PAUL COMBES, DE RIVES, MARCELLE, MISS DOWSON
PAUL COMBES, allant à la rencontre de Marcelle^ gui, la figure pâle et languissante^ s'at>ancey appuyée sur Miss Dowson.
Eh bien ! chère enfant, nous venons donc faire une visite à notre docteur ordinaire, et à notre parrain. C'est gen* lil. (A miss Dowson.) Bonjour, miss ï>owson.
MISS DOWSON.
Bonjour^ docteur.
I/ARTICLE 47 n'A
PAUL COMBKS»
Veos allez bien ?
MISS DOWSON.
Très-bien, je vous remercie.
' FAVL COMBES, à MarceUê* Prenez mon bras et venez vous installer dans ce fautenil. (Elle s'assied à gauche ^ près de la cheminée.) Esi-co que vous ne vous sentez pas plus forte?
MABCELLB.
Mais si, docteur, mais si. Je me trouve très-bien; je ne sais pas pourquoi on veut me iaire passer pour malade.
PAUL combes;
Personne n'a cette idée-là. Malade, vous, pas le moin» du monde« Vous n'avez aucune maladie et c'est ce que je disais à l'instant même à votre père qui s'inquiète pour la moindi-e des choses.
MABGStLB, tendant la main à monsieur De Rites. Cher père.
PAUL COMBES
Seulement, pour être tout à fait juste, j'ajouterai que vous lui donnez bien quelques sujets d'inquiétude.
MABCELLB.
Moi?... lesquels?
PAUL COMBES
Vous qui aimiez tant autrefois à sortir, à faire des emplettes le matin, un tour au bois^ dans l'après-midi, vous passez des journées entières dans votre chambre, n'est-ce pas, miss Dowson?
MISS DOWSON, assise au milieu. En effet. .
MABGBLLE .
A quoi bon sortir ?
PAUL COMBES
C'est excellent pour la santé I
VAtCBLLE.
Ah I ma ranté !
I>S BIYRS.
Toi qui aimais la toilette et t'ofteupais des modes nouvelles, regarde- toi. {Il fMntre ia gla€4 placée sur la cheminée,)
MARGELLE
Ne 8uis-je donc pas convenable ?
DB BIVB8,
Gertainement ; mais tu étais plus que ooBveaahle autrefois.
PAUL œMBBft,
Vous éiiex élégante; B*eet-ce pas, miss Dowsont
MISS DOWSON.
Très-élégante.
MABCBLLB.
Je ne vois aucune nécessité à être élégante. Pour qui le serais-je?
Mais pour nous; est-ce que nous n'en valoas pa» la peine ?
MABCELLB.
Vous n'y tenez pas !
DE RIVES
Pardon! j'y tiens, chère enfant, ne s^vaitrce que par amour-propre; pour qu'on remarque ma fiUe«
MARGELLE
Je ne désire pas être remarquée.
PAUL GOMBES.
Vos pauvres mêmes, vos pauvres dont vous preniez autrefois tant de soin, pour qui vous veniez chaque matin me demander quelque remède, c'est à peine si ^us vous, occupez d'eux aujourd'hui.
MAACBLLE*
PardoD, docteur, miss Dowson leur â remm déseifelR et de ] 'argent de ma part ; n*esl*ce pas, miss Dowson?
MISS DOWSON.
Oui, mais cela né suffit pas
PAUL COMBES
En effet. Est-ce quMf ne faut pas apporter soi-môrae ses aumônes, les répartir avec intelligence? Que sont devenus tous ces beaux projets que vous formiez avec madame Gérard et dont elle me parlait «ans cesse; vous y avez renoncé?
HAftCELLE, vivement.
Ce n'est pas moi qui y ai renoncé, c'est madame Grërard, puisqu'elle est partie.
PAUL COMBES
Pour quelque temps seulement et avec l'espoir que vous la remplaceriez pendant son absence.
MARCELLE
Mais son absence se prolonge tellement.
MISS DOWSON,
Deux mois.
PAUL COMBES
Deux mois à peine.
MARCELLE
Jusqu'à présent, mais rien ne dit...
PAUL COMBES
Qu'elle reviendra... Pardon... elle revient.
MARCELLE, vitement.
Vous en êtes sûr?
PAUL COMBES
Elle m'a écrit...
MARGELLE, se UfDant, Ah I {Essayant de se modérer. }Ei quand revient-elle?
PAUL G0MIIB8.
Aujourd'hui; peuUétre) pendant que nous causons ici, entre-t-elle dans son pavillon.
DE ftIVRS.
J'ai entendu, tout à l'heure, une voiture dans la cour.
PAUL GOMBBS.
C'est la sienne, sans aucun doute.
mSS DOWSON.
Evidemment.
•MARGELLE
Je ne verrai pas davantage madame Gérard, parce qu'elle sera revenue à Paris; elle ne m'a pas rendu mes dernières visites.
* PAUL GOMBBS.
Je crois qu'elle a l'intention de vous les rendre le plus vite possible,
BURGBLLB.
Qu'est-ce qui vous fait croire cela?
PAUL GOMBBS.
Une de ses lettres où elle me parle justement de vos pauvres,
MARGEi^LE, vivefnent.
Et de moi?
PAUL GOMBBS.
Certainement, de vous, n'ètes-vous pas son associée, sa collaboratrice? Elle vient de faire avec son fils un voyage en Belgique, et dans ce pays où la charité est comprise d'une façon très-intelligente, ils ont recueilli différentes notes qu'ils ont le projet de vous soumettre.
MARGELLE
Mais je suis toujours chez moi, ils me trouveront.
DE RIVES
Tu ne reçois plus depuis deux mois. N'est-ce pas, roisà Dowson?
L'AKTICLE 47 57
MISSDOWSON.
En effet. Nous yivoDs dans la retraite la plus -absolue.
MARGELLE
Je De reçois pas les indifférents, mais du moment qu'il s* agit de mes pauvres...
PAOL COMBES. '
Du reste^ si ces notes vous offrent quelque intérêt, il y a peat-étre un moyen de ne pas attendre la visite de madame Gérard. A peine arrivée, elle doit, m'écrit-elle, monter chez mol. Trouvez-vous ici, dans une demi-heure, et vous la verrez. N'est-ce pas, De Rives?
DE RIVES
Parfaitement I
Et vous, miss Dowson, vous n'avez rien à dire contre cette proposition?
MISS DÔWSON.
Je l'approuve, au contraire
MARCELLE
Alors... je vais descendre... Venez-vous, miss Dowson?
PAUL COMBES
Gomment, descendre. •• puisque c'est ici.
MARCEBLE.
You^ m'avez dit que ma toilette n'était pas assez soignée, je vais en changer. [Très-gaiement») J'ai été très-sensible au reproche, mon cher parrain, et je ne veux plus le mériter. Au revoir, docteur, à tout à Theure. {Tendani son front à sonpère*) Au revoir, père... Venez donc, miss Dowson.
PAUR COMBES.
Miss Dowson ne peut pas vous suivre. Vous allez... vous allez... Attendez donc, pour prendre son bras.
BfARCEELB, sortant.
Je n'en ai pas besoin* Je n'en ai pas besoin.
MISS DOWSON.
Adieu, docteur. {ElUs sortent par 1$ fond.)