PT '• V
CORA
Tiens]
DB UKZtN.
Vous le connaissez?
CORA
Pas le moins du monde. C’est ce petit nom de Georges, auquel je ne m’attendais pas, qui m’a surprise. Comment est-il, ce iMri si ch armâ t que madame Gérard refuse des loges aux Italiens pdl^sser ses soirros avec lui? 11 est jeune?
DE MÉZIN
Trente-deux à trente-cinq ans.
CORA
Beau garçon?
Vi: MÉZIN.
Oui, assez beau garçon; une tôte expressive.
CORA
11 est riche?
DE MÉZIN
On le dit à son aise. ' *
' CORA
Qu’est-ce qu’il fait?
DE MÉZIN
Uiqi^je crois. Il avait, avant son mariage, une existence très-retirée, presque mystérieuse.
CORA
Ah I
DE MÉZIN
Qu’avez-vous ?
CORA
Rien ; je suis folle. Comment mademoiselle De Rives l’a-t-elle connu s’il vivait retiré?
DE MÉZIN
Il habitait avec sa mère la môme maison qu’elle.
L’AimCLE 47
• CORA
Avec sa mère, dites-vous ?
DK MÉZIN. '
Oui. Qu’y a-t-il là d’étonnant? Plus d’un fils, avant son mariage, habite avec sa n>ére?
CORA
Évidemment : vous vous ôtes mépris sur l^ens de mon interruption. Continuez, cher 3t>i^^otre fe'ft^^hiomme habitait donc la maison de mademoi^miB DéTlivês? Il l’a vue de sa croisée, comme dans les romans, et il est devenu amoureux d’elle. , '
DE MKZIN.
yt
ti^ois
Si j’ai bien compris certaines phrases échappées autre à Do Rives et à un médecin do nos amis, Paul Co^M, ce serait mademoiselle De Kiv«s ^i se serait éprisc'w^promicrc. I
CORA
Voyez-vous cela ; ces jeunes filles honnêtes! ^
DE MÉZIN
Plies ont un coeur comme les autres; il bat. Seulement elles savent, au besoin, en comprimer les balteinenls.
CORA
Il faut les deviner, et monsieur Georges Gérard a deviné,
DE MÉZIN, ^
Assez tard, paraît-il. J’ai cru comprendre, cetteïois^!' core, qu’il n’était pas très-désireux de se marier. Il a fait quelques diflicullés; enfin, ce mariage a, ce qu’on appelle, un peu traîné.
CORA
Si mademoiselle De Rives était amoureuse, il ne l’était peul-élre pas, lui,
DK MÉZIN,
Pn tous cas, je vous réponds qu’il l’est aujourd’hui. Je l’ai rencontré, avant-hier, chez monsieur De Rives, en visite avec sa femme, et j’ai été frappé des changements (|ui sc
sont fails et» lui depuis un an. Je l’avais vu deux ou trois lois avant son mariage, et je lui avais trouvé l’air préoccupé, sombre, abattu, le regard inquiet.
CORA
Ah ! le regard inquiet ?
DE MKZIN.
Il est m^tenant gai, plein de bonne humeur. Il cause volontiers de toutes cho^s et en très-bons termes, ma ibi,f et il a l’air surtout arfloureux, oh 1 mais amoureux...
COR A
A donner envie de l'étre, n’ost-ce pas, mon cher De .Mézin? ■Pourquoi ne l’êtes-vous pas?
DE MÉZIN. ^
Mais, ma chère Cora... '
coRA, passant à gauche.
Oui, oui, je sais. Inutile de continuer, je no vous crois pas. ^ue serait pas naturel. Je ne suis plus une femme depuis mon accident.
DE MÉZIN
Mais, je trouve au contraire^.
^ CORA
'N’insistez pas. Vous connaissez notre traité : personne ici rte doit me faire la cour.
^ ^ DE MÉZIN
Oui, traité des plus habiles.
* CORA
Qu’ontendez-vous par là?
DE MÉZIN
J’entends que vous devez avoir au fond du cœur (pielque grande passion, et qu’en nous interdisant de vous faire la cour, vous vous êtes ménagé le calme, le repos et le recueillement.
CORA
Monsieur De Mézin, vous ôtes un indiscret. Je vous
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rends à vos amis de la table de jeu. Je suis certaine que vous leur faites défaut. {Montrant Mazilier, qui se promène au fond.) Veuillez seulement m’envoyer Mazilier, si toutefois son traitement lui [>ermet de venir me parler. {Ik Mézin se dirige au fond, échange deux mots avec , Mazilier, et s’éloigne.)