GEORGES, .MADAME GÉRARD, MARCELLE
'Marcelle, au bout d’un instant de silence, tend ses bras à Georges.)
GEORGES, s'élance vers elle et s’ agenouille à ses pieds. .Merci !... oh! merci!
MARCELLE, lui thidant les mains qu'il couvre de baisers.
Relève-toi... ce n’est pas ta place. (S'adressant à Georges qui reste à genoux et à madame Gérard, debout derrière elle, penchée sur son fauteuil.) Si je vous ai fait longtemps attendre, c’est que dans l’intérêt de l’avenir, je ne voulais o^éir à aucune surprise. Dans ma chambre et seule, je me suis répété ce que je venais d’entendre, J’ai longuement réfléchi, j’ai pesé chaque chose, j’ai jugé et
jü purdonno. Jo suis la femme de Georges Gérard ou de (n-orges Du Hamel, peu m’importe ! Il m’aime et je l’aime ; j’accepte toutes les eonséquenc4?s de son passé, je partagerai ses peines comme ses joies, et nous resterons unis jusqu’à ce que la mort nous sépare.
GEORGES, à sa mère, montrant Marcelle.
Oh ! comme elle est généreuse et grande! *
MADAME GÉRARD
Elle mériterait d’élre adorée si elle ne l’était déjà. [Elle' l'embrasse au front.)
HARCELLE, après un instant de silence, pendant leqml
Georges, toujours à ses pieds, la regarde arec ad- ' miration.
. Je suis malade, très- malade, depuis quelque temps. J’ai besoin d'air, de mouvement, de distractions; je voudrais voyager, voir des pays nouveaux. Si vous y consentez, nous nous mettrons en route aujourd hui même, ce soir. Cédez à ce caprice de malade, vous me rendrez bien heureuse.
GEORGES, se levant.
Certainement, certainement... nous partirons... et je vais... [U court au bureau qui est au fond et écrit.)
MADAME GÉRARD, entraînant Marcelle au premier plan, au milieu.
Je vous ai comprise. Par délicatesse, vous ne dîtes pas le . véritable motif de ce départ immédiat... Vous ejaignez, de la part de cette femme, quelque surprise, quelque trahison nouvelle.
MARCELLE
Oui. Jo no vivrais pas tant que je serais à Paris; nous devrions l’avoir déjà quitté. Ne m’avez-vous pas dit vousmôme que Georges n’avait pas le droit d'y être... qu’on n’avait qu’un mot à dire pour le faire arrêter.
MADAME GÉRARD
C’est vrai... c'est vrai... nous ne pens'ions qu’a une diose, voyez-vous : obtenir votre pardon ; nous avions
oublié tout I(î reste. 11 faut parlir, partir sur l’beure; celte femme est capable de tout. (.1 Ge(/rges, vers qui elle .s’ara7ic«.) Que fais-tu?
GEORGES
J’écris au docteur Cotnbes de venir voir Marcelle; il faut qu’il me dise quel climat lui sera le plus favorable. Il no s’opposera pas au voyage; lui-même l’avait conseillé! . -
MARCELLE, s' appTochaut de la cheminée.
Et mon père... je veu-v le voir immédiatement, lui annoncer mes projets... {Elle sonne.) Il les approuvera. ‘ Peut-être viendra t-il avec nous. (A madame Gérard.) Vous nous accompagnerez, n’est-ce pas?