PP RIVES
Mon Dieu ! Que m’apprends-tu là ?
PAUL COMBES
Rien qui le doive» sérieusement alarmer. L'affection dont je parle, si toutefois Marcello en est atteinte, et je ne l’affirme nullement, peut facilement se combattre si on U préserve de toute émotion violente.
DE RIVES, passant à droite.
Alors, ma fille est sauvée I Quelles émotions pourraient l’atteindre? Je m’appliquerai à lui rendre la vie facile et douce.
PALI. COMBES
T’y es-tu appliqué jusqu’à ce jour?
DE RIVES
Sans' aucun doute.
PAUL COMBES
Tu en es certain ?
DK RIVES.
Ces questions me blessent. Qu'est-ce qui te fait supposer que ma fille n'est pas heureuse auprès de moi ?
^ PAUL COMBES
Je ne suppose rien: je cherche à m’éclairer; (mouecment de De fUçes) c’est mon droit, c est mon devoir. J’ai écouté avec soin, le cœur do la fille, mais j’ai surtout essayé d’y lire. Eh bieni je puis t’assurer qu’elle souffre d’un mal inconnu et que sa douleur est d’autant plus vive qu’elle la cache à tous les yeux.
DE RIVES
Alors, tu persistes dans ton idée ; elle aime, ce jeune homme qui demeure, avec sa mère, dans ce pavillon isolé, au fond de notre cour.
PAUL COMBES
Cette idée est maiptenant tout à fait enracinée dans rpon esprit.
rA
C’est à peine si elle le connaît.
PAUL COMBES
Je te demande pardon, elle a fait, avec sa gouvernante , plusieurs visites à madame Gérard et elle a, chaque fois, rencontni son fils ; mistross iJorvvon, malgré son mutisme habituel, s’est confessée à ce sujet.
DE RIVES
Ces visites n’ont pas suffit pour...
PAUL COMBES
Permets. Fais la part de l’isolement dans lequel se trouve mademoiselle De Rives, du mérite très-réel de monsieur Gérard — mérite vraiment hors ligne, je te l ai dit, — de son existence un peu mystérieuse qui ne ressemble pas à la notre et qui a pu frapper I imagination d’une jeune fille.
DE RIVES
SoitI j’y consens... Cet amour existe... Eh bien I que faire? Puis-je me rendre auprès de madame Gérard pour lui dire : Ma fille aime votre fils, voulez-vous qu’ils se marient?... Puis-je obliger mes deux voisins à sortir do leur réserve ? Ne m’as-tu pas dit toi-méme que monsieur Georges Gérard s’était prononcé, un jour, devant toi, au sujet du mariage, et qu’il avait déclaré qu’il ne se marieraitjamais ?
PAUL COMBES
Sans doute, mais il y a une année de cela.
, DE RIVES
Eh bien?
Aujourd'hui, il peut penser autrement, tar je suis persuadé qu’il aime ta fille.
DK RIVES.
Mais, c'est impossible... Il aurait essayé de la voir. Pourquoi fuirait-il une jeune fille de dix-huit ans, jolie, charmante, qu’il aime et qui paratt l’aimer? Ne m’as-tu pas dit loi-mémo que, depuis deux mois, il était en voyage?
l/AH'nCLb: 4T
PAUL COMBES
Il revient aujourd’hui. J’ai reçu une lettre de sa mère; elle m’annonce leur visite dans la journée. J’explique ce voyage et ce retour de la façon suivante ; Georges Gérard apnt pour le mariage, une aversion instinctive, a voulu fuir la lille; mais, il a trop souffert et il est revenu. Quant a Marcelle, je te ferai remarquer que son mal s’est aggravé depuis le départ de soh voisin.
DE RIVES
Tu crois?
PAUL COMBES
J’en suis sùrl... En veux-tu la preuve? Fais monter ma Qlleule ici, et devant toi, je vais lui annoncer le retour de monsieur Gérard, tu verras l’effet que je produirai.
DK RIVES.
Soit! mais.je n’ai pas besoin de la faire monter, je lui ai doftné rendez-vous chez toi. Tiens! on a sonné, c’est sans doute elle. Dis de faire entrer, je te prie.
Inutile, mon domestique te sait avec moi. La voici.