SCÈNE Vil
DE MÉZIN, DE RIVES, MAZILIER et POTAIN.
poTAiN, rejoignant Mazüier, tandis que De Rives et De Mézin causent ensemble.
Tu ne joues plus?
UAZIUËR.
Non. {ifva s’asseoir sur le canapé de droite, Potain sur le canapé de gauche. Après un instant de silence.) Potain?
POTAIN
Victor?
MAZILIER
Ne trouves-tu pas que ce salon manque parfois de gaieté?
POTAIN
Je trouve qu’il manque de femmes.
MAZILIER
No t’arrivo-t-il jamais do regretter le Havre, notre ville natale?
POTAIN
Si, l’été, lorsqu’on étouffe à Paris.
Potain ?
MAZILIER
Victor?
POTAIN
MAZILIER
Ne trouves-tu pas qu’il est absurde de jouer toutes les nuits comme nous faisons?
8i., L’AllTICLE 4
POTAIN
Si, je trouve cela, toutes les fois que j’ai perdu
Polain?
POTAIN
Victor?
HAZILIBR.
N’aspires-tu pas quelquefois à une vie paisible’
POTAIN
Si, avec de jolies femmes, de très-jolies femmes.
MAZILIER
Potain?
POTAIN
Victor?
MAZILIER
Regarde-moi.
POTAIN
Je te regarde.
MAZILIER
Est-ce que je suis aussi dégommé que toi?
POTAIN, se levant et s'approchant de la glace. Dégommé? je suis dégommé?
MAZILIER
En huit ans, tu as perdu tous tes cheveux; tes joues sont devenues flasques, tes yeux sont éraillés; tu es laid, Potain, tu es laid.
POTAIN, se rapprochant.
Victor?
MAZILIER
Potain?
POTAIN
Tu m’enmiie^^e' vais faire un banquo.
L’AKTICLK 47
uAziLiER, le suivant.
Je te le tiendrai, Potain. Je te dois cette marque d’inU^rôt; tu me rappelles le Havre. (Ils s'éloignent vers le fond, tandis qu’un domestique s’approche de De Rives et de De Mézin, qui sont au fond et causent ensemble.) ^