‹ L'ártiste et le philosopheChapitre 38 sur 43 · SCULPTURE · texte numérisé non relu

SCULPTURE

iS^ous avons examiné <Jéjà le Henri IV ert" bos» (Franc). font y de M. Bozio (i); nourf avons reconnu, dans cet admirable petit ouvrage, un maître plein de talent et d'esprit; voilà une étude qui vient témoigner encore à nos yeux de la supériorité de M. Bosio ; c'est la tête de la nymphe Salmacis. Ce morceau est charmant; Salmacis mads. est plus jolie que belle ; mais elle a cette grâce " *^^ ' indéfinissable que les anciens appelaient suave et que les romantiques désigneraient par l'expression pénétrante y qui équivaut au pour le cœur des Italiens. Quelques personnes ont trouvé un peu mou le travail de ce marbre ; je prends la liberté de les démentir; ici, le ciseau du sculpteur n'est pas mou , il est flou. On dirait que cette tête a été exécutée par Prud'hon ; il est permis cependant de repro-

(i) Voir page 22,

cher à M. Bosio la sécheresse des épaisseurs de se» paupières supérieures ; je pense qu'un petit coup de rappe produirait un bon effet. Bosiedes.M. Lc bustc chi Roi , que voici, est beau. La ressemblance en est parfaite , et n'a point nui au style. L'expression du monarque qui, en si peu dé jours, a conquis, par tant de loyauté, de politesse , de popularité ^ des coeurs que le ministère repoussait du trône, a élé fort bien, saisie par le statuaire ; je lis sur les lèyres du souverain ^ ce mot si français : Point de kal-' lebardes! Non, Sire, point de hallebardes! X'afiection d'un grand peuple vaut mieux que les longues piques des Suisses ou des lanciers. « Laissez-les venir , disait Henri IV, peut-être parmi eux en est-il qui ont de bons avis à me donner, ou bonne justice à réclamer.» Vous imitez votre aïeul, eii laissant approcher de votre personne,, et vos sujets et l'expression naïve de leurs pensées. Vou§ avez compris qu'un prince qui vaut être équitable pour tous, pouvait entendre toute la vérité , et devait Taccueillir, fût- elle même un peu sauvage. Vou$ avez délié nos langues, que no» voix vous bénissent ! Que votre règne d'un mois soit le modèle des règnes à venir ! Que

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les espérances dont vous avez flatte nos cœurs constitutionnels , ne soient pas trompées par les combinaisons de ces courtisans qui savent toujours se placer entre les nations et les trônes ! Vous avez dit avec l'accent de la franchise , que vous aviez confiance aux Français ; par là vous avez commandé leur affection; elle ne vous manquera pas , Sire , nous aimons tant qu'on nous aime !

J'ai vu, en i8i4«» le modèle de ce ffroupe Hwcaie combat-

; , • T i, . tant Acheloùs.

exécuté aujourd'hui en bronze ; c était un moi> n* 1769. ceau remarquable. Je ne crois pas que M. Bosio y ait fait de changemens. Toutes les parties en sont bien étudiées et largement indiquées. Je ne sais si<, dans l'intérêt du mouvement de cette figure , dont la pantomime est très-énergique ^ l'auteur n'aurait pas bien fait de plier le genou drcdt. Telle qu'elle est , la jambe me paraît avoir un peu de cette roideur qui n'ajoute rien à la force. C'est un doute que je soumets à M. Bosio.

Voilà une bien jolie figure : Eurydice mou-' i^antiuh.

-. ,, , ,, Earydice mou-!

ranJbe. La pose en est élégante et naturelle. rame. Le serpent qui a blessé l'amante d'Orphée entoure «ncore sa jambe. La nymphe, en qui est profond le sentiment de la douleur , et qui

se sent défaillir , cherche en vain à se débar^ rasser de son ennemi ; ses forces l'abandonnent, ses genoux fléchissans ne peuvait plus lai supporter , elle tombe. Le mouvement de cette statue est plein d'une grâce véritable ; les lignes en sont élégantes et correctes ; la tête , où se peint la souffrance , sans altérer la beauté des traits, est d'une très4>onne exprès^ sion. Le travail du marbre est précieux et large à la fois ; la face , la poitrine , le dos , les pieds et les mains , sont d'un fini et d^une touche délicieux :. M. Nanteuil mérite tous nos éloges ; sa statue annonce un talen^t exempt de manière et de charge. Il est présumable que le gouvernement fera l'acquisition de son Eurydice y pour en enrichir le musée duLuxem^ bourg. M, Nanteuil est un des élèves de l'école française les plus distingués ; il a pris son rang avec MM. Cortot, Pradier , Allier, Ramey fils et Roman.

datid. m. David était chargé d'exécuter la statue

Bonchamps. qui doit surmontcr le tombeau du célèbre (Destine à i'or- Vendéen Bonchamp. Il a rempli avec talent beau de Bon- la tâchc oui lui était confiée. La statue du

champs , dan» * /ta

ivgiiae de sami- général mourant, est bien composée. La tête, qui pourrait être coiffée, non pas avec plus

de coquetterie , mais avec plus d^élëgance et plus de sévérité de style , est d'une excellente ' expression. Le mouvement rappelle celui d'une figure antique ; c'est le gladiateur mou-« rànt, sur le champ de bataille, de Cholet; Quand cette statue sera placée dans l'église de Saint-Florent^ au point de vue pour lequel elle a été calculée , elle produira , sans doute <, un très-bon effet. Le marbre en est largement travaillé ; les ajustemens y sont bien ordonnés. C'est, en un mot, un morceaii qui fait honneur à son auteur. Plusieurs portraits, parmi lesquels je remarque ceux de madame Lescot- Haudebourt, de M. Desgenettes, et du célèbre auteur des Ruines ^ sont dignes de nos éloges. Je trouve aussi fort bien le buste â^Ambroise Ambroise Parë, Paré, ce docteur de bonne foi , qui disait à c^riw°ix! son client : Je te panscuiy et Dieu te guarit. "** '^'*^' Paré fut médecin du roi Charles IX; que ne saigna-t-il ce prince la veille de la Saint- Barthélémy 7 peut - être il eût éteint en lui cette cruelle soif du sang de ses sujets dont il était dévoré !

Cet Argus me parait un peu petit de pro- BAv(de)iepère. portions. Le' mouvement en est bien senti; Argu. endormi. mais le bra^ gauche , qui tombe perpendicu- " *' ^

iairement à la cuisse ^ ne me parait pas bien endormi ; U manque , je crois, de souplesse. Je préfère beaucoup à cette figure , celle iqui complète la scène dont Argus est un des ac^ Mercure «V teuTs. C'cst Mercurc saisissant son ëpée pour S^. "^' trancher la tête au gardien d'Io. L'expression

(M d^R.) ^^ ^^ ^^^ ^^ jeune dieu est charmante. L^al^ tention ^ la joie mêlée de surprise , y sont bien rendues. Cet ouvrage est, dVUeuni^i) d'un style et d'un travail agréables. Le marbf e en est bien étudié, les détails en sont très-agréables. C'est aussi une jolie figure que celle de cet

Jeune athlète, athlètc qiii sc prépare à lancer le disque. La pose en est bonne, le geste gracieux et éner- ^que. Cette statue mérite , je croit, 1^ honneurs du marlnre. Je pense que si M. Debay «tait prié de tradunre en pierre monumentale Saint Jean-Bap- Sd statuc de Sùint Jean^Boptiste y en consiiFn*" 1765. vant la tête , qui est assez belle^ et le bras ^ ^^ ^oit , qui est dans de bonnes lignes , il fenàt ineii de changer le mouvement générai de sa figmre. Saint Jean n'a pas toute lài simpiidte d'un orateur du désert , mais la pose étudiée d'un comédien ou d'un discoureur de tribune.

Buste de M. M.. Dcbay a exécuté un buste de M. Gros,

Gros.

1767. notre céld»re peintre ; c'est ufï morceau très-

estimable. Il est d'un beau goût de fdrmes et d'arrangement.

Othrjadas mourant consacre de son sang bouoron. le souvenir du triomphe des Lacédémoniens ^?^^'" surv les Ârgieiis ; tel est le sujet qu^a traité M. Bougron. S^ statue est, je pense, trop académique ; c'est pi^esque un Âjax. Je ne vois pas le guerrier qui J ramassant le reste de ses forces, se soulève avec peine, et, après avoir dresse' devant lui un trophée , trace , d'un doigt ensanglanté , le bulletin de la victoire qui coûta à Ârgos et à Sparte six cents généreux combattans. Je vois plutôt un modèle d'atelier, étalant le jeu de ses muscles, et luttant contre l'intention de l'artiste, de tout le pouvoir de sa non-intelligence. Il ne faut considérer cette statue que comme une étude et reconnaître alors que la tête est assez belle , et que si le torse est un peu grêle , les jambes et les bras sont de bonnes propor* tions. Cette figure de M. Bougron me parait supérieure à celle de M. Legendre-Héral. La

Legsm>ri-

musculature en est outrée; le choix d'une "*"^^-

Oihryadâ^.

nature commune a entraîné l'artiste dans ime

étude grossière. Ce n'est pas là le beau que demande la sculpture, surtout dans le sujet

Sylèoe ivre.

Bkvh.

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