ETUDE CLINIQUE
Des 5 observations que nous rapportons et des ob- Servations retrouvées dans la littérature médicale, ii est possible de dégager un tableau clinique typique des arthrites symphysaires suppurées du post partum en dehors de Pinfection puerpérale.
Nos 5 observations s’échelonnent sur quatre ans (1937-1941) : il en résulte une fréquence apparente qui ne doit pas faire illusion et qui s’explique par la loï des séries puisque de 1927 à 1937 sur 21.000 accouchements du service du D" TRiLLAT il n’en fut
point observé.
Symptômes.
Le DÉBUT.
Apparaît généralement le lendemain ou le surlendemain de l’accouchement; il est parfois plus trainant, mais les premiers ‘signes sont généralement nets au cours de la première semaine.
Il se fait par une élévation thermique progressive de quelques dixièmes de degré par jour sur un mode oscillant.
En même temps, l’accouchée se plaint de douleurs pelviennes, vite localisées dans la région pubienne. Ces douleurs sont réveillées par les mouvements du
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siège et des membres inférieurs. Elles sont précisées par la palpation de la symphyse pubienne.
Objectivement, il faut rechercher à la palpation un signe précoce mis en évidence par le D' TRILLAT : l'arête supérieure du pubis n’est plus horizontale, mais elle est le siège d’une voussure plus ou moins marquée, sous leffet d’une infiltration œdémateuse précoce.
Au toucher vaginal on perçoit un œdème, une infiltration rétro-pubienne; on note également une involution utérine normale.
La radiographie pratiquée à cette période, dans une de nos observations ne donna aucun renseignement.
A côté de ce début typique, il faut connaître des formes de début où une symptomatologie abdominale est due à une contracture réflexe des muscles abdominaux, (observation du D" JEAN, de Toulon) et des formes où la douleur et la tuméfaction sont la-
téralisées, le plus souvent entre l’aîne droite et le pubis du même côté.
À la PÉRIODE D'ÉTAT.
Le tableau est caractéristique :
La température est arrivée à 39°.
Les douleurs sont assez intenses à toute tentative de mobilisation pour entraîner une impotence plus ou moins complète.
Une tuméfaction se dessine débordant en haut la symphyse et délimitée entre la main abdominale et
le doigt vaginal; elle est généralement rétro-pubienne,
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plus rarement anté-pubienne (observation III) ou légèrement latéralisée (observation D).
Dans les cas moyens elle a le volume d’une mandarine.
Cette tuméfaction chaude, douloureuse, va bientôt fluctuer et cette fluctuation précède de peu l’ouverture.
La radiographie à cette période montre des zones de décalcification et un certain degré d’élargissement inter-pubien.
Evolution.
C’est généralement vers le 5° ou 6° jour que l’ouverture de cette suppuration se fait, libérant une quantité abondante de pus, où l’on trouve à l'examen bactériologique du staphylocoque, du pneumocoque ou du streptocoque.
Cette ouverture se fait dans le vagin le plus souvent (observations IT et ID), dans la cavité de Retzius (2 cas de SoLIÉRI), dans la vessie (observation IV), dans la région ombilicale (cas de DELAHAYE, Sté de Chirurgie, 1927), dans le péritoine (cas de GUÉNEAU DE Mussy, Sté Médicale des Hôpitaux de Paris, 1877).
Cette ouverture spontanée est parfois insuffisante (Observ. I).
C’est là, semble-t-il, l’évolution inéluctable des arthrites laissées à elles-mêmes. Nous présentons des observations où le traitement chirurgical a réalisé le drainage; et une observation où le traitement médical semble avoir fait avorter la suppuration.
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Comme nous l’avons dit plus haut dans l’observation I, l'ouverture spontanée au 6° jour fut insuffisante et une rechute eut lieu pour laquelle il fallut intervenir chirurgicalement au 17° jour.
Séquelles et Complications.
La séquelle de règle est la destruction symphysaire et l’écartement pubien consécutif. On l’apprécie cliniquement par les mouvements en « touches de piano » des pubis, à la mobilisation des membres inférieurs. La radiographie à cette période le montre avec évidence et permet de mesurer cet écartement.
La seule complication relevée dans nos observations est une phlébite (Obs. D).