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RAPPORTS DES BEAUX-ARTS ENTRE EUX

La nature, qui a donné à l'homme tous les éléments nécessaires pour progresser vers sa destination, et pour servir sa perfectibilité sociale, lui a nécessairement accordé le nombre complet des beaux-arts qui, chacun en particulier et collectivement, ont la faculté de convertir en principes et en exemples sensibles le principe et les exemples métaphysiques du beau.

Les hommes ont-ils compris ce bienfait? Le caractère très-imparfait de nos institutions n'est pas propre à le faire croire.

Les beaux-arts sont au nombre de sept : la peinture, la sculpture, l'architecture, la poésie, la musique, la mimique et la gymnastique.

L'expression beaux-arts est très-convenable ; aussi chacun d'eux peut-il être appelé art bellissime ou art de beauté, puisque leur fonction est de manifester et de produire le beau et son principe. Si on les a appelés arts libéraux, c'est que dans la basse latinité on avait désigné sous ce nom quelques-unes des sciences les plus importantes et les plus dignes d'être cultivées parles citoyens libres. Ces sciences sont la dialectique, la médecine, la jurisprudence et autres dont le nombre dépasserait de beaucoup celui de sept.

Le titre d'artiste est applicable seulement à celui qui s'adonne à la culture des beaux-arts ou qui exerce un des beaux-arts, un des arts bellissimes. Ainsi le terme artistique est réservé pour exprimer le caractère de tout ce qui se rapporte aux beauxarts, comme le terme artiel peut être réservé pour exprimer le caractère de tout ce qui se rapporte aux arts industriels et mécaniques; l'artisan ne doit donc point usurper le titre d'artiste.

L'imperfection de nos vocabulaires est une des causes de la principale confusion des idées au sujet des beaux-arts et des arts d'industrie ; c'est ainsi, pour ne citer qu'un exemple, que le peintureur étant le plus souvent appelé peintre, croit pouvoir s'appeler artiste et donner à ses peinturages le nom de peinture.

Chacun des sept arts se rapporte et tend à la même

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fin ; et cette fin, c'est l'enseignement du beau, c'est le perfectionnement de l'espèce ; c'est par conséquent l'étude des merveilles de Dieu et de son principe éternel ; étude qui conduit à l'adoration de l'auteur de toutes les merveilles et du seul modèle infiniment parfait.

Si le bel art de la poésie n'est pas admis aujourd'hui dans le grand ensemble artistique que prétend représenter à l'Institut de France la classe des beauxarts ; si c'est à la classe dite de l'Académie française que figure cet art de la poésie; si, de plus, le même institut, après avoir admis dans son sein la mimique, ne veut plus qu'elle y soit représentée ; si enfin on n'y appelle point la gymnastique, c'est que là comme ailleurs domine encore la confusion et la routine , c'est qu'on s'y est organisé pour d'autres fins que pour des intérêts moraux et sociaux.

Ceux qui n'ont pas cru devoir placer la poésie au nombre des sept arts bellissimes ont été retenus par l'idée que cet art ne dépend nullement de l'adresse de la main ; cependant l'architecture serait dans le même cas que la poésie; et au médecin Perrault, auteur de la colonnade du Louvre, on pourrait refuser le titre d'artiste, puisqu'on n'a pas la preuve que la coupe des pierres ait été partiquée manuellement par lui. Quant à Homère, ce prince de la poésie, il n'a rien composé non plus, rien imité avec la main. Oui,

la poésie a sa place au milieu des six autres arts, et de là elle semble leur donner le ton, elle leur rappelle les leçons divines et sociales qu'ils ont mission d'enseigner, le ciel les ayant faits dépositaires du principe sacré du beau ; la voix d'Homère ne commande-telle pas à tous les artistes ? Aussi quand Phidias interrogea Homère, celui-ci lui répondit en artiste : « Oui, au sein de la poésie règne un foyer incandescent, et ce foyer, c'est l'âme des beaux-arts. »

Par la puissante réunion des sept arts, tous les exemples sensibles et intellectuels de la beauté se présentent à l'envi pour nous rappeler à la vertu et pour entretenir en nos cœurs le feu de l'amour de Dieu, et de là l'amour de l'humanité ou de la charité toujours collaboratrice des efforts et des progrès félicitaires de l'espèce.

La tradition a plus d'une fois rappelé le symbole de l'union des sept arts bellissimes ou arts de beauté ; et la Bible nous fait voir tout l'enseignement artistique voulu par le roi David et par Salomon ; ils donnèrent l'exemple de cette réunion artistique des œuvres de la peinture, de la sculpture, de l'architecture, de la poésie, de la musique, de la mimique et de la gymnastique.

Quant au chandelier à sept branches, quant aux sept merveilles du monde et à d'autres choses d'une haute importance auxquelles le nombre sept fut

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affecté, elles nous rappellent que ce nombre consacré aurait pu, dans la haute antiquité, être affecté également aux beaux- arts dans les initiations, nombre mystérieux qui ne pouvait être sans profanation révélé au public par des écrits.

Si la gravure pour estampes, gravure qui n'est qu'un résultat polygraphique de la peinture, l'institut en fait une section, comme si c'était un art de plus différant absolument et indépendant de ce dernier, cette distinction n'est pas sans inconvénient, puisqu'elle semble désigner comme principal un art qui dérive de la peinture.

Les sept arts particuliers composant l'ensemble artistique le constituent donc complet ; aucun autre art n'y saurait être ajouté, aucun n'en saurait être retranché. C'est de cet ensemble imposant qu'on a eu la pensée, d'instituer en France le Grand-Opéra, appelé aussi le théâtre des arts, parce qu'il les met tous sept et simultanément à contribution.

Les beaux-arts se donnent tous la main ; ils s'entr'aident, s'associent et réunissent comme sous un seul enchantement la puissance de leurs moyens en réunissant leurs utiles leçons du beau.

Pourquoi diront quelques critiques, ne voit-on pas figurer parmi les arts de beauté (ou les beauxarts) ceux qui s'adresseraient au toucher, au goût et à l'odorat? On peut d'abord répondre que la sculp-

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