‹ L'article 47: drame en cinq actes et six tableauxChapitre 23 sur 56 · SCÈNE VI PAUL COMBES, MADAME GÉRARD, GEORGES · texte numérisé non relu

SCÈNE VI PAUL COMBES, MADAME GÉRARD, GEORGES

MADAIK GÉRAâD, au Docteur,

Nous avons vonlu, docteur, que noire première visite fût pour vous. Lorsque nous sommes partis, mon fils et moi, j'étais encore trop souffrante pour vous remercier, comme il convenait, des soins que vous m'avez prodigués pendant ma longue maladie, mais aujourd'hui nous tenons à vous exprimer toute notre reconnaissance.

PAUL GOVBBS.

Le meilleur moyen de me la prouver, c'est de ne plus en parler; j'ai essayé de vous témoigner, à tous deux,. la sympathie que vous m'inspiriez, voilà tout. Causons, de choses plus graves et causons vite, car l'heure de ma seconde con sultation approche. J'entre en matière avec ma brusquerie habituelle. Elle ne vous étonnera pas, vous méconnaissez. (Il s'assied detant un bureau à droite^ madame Gérard s^assied à mauche^ Georges se tient debout près d*eUe.) Tai osé, autrefois, aborder avec vous, un sujet délicgt; il s'agissait de rêves que j'avais formés, de l'intérêt exceptionnel que je portais à une jeune fille, de projets de mariage en un mot, que j'avais conçus, seul, sans consulter les intéressés. A ces ouvertures, vous avez répondu par une fin de non-recevoir votre opinion s'est-elle modifiée?

MADAME GÉRARD

Mais. . .

GBOROES.

Elle ne peut se modifier, ma mère.

PAUL COMBES, se toumautvers Georges.

Même si, me fiant à votre honneur, monsieur, certain que vous ne profiteriez jamais de la confidence que je vais

vous faire, je )>oassaîs rindiscrétion, te mépris des con*venances jasqa'à oser vous dire :... Vous êtes aîmél

GEORGES, v^etnenL Ah ! monsieur, dites-^vous vrai ?

PAUL GOMBBS.

Vous le voyeZf vous aussi, vous aimez!

GEORGES

Mais je n'ai pas dit...

PAUL GOMBBS.

Qu'importe, si j'ai compris.

GEORGES

Dites plutôt : Qu'importe cet amour, puisque...

Je sai» ce que vous allez me répondre, mais ce n'est pas de cela qu'il s'agit. Ce n'est plus l'ami de la famille De Rives qui vous parle;, c'est le parrain de mademoiselle Marcelle, le médecin, l'homme de science si vous voulez. II ne sera plus question entre nous, de mariage, mais de maladie, mais de mort.

GEORGES

De mort î

PAUL COMBES

Mademoiselle De Rives est dans un état de santé qui m'alarme. Les émotions qu'elle a éprouvées dans ces derniers temps, ont développé en elle une maladie de coMir, dont elle guérirait en quelques semaines, si l*espoir lui revenait, si le ciel lui séuriait, mais qui peut aussi l'enlever à ses amis , si sa vie continue à être agitée , si elle continue à souffrir.

GEORGES, vivement au docteur»

Mais taisez-vous donci taisez-vous donc? Ne voy^zvous pas que vous me torturez inutilement. [Se tournant vers madame Gérard.) Ah\ parlez-lui, ma mère, parlezlui, dites-lui...

MADAME GERARD

Je lui dirai que la maladie de m^moiseUe De ^ves nous créé de ^sérieux devoirs ; tu n'as plus le droit aujourd'hui de la fuir, comme tu viens de le faire, puisque ton dépa^rt, ton absence peuvent fa tuer. Tu resteras ici, prêt à témoigner, comme autrefois, à votre chère malade, docteur, les respects dont elfe est digne. Le mal dont elle souffre, diminuera peut-être, ia santé lui reviendra avec le repos et l'espoir, et alors lorsqu'elle sera guérie, lorsqu'elle sera plus forte et plus vaillante. . .

PAVh COMB^.

Vous verrez ce qu'il convient dci faire, C'es| tQf|( ça que je demande, tout. Guérissons-la d'abord, parbleu, et pour commencer, je vais vous mettre tous les deux en présence.

Où ? Quand î

pAUf. co|i)tE3, montrant U^porf^ latérale de d^roite. Là. (Il chsrêhe un papier sur eon bttre^^*\

GEORGES, bas sa mère, dont il presse la main 4 la

dérobée*

Oh I mon Dieu I Mais songes-tu aux conséquences de de tout ceci, à l'avenir.

MADAME GÉRARD

Je i^e veux pas y sqpger. Ah ! Qtfi m'inspirera? qui me doi^neraun ÇQoseil?

UN DOMESTIQUE , aU fOUd.

Monsieur pelille demande à voir monsieur.

PAUL COMBES

C'est bien. Faites entrer.

MAOAHK GÉ^iM>, à elk[-mêfne.

Monsieur Delitte. Serait-ce? Et moi qui den^aBd^is un conseil!

PAUL GOMBBs, à Georgcs et à sa mère.

ÂHons ! On vous attend de l'autre côté, et j*ai besoin de mon cabinet. {Jl lescotiduU vers une porte latérale. Au moment où il va l*aUeif}dre^ le domestique reparaît^ il es4 suivi âe .maître Delille. S' adressant au domestiqiie :) Qu'y a-t-il encore?

LÉ ooMesTiQUB) lui remettant une lettre.

Une lettre très-pressée.

PAUL COMBES, jetant les yeux sur la lettre.

ie crois bien,., pas une minute à perdre... {Allant vers Delilte). ie suis appelé auprès d'un de mes clients pour un cas des plus graves. Veuillez m'excuser et m'altehdre un quart-d'heure, je ne vous demande pas davantage.

maItrb dëlillb.

Allez, docteur, allez et prenez votre temps. [Souriant.) Je ne suis pas en danger de mort, je puis attendre votre re- . tbUr.

PAUL COMBES, prenant son chapeau.

Vous trouverez des journaux là sur cette table.

lIAiTRB DBLILLB.

Merci: merci; ne tous occupez pas de moi... {Pendant, cette fin descène, madame Gérard a laissé sortir Geor^ ges à droite et est restée près de la porte. Lorsque Paul Combes a disparu, elle s avance dans le cabinet.)

8CÊNE ?III

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