette ne se colorent aucunement.
Il semblerait d’après cette expérience que nous eussions pu retrouver dans l’épiphyse des sels injectés dans le genou ; il faut néanmoins prévoir les objections très-fondées que l’on pourra faire à notre manière de procéder et aux conclusions que nous en pourrions tirer ; pourquoi la coloration bleue dans l’épiphyse n’était-elle pas régulièrement répartie ? Pourquoi tous les vaisseaux veineux de los, l'artère nourricière surtout, ne la présentaient-ils point? Étions-nous sûrs que la coloration bleue remarquée en divers points de l’épiphyse n’était pas due à quelques parcelles de la surface des cartilages colorés en bleu et entraînés par la scie? Nous croyons que cette dernière objection est écartée par la précaution que nous avons prise d’examiner la surface de section de l'os avant et après l’addition de perchlorure, les taches bleues n’y ayant apparu qu’au second examen, tandis que les cartilages étaient colorés en bleu avant que l’on eût donné le trait de scie. Quant à la répartition de la coloration bleue dans les vaisseaux les plus voisins de la synoviale, nous la pensons expliquée par la lenteur relative de la circulation dans ces petites veinules et par la proportion beaucoup supérieure dans laquelle le sel s’y trouvait mêlé au sérum du
TER sang. Nous regrettons de n'avoir pu corroborer ou discuter celte expérience en en pratiquant de nouvelles sur le même sujet.
Mais (out en admettant la possibilité d’une résorption partielle des liquides du genou par les vaisseaux de l'os et du périoste, nous ne pouvons accepter la théorie pathogénique de M. Alison. Nous avons contre elle des faits expérimentaux et des considérations à priori.
L'obstacle au retour du sang dû à la rupture des vaisseaux du périoste, est-il suffisant pour produire un épanchement du genou ? Après avoir lu avec attention tout ce qu'ont écrit Flourens, Ollier et autres, sur la destruction complète ou partielle du périoste, avoir suivi surtout les expériences où le fémur avait été l’objet de leurs recherches, n'avoir nulle part vu mentionner comme conséquence de cette lésion l'épanchement qui aurait toujours dû en être la suite, nous nous doutions que cette lacune ne pouvait être le résultat d’un oubli. Nous avons néanmoins voulu nous convaincre par nous-même qu’une destruction même étendue du périoste du fémur n’apportait pas un obstacle suffisant à la circulation veineuse de la synoviale pour produire une hydarthrose.
ExPÉRIENCE VI.
Lapin de petite taille.
Le 12 septembre 1871, on arrive jusqu’au fémur en décollant les muscles. Cet os est ruginé exactement sur tout son pourtour dans une hauteur de 2 centimètres à-la réunion des tiers inférieur et moyen.
Le 18, l'animal est sacrifié.
Autopsie. La plaie superficielle suppure; les couches profondes sont réunies. Toutefois autour de la partie dénudée qui est actuellement nécrosée existe une cavité annulaire remplie de pus. Le périoste est gonflé au-dessus et au-dessous de ce point, adhère aux muscles et paraît, comme ces derniers, induré et
ts comme cartilagineux par places. Il se retrouve avec tous ses caractères normaux à 4 centimètre de la région malade; los qui se brise facilement en ce point renferme un tissu médullaire enflammé et rouge, mais cette altération est très-limitée ; dans le reste de la diaphyse, dans le tissu spongieux des épiphyses, il est à peine plus coloré que celui du côté opposé. L’articulalion du genou ne présente pas traces d’inflammation; elle ne renferme pas plus de liquide que celle du côté sain, et ce liquide ne parait nullement altéré dans sa compo- SiLiOn.
Mais c’est dans la moelle de l’os que les ramuseules émanant de l'articulation se mettent en rapport avec les origines de la veine nourricière; ce sont les lésions de la moelle aussi qui devraient le plus certainement produire l'arrêt de la circulation sanguine et l’exsudation du sérum du sang dans la cavité articulaire. Cette manière de voir, à laquelle nous avons renoncé parce qu’elle est incompatible avec les résultats obtenus dans les expériences que nous allons retracer, présenterait une explication séduisante d'un fait pathologique observé par Hermann Demme. Chassaignac, dans sa description de l’ostéomyélite spontanée diffuse, dit en effet avoir toujours noté un épanchement dans l’articulation située immédiatement au-dessus de los malade. M. Demme confirme cette opinion, mais ajoute que le fémur seul fait exception: en effet, dans dix-sept observations d'ostéomyélite du fémur recueillies par lui, il a trouvé seize fois le genou malade, et l'articulation coxo-fémorale dans un seul cas. [1 explique ce fait par l'augmentation de pression du sang dans les vaisseaux de la synoviale, augmentation survenue sous l'influence d’une «ostéo-périosto-phlébo-thrombose!t».
Nous avons donc cherché à déterminer expérimentalement cette ostéomyélite, à détruire même les vaisseaux qui rampent dans le canal médullaire, afin d’y chercher l'explication des