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PARTIE — L’ARYEN

Egypte. De cette époque jusque vers 1700 ou 1500, le métal est transporté par voie fluviale et terrestre jusqu’en Grèce; de là il se distribue dans l’Archipel et en Egypte. Dans le reste de l’Europe, les différents gisements d’étain sont exploités par les populations de la Gaule et des îles Cassitérides, qui sont en relation à travers le détroit.

Le deuxième âge du bronze est celui du trafic maritime de l’étain, qui fait baisser le prix de revient et qui généralise l’emploi du bronze; c’est l’époque des thalassocraties méditerranéennes : égéenne, minoenne, mycénienne, pélasge, phrygienne, rhodienne, phénicienne qui se succèdent.

Pendant cette époque, la similitude, la parenté de l’industrie du bronze méridionale, balkanique et septentrionale, est démontrée par l’archéologie. Mais ici l’influence de la civilisation méridionale est indéniable; le midi rend aux pays producteurs du métal les objets ouvrés, les armes et les ustensiles que ses artistes ont habilement décorés. C’est le bel âge du bronze.

Récapitulons les faits qui précèdent :

La langue n’a rien de commun avec les caractères physiques des types dont se composent les peuples. Les caractères physiques sont transmis par l’hérédité, transformés par l’évolution, modifiés par les croisements.

Un Australien né dans un milieu anglais et séparé de ses parents acquiert le langage anglais et conserve la morphologie australienne.

La langue nait, se développe, s’altère, se modifie, s’importe, puis elle se transforme, disparaît ou persiste comme langue morte. Les types humains les plus opposés peuvent parler la même langue : unité linguistique, pluralité des types; un même type peut parler des langues différentes : unité ethnique, pluralité de langues.

Quant à l’histoire, il suffit de constater que la civilisation a été plus précoce dans le Sud du continent européen et que,, de tous les peuples, ce sont ceux du Nord, du littoral de la Baltique, qui sont restés le plus longtemps réfractaires à la culture intellectuelle. Il est donc absurde de prétendre que les peuples du Nord, si longtemps contrariés dans leur évolution par la nature même de leur milieu, aient contribué, par leur contact, à n’importe quelle époque ancienne, à élever le niveau d’une civilisation. Partout avec des noms divers, leurs invasions ont causé des reculs ou des arrêts de développement.

L’ARYEN ET L'ANTHROPOSOCIOLOGÏE

Telle est la vérité pour ceux que n’aveugle pas un sot orgueil de race.

Si, d’ailleurs, de l’histoire on passait à l’ethnographie, on s’apercevrait bien vite que les fameux caractères communs qui réunissaient en un seul faisceau les peuples de langues asio-européennes, appartiennent aussi bien aux Sémites qu’aux Egyptiens, aux Peaux-Rouges et à d’autres sauvages.

La religion, la mythologie que l’érudition philologique avait identifiées en mettant sur le fronton de l’édifice : Panthéon aryen, tout cela s’est effondré sans épargner Jupiter lui-même.

Quant à l’importation des plantes cultivées, des animaux domestiques et de l’industrie du bronze, formant le tryptique indispensable de la migration, elle est devenue insoutenable depuis que l’archéologie a découvert, par des fouilles rigoureuses, les faits suivants qu’elle oppose à la chronologie fantastique et aux inductions linguistiques.

Les céréales et les arbres fruitiers sont cultivés en Europe depuis la fin de l’époque quaternaire et descendent d’espèces indigènes. Leur culture a été successive. Les animaux domestiques n’ont pas été importés en bloc; ils ont été domestiqués successivement; tous les animaux domestiques européens de l’époque néolithique ont des ancêtres européens quaternaires.

C’est pendant l’époque néolithique en Europe que l’industrie métallurgique s’est développée; le bronze a succédé au cuivre. Le nom grec de l’étain démontre qu’il venait des îles Cassitérides. L’étain et l’ambre se trouvent en Egypte 4000 ans avant notre ère. Des documents historiques signalent la voie de l’ambre qui était celle de l’étain. De l’Elbe à l’Archipel insulégéen, le métal était transporté par voies terrestre, fluviale et maritime. L’étain d’Espagne a pu suffir au trafic méditerranéen au début de l’industrie du bronze.

Quant à l’Anthropologie, elle sera toujours impuissante à dire devant une série de formes crâniennes, quelle est celle qui a abrité le cerveau dont s’est dégagé le premier jargon asio-européen.

Quelle est la conclusion formelle qui s’impose, après ce quadruple aperçu linguistique, historique, archéologique et anthropologique? C’est, sans aucune réserve, qu’il n’y a pas de question aryenne.

Les linguistes semblent avoir démontré la parenté de langues parlées en Europe et dans deux régions de l’Asie; cette famille de langues peut s’appeler « asio-européenne », non pas « indo-européenne », ni surtout « indo-germanique », dénominations assurément inexactes.

En dehors du point de vue linguistique, la question aryenne est donc la plus audacieuse et persistante mystification de l’érudition moderne, qu’elle discrédite. 11 est grand temps de réagir énergiquement contre cette erreur imposée comme un dogme; faussement enseignée et propagée, elle a servi de point de départ à une littérature soi-disant sociologique aussi inexacte que dangereuse.

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