‹ L'Arthrite Suppurée de la Symphyse pubienne d'origine puerpérale: Étude anatomique et clinique d'après 5 observations personnellesChapitre 15 sur 18 · ANALYSE DES OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

ANALYSE DES OBSERVATIONS

Antécédents :

— en dehors de l’observation I, où un forceps a été fait pour le 1° enfant de cette secondipare — on ne relève rien de particulier — pas de tuberculose.

— le nombre des accouchements antérieurs est semblet-il sans intérêt : une primipare (obs. Il), deux secondipares (obs. IIT et IV), une tertipare (obs. I), une quartipare (obs. V).

Circonstances de l'accouchement :

Bougie et accouchement spontané consécutif (obs. III). Forceps au détroit supérieur (obs. V).

Forceps dans l’excavation (obs. IV).

2 accouchements spontanés (obs. I et II).

Poids de l'enfant :

De 2.700 à 3.600 grammes,

En Résumé :

On ne trouve rien à retenir au point de vue étiologique dans ces cinq observations, que trois cas de bassin rétréci.

PATHOGENIE

Il peut sembler audacieux de tirer des conclusions pathogéniques de ces cinq observations personnelles et des quelques autres retrouvées dans les publications médicales. Aussi, nous nous bornerons donc à formuler des hypothèses.

Nous éliminerons de cette étude pathogénique, comme nous l’avons fait pour l’étude clinique, les suppurations pubiennes que l’on observe comme métastases d’une infection puerpérale classique, et celles que les auteurs allemands décrivent comme secondaires à une propagation d’une suppuration de la cavité de Retzius.

Prédisposition par la puerpéralité. — Cet état favorise lapparition des arthrites pelviennes comme le faisait déjà remarquer MANTELIN dans sa thèse.

Prédisposition par rétrécissement du bassin. — On ne peut s'empêcher de faire remarquer que sur ces cinq cas, trois concernent des bassins rétrécis.

Or, les recherches de GIRAUD et d’AUSIAUX, citées par JACQUEMIER et DuncAU, tendent à établir que le relâchement des ligaments pelviens, qui survient au cours de la grossesse, serait plus accusé chez les femmes à bassin rétréci que chez les femmes à bas-

sin normal.

Il y aurait donc incontestablement dans cet état spécial de la symphyse pelvienne un terrain favorable à la localisation de l'infection.

Nature de l'infection. — Dans sa publication de 1937, le D' TRILLAT insistait sur le fait que ces arthrites symphysaires étaient « primitives >» en quelque sorte, qu’elles survenaient et évoluaient en dehors de toute infection puerpérale. Les trois autres observations que nous apportons confirment ce point. Dans aucun cas il ne fut relevé de signes généraux de l'infection

puerpérale classique.

1) CUBERTAFON, dans sa thèse de Paris 1895, sur « les poly-arthrites pelviennes d’origine puerpérale » parle d’un réveil par la grossesse, de rhumatisme blennorrhagique; et dans leur publication dans le « Maroc Médical » LEEPINEY, GOUIN et SPEDER rapportent l’arthrite pubienne observée au gonocoque. La preuve de l’origine gonococcique des arthrites pubiennes relatées par ces auteurs n’a pas été faite.

2) JEAN, de Toulon, dans les Bulletins et Mémoires de la Société Nationale de Chirurgie de Février 1928 parle d’ostéomyélite aiguë du pubis à propos d’une arthrite superposable à celles décrites dans cette thèse.

Nous n’avons pas trouvé, comme du reste cet auteur, de porte d’entrée dans nos observations, pas le moindre furoncle.

3) S'agit-il d’une phlébite infectieuse ayant son point de départ dans des lésions génitales ?

Nous relevons en faveur de cette hypothèse :

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— dans l'observation N° I:

Une tuméfaction inguinale qui semble être la trace du cheminement de l'infection entre le canal inguinal et le pubis dont la suppuration n’est apparue que secondairement.

Or, dans ce canal inguinal passe le ligament rond et ses vaisseaux qui viennent de la corne utérine.

C'est dans les suites de cette arthrite que l’on observe une phlébite légère au 10° jour.

— dans l'observation N° III:

Il faut noter la mise en place d’une bougie, qui malgré l’asepsie d’usage dans cette intervention, a pu déterminer un certain degré d’endométrite.

__ dans l'observation N° IV :

Le toucher vaginal montrait une inflammation de la base du ligament large à la paroi pelvienne dont l’évolution fut parallèle à l’arthrite pubienne.

— dans l'observation N° V:

La phase d’arthrite fut précédée d’une phase rapide d’endométrite.

Dans ces 4 observations, l’infection semble être

venue de l’endomètre.

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