CAmoëiis
réminiscence d'Horace Vernet, et le jury ne ,o .ses, l'a pas repoussée. Le jury a bien fait, mais M. Serrur?
Admettez que le tableau de M. le premier ssquuba (Ue). peintre du roi de Portugal (car M. le chevalier ^«^^"°*"•■ de Sequeira a ce titre) , admettez , dis-je , que ce tableau soit un peu moins noir, et ditesmoi s'il ne vous plaira pas beaucoup. La douleur du Camoé'ns , apprenant , sur son lit de mort , la perte de la bataille d'Âlcacer et la ruine de sa patrie, est très-bien exprimée. L'aspect de ce citoyen malheureux, de ce grand poète, trahi par la fortune et abandonné par le souverain/, dispensateur des grâces et rémunérateur du talent , afflige l'ame et navre le cœur; mais ce qui rend sa situation plus intéressante encore , c'est le regret que nous lui voyons donner au trépas de ce roi Dom
Sebastien ^ qui s'hélait montre' si peu sensible à ses infortunes ) et qui, pour le payer de Féclat qu'il faisait rejaillir sur le Portugal, le laissa mourir à l'hôpital. 11 serait difficile de ja§er de toute l'étendue du talent de M. Sequeira, par la seule inspection de ce tableau ; on doit y reconnaître de belles parties qui en donnent une très-favorable idée. Ce morceau n'a pas dû plaire aux dames ; mais ce n'est pas aux dames que l'artrste l'a adressé.
i^dtmo^t) ^^^ ouvrages de mademoiselle Gérard seront mieux compris de nos petites-maîtresses, qui n'entendent pas l'auteur portugais. Dans les compositions de cette demoiselle , il y a toujours de petits chiens , de petits enfans , du satin bien imité , des panaches bien longs , de beaux falbalas, etc. Voilà ce qu'il faut aux femmes qui aiment beaucoup, par-dessus le marché , un coloris bien tendre, comme elles disent , et des grâces. Mademoiselle Gérard a du talent, mais un système vicieux et mesquin. Je lui demande bien pardon , mais elle retarde : nous sommes «n 1 824, et elle est encore en 98 ; elle s'est laissé gagner par le temps , je crains bien qu'elle ne puisse plus nous rattraper. Xe gebr^ de mademoiselle Gérard me rappelle
DtS\ i3.
le mot singulier de ce brave homme ^ qui, ayant vécu dans une retraite profonde pendant (juarànte ans , et entendant parler , pour la première fois, de Bonaparte , premier consul , s'écria : Bonaparte ! . . . un consul ! bon dieu ! et qu'ont-ils fait de Louis XV ! . . . »
M. Adam réalise les espérances que ses Adam. débuts avaient fait concevoir ; il compose avec esprit , abonde en détails agréables , et se fait remarquer par une exécution facile ; peut-être devrait-il donner un peu plus de soin au des-? sin. Ses tableaux sont recherchés, raison de plus pour les travailler davantage. Il faut donner aussi ce conseil à M. Bellangé, dont nous voyons ici un grand ouvrage, la Reddi^ tion du fort dtAhoukir, où il y a de bonnes parties , mais qui manque, je crois, de vigueur d'effet. Le ton en est un peu gris généralement ; c'est d'ailleurs le défaut de la couleur de cet artiste estimable. M. Bellangé fait des progrès, et doit en faire encore. Il s'occupe, on le voit, de son art avec amour. Il imite en cela, et peut-être aussi un peu dans les procédés de la peinture, M. Grenier, dont les GRéwiER. amateurs estiment le talent , et dont les productions trouvent place dans les meilleures
BULANCi.
De 84 à 90.
DeHoSàSig.
galeries. Peut-être pourrait-on désirer dans la palette de ce peintre, d'ailleurs si vrai, si naïf, si spirituel, quelques-*uns de ces tons vigoureux dont abusent les peintres anglais et leurs imitateurs. Il est difficile de trouver un plus joli tableau que celui où nous voyons un hussard lutinant une jeune fille normande, tandis cpie Famoureux de la donzelle observe de loin cette scène à laquelle , prudemment , il se garde bien de prendre part. L'idée en est piquante , et l'expression peinte très -heureuse.
comiMtaeCam- Lcs succès dc uos soldats en Espagne ont n*» 808 généralement mal inspiré nos peintres. Il n'y <P.) a guère ici que quatre des tableaux commandés pour célébrer les faits d'armes de nos braves , qu'il soit possible de citer avec éloge. De ce nombre , se trouve le combat de' Campillo de Arenas, par M. Grenier. Il y a du mouvement , de l'observation , de la fermeté et de la couleur ; c'est un morceau très-digne d'être estimé.
o »K . C'est encore un fort bon ouvraee aue cette
.Attaque cl prise o ^
deiogrono. attaquc de Logrono , par M- Cogniet. Les
"(P.) ' sapeurs y sont étonnans de, pose et d'action.
Le ton de ce tableau est énergique et puis-
(4o7) sant. On sent, en examinant cette prodûc^ tion , qu'elle est d'une main habile ; il y a là -* dedans du peintre "" d'histoire. Je ne sais si je me fais bien comprendre.
Après M. Cognict, il faut citer M. Eu- i-^-^ <E«6*no.
\ T •Il / • 1 . CamUl du
gène Lamy , qm , dans la représentation du* Puerto de micombat du Puerto de Mîravete , en Estrama- ^o ^^^g dure , a fait preuve d*un véritable talent. Si je n- étais forcé d'abréger les formules , si jepouvais consacrer une page à chaque artiste distingué, je prendrais plaisir à vous montrer minutieusement tous les bons détails de cette composition recommandable^ mais • . ^ ( i ) je me contenterai d'attirer votre attention sur la mêlée du second plan , dont le mouvement est indiqué avec beaucoup d'esprit ; sur les chevaux du général La Roché-Jaquelin et de ses officiers d'état-major ; sur le groupe des canonniers ; sur ce lieutenant d'artillerie , qui a les bras croisés , et , en somme , sur le
(i) Il faut que j'arrive à la £n.'*Déjà ceUe revue aurait dû être publiée. La circoustance est fugitive , et je ne peux avoir la prétention de faire un livre qui vivra plus qu'elle. Que les artistes me pardonnent donc la manière sommaire que je suis contraint d'adopter, ( Noie de Védiieur. )
( 4o8 ) ton gênerai^ et la vivacité de la touchc*^. M. Lamy est élève de M. Horace Vernet, dont il a adopté la manière : il promet un émule à nos meilleurs peintres de genre. LzcoMTi (Hip.) M. Hippolyte Lecomte mérite, cette an- ^«"ci^"* ^^ 1 *^s éloges de tous les amis des arte ; »*" 1091. î] n décidemment adopté une manière nou* velle. Ce n'est plus cette sécheresse , cette rôideur qu'on lui reprochait avec trop de raison. Sans cesser d'être consciencieuse , étudiée , accusée , rendue , sa peinture devient large, grasse et facile. Ce tableau de la prise des retrancheinens de la Corogne en est la preuve; Quoique exécuté à la hâte, il est, en général, fort bien. Je remarque surtout aT^ plaisir la franchise d'exécution , et le }^n sentiment avec lequel sont exécutés cette ordonnance du 7^" de chasseurs à cheval , et ce groupe , à droite , de chevaux et de cavaliers. Plusieurs autres figures attestent encore un talent qui marche à la vérité. Un petit tableau dte M. H. Lecomte , qui représente les avant-^postes de Farmée française dans la Sierra M orena , est un ouvrage charmant , qui doit être vu avec des yeux d'envie par plus d'un amateur. Courage !
(4o9) M. Lecomte, on vous tient compte de vos efforts; on vous félicite de votre victoire sur votre ancienne manière, et l'on vous engage à faire i, k l'avenir, aussi bien que vous avez fait cette année.
Quittons des scènes tragiques où coule le dutal lk
r • . ^ i» • Camus.
sang français , et venons aux scènes tami- i>e 6i3 à 62a. lières que M. Duval le Gamus réussit fort bien à représenter. La bonhomie est le cachet de ce peintre, qui sait cacher sous des détails pleins de naturel et de vérité, des pensées fines et spirituelles. L'effet chez' lui n'est pas ambitieux, et il faut l'en féliciter ; il ne monte pas sa palette au ton prétentieux de la grande peinture , pour esquisser des jeux d'enfans , ou pour faire de petits drames , à la manière de Florian ; enfin, il n'est pas de ces gens qUi ouvrent line grande bouche pour dire des choses toute simples.
Ôh ! le peintre mou et trivial que M. Dabos ! dabos. Voyez cette Marchande de poissons , dites- "*' ^9^* moi de quelle couleur elle est? verte , jaune, bleue, vigogne , que sais-je, moi ! c'est de la marqueterie, du granit, tout ce qu'il vous plaira ;' mais ce n'est pas de la peîtiture.
GiROUX.
RoGxn.
Sujets des cour»
ses à Rome.
H»» 1477 el 7^-
^ M . Giroux a fait aussi iine Poissonnière; mai» elle est bieii^ celle-là ; et si l'on pouvait lui faire un reproche , c'est d'être un peu trop bien partout. M. Giroux cherche à imiter les maîtres hollandais 1, c'est un tort; il réussit à merveille à être copiste , quand 1, avec ses dispositions et son talent acquis , il pourrait être à lui. Je l'engage à se débarrasser au plus tôt des entraves qu'il se met volontairement aux pieds, et à marcher dans sa liberté. Il n'y a que cela de bon dans les arts comme dans la car-
tière politique. C'est la conscience de ce qu'il peut valoir qui fait l'artiste et IfB citoyen. Au total , je fais compliment à M. Giroux sur l'avenir que promettent ses ouvrages.
M. Roger, dont je ne rappelle qu'une production 2L^édiÀt\^ V Enterrement de village, exposé en 1 822 , promet à la peinture de genre un talent distingué. Ce n'est ni la vigueur de Robert ou de Fleury, ni l'extrêine vivacité d'Horace Verne t, c'est quelque chose qui procède de leurs trois manières , et peut-être aussi un peu de celle d'AUaux , sjpis en être cependant une imitation-manifeste. Ses Chevaux préparés^ pour la course, sont un joli petit tableau; ^on Arrivée des Chevaux de course y
C4ii)
à Rome y le même sujet qu'Horace a traite , est aussi un charmant morceau. Le mouvement des coursiers est hardi ; le ton général plait ^ la touche est spirituelle , les détails sont bien saisis et bien rendus. Je ne prononce pas entre Carthage et Rome ; je me garde bien de don- . ner à M. Roger la prééminence sur M. Ho*race ; mais je n'oserai dire non plus que , dans ce tableau , M. Horace soit supérieur à son jeune concurrent. M. Roger a représenté ^7/^- inxént^ d'un terieuraun navire pendant un orage. Il na aanii'orage. donné qu'une faible idée d'une scène de cette ^"^ '^^sespèce. Les localités ne sont pas fort bien indiquées ; je ne comprends pas la position du mîât et de l'écoutille ; ce sont , au surplus , de petits défauts pour la masse des spectateurs , qui n'ont aucune idée de l'emménagement des vaisseaux. Le drame est naturellement exposé. Ce moine qui donne sa bénédiction est très-bon. La désolation des passagers <, en opposition au calme de l'artiste , qui contemple de sang-froid la tempête, emblème pour lui des orages dont est agitée la carrière des arts , me parait fort joliment exprimée. Je voudrais que la couleur de cet ouvrage fût moins douteuse, et que le clair-obscur fût
mieux articule. Telle qu'est cette petite composition, elle fait honneur à M. Roger, et ne déparerait aucun cabinet (l).
De geoio». Mon ami, regardez cette enfant de FAu-
(i) Cette représentation d^un bâtiment battu de la tempête, me rappelle une belle répartie d'un mate^^ |ot ; je veux la consigner ici , elle témoignera de Featbousiasme, des gens de mer pour )enr métier, et de la fierté que leur inspire cette vie hasardeuse , qu'il n'appartient guère qu'à l'homme fort d'aimer. Un vaisseau , parli de Brest , portait , aux colonies , des troupes de débarquement. A peine sorti de la rade , il fut accueilli par un coup de vent assez fort , qui agita la mer et communiqua an navire de ces grands mouvemens qui étoqnçnt beaucoup les gens de l'intérieur, inaccputumés à cette agitation et à ce spectacle d'un élément courroucé. Un soldat, très-brave d'ailleurs, et qui avait fait ses preuves en Autriche, déplorait sa situation , et se prit à dire tout haut : w Chien de métier, j'aime bien mieux le plancher des caches î » Un matelot qui se promenait tranquillement sur le pont , e^i fumait sa pipe ^ ^yant entendu le propo9 du militaire , s'approcha de lai , et lui frappant l'épaule , comme ces messieurs savent frapper , il lui dit , dans son . langage énergique : « Tu ^s
bien raison , c , le plancher des hommes n'est pas
fait pour toi ! » Ce mot m'a toujours paru sublime. - (^ Nàk de réditeur.)
vergne. Que vous cii semble? N*csf>ce pas tûie LapeiUeGu-
neuse.
de ces têtes que Greuze aurait faites? Naïveté, ^0^33 bonhomie ^ dessin vrai , couleur agréable , effet sim|^le , pinceau suave et facile : voilà ce qui distingue la Petite Glaneuse de M. de George ; voilà ce qui fait qu'on ne la remarque pas. La peinture est au terrible; quand elle reviendra au naturel d'expression et d'exécutic»!^ quand elle aura blasé tous les goûts avec ses teintés ullJÀH^omanttques et ses concilions mélodramatiques, oii estimera ce que vaut ce morceau d'tioi homme modeste ; mais qui n'a peut-^tre pas le temps d'attendre»
Vous avez connu ce jeUne Truohot, enlevé, tbuchot (feu). à la fleur dé l'âge ^ aux arts qu'il cultivait avec un succès si meï'ité; vous vous rappelez son CoTWoi âUsabeau de Bavière y qui fut pour lui le chant du cygne. Voici un ouvrage post^ ÉgUseduMonihmne où est écrit l'histoire de sa maladie. „o ,636. Le <^iel en est fatigué, lourd, tourmenté de forme et d'effet ; la couleur en est noire , l'ar-^ chitecture péniblement exécutée; que vous dirai-)e? il y a dans ce tableau de l'abattement, de la douleur , du malaise ; la nK>rt prochaine s'y fait sentir. C'est im ami de Truchot qui a miss la -derikière Hiain à ce tableau, dont il a
6uDm <L. fen.)
Engagement de
troupes.
religieusement conservé l'eTîauche et toutes les parties achevées par l'artiste mourant.
Encore un tableau posthume. Celui-ci est de Tinfortuné Louis Gudin , qui périt dans la Seine, il y a un peu plus d'un an. Ce jeune peintre, dont la mort a trompé l'avenir , avait déjà un talent distingué. Cet ouvrage, qui n'est pas aussi capital que celui dont , en 1822 , il avait enrichi l'exposition du Louvre , offre des détails très-bien faits, d'un ton ferme et sans dureté. Peut-être le dessin de quelques-unes de ces figures n'est pas irréprochable , elles sont courtes en général ^ ce qui nuit à leur grâce ; mais les têtes en sont habilement indiquées. Au total ^ c'est un joli tableau. GuDiif(Th.) M. Gudin frère du précédent, s'applique Sauvetage d'un à nous faire oublier la perte que nous avons
navire naufragé. ^ ^^
n» 8ai. faite. Ses progrès ont été rapides; ses pre-
(Achetë 3,000 f. . ' o .1 o- 1
par le Minùirt micrs cssais turcnt heureux, des travaux de
de la naucn du . . / . 19 1 / •
Roi, et destiné cette anncc sont dun homme supérieur.
Luxembourg.) M. Gudin s'cst livré au genre de la marine, et il a eu raison. Le pinceau de M. Crépin est mort ; M. Garneray n'a qu'un talent secondaire, quoique estimable; M. Gilbert, de Brest, est froid. Il nous faut un artiste qui puisse continuer les belles traditions
de Joseph Yernet. Horace est bien là; mais il est universel^ et la marine est mie spécialité ; Horace a produit de petites choses ravissantes dans ce genre ; peut-être lui faudrait-il dès études suivies I, pour produire une page marquante. La place de M. Gudin est donc toute trouvée ; il s'en est emparé , et le succès légitime sa témérité. Le sauvetage qu'il a exposé I, et que vous voyez Ik, est un fort beau morceau. Le coloris en est puissant, l'effet piquant sans recherche. Les eaux de la mer, si difficiles à bien rendre dans leur mouvement et dans leur couleur, sont, il faut le dire , parfaites ; enfin ,. les figures sont justes de pantomime et d'expression. Il n'est guère que la position du navire naufragé que je ne comprends pas ; je crois que ce n'est pas ma faute.
M. Gudin a pour compétiteur, dans la carrière qu'il s'est choisie et qu'il parcourt avec tant de bonheur, M. Eugène Isabey, né avec isAiErifiis.) 'un instinct de peinture qui étonnerait dans „« ^^^' un autre que le fils du célèbre artiste de ce nom. Ce très- jeune homme aie sentiment de son art à un point extraordinaire. 11 a deviné les Anglais , et, en les imitant, il a surpassé la
plupart d'entre eux. Il est aussi ferme d'eifet et de couleur qu'eux , et il est moins lourd de forme. M. Ektgène n'a encore produit que de petits ouvrages; nous n'avons encore vu cfe lui que des surfaces étendues «, raccourcies par une perspective habile. Il faut espérer qu'il réussira également dans. les grandes compositions, dans la marine proprement dite, qui n'est autre chose que la réprésentation de la mer et de ses accidens , des navires et de leurs chances , des jeux du vent et des calmes plats. Les amateurs se disputent les charmantes productions de M. Isabey &s; )e mesure le plaisir qu'ils doivent éprouver k en posséder, au désir que j'ai d'en avoir* Mozw. MM. Mozin et Ulrick s'exercent aussi dans
le genre qui fera la réputation de M. isabey. Leurs ouvrages sont agréables. Ceux de M. Moasin ont de l'aspect , et nonquent un peu d'étude. Celui de M. Ulrick est plus sourtenu.
Verboekhovem m. Verboèckhoven , dont je vous défie de n« 1704 et 5. prononber le nom, imite un peu froidement le genre de ses compatriotes , les anciens peintres de marine flamands. 12 est lunûiieuK, mais peu coloriste. Les amateurs du gera^
no* laSi et 5a.
Ulrick.
anglais doivent peu esdmer les ouyra^ de ce M'. • . . soufflezrmoi donc , yerboëc. • » . je ne le dirai jamais. Le frère de cet artiste a fait d'assez jolis tableaux d'animaux, qui ne valent . pas ceux de Mffi. Demame, Leprince ou Berré, mais qu'on peut mettre à coté de ceux de M. Knip.
M. Bonington tient aussi son coin parmi les faiseurs de marine. C'est un Anglais transporte a Paris, où il a apporté la foi, ^ssez Icmgtemps les amateurs n'ont jure que par lui; il a fait des proséljrtes et des imitateurs. Ses tableaux ont, vus de quelques pas, l'accent de la nature ; mais ce ne sont , à vrai dnre, que des ébauches. Je leur préfSbre beaucoup ceux de M. Eugène Isabey. Les figures dç M. Bonington sont indiquées avec esprit, mais elles sont trop lâchées.
M. .Colin semble vouloir marcher sur les pas de M. Bonington; je lui conseillerais, si je le connaissais, de se laisser aller à son instinct. U est naïf, le genre anglais le manièrera. Ses tableaux du Lendemain dun Naufrage y de la Porte du Puuvre, et Aé% Petits Pêcheurs ^ ^mnoncetaft ^heureuses di^osilions ; on ne saurait trop '«ffigftgw Fauteur à ^e in^tre en garde
BoiniTGToir^
DeiBSàiBâ.
CoLor.
De 346)1 SU.
J>UfG.
contre le laisser-aller, qui n'est pas de la facilite ; contre la bonhomie , qui n'est pas toujours du naturel.
.FiBL- Puisque je suis en train de vous parler de peinture anglaise , il faut que je vous montre les aquarelles de MM. Fielding. Certes i, elles sont habilement faites; et, comme on dit dans les diteliers ^ Jièrement ovl crânement attaquées. Le ton en est généralement superbe, la lumière s'y promène bien, les effets en sont grands; mais je vois ces belles choses avec peine. Elles vont, à Paris, tourner beaucoup de têtes;, tous nos artistes qui peuvent faire fort bien en écoutant la nature de leur talent , en obéissant a la conscience de. leurs forces, vont vouloir faire du Fielding; les marchands ne voudront plus que des choses de ce genre ; et nous serons inondés de sottes imitations. Je voudrais persuader à nos compatriotes, que les i^ie/t/î/ig' ne peuvent s'imiter quand on est né en France , pas plus qu'on ne peut imitel . le genre de Desaugiers , quand on «st né sff^ les bords de la. Tamise. .y
M. Bouhot s'est acquis , da^s le genre j »« aa3 ^ a33. > l'intérieur:, ïuïé réputation qu'aucun de i^ confrères ne lui dispute. Il n'a pas la ferqf
Bouhot.
ti
( 4i9 ) de Oranet ; il n'a pas le large et le transparent de Bauton . mais il est assez naturel : il sait rendre un ^ffet de lumière ; il pktit^ enfin ^ et c'est beaucoup. Cette vue de la SaUe des pas perdus y au Palais-de- Justice , à Paris, est fort bien faite. Tout le monde conviendra que pour imiter ainsi , il faut avoir un talent véritable.
Si M. Berlot avait une couleur plus franche, ses ouvrages prendraient rang à côté de ceux qu'on estime le plus. Ce peintre sait; il est fâcheux qu'il n'exprime pas toujours aussi bien qu'il sent. 11 est cependant souvent heureux, le Salon de cette année en fait foi.
M. Renoux ne s'est point endormi sur de premiers succès ; il a redoublé d'effi>rts et d'études ; il a produit un ouvrage très'-remarquable, et très-applaudi. Le ton argentin de ce morceau est apprécié de tous les connaisseurs. La peinture de cet artiste est estimable, sa touche est fine et gracieuse. Dans le tableau que nous examinons , il n^a pas cherché un de ces effets bizarres qui fascinent aisément l'œil du spectateur ; il a ménagé les oppositions, et, sans le secours des grandes masses d'ombres et de clartés, il a su produire une illusion
BXBLOT.
RSNOUZ.
Intérieur de r£dise de «linf" Elienneda-Mont.
(Acheté 3 000 fr.
par le Minuire «M la Maison da Roi pour le Mutée du Luxent* Lou]g).
ëtonnalite. Il faudrait plus de temps que je ne peux eh donner à chacune de ces notes , pour détailler toutes les parties de ce tableau ^ qui méritent des éloges. J'abrégerai la formule , eti disant que tout le monde a* dit du bien de cette production de M. Renouxf et que tout le monde a eu rabon.
swEBAca. Voilà les derniers ouvrages d'un homme
( François). ^ i i i»
Marche d'ëqui- qul cut autant de talent que de facilité* Swe-
pAgeami Uire*. J^^^^J^ ^^.^j^ ^^ p^^^j^ J^g ^^^ Il ks eKGTÇadès
Tàffe le plus tendre et avec succès. Il fit tous
Une Foire de *
village. les genres^ mais il finit par adopter celui qui n« i«6i. ^ illustré Demame et Carie Vernet. Il dut sa réputation à scm pinceau fin, spiritud'et adroit. Il ne lut jamais grand colorisie, ni dessinateur bien parfait ; tnais il estrare qull ait j»*^uit un tableau qui ne plut pas. Swebach savait composer la foule ; c'est une difficulté dont il se ^ jouait. Il aimait à multiplier les épisodes et les acteurs^ parce qu'il savait que le public estime , dans «me composition peinte , le mouvementt et même le tapage. Swebach peignit qudiquefois pour les peintres seulement , il obtînt l«irs i^uffirages ; mais le plus oïdmairèment , il peignait pour ceux qm ont îles yeux. Les deux tableaux qu'il a achevés, ^quelques «jours âw^atni
qpie la maladie Tenlevât à ses amis ^ s'adre^en^ également au peuple dès amateurs et aux ^^oi^ naisseurs véritables. Les uns y trouyeront des sceQes charinante^^ joliment rendues ; les aur très , des détails de peinture délicieux y et unç graqade finesse de ton. Swebac}^ se survit dans la perso2|ne dç spti fils • M. Edouard Swebacb^ . Imitateur du talent de son père, dopt.il est (Sdouard). Félèye, ce je^ne artiste a besoin de chercher i^brelsa?.^ im^ voûte i^Quyeile. L'étude de la iiaturç 1)W "* '*''* 9&tfir de^^ resMurfses ique n^^doone pas la pr^~ acpx^ la plus habile. Son pèr^. a tout dit dans la manière^^Hl s'était faite; il doit s'appliquer à le jrappeler) ds^lis ses boi|nç$ qualités ^:etiipu su le répéter» Le ta}>leau; que v>eus voyez est bien assurément ; mat$ il manque. dççhdfPl;.? d;^^t.6tde ressort; j'y vois de^bqnnes^ parties, et d'aides faiblcwent eitéautéef^. jy rf^<Mii)a^ de <l^ahitu4^ ^t pas as^e;^ 4V),bi}eryatiw« tt ffp iaUtpas^m^^urer^raT^nir de JW. Ed. Svt^baçb.|i spfi talent ac^el; ç^ ppint^^ f ei:a ^ès - bjien AYaint peu» vU^^<HitQe qu'il f^^p^ cela; U :Çi'a f^'jà y^p^m^fitXm JBi'a dit^tt^il. YPU*. Jfi ^ isïeirMS{fcM»i|«uK cL^np*i9gistriçr s^ jsmfiaf;s .,^f xl'4-
père, celle des ouvrages recommandables qu'3
peut faire d'ici k dix ans.
UrnétiM. M. Lethière n'a pas été heureux cette année;.
^c^uëje^^dt" c'^st avec un déplaisir extrême que je vous eh
n«'n63. ^^^^ ^^ remarquc. J'aurais voulu pouvoir louer
(Ce tableau doit g^t artistc honorablé i mais.hâas! ce serait
(Nrner nne de* ^ ^ '
S"e*Ro ai)?*^' "^^ *^^ T^ ^^ serait pas celui de la louange, que je serais obligé de vous parier de son tableau, si vous me contraigniez a vous en dire ihbn opiniori; passons donc bien vite, et i^ppelons-^nous que Fauteur de Btutus a peutnêtre acquis le droit de se tromper , sans que la cnr tîque ait celui de se montrer seulement équitable a son égard. C'est Seulement dans un cas semblable que là partialité est permise, qu'elle est rilêttie obligatoire .
roB»m ' ^^î^i partialité, on peut féliciter M. de Forbin (le comte). ^^^^ j^ jj^éritc dc SCS pr^ducfions . Cet amateur
distingué manie, avec iin égal succès , la plume *fet le pinceau. Ecrivain, il est gracieux, spiri-
tael, moraliste sans morgue, ^ùdit sans pë.
'dantérie ; peintre , il possède le secret des jeux
^ de la lumière, 11 s'adresse à Finiagination en
parlant aux yeuk ; peùt^trè ést-il ttfi peu mdtt;
ihàis il est haffMdnieux ; sa brosse est large et
sa palette prestigieuse. On aime à lire àes Soii" venirs de la Sicile et de la Grèce; on se plaità voir ses souvenirs de l'Egypte et de l'Italie. Ses livres obtiennent là faveur des gens de lettres et des gens du monde; ses tableaux frappent les regards des ignorans , et ne sont pas sans charmes pour les artistes. On peut être plus sévère, plus correct de dessin, plus solide de ton ; on est difficilement plus agréable , plus brillant - et plus heureux . L'envie conteste au pinceau de M. de Forbin ses qualités pour ne lui laisser (pie ses défauts ; M. de Forbin répoiid à chaque sottise des envieux, par un nouvel ouvrage. Les artistes se félicitent de rencontrer le pouvoir aux mains de M. de Forbin ; il l'exerce en effet avec une politesse exquise , qui doit lui concilier toutes les affections. Il est impossible d'être homme de cour avec plus de franchise , et souverain arbitre avec une équité plus conciliante. Remarquez, mon ami, que je fais cet éloge de M. le directeur, tout-à-fait sans intérêt ; je n'expose plila, et je ne sollicite pas de travaux du gouvernement.
Voilà un joli petit ouvrage de M. Heim , qui Hkim. nous fera prendre patience jusqu'au moment
Sunte Ad^ïdc.
-où il lui jplaîra d'éjqposeï* son grand tâblèftu, dit Mds^àcf^ des juifs. Sûmte Adekudé ^st fbit biéni, inâi^ je n'aime pas ce raycm c^lesfte ^i ki artive danÀ rtett. Ces {Petites glbk*és foiit rai^niént bdfi effet. La figtvé du péchetir est louable. Le ton du payselgè est et^ èéllént.
msxpuLiHs M. Aug. DesinmiUns est un dénos jeunes t« pîttd*condë P'sintred de genre, qui aient réalisé le plus les viic«nL.^ espëraiices qu'atatent fait càneévoiè leuts <>'' ^^97- premiers essais. Il s'est attaché surtout k Id re* présentation des scènes histoHcpLes du mcfyéà âge et des temps de la monarchie^ antérieurs à notre époque. Cette année^ il nous montre le ghme/ (>bn<9fe3 prisonmer k Vm^cennes et'trlmipant les ennuis de sa captiritë, a^ec lés soioâ du jardinage. Il est difficile qu'une «ame aussi ardente que celle dé Condé<, puisse être sAh sorbéè par 1^ Ir^rafût que né^essftç la culture des fleurs ; d'autres fkrnsées plus^andes ^plôs iàipomiifes l'ôcèupeint tout entière; aussi, le Vàitiqueùr de Rofcrby Vient hII \ Tamanoir à là fiiaîïi , bupi^s dés cèiUets qii'il >a *^ntés ; il lie répand pas sur leur tige une rt)sëe bienfaisante; f&fâçvsans quHl È^n apei^çbîvév il iuottirfé le / |iât^( et teVestqtt^aiprèsarciirv depuis longu
tenqps ) dpmsé un vase cpi^il promène inutilement en l'air ^ qu'il s'aperçoil de sa distt*action et qu'il peut la réparer. On a dit qiie l'anecdote des œillets de Condé pouvait inspir^uné jolie^ narration en prose et en vers , mais ne pou* Tait pas être traduite par la peinture; je suis de cet avis ; cependant je trouve que M. Desmmdins s'en est tiré avec beaucoup d'adresse. La tête de Condé est pleine de mëditation^ son corps me parait un peu grêle. Ce tableau est bien peint ; les terrains , les murs et les autres accessoires sont largement accusés. Ces bonnes qualités se font louer aussi dans le tableau de PArmeciu dEUsabeihy remarquable , ^ sab*°h^ ^^*" d'ailleurs , par un drame bien entendu ; mais y »** 498- •à elles se font apprécier surtout , c'est dans ce ^e * petit ouvrage représentant hk Ca^e d'un marai^ ca^e d'un mâcher. Là ^ tout es;t bien ^ le toii et. lé pinceau y l'eflet et l'étude. Cest un véritaWe ittorceau d'artiste. Il est facile de voir que t^ela a^été fait d'après nature ; la mémoire a rarement d'aussi heureux souvenirs; la maân..n'a cet accent de vérité que lorsqu'elle est i'int<»npéète actaeUè^ des yeuxi'- . ' ii;'
M. Besselièvre a fait de gtands.progrèâ. Ce: Besselièvhr. tableau de Charles V et sonjfiis nous l'atteste J n« 137.
ràidier.
Arion.
Peut-être que ses figures sont un peu longue? V mais elles ne manquent pas de grâce. Le coloris^ de M. Besselièvre est sage , sa touche est assez: fine. Encourageons cet artiste à persister dan» ses bonnes dispositions.
Coûtant. j^^g pcnsionnaires actuels die France , a
Ccix et Alcyone. * ^•
■• 383. Rome , ont envoyé au Louvre leur tribut que nous avons déjà vu aux Fetits-Âugustias. M. Coûtant avait produit^ il y si deux ans , cette figure ^ Arion , qui est d'un beau ton et d'un assez bon goût de dessin ^ quoique un peu académique ; cette année, il a adressé à Flnstitut le Naufrage de Cèïx. Ce morceau est correctement dessiné , mais un peu froidement coloré. La tête d'Alcyone est belle. La figure entière de Ceïx est bien modelée ; je ne la Erésichton. crois pas assez morte. iJ Érésicfiton de M. Coûtant est éiiergique, et dans un bon mouvement. Cette figure sent le bon élève.
hksss (jeune.) M. Hcssc) a été moîns heureux que son camarade Contant.* Soiii^oupe êiOEnons et JP^m n'est pas : mal dessiné j; mats:, au lieu d^tré modelées V les figures» ep^sotit soufflées. La tête d'OEnone est assez jolie. Paris est d-ua frdid glsidol.' Le. ton de cet ouvrage est faux ; le coloris est verdàtre.
CEnone et Paris.
Ce n'est pas sur la palette de M. Hesse que M. Dubois A trouvé la couleur dont il a peint Son charmant petit Ckevrier ru^iditain. Celleci est brillante, chaude et hsurraonieuse. C'est un très-agre'able morceau que ce pâtre dW dessin naïf et d'une touche gracieuse.
\a Aristôtnène fie M. • Monvoisin est ime composition plus bizarre qu'originale; c'est du mâodrame tout pur. L'artiste n'a point épargné le noir ; par contre , il a prodigué l*e blaiic et le rose à ceûe CaUirkoé qui, à tout prendre, vaut inieux que celle de M. Lancrenon. Si l'Aristomène est d'un modelé outré, la Callirhoé est presque :sans indication de formes et de muscle^. C'est Une compensation , et vive M. Âzaïs!
'M. Etienne Dubois , peu connu jusqu'alors dans tes arts I prend cette année son rang, moins à cause de ce Christ dont la tête est asseï belle , mais dont le corps est un peu du« rement indiqué, qu'a cause de cet intérieur d'un ton ridhie et brillant, aussi solide que celui de Granet , mais moins dur * et moins imi£ovme.
C'est à l'école des peintres qui ont ce sentiment'fort et vrai , que devraient venir les
Diriois (Franc).
Un chenier dea enviroBftde Napies.
MoKToisiir.
Arist<nnène.
CalUrhoé.
n« ia45.
Dubois ( Elien ).
Le Christ \ la colonne.
Intërienr d'un laboratoire.
Bell AT.
t'HôlcIlerie.
Le Hangar, n*» 92.
Le Maréchal ferrant.
élèves de Tëcole de Lyon. Je le dis à regret , car les succès de mes coinjiatnotes ne saujraiejit m'étre indiffërens, ces jeunes artistes, sont daDS^ une route pernicietise qui les .perd ! tous ^ a moins qu'ils n'aient la force de Tabandom^er franchement , et de venir à Pàrk étudier les maîtres qui ont pris potir modèle la nature, et pour guide, dans la pratique, les peintres francs et naifk des anciennes écoles. Les Jby^i^aia sont ce qu'au quinzième siècle ^ on appelait ^s maniéfistts . Ils ressemellent ,, Sfdion t^m ^ , à bf^ écoliers d'humanité ^ qui font ^ sans faute , uu thème d'une latihifcé froide ^^ mais exacte. Ah ! mon ami , que > ne foni^Hs quelques barba-» rismés , et à coté que n'onihiis Un pcb d'élan !
M. Bellay a compris que le système de ses études était vicieux , il cherchera s'ëti dilbarraisser. H est venusé fixénaursçinudeia; cdpi-r taie oit il se débat èontre sa première nianière» Il lutte avec constance , mais pas encore ayee on succès comj^et. Ses ouvragés aé^aofiÊont impendant une direction mèiBeu»^. M.rBeUày doit encore s^appliquer à tehan9gcit sa ccbdeiir^ elle accuse toujours le miroir noii*. Laitmclie de ce peiiitreiest finé^ iqaîsLfrMëi Lé siAeil n'est jamais c4iaud' dany l'éôole ds Lyèn ;
( 4^9 ) dirait tous ces nf est ieurs^ habitans des contrées norwégiennes ou danoises . Avec un peu d'audace ou même de dévergondage , M. Bellay se corrigerait de cette tendance à la tristesse de ton et d'eflEst qui plane sur toutes ses productions. Il faut , cependant, être juste envers cet artiste ^ son Hangar est un joli ouvrage où ses défauts se font encore remarquer, mais qui donne pour l'avenir la plus grande espérance. M. Bellay mérite d'être encouragé , et d'êtm félicite sur la résolution qu'il 9 prise de recommence sa carrière pour rentrer dans le vrai. M. Duclaux on est torti pour jamais. Ses premiers tableam^ furent remarqués ; aujourd'hui De 561 k ses. personne ne s'occupe de ses ouvrages. D'où vient cdU ? £st-)l besoin de le demander? Cet artiste oiMa'e la manière de ses camarades. Il est glâtfà^ et tC^pendant spirituel. Son coloris est gris ^ morne, affligeant; son pinceau est .assez déiy^cat , ouiis il ne sait pas être énergique à propos. Le blaireau fait un grand jeu dans toutes les peintures de JVf . Djudaux ; en polissant ainsi , il ne finit pas,, il éteint ^ il afiaiblit, îl^iiit mom*ir sa toucha . ta Diligerwf est an tableau agréable ; il est tout près d'êjtjçe fort.bi^i, il y manque..:, ce qu'avaient ce$
■jw\.-»<^
( 43o ) Hollandais qui ont fait tant de victimes dans la peinturé du département du Rhône. Je voudrais qu'un homf\ie habile^ X. Leprince, par exemple, enseignât à M. Duclauxle laisseraller et l'art de colorer avec vigueur ; il est triste de voir perdus , peut-être pour toujours , des talens qu'une bonne direction aurait préserves !
BoirniFOHD. M. Bonnefond, qui est le nom classique de ^ bu«^"^ l'école , a fait quelques progrès. Il n'est pas n« 200. aussi criard qu'à l'ordinaire , mais il n'est pas
Acheta, dit-on, • -.| ii9*i • «1
10,000 fr. par moms scc. il semble quil ne pmsse peindre
un amateur.) . i«-^«^ /••
qu avec des pinceaux de miniaturiste ; son taire est mesquin , et s'il produit de ji'effet, ce n'est que par l'opposition très-vive des lumières et des ombres. La Chambre à louèrent un ouvrage qui pourrait intéresser les connaisseurs autant qu'il flatte les spectateurs ignorans, s'il était bien exécuté. Mais rien n'est sacrifié ; les têtes sont faites comme les chaudrons, les mains comme les fers à repasser, les étoffes comme les fourneaux et la pincette. La tête de ce vieillard paralytique est expressive , mais froidement léchée ; celle de la jeune fille est assez gracieuse, mais durement faite. S'il y a quelque chose de louable , ce sont les acces*^
soires ; mais que sont les accessoires 7 Ce n'est pas la nature morte qu'il est difficile de représenter^ tout le monde y réussit ; c'est la vie , lemouvement, la passion, les caractères, la peau , la chair , et M . Bonnefimd ne sait pas «encore cela. Ce peintre a cependant du talent ; mais il s'égare, et je crains même que des efforts considérables ne puissent le tirer de l'ornière où il est tombé. Des amateurs^ pourxront acheter dix mille francs ses tableaux ; s'ils ne sont pas mieux réussis, plus largement colorés, plus grassement peints , jamais les artistes ne les estimeront quatre cents écus. Toutefois, il y a encore delà ressource ; M. Bonnefond peut reconquérir l'estime des connaisseurs , s'il veut mépriser les bravos de la multitude , oublier tout ce qu'il sait (et il sait beaucoup trop), copier les Rubens, les Ribeirac,. les Titien et les Gros , recommencer ensuite sur de npuveaux frais à observer la nature, et à l'interpréter avec cette simplicité et cetle grâce que plusiéiu^ Flamands ont prises pour type, et produire lentement des tableaux sages de composition , de couleur et de perspective aérienne* f M. ûénot n'est plus libre de suivre le conseil 6bvot.
que je donne à M. Bonnefond. Ses ouvrages de cette année sont au-delà du médiocre. En 1822 <, il était encore à même de choisir la bonne ou la mauvaise route , aujourd'hui il est Iburvoyé. Son pinceau est de £er, sa couleur de bronze ; les chairs qu'il paint ne sont en -rien dissemblables du icun* ou du fer-blanc vernissé ; et voilà cependant où mené Tenivrameiït dès succès de cotterie ! Les applaudisse.mens des sots ont gâté plus d'artistes que n'en ont découragéi^ la critique sévère des véritables amis dés arts.
jacomin. m. Jacbmin est encore naïf, mais sa f^ette
* l'hô^ua!'**" n'a plus qu'un ton malade. Le Départ pour ^"^ ^^^* thôpitcd est un ouvrage bien senti quant à r^eKpression ; quant à l'exécution il est £mix. La louche n'en est pas vicieuse , les têtes sont assez 'bien modelées : mais là couleur, en est r«uge, jaune et lUas tout «nsenAk. Je me rappelle un tableau de M. Jaoomsn qm n'avait pas ces défauts , et qui pcomettiât un peintre aiii^able et vrai. M. iaon^in, retaurn^z sur vos pas ; vous né pou^isez pas aller plus loin sans rencontrer ïe précipice !
Iavaodek. m. Lavauden se soutient. C'est presque reculer que de ne pas av^ôcér. Il n'y â que
io5a.
SUigence.
n^ loSi.
Thiuriat,
( 433 ) peu de progrès dans ce Merciet ambulant. ^ Merder am- Cependant les vices dont est infestée l'école lyonnaise n'y sont pas trop apparens , ou pour mieux dire , ils s'y montrent moins que dans les productions de ses compatriote^. V Arrivée LWée d'une dune Diligence n'est pas un bon tableau, il pèche par le dessin et par l'effet. M. Lavauden doit travailler beaucoup; il n'est pas sans avenir ; mais l'avenir n'est à Lyon pour aucuh artiste. Les arts sont à Paris.
M. Thierriat ne fart pas mal les scènes d'intérieur, mais il a besoin d'agrandir sa manière. Il peint des fleurs qui sont un peu sèches. Qu'il prenne leçon de Van Spaendonck ou de Yandael.
M. Jacquand commence. Il est faible commie un débutant) et, déjà il a la tendance fatale. Son Oiseau mort est un tableau passable ; son Intérieur de prison n'est pas d'une couleur assez énergique.
M. Cornu est élève de M. Bonnefond ; il est déjà un peu plus large que son maître, (je jeune homm'e a des dispositions. Le f^ieillard grec défendant son fils , que nous voyons ki , ixX agréablement peint ; la tête de saint Jérôme n'est pas dans un ij^on système de couleur;
Jagqvanp.
CoMfV.
BlARD.
le rouge y domine trop ; mais elle est asseâs bien indiquée. On sent cependant dams quelques détails l'habitude des petits effets et des petites touches lyonnaises.
M. Biard a représenté une cour d'auberge au moment de l'arrivée d'une diligence.. Son tableau manque un peu d'effet , mais - l'intérieur est d'un beau ton; le pinceau y est large et adroitement employé. Les figures sont spirituelles , mais d'une couleur un peu uniforme. Courage, M. Biard, et surtout n'imitez pas vos camarades qui ont très - bien commencé et qui aujourd'hui....
J'ai gardé les maîtres pour les derniers,
Voici M. Revoil, plus sec, plus outré que
Fttmçois 1" fai- jamais. Il a voulu représenter François II re-
t^ petit -fik cevant l'accolade de son aïeul ^ et, en effet, il
n*» 1428. a montré François I" prêt à décapiter la reine
( Commande par Éléouorc d'Autrichc. Commc dans presque
■Sa Majesté Char- s /» • •»■■ -o -i 1
-les X.) tous les ouvrages qu a laits M . nevoil , la Com-
position est bien entendue ; on y trouve un luxe imposant de personnages historiques et une grande fidélité de costumes et d'accessoires ; mais aussi , comme dans tous lies tableaux exé* cutés depuis quelques années par cet artist les fig}inK5 sont d'une longueur et d'une 'roî-
RsvoiL.
^eur exti*émes ; le ton des têtes est violet , la touche est petite et la couleur locale plombée ^ Il ne faut pas ^ dans une production de M. Revoil, chercher un effet franc et décidé : ce sont partout de petites lumières et de petites ombres, de petites demi-teintes et de petits reflets. Je me figure que si l'on s'avisait de frapper sur le visage ou sur l'armure , sur le velours ou sur le satin d'un de ces personnages , cela rendrait un son de fer-blanc ou de cuivre relevé en bosse. Le tableau de M. Revoil n'a pas même été loué par les femmes qui , jusqu'à présent , s'étaient déclarées les défenseurs du mérite de ce peintre. C'est que le règne de la vérité est arrivé. Hersent, Horace Vemet, Schefi*er, Delaroche çt les plus heureux com-» pétiteurs de ces artistes à qui nous devons des ouvrages de chevalet délicieux, ont désabusé le public sur le mérite d'une école qui prend la manière pour l'esprit , l'affectation pour là grâce , le faux air pour la vérité , et la microscopie pour l'art de voir la nature.
M. Richard sait atténuer ses défauts par un charme , et une sorte de naïveté aimable , soit dans l'exposition du sujet, soit dans l'expression des figures, soit enfin, dans la manière
Richard,
de rendre certains détails. On peut toujouîrs reprocher à ce peintre un soin trop minutieux, un fini trop recherché ; mais , enfin , tout n'eist pas d^un 'travail uniforme qui glace et nuit à Le retour de u l'iUusion . Le Rctourde la Trémouille, de M . Ri- Trëmouiiie. ^j^g^^j ^gj ^^^^ coutrcdit un tableau fort
agréable., La tête du prince de Talmont<, la figure du jeune enfant qui accourt embrasser ce vieillard désolé^ celle de cette mère qui descend l'escalier , soutenue par une camériste, sont des choses charmantes de pantomime et La chartreuse de Jc facturc. La Ckartpeuse de saint Bruno est
saint Bruno.
n» 1431 une excellente petite production. Je n'ose pas Une jeune fiuei éu dirc autant dc cette jeune fille que je vois
une fontaine. * ...
n<> i43a. là, auprès d'une fontaine, prenant, de deux tourterelles , une leçon d'amour. C'est uiie étude froide et sans effet. M. Richard est fort supérieur à M. Revoil ; ils se ressemblent cependant beaucoup ; oui , comme l'acier ressemble au fer poli.
Un mot sur la miniature, mon ami; dUe fait des progrès ; les élèves avancent , les maîtres ne dégénèrent pas.
isABEY. M. Isabéy a exposé \me foule de portraits a
Taquarelle. Quelques-uns , parmi lesqudis il faut citer ceux de M. et de madame Pane-
nt 927.
(437) koacke^ celui de M. le vicomte d'Ârlincour t , et celui d'une dame âgée , dont je ne sais pas le nom ^ sont tout-k-lisiit dignes du bon temps de cet artiste habile et renommé. Àf. Isabey ne pouirait»]! pas abandonner un peu ces éternelles gases dont i) enveloppe toutes les têtes de feaiMiies qu'il a a peindre? Cette espèce d'ajosteinent ne sent-elle pas un peu la manière? On à pu la trouver ctiarmanle^ ingénieuse^ une fois ou deux ^ mais dix fois , mais encore ^ maïs toujours ! ... M. Isabey a produit beaucoup. U a fait d'exceltens ouvrages. Il s'est montré sooTettt ^acieux et suave. Il a acquis une grande cél^dritë qu'il a pleinement justiftee. li pourrait se tromper aujourd'hui qu'on serait trè&«di^posé à lui pardonner. II ne s'est pas trompé, mai^, dans le grand nombre des pcirtrait» qu'il a émeutes, il aurait du choisir. Il a fait une exibition trop complète. A Londres , « a dà désirer devoir pdqu'au moindre dessin de M. Isabey; à Paris, où l'on se rappelle tout ce que ce peintre a Êiit d-^admirable , on< se serait montré moins exigeant. Le nom de M« Isabey restera attaché à la dernière période de, notre peinture ; les ouvrages et les élèves de ce maître le garantiront de l'oubli.
A(70V8Tl|f.
ÀUMT.
If 44.
M. Augustin a été malheureux cette aiinëe* La mémoire de ses bomies productions le protège contre notre critique.
Si je n'étais pas réduit à faire une simple nomenclature^ je vous parlerais du talent de M. Âubry ^ mais je ne puis pas plus vous dire la raison de Testime des amateurs pour ce miniaturiste , que la cause de la gaité dont ils sont soudainement saisis quand ils voient les DuMBAAv <M«.) ouvrages de madame Dumeray.
M. Saint a exposé le morceau le plus remarquable du genre. C'est un très-beau portrait de femme dans un paysage. Sa peinture est grassement traitée. La touche en est large « Peut-être que la tête , d'ailleurs d'un fort bel effets gagnerait à être un peu plus finie ^ mais non plus léchée. Les étoffes^ les autres accessoires et le paysage sont supérieurement faits. Ce portrait est d'un maître ; il ferait une réputation à un artiste qui' en aurait moins que M. Saint.
Vous vous rappelez ce que nous avens dit de M. Mansion (i)-
Les portraits de MM. X. Leprince et Bou-
De 5;! à57S.
Saikt.
iiÎA^SlOJf.
(i) Voir page 177.
hot font beaucoup d'honneur a M. Millet ; ^^^^^ ce sont deux fort bons ouvrages. M. Millet a ^* laaoiia^e, un métier régulier et soutenu ; sa couleur n'est pas irréprochable^ mais elle s'est améliorée depuis deux ans : les aquarelles et les autres productions de M. Millet sont dignes d'être estimées.
La miniature a fait une perte sensible dans la personne de M. Singry. Cet artiste distingué f|^^" ^^'"^^ mérite tous nos regrets. Il laisse deux ouvrages fort remarquables ; ce sont les portraits de M^ le duc d'Orléans et de S. A- mademoiselle d'Orléans. Isabey les aurait signés : c'est vous dire de quel prix ils sont.
Mademoiselle Lisinka Rue , aujourd'hui
-, I ^g. -, m , t -M MlBBEL(M«de)
madame de Mirbel , poursuit le cours de ses „<> 1127. succès; ses petits portraits Sont d'un ton et d'une touche charmans. La manière de cette artiste est précieuse ^ mais sans mollesse ^ sans dureté et sans affectation. Madame de Mirbel ne peint guère que des grands seigneurs ; c'est tout simple : madame Scarron n'écrivait pas à tout le monde.
M. Jacques a exposé de jolis portraits ^ parmi lesquels celui de madame Rigaut , n»*^46!
LsGftos.
GOMIS».
cantatorice du théâtre Feydeau. Ce morceau ^ très-Trai d'expression^ est charmant sous le rapport de Farrangement et du coloris.
ôoimna.)- Lc bcau portrait de KIel>er fit connaître M. Guerin^ qui occupe un rang honorable parmi les peintres de miniature. Les ouvrstges qu'il a exposes sont très-louables. .
Les amateurs ont remarque Içs aquarelles de M. Legros , qui a fait des progrès.
M. Gomien débute avec succès ; il faut rengager à être un peu plus large et plus vigoureux. Cet élève de M. Mansion promet un peintre de plus à l'école.
M. Maricot a fait presquç xxn ouvrage Deuae^ns,. gutiûne , en peignant M.Odry, des rariétés ; mais tout M. Maricot est dans cette production : il a complètement échoué devant M. Casimir Delavigne. Diderot l'aurait parié, et moi aussi, qui ne suis pas aussi praphète que ce philosophe. J'aime que celui qui a immortalisé le maçon Larose (i), et qui s'est consumé à faire un chef-d'œuvre du
Mabkot.
(i) PersonDag^ d^une pièce du théâtre dei^ Variétés. C'est une carricature qn'Odry rend avec un naturel fort plaisant.
portrait de l'auteur des Gendarmés (i)^ n'ait pu être que trivial et froid en retraçant les traits du Tjrrtée français ^ du premier poète de notre époque : c'est être conséquent.
P. S. On assure que l'idée de représenter M. Odry dans le costume d'un maçon , n'est point du fait de M. Marîcot. Cet artiste n'a cédé qu'au désir de MM. les membres de la corporation des maçons, qui, désirant élever un monument de leur reconnaissance à M. Odry , ont voté ce portrait, auquel l'artiste a mis tous ses soins. Pour plaire aux fondateurs , M. Maricot n'a rien épargné ; il s'est montré scrupuleux imitateur des moindres détails ; aussi est-il admirable , dans la hotte de Larose, el délicieux dans le plâtre dont il Fa saupoudré de la calotte aux cheveux et aux favoris.
{Note de réditeup.)
U serait trop long d'^i^anpiner en détail les travaux de MM. HoUier, Jules Vernet, Bordes^ Passot , ceux de mesd^iiaesJ^enaudin, I^e^nd et Esménard. Je vous engage à venir un jour
(i) Facétie de M. Odry, connu par quelques blueUes d'une niaserie sérieuse assez divertissante.
.COUMII.
ÀTTALOr.
les voir à loisir ; vous les jugerez fort bîeit sans moi.
J'appelle votre attention sur les émaux de- M. Counis : cet artiste a beaucoup de mérite. Vous connaissez le talent de feu Georjget ^ peintre sur porcelaine; de mesdames Jaquetôt et Mutel : arrêtez-vous devant leurs charmans ouvrages^ et encouragez, de vos suffrages, mesdemoiselles Perlet , Leclerc , Girard et Hagner, qui marchent de loin encore, à la vérité , sur les traces des artistes que je viens, de vous nommer.
Vous n'attendez pas de moi un examen des gravures et des lithographies , dont le nombre abonde ici ; une promenade sur les boulevards vous fixera sur lé mérite de chacune d'elles^ Je vous ferai remarquer cependant les ouvrages du colonel Âttalin , qui a donné au dessin sur pierre , le précieux , la vigueur , la finesse et l'effet que les Anglais ont donnés à la gra-^ vure.
Passons aux sculpteurs.