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ÉCOLES SOUS-CENTRALES ET ÉCOLES DÉPARTEMENTALES DES BEAUX- ARTS

Un certain nombre d'écoles sous-centrales moins complètes que l'école centrale de Paris, mais plus complètes que les écoles départementales, est nécessaire; ces sept écoles sous centrales seront tenues dans les villes les plus équidistantes de la capitale.

Ecoles départementales des beaux-arts. — Chaque chef-lieu de département doit avoir une école des beaux-arts plus ou moins complète et ayant son jury. Son lieu d'étude serait ouvert tous les jours au public.

Un seul principe doit dominer et diriger toutes les

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écoles des beaux-arts. La diversité que l'histoire et la tradition font remarquer entre plusieurs écoles du même pays n'est point une preuve que la doctrine, en fait de beaux-arts, puisse sans son unité les faire prospérer. Si donc certaines universités de l'Allemagne, de l'Espagne, etc., diffèrent entre elles en quelques points , l'unité de l'enseignement, unité y admettant toujours la liberté, doit nécessairement dominer toutes les écoles, cette unité devant être l'excellence ou la perfection possible.

SECTION XLII

GRANDE EXHIBITION NATIONALE PÉRIODIQUE, D'OUVRAGES PRODUITS PAR LES ARTISTES VIVANTS.

Lorsqu'on veut disserter sur le caractère et le but des grandes exhibitions publiques et périodiques d'ouvrages produits par les vivants , plusieurs questions de principes doivent être posées. Ces questions de principes serviront à résoudre une question générale qui domine les autres, à savoir si toutes les œuvres

proposées doivent être admises à cette exhibition.

1 0 Est-ce pour favoriser la publicité et le débit de ces productions qu'on favorise ainsi, par des exhibitions périodiques, la publicité et le débit des œuvres produites par les industriels vivants ?

%° Ces exhibitions seraient-elles , au contraire, des concours de candidats élus, parmi lesquels le gouvernement choisirait pour récompenser les plus méritants ?

3° Ces expositions auraient-elles pour but de propager des améliorations artistiques qui , remarquées par les élèves, exciteraient leur émulation?

4° Une telle exhibition est-elle un déploiement fait en face de l'Europe des progrès artistiques de la nation, progrès démontrés par les ouvrages d'élites ?

5° Enfin, tout cet étalage ne serait-il point imaginé comme une de ces fortes distractions nécessaires, dit-on, dans les très-grandes villes, et aussi comme un appât offert à l'avidité d'un grand nombre de postulants, devenant ainsi dépendants des distributeurs de ces amorces jetées à la vanité , à la rivalité et à la prétention?

Avant de répondre à ces diverses questions , il convient de faire remarquer que la gloire artistique de l'Italie a éclaté sans ces expédients fastueux que nous regardons comme indispensables aujourd'hui,

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et l'Italie s'en est passée, parce que là, comme ailleurs, il y a toujours un public qui prononce, public restant libre et affranchi de toute violente fascination , de tout entraînement de parti ou de coterie; libre enfin, dans l'usage du sens commun si respecté dans cette péninsule. La même observation est applicable aux écoles de Flandre , de Hollande, etc., qui , sans exposition publique, ont jeté tant d'éclat.

S'agit-il de répondre, 1° à la question relative au choix des artistes les plus méritants? On peut dire qu'il est fâcheux que tout le monde ne comprenne pas l'impossibilité de la garantie des juges chargés de prononcer sur l'excellence des œuvres , vu l'incertitude des doctrines artistiques contradictoires et se substituant les unes autres à peu près tous les quinze ans, dans nos écoles incomplètes, sans fixité , et si souvent dépendantes de la tyrannie de la mode et des fantaisies faisant la loi. L'incertitude des juges au salon est donc évidente.

2° S'agit-il de répondre à la question de savoir si l'exhibition annuelle doit être ouverte à tous les artistes, ou bien s'il faut faire un triage de leurs productions? Il est fort naturel de répondre que si les arts industriels sont favorisés par la publicité dans un grand local ouvert à tous les regards , les beauxarts ne sauraient être exclus d'un tel avantage. Si ,

au contraire , l'exhibition nationale est un concours à des récompenses du gouvernement, l'admission de tous n'empêcherait point le choix équitable qu'il aurait à faire.

3° Si l'exhibition a pour but la publicité des progrès et améliorations artistiques, n'est-il pas évident que, dans ce cas, le public et les artistes confondus dans ce public sont les seuls vrais juges des progrès, et que cette publicité sans restriction empêcherait le triomphe des fantaisies systématiques. En sorte que l'admission de tous les ouvrages proposés à cette exhibition serait favorable à la propagation des pro grès.

4° Cette grande exhibition périodique devrait, au dire de quelques-uns, être un déploiement fait en face de l'Europe des progrès artistiques de la nation ; mais on doit répondre que celle-ci contracterait un engagement difficile, puisque plusieurs fois elle peut manifester aussi sa pauvreté, et, plus d'une fois aussi, se trouver désappointée par le non assentiment des nations voisines, qui, au reste, peuvent juger, sans ce solennel étalage , l'état des arts chez les étrangers. L'admission de tous les ouvrages proposés n'empêcherait donc point de reconnaître l'état de l'art au temps de ces expositions.

5° Enfin quant au grand appareil qu'on croit devoir donner de nos jours à ce qu'on appelle le salon

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de Paris , n'est-il pas évident que la surexcitation qui en résulte dans le cœur et dans l'esprit de tant de jeunes inexpérimentés est fâcheuse pour la société , puisqu'elle multiplie beaucoup trop les aspirants aventureux à une gloire et à une fortune qui ne leur échappent que trop souvent?

Au reste, chacun comprendra facilement que si l'admission au salon est un privilège, il n'y a pas un seul débutant qui n'y prétende , et que si , au contraire, chacun est libre d'exposer ses œuvres, un très-grand nombre de médiocrités s'abstiendront par crainte de paraître ridicules.

Les avantages d'une exposition privilégiée peuvent donc être contestés, puisqu'ils sont inséparables d'un grand préjudice, celui de priver de liberté les aspirants à ce privilège, qui d'ailleurs, on a pu le remarquer dans tous les temps , n'a jamais aidé à produire de chefs-d'œuvre.

On remarquera que toutes ces questions, souvent controversées , ne sont pas du ressort de la liste civile, mais bien du ministre de l'instruction publique , cette grande exhibition étant nécessairement un public enseignement.

Tout artiste aurait donc le droit de placer ses productions à cette exhibition, ayantlieu dans un local convenable, sans être assujetti à aucun contrôle que

celui qui s'exercerait au nom de la morale publique, et des convenances par le jury de l'école centrale complète des beaux -arts.

Aujourd'hui la majorité des opinions en France est pour un triage des œuvres admissibles à la grande exposition dont ces mêmes œuvres ne sauraient compromettre la dignité, mais cette susceptibilité nationale, bien louable sans doute, est-elle bien servie actuellement par l'état administratif des moyens, et est-il bien vrai que le quart, par exemple, des œuvres triées et admises aujourd'hui ne blesse point cette susceptibilité? Il importerait donc peu, si l'exposition était ce qu'elle devrait être, c'est-àdire un moyen accordé à tous d'exhiber au public leurs œuvres et non une solennité (celle-ci devrait se manifester à part et d'une manière toute spéciale) ; il importerait peu, disons-nous, que le nombre des exposants fût même double par l'effet de l'admission de tous. On ne doit pas plus redouter le discrédit en fait d'arts , lorsque toutes les médiocrités apparaissent avec les belles choses, que l'on ne doit redouter le discrédit national en fait de beauté physique, puisque la vue de tant d'individus privés de cette beauté n'empêchent point de porter un jugement certain sur l'état de l'espèce chez la nation.

Personne ne se refuserait à approuver l'exclusion des ouvrages pitoyables que leurs auteurs eux-mêmes

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ne manqueraient pas de retirer sur la seule invitation du jury.

La grande exhibition nationale devrait être annuelle, son local restant ouvert toute Tannée. Quatre mois sont accordés à l'exhibition artistique (mars, avril, mai et juin), les huit autres mois étant accordés à l'exhibition industrielle et scientifique.

L'admission des œuvres à l'exhibition nationale est gratuite.

Tous les quatre ans le jury de l'école centrale ayant fait un triage parmi les œuvres exposées aux exhibitions précédentes, il fait un choix de productions dignes d'être acquises par l'Etat et d'être placées aux grands musées des écoles ; il ne choisit rien si rien n'est digne de ce choix.

Parmi les peintures on choisirait, pour le grand musée de l'école de peinture et conformément à son organisation, les morceaux appartenant aux spécialités suivantes : premièrement, le meilleur ou les deux meilleurs tableaux d'enseignement moral, social et religieux; deuxièmement, le meilleur en composition ; troisièmement, le meilleur en dessin ; quatrièmement, le meilleur en clair-obscur; cinquièmement, le meilleur en coloris; sixièmement, le meilleur quant à la touche, et ce choix serait fait, quelle que soit l'espèce d'ouvrage, soit portrait, soit

paysage, soit animaux, soit marines, fleurs, fruits, imitations dites de nature morte, etc.

Le jury pourra choisir encore à l'exhibition quelques morceaux propres à être placés dans la galerie des modèles d'exercice à l'école de peinture ; le but de ces encouragements devra être les progrès et non l'ostentation. Tous ces ouvrages acquis par l'Etat seraient payés le double de leur valeur ; cette valeur serait fixée par le jury.

Lorsqu'une œuvre en un des sept arts aurait été trouvée supérieure et admirable par le public et par les principaux connaisseurs nationaux et étrangers, le ministre de l'instruction publique chargerait le jury à l'école centrale d'examiner si cet ouvrage est digne d'un prix d'honneur (ce prix n'est point périodique), si le jury et le ministre sont pour l'affirmative ; l'artiste recevrait ce prix en séance solennelle; il consisterait en une somme cinq fois plus grande que celle de la valeur de l'ouvrage. Si cet ouvrage couronné n'a point été vendu, il sera acquis par l'Etat, qui le paiera ensuite le prix de sa valeur.

Ce sera sur des partitions et des représentations que ce prix d'honneur sera accordé aux compositeurs, aux mimes et aux gymnastes.

i/artistaire. récapitulation.

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