‹ L'article 47: drame en cinq actes et six tableauxChapitre 19 sur 56 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

DE RIVES, assis, PAUL COMBES.

PAUL GOiiBES, à De RiveSy dès que la porte s'est refermai et le rejoignant près de la cheminée devant laquelle il s'est €issi8.

Ainsi, ce n'est plus au Cercle que tu passes tes nuits. C'est dans une maison de jeu... Ne nie pas... Ce fou, qui sort d'ici, m'a donné des détails complets ; et, tu es le père d'une grande fille, bonne à marier.

DE RIVES

Ma fille n'est pas en cause ; n'a-t-elle pas auprès d'elle une amie dévouée, presque une sœur, et ma fatale passion peut<^lle la compromettre en quoi que ce soit? Sa fortune

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même n'est-elle pas en sûreté, et ne sais-tu ptd, du reste, que je suis mcai>ab)e dV toueher?

PAUL COMBES

Je le sais, mais je sais aus.^i que tes occupaUons t'empêchent de veiller sur ma âlleule autant qu'il te faudrait, de lai consacrer tous tes soins.

DE RIVES

Tû te trompes, je ne donne que mes nuits au jeu, la phis grande partie de mon temps appartient à Marcelle ; elle est l'objet de ma constante sollicitude, et si tu me vois, en ce moment, dans ton cabinet, c'est que la dernière visite que to m'as faite m'a alarmé, et que je désire avoir ayec toi un entretien sérieux.

PAUL COMBES, lui teudarU lu mnin.

Je te retrouve. Parle...

DE RIVES, se levant et allant au milieu.

Que penses-tu de notre malade?... Ce n'est pas l'ami qui t'interroge, tu voudrais peut-ôtre le ménager ; c'est le client, qui a droit à ce que tu lui dises toute la vérité.

PAUL COMBES

Eh bien I la vérité! la voici : La maladie, que j'ai cru au* trefoîs reconnaître chez ta fille, a fait, depuis quelque temps, des progrès qui me surprennent. Je cherche, avec un grand intérêt, les causes qui ont pu déterminer divers symptômes que je remarque chez elle, afin de ne pas être obligé de convenir que je me suis trompé, en niant, jusqu'à ce jour, la transmission de certains germes, l'hérédité de certaines maladies.

DE RIVES

Gomment ?. . . Tu penses ?

Je pense simplement que madame De Rives est morte d'une hypertrophie du cœur, et je suis obligé de constater chez sa fille, des palpitations, de légers crachements de sang qui n'indiquent pas l'hypertrophie d'une façon absolue, mais qui en sont parfois les symptômes.

DE RIYBS.

Mon Dieu î Que m'appreeds-ta là f

PAUL GOMBBS.

Rien qui te doive sérieusement alarmer. L'affection dont je parle, si toutefois Marcelle en est atteinte, et je ne Taffirme nnllement, peut facilement se combattre si on la préserve de toute émotion violente.

HE RIVES, 'pa»%(v^% d droit$é Alors, ma fille eat sauvée! Quelles émotiaaa pourraient l'atteindre? Je m'apf^iquArai ^ lui rendre la vie facile Qt douce, .

PAUL COMBEft.

T'y es-tu appliqué jusqu'à ce jour?

PB KIVES.

Sans aucun doute.

PAUL GOIIBES.

Tu ea es certain ?

DU I^IYES.

Ces quittions me blessent Qu'est-ce qui te fait sup* poser que ma fille n'est pas heurèuse^auprès' de moi ? ,

PAUL COMBES. f

Je ne suppose rien : je cherche à m'ëclairer; {mouvB* fnêf^t de De Rites) c'est mon droit, eest mon devoir. J*ai écouté avec soin, le ccmir de ta fille, mais j'ai surtout bbsayé d'y lire. Eh bien! je puis t'assarer qu'elle souffre d'un mal inconnu et que sa douleur est d'autant plus v^ive qu'elle la cache à tous les veux»

DE RiVBS.

Alors, tu persistes dans ton idée : elle aîmè ce jeune homme qui demeure, avec sa mère^ dans ce pavillon isolé, au fond de notre cour.

PAUL COBfBES.

Cette idée «qI maintenant tout à fait earaeinéa dans mon esprit.

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DB RIVBS*

C'est à p^ine si elle )e coanalt.

PAUL G01IBEB«

Je te demande pardon, elle a faiC, avec sa gonTornante, plusieurs visites à madame (Gérard et elle a, chaque fois, rencoAird son fils ; mistress Dorwon, malgré son mutisme habituel, s^est confessée à ce sujet.

DE RIVES

Ces visites n'ont pas suffit pour...

PAUL COMBES

' Permets. Fais la part de l'isolement dans lequel se trouve mademoiselle De Rives, du mérite très-réel de monsieur Gérard — mérite vraiment hors ligne, je te l'ai dit, — de son exi;<tence un peu mystérieuse qui ne ressemble pas à la nôtre et qui a pu frapper T imagination d'une jeune fille.

DB BIVB8.

Soitf jY consens... Cet amour existe... Eh bien! que faire ? Puis-je me rendre auprès de madame Gérard pour lui dire : Ma fille aime votre fils, voulez-vous qu'ils se marieuiî... Puis-je obliger nnes deux voisina à sortir de leur réserve? Ne m'as-tu pas dit toi-même que monsieur Georges Gérard s*était prononcé, un jour, devant toi, au sujet du mariage, et qu'il avait déclaré qu'il ne se marierait jamais ?

PAUL COMBBS.

Sans doute, mais il y a une année de cela.

DB RIVES

Eh bien ?

PAUL COMBES

Aujourd'hui^ il peut penser autrement, car je suis persuadé qu'il aime ta fille.

DE RIVES

Mais, a'est impossible... Il aurait essayé de la voir. Pourquoi fuirait-il une jeune fille de dix-huit ans, jolie, charmante, qu'il aime et qui paraît l'aimer? Ne m'as-tu pas dirtoî-môme que, depuis deux mois, il était en voyage?

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PAUt COlfBBS.

Il revient aujourd'hui. J'ai reçu une lettre de sa mère; elle m'annonce leur visite dans la journée. J'explique ce voyage et ce retour de la façon suivante : Georges Gérard ayant pour le mariage, une aversion instinctive, a voulu fuir la tille; mais^ il a trop souffert et il est revenu. Quant à Marcelle, je te ferai remarquer que son mal s'est aggravé depuis le départ de son voisin.

Tu crois?

PAUL GOIIBES.

J'en suis sùrl... En veux-tu la preuve? Faisonouter tn«) filleule ici. et devant toi^ je vais lui annoncer le retour de monsieur Gérard, tu verras l'effet que je produirai.

DE RIVES

Soit ! mais je n'ai pas besoin de la faire monter, je lui ai donné rendez-vous chez toi^ Tiens! on a sonné, c'est sans doute elle. Dis de faire entrer, je te prie.

PAUL COMBES

Inutile, mon domestique te sait avec moi.. La voici.

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