‹ L'artistaireChapitre 56 sur 61 · RÉCAPITULATION · texte numérisé non relu

RÉCAPITULATION

\ re Section. — Les beaux-arts sont des lumières célestes descendues au milieu des sociétés ; ces lumières doivent réfléchir dans les cœurs la beauté de Dieu.

2e Section. — Les beaux-arts révèlent à toutes les intelligences le principe étemel d'où émane la loi du beau ou de la perfection ; ils entretiennent donc et excitent en nos cœurs l'amour de Dieu, qui est le centre de ce beau parfait.

3e Section. — L'enseignement apporté par les beaux-arts est nécessaire pour le complément de notre espèce, leur puissance démontrant d'ailleurs qu'il importe de les reconnaître et de les cultiver comme un précieux moyen social.

L'industrie est distincte des beaux-arts, quoique soumise à leur influence.

4e Section. — Les arts devant manifester constamment le beau, ils doivent, par leurs productions,

l'artistaire. récapitulation. 333 concourir à l'amélioration des mœurs; les mœurs doivent donc être soumises aux beaux-arts.

5e Section. — Honorable est la mission de l'artiste, puisqu'il conserve comme en un sanctuaire le feu sacré du beau, et puisque toutes ses productions, quelles qu'elles soient, sont des exemples sensibles et attrayants, ainsi que des démonstrations frappantes du principe de ce beau. Ces démonstrations rendent d'ailleurs comme visible à notre intelligence notre âme immortelle sympathisant pour ce beau. Le soidisant artiste qui emploierait l'attrait de ses fictions à enseigner le vice et à faire goûter la laideur, trahirait son art et la société; il insulterait à Dieu et ferait obstacle aux progrès de l'humanité.

C'est donc parce qu'ils ignorent et qu'on nous laisse ignorer à tous, dans notre éducation, l'importance sociale des beaux-arts, que tant d'élèves prétendent sans préparation morale à y exceller.

6e Section. — La plus grande difficulté pour les artistes, ce n'est pas d'étonner par de piquantes fictions, par des combinaisons saisissantes et par une hardie et savante exécution, c'est d'être toujours instructifs en ne produisant que des leçons du beau ; c'est de plaire, de charmer en perfectionnant notre esprit et nos sens ; c'est enfin de rester constamment artistes. De quoi peut donc se glorifier un poète,

334 l'artistaire. récapitulation.

un peintre, etc., de talent, si, de son œuvre et de sa belle exécution, il ne résulte aucune morale, aucune sociale utilité ?

7e Section. — Quant à l'art, il est incorruptible î ce sont les artistes et leurs productions, ce n'est jamais Fart qui apporte la corruption, qui amène la décadence; enfin ce sont les artistes qui progressent ou qui rétrogradent. L'art étant un comme la vertu, il n'est pas plus corruptible que la vertu.

8e Section. — Point d'initiation aux beaux-arts sans l'initiation au principe éternel et générateur du beau. Le beau archétype résidant en Dieu, ce n'est qu'un reflet de ce beau que les arts peuvent exposer comme un enseignement; et cet enseignement est toujours bien compris , parce que l'idée et le sentiment de la beauté et de la laideur, comme l'idée et le sentiment du bien et du mal, sont les mêmes sur toute la terre.

Le principe d'où émane la loi du beau, c'est l'unité : les philosophes de l'antiquité avaient reconnu et consacré cette vérité. Qui dit un, dit complet et non double.

L'homme perçoit par ses sens et par son intelligence; or si cette perception est rendue difficile par la duplicité dans les choses qui sont à apercevoir, il ne peut en résulter le plaisir de la beauté. Le tout n'est donc point l'unité.

i/artistaiiie. récapitulation. 335 9° Section. — Les sens reconnaissent et éprouvent, par l'effet de l'unité, le beau sensible ; ce beau sensible est ou optique, ou acoustique, etc.

1 0e Section. — L'intelligence reconnaît et éprouve, par l'effet de l'unité, le beau intellectuel, qui est le bon, le convenable, etc.

Souvent, lorsqu'il y a absence ou presque absence de beau sensible , la présence du beau intellectuel vient faire compensation.

Le propre des beaux-arts , c'est de rendre trèsévident et très-attrayant le principe divin de l'unité. Ce principe ne saurait être favorable au complément d'une mauvaise action, puisque l'unité de celle-ci est une monstrueuse corruption de l'unité constituant le caractère ou l'excellence de l'état social de l'humanité.

L'harmonie et l'amour fraternel prêchés, au milieu des hommes, par le Christ, sont l'œuvre du principe tout divin de l'unité, ou l'œuvre de l'Esprit-Saint; l'unité antagoniste de la duplicité est l'œuvre de l'esprit du mal.

Etudier le beau dans les œuvres de Dieu et en enseigner le secret, c'est étudier et enseigner la vertu.

1 1 c Section. — La variété ne saurait être le principe constitutif du beau général dans un tout, puis-

336 l'artistaire. récapitulation.

que c'est toujours la convenance ou la beauté intellectuelle (ou pour l'esprit) qui prescrit la quantité de variétés nécessaires au caractère, au mode, ou à l'unité de ce tout.

12e Section. — Les oppositions ou contrastes, imaginés pour faire ressortir le caractère des choses, en détruisent souvent l'unité, étant elles-mêmes des unités disputant avec la dominante.

\ 3e Section. — Puisque le beau comprend la convenance et par conséquent le bon, il comprend nécessairement le vrai; ainsi il ne saurait y avoir de beauté dans une production sans la vérité.

Il y a deux espèces de vérités dans l'art : 1° la vérité dans la composition et la construction du sujet, ou des objets; %° la vérité, la justesse de représentation ou fiction de ce sujet, ou des objets.

Un portrait excellent est l'œuvre d'un peintre excellent.

1 4e Section. — Les beaux-arts sont au nombre de sept : la Peinture, la Sculpture, l'Architecture, la Poésie, la Musique, la Mimique et la Gymnastique.

Les rapports qui existent entre les beaux-arts en font un tout dont l'unité est inconstestable.

L'expression beaux-arts (on les appelle aussi arts bellissimes) est convenable, puisqu'elle implique l'idée du beau, qui est le but de ces mêmes arts ;

i/artistaïrf, récapitulation. 337 de là encore le mot artistique, différant du mot artiel, lequel ne s'applique qu'aux arts industriels.

1 5e Section. — Les beaux-arts sont nés du besoin de rendre vénérables, par l'effet d'une belle conformation, les signes nécessaires à l'enseignement des principes sociaux et religieux, principes et signes intelligibles aux initiés, et imposant aux profanes.

16e Section. — La peinture, par les fictions de ses couleurs apposées sur une superficie plate, offre des tableaux du beau ; ses couleurs sont sans relief; mais elles simulent le relief des corps et aussi leurs distances. L'imitation n'est que le moyen de la peinture ; son but, c'est la beauté.

La peinture, plus que les autres arts, fournit des exemples persuasifs du divin principe de l'unité.

La peinture est constituée de cinq grandes conditions, la composition, le dessin, le clair-obscur, le coloris et la touche. Ces cinq grandes conditions doivent offrir la vérité et la beauté : la vérité de représentation s'obtient à l'aide du contrôle positif de la géométrie ; et la beauté s'obtient à l'aide du principe de l'unité. (Les moyens pratiques du contrôle positif de la géométrie, moyens connus dans l'an tiquité, puis délaissés depuis trois siècles, sont retrouvés.)

17e Section. — La sculpture manifeste aussi le

338 i/artistaire, récapitulation.

beau, non comme la peinture, par l'apparence des formes des objets, mais par la reproduction positive et palpable de ces mêmes formes.

Dans l'art de la sculpture, la statuaire doit manifester le beau sous tous les aspects de la figure ; et comme le positif évident de l'image a une grande puissance, il faut que cette image si durable, par le marbre et l'airain, montre à tous les yeux, non les pauvretés et les misères du corps de l'homme, mais bien sa dignité, et de là, le beau moral qui est la fin de l'art.

18e Section. — Les moindre créations de l'architecture ont une signification : elles offrent non seulement la beauté optique, mais elles sont des exemples permanents de la convenance ou du bon, de l'ordre, de la grandeur et de tout ce qui constitue le beau intellectuel ou pour l'esprit, enfin les belles proportions exposées constamment aux yeux des peuples par l'architecture sont des leçons éloquentestrès-pro près à améliorer la condition sociale de l'humanité.

\ 9e Section. — La poésie embrasse dans son éloquence versifiée tout l'univers : placée au centre des autres arts , elle semble leur rappeler les leçons divines et sociales qu'ils ont mission d'enseigner. Ainsi, non seulement la poésie est nécessairement un des beaux-arts , mais elle semble devoir leur donner le ton. C'est la poésie qui substante la mimique;

l'artistaire, récapitulation. 339 elle alimente la musique et dirige la gymnastique.

20e Section. — Par la musique , nous excitons notre sympathie ; par l'expression de la voix humaine, nous dirigeons cette sympathie , soit que la voix se fasse entendre seule, soit qu'elle nous parvienne dans des concerts images de la grande coopération et de Pharmonie sociale.

La musique est le guide de la mimique et de la poésie dans les artifices de la déclamation.

La musique est aussi l'auxiliaire de la gymnastique; enfin, sa mesure, ses accords et ses modes servent de loi et d'exemples à tous les autres arts.

La musique trouve un aide dans les instruments plus au moins imitateurs de la voix humaine et de ses divers caractères.

21e Section. — Ce que peint la poésie par la beauté de ses paroles, la mimique le met en action réelle et positive ; le mime est sur la scène t'homme lui-même en passion et agissant comme l'a décrit le poète ; mais les leçons scéniques de morale, l'acteur les donne avec des gestes et un accent de vérité qui, lui étant propre , les font pénétrer, par cet accent naturel, jusqu'au fond des cœurs.

La mimique , qui peut emprunter des leçons à la gymnastique, lui en offre elle-même de très-utiles, que celle-ci sait mettre à contribution.

340 i/artistairf, récapitulation.

22e Section. — La gymnastique, art conservateur de l'excellence et de la dignité corporelle de l'homme, sait aussi, en enseignant le beau par les danses, les marches et les exercices se rapportant aux plus grands comme aux plus subtiles actes corporels, rappeler à l'espèce humaine sa divine origine. Ce bel art initie aussi aux leçons philosophiques du beau. C'était dans leurs gymases que les Grecs enseignaient la grande question du beau et toutes les leçons fondamentales de l'art. Ces leçons de l'artiste gymnaste favorisent donc, dans tous les temps, l'aptitude des cœurs aux grands dévouements que peuvent réaliser les facultés du corps perfectionné par l'art si puissant de la gymnastique. Plusieurs autres arts interrogent la gymnastique , et ses leçons leur apportent toujours un grand profit.

23e Section. — Chaque production artistique doit avoir son mode déterminé. Il y a cinq modes principaux : le phrygien, le dorien, le lydien, l'ionien et le lesbien. L'association d'un mode quelconque au mode adopté, produit un mode mixte ou composé, et ces modes composés avaient , chez les anciens , leur dénomination distincte.

24e Section. — L'invention, la disposition, l'originalité, la clarté, etc., sont les moyens constitutifs d'une composition.

l'artistaire, récapitulation. 341 La composition est Fart de constituer un sujet artistique, soit en se servant d'une idée générale que Ton détermine à Paide d'individualités ou d'individus propres à cette fin ou à ce sujet, et qu'on a su se procurer tels, soit en découvrant une individualité ou un individu qui serait le principe d'un sujet heureux qu'il ne s'agirait plus que de féconder ou de compléter. On réussit plus efficacement en saisissant, à la vue d'un individu très -significatif, l'occasion d'un sujet de tableau , de statue , de poëme, etc. , individu rentrant de plus dans un mode déterminé , qu'en cherchant des modèles pour un sujet qui, quoique beau dans la pensée de l'artiste, n'y existe pas moins vague et plus ou moins incertain ; l'un se présente positif et nous saisit par ses seules indications, lesquelles peuvent être nombreuses; l'autre laisse trop le positif à réaliser.

L'artiste doit toujours être soi , en se conformant aux règles du beau qu'il lui faut respecter dans la disposition, laquelle doit offrir, par son unité, la convenance, la clarté, et doit , par conséquent, être débarrassée de toute équivoque qui serait une laideur.

25e Section, — L'imagination, l'inspiration, ainsi que le spiritualisme et le grandiose prescrits par l'esthétique, et, de plus, le sentiment, peuvent égarer l'artiste privé du contrôle de la science. Ces con-

342 l'artistaire, récapitulation.

ditions de Part sont loin de suffire pour former de grands artistes; aussi est-ce pour cela qu'ils sont peu nombreux. Quant à la science, c'est elle qui alimente, qui soutient et dirige le génie.

266 Section. — Il n'y a de vrai dans l'art que ce qui y est vraisemblable.

27e Section. — Le nu artistique est une chose fort différente des nudités : avec les nudités il est possible de produire l'indécence et même des obscénités ; mais le nu artistique ne produira jamais ces choses. Ce n'est pas , comme certains artistes veulent le faire entendre, parce que le nu est hors de nos mœurs qu'on le délaisse dans les arts : si on le délaisse, c'est parce qu'il est trop difficile.

28° Section. — Un individu modèle n'est pas la nature , et l'artiste qui a recours à cet individu doit le soumettre à l'art ; il doit en perfectionner les proportions sans sortir, pour arriver au sujet qu'il se propose , du canon généralitaire , où sont tracées et cotées les proportions constituant le possible dans l'espèce, et c'est l'espèce humaine en général, et non une espèce particulière quelconque que ce canon régulateur rappelle aux yeux et à l'esprit de l'artiste. C'est la géométrie, ce n'est pas la fantaisie, qui doit opérer proportionnellement les changements améliorateurs reconnus nécessaires par la sagacité

i/artistairf? récapitulation. 343 savante de l'artiste, celui-ci ayant de plus à sa disposition le canon de caractère, canon sur lequel le possible ou le positif de caractère est déterminé , et que ne doivent pas trop dépasser les élans de l'imagination.

La carnation individuelle est soumise à des procédés analogues d'embellissements.

C'est l'heureux mouvement ou la belle et convenable disposition des parties, les proportions ayant été améliorées , qui constitue la grâce , nom que l'on donne à tant de choses, mais qui est emprunté à la figure humaine, et qui, sur celle-ci , s'explique par les mots : mouvements de la beauté,

29e Section. — L'exécution dans toute œuvre d'art doit être belle , mais la beauté de l'exécution n'étant qu'une unité secondaire dans l'unité principale de tout l'ouvrage, l'artiste possédant heureusement cette condition de belle exécution , ne doit point en faire parade et la laisser trop dominer ; ce serait corrompre le caractère de l'art, l'accessoire ne devant jamais, par sa duplicité, altérer l'unité de l'ensemble artistique. (La question du fini est rarement bien comprise. Voir la section 29.) Un artiste visant trop au métier, et y étalant même de la bizarrerie , se met au-dessous de l'artisan.

30e Section. — L'éducation des modernes laisse en évidence une grande lacune, c'est le manque

344 l'artistaire, récapitulation.

de Pécole sociale des beaux-arts, et conséquemment de ce qu'on doit exiger de toute œuvre d'artiste. Un ministre , même étranger à cette instruction, se trouve -t- il en présence d'une question administrative d'art , il lui faut interroger les artistes ; ceux-ci ne lui répondent que trop souvent avec désir de servir leurs intérêts. Veut-il s'éclairer en ^'adressant aux institutions artistiques, il n'y trouve encore que des artistes et aucun code artistique. D'où viennent donc ces lacunes ? De ce que dans nos collèges on reste silencieux sur ces mêmes questions, qui ne comprendraient cependant que la théorie et la philosophie artistique , et que la place est libre aux bavardages prétentieux et dénués de sincérité.

31e Section. — Une réponse intéressée a été faite par les professeurs , presque tous offrant leurs écoles ou ateliers à des élèves , lorsque , consultés par le gouvernement, ils ont dit: Puisqu'il est important de conserver les saines doctrines artistiques, nous proposons l'institution d'une académie conservatrice. Plus tard, ces académiciens ont dit: Puisque, dans l'enseignement des beaux-arts, la partie pratique, qui est fort importante, exige de longs détails de professorat, c'est moins dans l'académie que dans nos écoles particulières qu'une telle pratique doit être enseignée , l'examen des hautes questions des arts devant être réservé à l'Académie.

l'artistaire, récapitulation, 315

L'Université reste donc aujourd'hui incomplète ou incompétente sur ce point , et semble , par ce fait , se reconnaître incapable. Étrange abnégation! Elle n'aurait cependant qu'à appeler dans son sein des capacités artistes ou non artistes, et l'unité de l'instruction publique serait rétablie. C'est ainsi que, dans l'antiquité , les philosophes , les savants et les professeurs artistes enseignaient l'art tout entier dans les gymnases.

L'institution française artistique à Rome exige de grandes réformes : elle ne devrait être qu'un riche musée artistique de la nation Française.

32e, 33e, 34e, 35e, 36e, 37e, 38°, 39e, 40e Section. — La véritable cause du pauvre état des beaux-arts en Europe, provenant du vice et de la pauvreté de nos institutions artistiques, une école complète à Paris, ville centrale, est nécessaire, et il ne s'agit pas ici d'une amélioration ordinaire ; il s'agit de fonder un des plus grands établissements sociaux , il s'agit d'un foyer éclatant ou d'un phare dont la lumière rayonne sur la civilisation du monde; l'ensemble des palais du Louvre et des Tuileries peut donner une idée de la réunion qu'on ferait en un seul local des sept écoles artistiques réunies.

L'étendue de ces bâtiments n'est pas trop vaste pour l'immense et glorieux objet qu'on se propose ; c'est donc ainsi que se trouveraient réunies ces éco-

346 i/artistaîre , lécapitulation.

les, qui toutes ont besoin l'une de l'autre. Le musée de l'école de peinture , lequel doit être en même temps un musée national , utile au public, le musée de l'école de sculpture, déjà si riche en antique et le musée si important des costumes , musée n'existant nulle part en Europe, doivent être complétés, à l'avenir, et ont besoin d'un local proportionné à leur destination.

Au milieu du grand espace qu'entourent ces édifices, s'élèverait et dominerait magnifiquement le grand théâtre des arts : on l'appelle aujourd'hui l'Opéra. Un ensemble aussi imposant attirerait dans la capitale de la France, un nombre considérable d'étrangers , s'empressant d'y venir puiser la véritable et complète instruction artistique.

41e Section. — Des écoles sous-centrales secondaires , au nombre de sept, seraient instituées dans certaines villes; d'autres écoles artistiques moins complètes, au chef-lieu de chaque département, seraient, ainsi que les sous-centrales, organisées d'après l'école centrale modèle.

42|e Section. — Enfin la grande exhibition nationale des ouvrages produits par les artistes vivants , aurait lieu dans le vaste et beau local , depuis si longtemps attendu et destiné à l'exposition générale des produits industriels et des produits artistiques.

l'artistaire, récapitulation. 347 Quatre mois seraient affectés à l'exposition des œuvres artistiques.

Cette exhibition nationale devrait être ouverte à tous les artistes , soumis seulement aux décisions d'un jury offrant de vraies garanties, et n'excluant que les productions ou contraires aux mœurs ou véritablement indignes d'être exposées au public.

Sans un jury donnant de vraies garanties , un concours est une inutilité , si non un danger.

Un prix d'honneur (il n'est point périodique) sera donné à l'auteur dé tout ouvrage artistique reconnu excellent.

La grande exhibition étant un enseignement, elle ne relève que de l'instruction publique.

Artistes ! que chacune de vos productions soient un moral enseignement apporté à l'humanité et un religieux hommage rendu à l'excellence de Dieu !

Noble France! ô ma patrie, puisses-tu devenir le centre rayonnant des beaux-arts, ces lumières nécessaires des belles mœurs et de la civilisation !

Page 1