EXPÉRIENCE XII
Lapin de grande taille.
Le 21 septembre 1871, on lui fracture incomplétement le lémur avec une pince coupante. Il y a un écoulement sanguin modéré.
os
Le 28 septembre, on le tue.
Il y a réunion de la plaie profonde seulement : on trouve une infiltration très-étendue des couches musculaires, mais elle ne va pas jusqu'au cul-de-sac supérieur de la synoviale. Au-dessous l'os est fracturé avec engrènement des fragments et conservation de presque tout le périoste qui est induré et comme carlilagineux par places.
La cavité synoviale du genou renferme un peu plus de liquide qu’à l’état normal, et ce liquide est légèrement rosé.
Voici donc trois observations de fractures dans lesquelles, par suite d’une section incomplète de l'os ou d'une conservation presque totale du périoste, l’épanchement sanguin a dû être très-peu abondant faute de déplacement des fragments. Or, dans ces trois exemples il n’y avait que peu ou point d'épânchement du genou, et d'autant moins que l'écartement des fragments, la solution de continuité du périoste, et partant l’infiltration sanguine étaient moins considérables.
Mais celle-ci suflit-elle pour produire et expliquer le gonflement du genou ? Il est évident que tous les épanchements sanguins de la cuisse ne peuvent entraîner cette complication: cherchons donc les conditions spéciales à l’infiltration consécutive aux fractures de la cuisse.
Après la rupture du fémur le sang est extravasé au-dessous et dans l'épaisseur même du triceps ; dès lors, dans sa marche, il est forcé de suivre les surfaces que la partie profonde du musele oppose à sa migration vers la superficie du muscle; il arrive dans ce tissu cellulaire lâche qui double la synoviale et ne se touvant plus bridé par le triceps, il s’y épanche en grande quantité. Il faut ajouter que la moelle, l'os et le périoste sont très-vasculaires, que les vaisseaux qui participent à leur solution de continuité, maintenus béants par les parois osseuses qui les environnent, laissent écouler une bign plus grande quantité de liquide que les vaisseaux contenus dans les autres Lissus; que l’'épanchement a donc d'autant plus de chances d'amener une
infiltration étendue qu'il est fort abondant et graduel. Or, ces conditions, on a une peine extrème à les reproduire artificiellement et pour preuve nous citons les deux expériences suivantes.
ExPÉRIENCE XIII.
Lapin de taille moyenne.
Le 21 septembre 1871, j'incise au moyen d'un long ténotome les muscles de la partie antérieure de la cuisse jusqu'à l'os.
Les jours suivants, la cuisse est fort douloureuse au point lésé.
Le 26 septembre, on fait une nouvelle section sous-cutanée semblable à la première.
Autopsie le 28. Presque toutes les incisions ‘sont réunies : le triceps présente seulement entre deux portions de muscles rétractées un épanchement sanguin enkysté peu abondant.
Il n’y a aucun épanchement du genou.
Je recommençai cette expérience de la façon suivante: