‹ L'arthrite du genou et de l'épanchement articulaireChapitre 5 sur 49 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

Fracture du fémur droit chez un jeune sujet.

Volte (Alphonse), âgé de 13 ans, né à Paris, entre le samedi soir, 49 mars 1870, dans le service de M. le professeur Gosselin, salle Sainte- Vierge, n° 42. |

Le jour même, à 9 heures du soir, ayant reçu un coup de pied de cheval, qui l'avait atteint à la cuisse droite, il était tombé par terre sans connaissance; on l’avait relevé, porté dans une pharmacie et de là à l'hôpital.

On le trouve le iendemain matin dans l’état suivant :

Il existe une déformation très-marquée du membre, caractérisée par un déplacement angulaire: le fragment supérieur étant porté en dehors eten avant, le fragment inférieur directement en haut et un peu en arrière. Le chevauchement est notable et se traduit par un raccourcissement trèsapparent. Les déplacements suivant l'épaisseur et suivant la circonférence, ce dernier dépendant de la rotation en dehors du membre entraîné par le pied, sont facilement constatés.

La contusion, le gonflement au niveau de la fracture, sont peu considérables.

La mobilité anormale est des plus prononcées, et cet ensemble symptomatique fait juger inutile de fatiguer le malade par la recherche de la crépitation, qui, du reste, se fait entendre à plusieurs reprises pendant la réduction de la fracture.

Les signes fonctionnels sont peu sensibles, à part l’impotence du membre. Le spasme musculaire est faible; il n’y a point de douleur spontanée, et quoique le sujet soit craintif, il ne paraît pas souffrir quand on touche ou remue son membre malade.

Le gonou ne présente ni gonflement ni aucun signe de contusion, il n’est pas douloureux.

Nulle part encore on ne note d’ecchymose.

Le malade possède, du reste, un excellent tempérament, et comme lui et sa mère nous l'ont affirmé alors et depuis, il n’a aucune espèce d’antécédents scrofuleux ni même lymphatiques.

On réduit la fracture par une torsion et une extension peu énergiques : l’os se remet en place avec un gros craquement perceptible à l'oreille, de même qu’à la main, et la réduction ainsi opérée se maintient sans qu'on ait presque besoin de faire intervenir la traction (circonstance qui semble indiquer une fracture presque transversale), néanmoins le pied a toujours une grande tendance à se porter dans la rotation en dehors.

On applique alors un appareil de Scultet peu serré.

Le 22, on change l'appareil devant M. Gosselin, qui constate une déviation assez notable du pied, une légère élévation du bassin et un raccourcissement réel du membre, qui, néanmoins, ne dépasse pas un bon centimètre.

En même temps, M. Gosselin fait observer un gonflement notable de l’articulation du genou; il-y a une véritable hydarthrose avec fluctuation, choc rotulien, et pourtant la pression n'est pas douloureuse.

L'ecchymose n’a encore paru en aucun point du membre accessible à la vue. On réapplique le Scultet en le serrant un peu davantage.

Le malade qui, les premiers jours, était assez agité, reste maintenant plus tranquille; il ne paraît pas souffrir et ne se plaint pas de la constriction un peu forte que l’on a exercée sur le membre au moyen de l’appareil. ù

Celui-ci est levé de nouveau le lundi 4 avril. On constate alors que la réduction se maintient fort bien, que le pied a moins de propension à se dévier par rotation, et la palpation permet déjà de sentir une sorte de cal.

Néanmoins le raccourcissement a augmenté. Mesuré d’une épine iliaque aux deux malléoles correspondantes, il atteint bien 2 :/, centimètres; d’autre part, il serait imprudent d'exercer de nouvelles tractions, la consolidation paraissant commencer à s'établir.

L’ecchymose n’a pas paru, et pourtant vers le pli de l’aine et le long du coulurier, de même que vers le trochanter, existent des taches vertes et jaunes peu marquées, peu étendues, qui doivent être les traces d’une infiltration sanguine en voie de résorption.

Le gonflement du genou est devenu des plus considérables; le choc rotulien se perçoit sans qu'il soit nécessaire de refouler le liquide contenu dans les culs-de-sac de la synoviale. On réapplique le Scultet, qui est fortement serré.

Le 12 avril, on visite de nouveau l’appareil. On constate encore une ecchymose siégeant au pli de l’aine. Le cal est volumineux, fusiforme, le

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