‹ L'article 47 drame en cinq actes et six tableaux (volume 2)Chapitre 42 sur 60 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

DEMÉZIN, CORA, les Précédents, au fond-

coRA, rentrant par la droite, à De Mézin.

Si le jeu so prolonge, on pourra souper, les ordres sont donnés.

DE MÉZIN

V'ous pensez à tout. Vous êtes toujours charmante.

' CORA

Je remplis de mon mieux mes devoirs. {Elle passe devant lui et s'assied decant la cheminée. De Mézin se tient auprès d’ elle .)

DE RivES|^ descendant In scène, à Georges.

Cette vue est-elle si terrible ?

GEORGES

Non h la surface, mais au fond...

DE RIVES, apercevant Cora et .s’arrêtant.

Ah I la maîtresse de la maison a repris sa place habituelle ; je vais être obligé de vous présenter. Affaire de forme ; vous n’ôtes pas tenu de revenir, et je ne vous y engage pas. {Georges s’arance en descendant à droite, Cora lève les yeux; ils se regardent tous les deux et se reconnaisse7it.)

DE RIVES, voyant, que Georges, après s’être avancé^ s'arrête tout à coup.

Qu’avez-vous?

GEORGES

Je pars... Par où puis-je sortir?

DE RIVES

Mais, mon cher...

GEORGES, très-ému, saisissant le bras de De Rives.

Je vous dis que je veux partir.

1>E niVKS.

Qu’avez-vous donc! Votre bras tremble et vous ôtes pâle comme un mort... Partons, soit! mais., madame De Champs vous a vu ; il est trop laril. {Laissant Georges, qui, altrré, reste à la même place, et s’arançant vers Cova, qui s’est brusquement levée, et qui, appuyée sur le dossier de son fauteuil, 'regarde Georges sans parler.) Chère madame, mon gendre, monsieur Georges Gérard, était venu m’apporter des nouvelles de ma fille, et il repart.

coRA, qui est parvenue à vaincre son émotion et faisant un pas en avant.

Déjà. Oh! monsieur me fora bien l’honneur de s’asseoir un instant dans mon salon.

GEORGES, qui essaye de se ‘remettre.

Je suis désolé, madame. Je ne puis pas. On m’attend.

DE RIVES

Je suis là pour l’attester.

DE HÉZIN, dii fond.

De Rives, avez-vous cinquante louis sur vous ?

DE RIVES

Certainement, mon cher. (A Georges et à Cora.) Une seconde, (U passe au fond.)

CORA, dès que De Rives et De Mézin se sont éloignés, bas à Georges, qu’elle rejoint à droite.

Il faut que je vous parle.

GEOGES.

Mais...

cora:

Il le faut.

GEORGES

Eh bien I pariez.

CORA

C’est impossible en ce moment. Il y a trop de monde ici. Revenez quand on sera parti, Je donnerai des ordres; je vous attendrai. *

L’ARTICLK M

GEORGES

Non.

t;ORA .

Prenez garde. ..Je vous dis qu’il faut absolument que jo VOUS parle..

GEORGES

Et moi, je vous dis que je ne puis pas attendre que ces messieurs soient partis ; jo ne puis pas revenir ici. •

CORA

Alors... partez et attendez-moi dans le jardin. Je vous rejoins dans un instant. Il le faut, vous dis-je. . Ah ! je vous ai retrouvé, je ne vous laisserai pas m’échap|)er. Dans le jardin ou chez vous, alors.

GEORGES, effrayé.

' Chez moi !

CORA

Choisissez. {Changeant de ton en voyant De Rivex et Mazilier, qui se rapprochent.) Je regrette vivement, monsieur, de ne pouvoir vous retenir plus longtemps, et je vous rends à vos devoirs.

DE RIVES, à Cora.

N’esl-ce pas que j’ai le plus vertueux des gendres?

CORA

' Le plus Vertueux.

MAziuER, d lui-même.

Son gendre! [Bas à Cora, qui échange un salut avec Georges, et qui le regarde s’ éloigner .) Eh bien! ce n’est pas lui ! ^

CORA, vivement.

Pas le moins du monde. Je vous l’ai dit. C’était une iïïéë absurde. {Elle passe à gauche:) -

MAziLiER, regardant toujours Georges, retenu près de la / porte par De Mézin, quijisLcenu lui serrer la main . avec (Vamtres joueurs.

Cependant... en examinant davantage... Oui, il y a quel-

que chose... La mémo taille, le mémo regard. Voyons, est-ce que je rêve? (Oftsercant Cora, qui, au moment oü Georges (Hsparatt, lui jette un dernier regard. C’est lui!

coRA, se retournant.

Eh bien ! oui, c’est lui ! Mais taisez-vous, si vous ne voulez pas...

^ MVZILII^H

Qu’il se venge de moi. Mais Je n’ai pas l’intention de parler... (Pendant que Cora s'est approchée de la cheminée.) Je ne lui veux pas de mal b ce garçon, moi... .\u contraire. (Se rapprochant de Cora.) Quoil c’est vous maintenant qui le défendez?

CORA

Parbleu ! son secret le met en mon pouvoir, et si l’on trahit ce secret... (Elle ta prendre un mantelet.)

MAZlLICn.

Ah! très-bien! Je vous retrouve, j’avais eu peur de vous perdre. Tiens! tiens! vous sortez? Je gage que vous allez le rejoindre.

CORA, tracersant le théâtre.

Peut-être.

MAZILICR.

Je m’en étais toujours douté! Vous l’aimez?

CORA, sur le seuil de la porte vitrée.

Qui sait?

MAziLiER, tandis que Cora sort.

AhI les femmes! quels êtres étranges! Il faut avoir été au bagne pour leur plaire !

(Changement à vue si c’est possible. Autrement un entracte qui ne doit pas dépasser trois minutes.)

QUATRIÈiME TABLEAU

Le théâtre représente le jardin de ia maison do Coia. A gauche un pavillon avec un perron. Au milieu du théâtre une grande corbeille de fleurs surmontant un banc. .\ droite, un vase de fleur» élevé sur un piédestal. La scène est très-faiblement éclairée

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