SCÈNE
Les Précédens , BEMOLINI , VERBOIS , et huit ou dix
créanciers.
Eh Lien , de quoi donc vous plaignez- vous ? en voila des Romains. (Les regardant.) Non, ce sont des Juifs.
BEMOLINI.
Depoui oune heure , nous attendons chez M. Edouard, qui ne vient pas.
VERBOIS
Et cependant son portier dit qu'il n'est pas sorti
RAYMOND
Eh Lien , est-ce que vous voulez encore le saisir.
BEMOLINI.
Non pas , ma nous sommes honnêtes , et comme il a acquitté toutes nos créances , il fout Lien que quelqu'un ait nos reçus. ( // donne Its reçus à Raymond.)
Edouard , faisant des signes pour l'empêcher. Ah ! 1 imLécille.
raymond , parcourant les papiers.
Qu'est-ce que cela signifie., comment, M. Edouard aurait payé toutes mes dettes? M. Edouard se serait permis de payer mes dettes ?..
Edouard , ôtant sa panique.
Pourquoi pas? vous avez bien voulu payer les siennes.
RAYMOND
Que vois- je?
Edouard , prenant la çoi.v de Verbois.
Un homme qui est de'solé d'avoir perdu sa femme.. {Prenant l'accent de Bemolini.) Ma , un artiste cnzanle' d'avoir fait votre connaissance. ( Prenant le ton de Roussel.) Et un professeur , qui vous demande pardon (A Roussel.) d'avoir ose entrer en concurrence avec nous.
RAYMOND
Comment ! il serait possible !.. ces trois rôles !.. ah ! mon ami , faites-vous comédien, et ma fille est a vous.
EDOUARD
Comédien !.. eh mais , je ne demande pas mieux.. Jusqu'à un certain point !.. vous savez que j'ai cinquante mille livres de rente et une maison de campagne charmante. Nous y établirons un théâtre d amateurs, qui fera pâlir l'astre de la rue Chanlcrcine.. (Montrant Emilie.) Mademoiselle nous aidera de ses talens. (Montrant Roussel.) Monsieur, de ses conseils, et vous jouerez tous les rôles d'artiste.. Le Fougère de l'intrigue épislolaire.
RAYMOND
Comment, vous croyez que je pourrais... mais , ma fille , un talent comme celui-là.. (A Emilie.) Tu me reprocheras un jour de t'avoir sacrifiée.
EMILIE
Non , mon père , je ne vous reprocherai rien.
EDOUARD
Bien plus , vous conduirez l'orchestre , et ce sera vous qui peindrez toutes nos de'corations.
RAYMOND
Vrai!
EDOUARD
Je vous en donne ma parole d'honneur.
Allons donc , puisqu'il le faut; mais qui m'aurait jamais dit que ma fille , qui donnait de si belles espérances , finirait par épouser cinquante mille livres de rente., ce que c'est que de nous ! !
Air : Vaudeville de la Petite Sœur.
ROUSSEL
Braver la fortune et ses coups , Aux froids calculs fermer sou âme ,
VILLE DE BRUXELLES - STAP BRU5S3 Archives - Archiet
Ne se montrer jamais jaloux De ses rivaux , ni de sa femme :
D'un front tranquille et paternel , Des bons maris grossir la liste; Et rendre toujours grâce au ciel , Voila le véritable artiste.
RAYMOND
De nos grands hommes en tous lieux Produire l'image chérie ', Retracer les faits glorieux Dont s'honore notre patrie :
Réparant les torts du destin , A celui qu'un revers attriste , Tendre une secuurable main ; Voilà le véritable artiste.
EDOUARD
0 î Tous, qui du théâtre épris, Vous consacrez à Melpomène :
Ne pensez pas , qu'avec des cris , L'on captive ou bien l'on entraine ; Soyez , autant qu'il se pourra , De la nature heureux copiste :
Pour modèle prenez Talma , Voilà le véritable artiste.
Emilie, au Public.
Dans son travail, dans ses talens f Chercher toujours son seul refuge ; Se rappeler en tous les temps Que le public est son juge ; Et lorsqu'un désastre nouveau Vient l'accabler à l'improviste , Se consoler par un bravo , Voilà le véritable artiste ,