IV
qui vous les transmettent ; les écrivains cé-^ lèbres qui ont fait des 'traités que vous étudiez, les grands artistes qui ont laissé» pour nous comme pour vous, des modèles à conisulter.
— Vous ne pourriez dessiner une figure académique V et vous dites hardiment : Cette figure est mal dessinée ; vous avez donc la sdence infuse?
— Et vous , vous sifflez à la tragédie , vous reprenez une expression dans tel vers, un liémistîche dans tel autre ; vous savez donc la poésie? vous faites donc des tragédies?
— C'est bien différent ; l'oreille nous dît que tel vers est faux.
— L'oeil nous dit que cette tête n'est pas ensemble, que cette main estropiée n'ap-
partient pas à ce bras qui lui-même est tout étonitë de se trouver collé à cette épaule.
— Nous- avons lu Boileau et Tabbé d'Olivet.
— Nous avons lu Dufrenoy (i), l'abbé de Marsy, Lemière , Watelet , Gérard de Layresse , Jean Cousin , Reynolds , Pabbé Dubos , Webb , Diderot et tant d'autres , dont fort peu d'entre vous ignorent sans doute les noms.
— Toutes ces lectures ne valent pas un an d'études à l'académie.
— C'est-à-dire que , pour bien juger, il faut en savoir justement assez pour faire
(i) Peintre et auteur d'un poëme intitulé : Je Arie graphicâ, ouvrage excellent qui est à la peinture ce qu'est à la poésie, l'art poétique d'Horace ou de Boileau. * ' •