‹ L'Arthrodèse de la Hanche dans la CoxalgieChapitre 35 sur 66 · OBSERVATION XIV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XIV

H., 14 ans. Coxalgie ancienne. Pseudarthrose intra-cotyloïdienne serrée mais déformable. Attitude vicieuse en évolution.

A. E. le 11 septembre 1928.

Depuis, trois autres malades ont encore été opérés : 1 coxalgie en évolution au début, 2 coxalgies avec pseudarthrose et difformité.

En résumé, écrit M. MATHIEU, parmi ces 17 cas, 5 sont trop récents pour permettre d'apprécier l’ankylose obtenue.

Pour les 12 autres cas, on note 8 ankyloses complètes osseuses, d’après les données concordantes de la radiographie.

4 fois l’ankylose obtenue était.moins certainement osseuse, puisqu’une certaine flexibilité de la hanche (quelques degrés) persistait. ï

1 seule fois le pont osseux semble s’être fracturé ou résorbé partiellement (Obs. 6).

On peut appeler résultat excellent celui où l’opéré a tiré tout le bénéfice possible de l'opération ankylo-

PTRNS (20

sante : ankylose complète, absence de toute activité réveillée du processus tuberculeux.

6 résultats ainsi définis sont excellents, tous les 6 autres sont bons. ne

Mais nous avons vu qu'un cas comportait encore un réveil d'activité du foyer HA SUeRS malgré l’ankylose complète.

Commentant les résultats obtenus par cette dernière technique, M. MATHIEU, dans les communications et dans les présentations de ses opérés à la Société de Chirurgie de Paris, attire l'attention sur quelques points particuliers

1° L'intervention fut parfois complétée par une ostéotomie sous-trochantérienne de redressement celle-ci fut faite de préférence dans les mois qui suivirent l’ankylose.

2° Un bon contact osseux entre le fragment trochantéro- fémoral et le corps du fémur étant indispensable dans le voisinage de l’angle cervico-diaphysaire pour assurer une bonne ankylose osseuse, il faut :

a) Attendre, pour opérer son malade, lâge de 12 ans, pour avoir une ossification suffisante du côté du trochanter;

b) Empiéter régulièrement sur la diaphyse et le col dans la taille du fragment externe.

3° L’auteur évitera, dorénavant, d’employer sa technique dans les coxalgies acétabulaires, en raison des abcès consécutifs.

Ces deux dernières précautions étant bien observées, il estime que la bonne consolidation osseuse

recherchée sera obtenue presque avec certitude par la simple-application du fragment trochantérien sur le greffon iliaque rabattu.

Le complément prévu dans la technique d’ un greffon ostéo-périostique entre l'os iliaque et le trochanter ne s’êst pas montré nécessaire : elle serait d’un recours possible au cas où une soudure incomplète des greffons entre eux se serait produite.

L'ensemble des beaux résultats qu’apporte M. M4- THIEU paraît, en effet, tout à fait démonstratif : plusieurs chirurgiens ont employé, après lui, sa tech-

nique, également avec succès.

Wizmorx, en 1927, opère une coxalgie de date récente chez un adulte, dont voici l’observation résumée :

O8s. 1. — Début (paru in Th. Poisson). — 20 ans.

Coxalgie dr. récente dont le début remonterait à janvier 1927.

Admis à la Pitié le 31 mars 1927, dans le service de M. Lenormant, le malade fut soumis pendant 3 semaines à un traitement immobilisateur par extension continue.

Le 28 avril 1927, M. Wilmoth : A. E. A. selon la technique Mathieu T. II. Fixation par une vis du greffon trochantérien.

En juillet 1927, le malade entre à l’hôpital maritime de: Berck. Etat général médiocre. Hanche en extension et rotation externe, paraissant ankylosée. Il existe au milieu de la cicatrice opératoire, un point de suppuration sem-

blant correspondre à la vis. \

Septembre 1927 : La fistulette persiste, hanche sèche,

ankyÿlosée;,en bonne position. Radio: lambeau iliaque important.

Avril 1928 : Pas de modification sur l’état précédent. Radio: l’ombre du volet iliaque est très dense.

En mars 1929, nous avons revu ce malade à l’HÔpital Annexe de Berck. Le résultat paraît excellent : l’ankylose de la hanche opérée est complète et osseuse, un greffon énorme trochantéro-iliaque est perçu facilement à la palpation de la région fessière antérieure, et apparaît nettement à la radiographie. Mais - un abcès chaud est apparu à la face externe de la hanche : il a nécessité une intervention destinée à enlever la vis; au cours de celle-ci, on a pu constater que le greffon était effectivement résistant et volumineux. ù

YorcaiTcH, de Belgrade (M. MATHIEU, rapporteur), donne, à la Société de Chirurgie de Paris du 4 juillet 1928, les résultats d’une malade opérée d’après la tachnique de Mathieu type Il.

Il s’agit d’un enfant de 9 ans atteint de coxalgie suppurée fistulisée depuis 2 ans avec pseudarthrose intra-cotyloïdienne.

Sept mois d’extension continue avaient permis de ‘triompher des fistules et de l’adduction.

L’arthrodèse extra-articulaire fut très bien supportée sans choc et permit de réaliser une solide ankylose osseuse, constatée 3 mois après l'opération; la reprise de la marche s’est faite sans douleur ni fatigue, malgré un lever prématuré.

MM. G. Micuez et Mure (Nancy) présentent, à la Société Nationale de Chirurgie (9 janvier 1929), les radios et l'observation d’une malade de 26 ans opérée par eux d’arthrodèse, deux ans auparavant.

I1 s'agissait d’une coxalgie à manifestations surtout douloureuses, datant de 1921:et traitée par des alternatives d’immobilisation, d'extension continue, puis de mobilisation de 1921 à 1924 — redressée et immobilisée en bonne position à cette date. |

En 1925, la malade marche difficilement sans appui; sa démarche est sautillante avec balancement des épaules. À ia radio : destruction de la tête fémorale dont le moignon aplati s'enfonce profondément dans l’intérieur du cotyle; large écartement des deux os sans trace de soudure.

De nouvelles crises douloureuses plus fréquentes et intenses pendant encore un an imposent finalement l’opération.

Intervention le 2 septembre 1926 : A. E. A. d’après la technique de Mathieu Type 2.

Grand plâtre pelvi-fémoro-tibial, changé au deuxième mois, puis au quatrième et laissant alors le genou libre.

Au septième mois, suppression de tout appareil, marche libre.

Le résultat anatomique et fonctionnel est excellent. Dix mois après l'intervention, la malade présente une claudication insignifiante, monte et descend les escaliers de façon normale, se promène sans fatigue pendant plusieurs kilomètres, nage et RACE sa vie coutumière.

Des radios faites en séries tous les deux mois

montrent l’évolution normale du greffon : décalcifi-

cation, puis recalcification. Au dixième mois : un large pont osseux relie alors l'extrémité supérieure du fémur à la région sus-cotyloïdienne; son édification s’est faite surtout, semble-t-il, aux dépens du greffon trochantérien.

M. NovéÉ-JoSssSERAND a réalisé récemment une arthrodèse juxta-articulaire par le procédé de Mathieu, chez un enfant de 13 ans, à coxalgie grave datant de 2 ans, dont voici l'observation inédite :

OBSERVATION I (inédite)

H., 13 ans. Enfant envoyé par le Docteur Michel, le 31 octobre 1927, pour une coxalgie fistulisée avec accidents infectieux secondaires. Le début s’est fait il y a. 6 mois 1/2. L'enfant est en plâtre depuis 4 mois 1/2.

L’attitude du membre est assez correcte, sauf une rotation externe de 30° environ, et une légère déformation du pied droit en varus. Le trochanter est remonté. Raccourcissement: 2 cm.

Radio: Décalcification intense du bassin et du fémur. L’interligne articulaire a disparu et l’on ne voit pas de limite entre le fémur et le cotyle. Il semble que le tibia a disparu et qu’il existe un séquestre acétabulaire.

Le 5 juillet 1928 : Un an de traction continu a produit une grosse amélioration. La hanche est en bonne attitude, mais avec quelques mouvements.

Radio : Grosse recalcification, tête fémorale très pommelée, sans contours précis, qui semble flotter dans un cotyle très creusé. Altération osseuse s’étendant assez loin sur le fémur.

Le 1° novembre 1928 : La traction est remplacée par une culotte, le sujet détachant assez facilement la jambe,

la hanche étant soutenue avec des béquilles, le genou est très relâché.

Le 1* février 1929 : A l’ablation du plâtre, l'examen montre : attitude en rectitude, avec rotation externe de 30°. |

Mouvements de flexion (80° à 150°). Adduction de 20°, ainsi que l’abduction et la rotation. Pas trace d’abcès.

Raccourcissement : 5 cm.

A noter : Laxité encore marquée du genou et du pied, avec varus 30° de l’avant-pied.

Excellent état général.

11 février 1919 : L'enfant commence à marcher sans appareil ni appui sérieux. Mais en raison de l’importance des lésions qui ne permettent pas d’espérer une bonne fonction, et de l’absence d’ankylose. qui fait craindre des rechutes, des attitudes vicieuses et une aptitude fonctionnelle réduite, on décide de faire l’arthrodèse de la hanche.

21 février 1929 : M. Nové-Josserand. Opér. de Mathieu. Suites simples. Le 23 mai 1929, le malade est bien cicatrisé; attitude en abduction 160°. Rotation toujours semblable. Le malade détache un peu le pied du plan du lit. La hanche ne semble pas mobile, mais on ne fait qu’un examen très prudent.

Radio : Le greffon bien en place apparaît assez dense.

MM. Sorrez et DELAHAYE réalisèrent, de 1926 à 1929, 11 arthrodèses extra-articulaires par le procédé de Mathieu type II légèrement modifié; deux points particuliers sont à préciser dans leur technique :

Ils emploient régulièrement, comme seule voie d'abord, la tabatière d'Ollier. lis ne se servent jamais de la fixation métallique, mais suturent toujours au catgut le trochanter remis en place.

Même malade. Hanche droite, état actuel, 4 mois après

évrier

Malade Obs. I. Hanche droite avant l'opération (F

(Juin 1929)

tion

opéra

Leurs interventions furent pratiquées pour deux catégories de malades bien distincts :

— d’une part, à la période d’état, et chez des adultes seuls;

— d'autre part, à la période des séquelles et chez de enfants et des adultes.

A) Chez les premiers de ces malades, voici les raisons qui poussèrent à l'intervention précoce MM- SORREL et DELAHAYE : « En général, écrivent-ils, la coxalgie de l’adulte guérit mal; même lorsqu'il n’y a pas de destruction radiographique importante, l’évolution est très longue, les récidives fréquentes, sans qu'il soit possible pratiquement d’en prévoir la gravité. L’avenir des formes sérieuses est sombre, en - particulier pour Îles malades d’hôpital pour qui une vie active et un labeur quotidien sont une nécessité lorsqu'ils sont rendus à la société. Il y a peut-être intérêt à provoquer, en ces cas, aussi rapidement que le permettent l’état général et local, une ankylose rapide et complète de l’articulation. »

C’est ce qui fut recherché par arthrodèse extraarticulaire dans les formes relativement récentes de 5 malades dont nous allons donner les obser ya tions inédites ci-jointes :

OBSERVATION I (inédite) (SORREL et DELAHAYE)

Fruct.… Roger, 17 ans, entré à l’hôpital maritime le 30 novembre 1927. Coxalgie gauche, ayant débuté en juin 1926, à l’âge de 15 ans. L'évolution s’est faite pen-

dant 2 ans sans abcès, les signes cliniques et radiographiques sont nets. Il existe une légère rupture du cintre cervico-trochantérien avec pincement articulaire par en haut.

11 avril 1928 : Arthrodèse extra-articulaire par un greffon tibial ostéo-périostique. |

24 mars 1929 : La hanche est indolore, sèche, sans adénopathie, immobilisée en flexion légère, en adduction à 15°. Il y a un raccourcissement de 1 cm. 1/2.

Mars 1929 : La radiographie montre que la destruction articulaire n’a pas augmenté. Il existe un greffon volumineux en bonne position, décalcifié à sa partie externe. La hanche reste en adduction. L’ankylose n’est pas absolument complète, ce qui est dû à la pseudarthrose du greffon. Si cette pseudarthrose persiste à la radiographie suivante, une consolid2on secondaire sera nécessaire après mise du fémur en bonne position. Dès maintenant, la marche se fait facilement et sans douleurs.

OBSERVATION II (inédite) (SORREL et DELAHAYE)

Bou... Roger, 23 ans, entré à l’'Hôp. Mar., le 16 juillet

Coxalgie droite, ayant débuté en décembre 1928, après un mal de Pott pour lequel le malade est entré à l’hôpital et qui a été ostéosynthésé en avril 1928. La radiographie montre uni pincement articulaire avec décalcification du fémur. Il n’y a pas de destruction importante.

18 février 1929 : Une infiltration légère de la cuisse a rapidement disparu.

30 mars 1929 : Arthrodèse extra-articulaire.

Suites opératoires normales. Malade sous plâtre,

ri re

OBSERVATION III (inédite) (SORREL et DELAHAYE)

Act André, 28 ans, entré le 11 juillet 1928.

Coxalgie droite, début en août 1926, à l’âge de 26 ans.

28 septembre 1928 : La coxalgie est en pleine évolution avec infiltration légère de la cuisse. La radiographie montre un pincement articulaire avec décalcification.

23 octobre 1928: Après disparition de l’infiltration, arthrodèse extra-articulaire.

24 mars 1929 : La cuisse est en bonne position. Il n’y a ni infiliauon, ni adenopathie, l’ankylose clinique et r2diographique est complète.

OBSERVATION IV (inédite) (SORREL et DELAHAYE)

Roh.… Pierre, 32 ans, entré à l’'Hôp. Mar. le 25 avril

Coxalgie gauche à évolution très lente, secondaire à une juzta-articuiaire dont le début remonterait à 1926.

7 janvier 1929 : Arthrodèse extra-articulaire.

10 mai 1929 : Il y a une bonne soudure, en position correcte. Une fistule apparaît sur la cicatrice.

OBSERVATION V (inédite) (SORREL et DELAHAYE)

N… Emma, 42 ans, entrée à l’'Hôp. Mar. le 16 janvier

Coxalgie gauche, ayant débuté en 1927. La malade a . marché jusqu’en mars 1928. La hanche a été immobilisée de mars 1928 à janvier 1929. La radiographie montre un

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