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ENSEMBLE

Les résultats fournis par les inlercantonaux et les interdéplrteraentaux sont plus nets que ceux des séries de migrateursy parce que ces derniers représentent la migration actuelle, facile et en partie contrainte, tandis que les premiers représentent des éléments plus anciennement mobilisés. Parmi les migrateurs mesurés dans riUe-et- Vilaine beaucoup étaient fraîchement arrivés des campagnes du Morbihan ou d'ailleurs pour se placer comme domestiques dans les fermes des environs de Rennes. Les produits d'unions mixtes supposent au contraire que l'un de leurs parents au moins avait déjà quitté son pays dès la pi^riode 1872-1876.

Je n'ai jamais recherché les sujets provenant d'unions entre

socialeSy p. 380. et Pundamental laws, p. 82, ont pour indice 81.0 au lieu de 82.9, moyenne des moyennes départementales.

Le tableau relatif aux paysans de Hédé, cantonaux et inlercantonaux, p. 379 des Sélections, est inexact. Le typographe a affecté les chiffres des cantonaux aux intercantonaux et réciproquement. J*ai fait la correction dans les Lois fondamentales.

liOLE SOCIAL DES AHYEKS 431

originaires de départements très éloignés : il est très difScile, quand on opère dans l'Ouest, d'arriver à une série suffisante de sujets Calvados-Vaucluse, ou Ardennes-Ariège. Mes registres contiennent cependant une assez grande quantité de ces interdépartementaui d'origines très lointaines, mesurés au conseil de revision, où l'on prend tout le monde. La plupart sont de véritables déracinés, dont les parents représentaient eux-mêmes des croisements régionaux fort divers. La plupart aussi appartiennent à la classe nomade des fonctionnaires, aux professions libérales, commerciales ou industrielles. Je trouve pour 30 sujets de cette catégorie, mesurés à Rennes ou dans les cantons voisins, les données suivantes : 194, 156, 81.0. Les dimensions absolues sont énormes, la longueur surtout, et l'indice plus bas que celui de toute autre catégorie, inférieur de deux unités à la moyenne nationale. Cet indice de 81 est à peu près le même dans quelque région de la France que Ton mesure des séries de semblables déracinés. Je crois que l'indice des élément^ complexes, qui ne se rattachent plus à aucune région, varie entre 80.3 et 82, suivant les catégories sociales. La classe qui devrait tendre le plus à se rapprocher de la moyenne, si la tendance à la péréquation n'était combattue par les aptitudes de race, est donc précisément celle qui s'abaisse le plus au-dessous de cette moyenne.

Loi de concentration des dolicholdes- — Les éléments migraleurs sont attirés par les centres de dolichocéphalie, qui s'enrichissent d'autant en dolichoîdes.

Cela ne veut pas dire que le dolichoïde attire le dolichoïde, mais que le second dolichoïde est attiré par la même cause que le premier. Je renvoie à Fundamental laivs, p. 82 et suiv., et slux Sélections, ch. xiii. Je n'ai pas de matériaux nouveaux h ajouter.

Je rappelle que la loi d'Ammon est un cas particulier de la loi de coQceat ration. Elle peut être ainsi Tormulée : Dans les régions où le type brachycéphale existe^ il tend à se localiser dans les campagnes^ et les types dolichoïdes dans les villes.

. Loi d'élimination urbaine. — La vie urbaine opère une sélection en faveur des éléments dolichoïdes et détruit ou élimine les éléments les plus brachycéphales.

De ceux qui immigreut dans les villes la plus grande partie périt sans descendants ou est remportée par ce qu'on appelle le courant de retour. Ainsi parmi les conscrits de Karlsruhe, Ammon a trouvé que les nombres des immigrés, des Gis d'immigrés et des filsd'urbains étaient respectivement G15, 119 et 48. De môme à Fribourg 403, 80 et 48. Les éléments dolichoïdes sont ceux qui parviennent le mieux à prendre pied. Ainsi à Karlsruhe le pourcentage des indices au-dessous de 85 s'élève de 66. G parmi les immigrants à 81.6 parmi les (ils d'immigrants et à 87.6 parmi les Qls d'urbains. A Fribourg, môme progression : 68.7, 72.3, 85.2. Réciproquement le pourcentage des indices de 85 et au-dessus décroît de 32.3 à 18.4 et 12.4 ; à Fribourg les proportions sont 31.3, 17.7, 14.8.

Les calculs ne sont pas terminés pour Rennes, mais les résultats sont identiques comme sens général.

Cette question de l'adaptation à la vie urbaine est distincte de celle de l'aptitude des populations urbaines à se maintenir par reproduction directe, mais elle lui est connexe. De nombreuses discussions ont eu lieu récemment, dans lesquelles on a confondu les deux questions. Je ne veux pas insister sur ces controverses, mais je crois utile de remarquer que les conditions de la natalité et de la mortalité urbaines se modifient en ce moment d'une manière qui rend difGcile la comparaison du passé et du présent. Une véritable révolution a été

opérée par les progrès de rarlillerie d'un côté, ceux de l'iadustrie de la traction électrique de Tautre. Les villes ont brisé leurs ceintures de Tortifications^ devenues inutiles, et se diffusent dans la banlieue, sans qu'il soit possible de délimiter la région urbaine et la région rurale. Les tramways dé pénétration permettent d'autre part aux personnes de profession urbaine de se loger au dehors, le long des routes parcourues par les lignes de tramways. II résulte de ce double fait une amélioration considérable des conditions de la vie matérielle des urbains et un mélange sans cesse plus complexe des ha* bitations des urbains par profession et des ruraux. Les statistiques ne peuvent plus prendre pour base des circonscriptions déterminées, et les chances de mort, sinon de naissance, se trouvent prorondément modifiées. Il faudra donc désormais attacher de plus en plus d'importance à la condition sociale de rindividu, et de moins en moins d'importance à son domicile. En d'autres termes, les recherches devront être dirigées surtout du côté de l'anthropologie de classe.

Loi de stratification. — U indice céphalique va en diminuant et la proportion des dolichocéphales en augmentant des classes inférieures aux supérieures dans la même localité. La taille moyenne et la proportion des hautes tailles] augmentent des classes inférieures aux supérieures.

J'ai publié dans les Sélections quelques documents relatifs à l'anthropologie de classe. Depuis cette époque' il a été publié de nombreux documents de même nature, ils ne donnent que des résultats partiels, sauf les statistiques de Livi^ mais leur

nature est trop précieuse pour que je me borne à les mention-

uer.

Je reproduis d'abord une section des Matériaux pour tAn* l'àrtbn. 28

ihropologie de VAveyron, qui complète les données relatives à ce département contenues dans les Sélections.

Les statistiques publiées en 1869 par Durand de Gros avaient donné une première indication concernant la différence d'indice des classes. Elles attribuaient aux urbains lettrés de Rodez Tindice 82.78, aux illettrés 83.96. En combinant les données de 1869 avec celles des Matériaux, on arrive pour le canton de Rodez à la hiérarchie suivante : classe lettrée 82.7, ouvriers 84 environ, paysans, différence d'âge prise en compte, à peu près 86 ou 86.5, ce dernier chiffre correspondant aux communes éloignées. Le crâne de la classe lettrée est plus volumineux, 187, 155.

Nous disposons d'un document plus curieux. Ce sont les mensurations de 112 élèves des établissements d'enseignement secondaire de Rodez, 23 du lycée, 89 des deux établissements ecclésiastiques. L'indice des lycéens est fort élevé, 87.31. En déduisant une unité pour la différence d'âge avec les adultes qui servent de terme de comparaison, il reste un indice égal à la moyenne du département ou à peine plus faible. Les élèves des deux établissements dirigés par des religieux donnent 85.46. Ensemble nos 112 collégiens donnent 85.84.

Les sériations sont curieuses, et confirment les moyennes.

Lycée 121il522îa211

Et. religieux 354646 40 1% 40 12 35331 2

Ensemble 3558 57 11 17 12 44 57542 2

Les élèves congréganistes donnent une forte proportion de faibles indices, qui détermine rabaissement de la moyenne. On sent qu'à l'élément analogue à celui qui fréquente le Lycée se joint un élément de conformation crânienne plus relevée.

Le crâne de nos lycéens n'a pas acquis ses dimensions adultes. Dans la série se trouvent réunis des âges divers, depuis 13 jusqu*à 20 ans. Cependant les dimensions absolues sont déjà très supérieures à la moyenne du département, 184.3 et 161 au lieu de 182 et i^. Le volume crânien, au sujet duquel je faisais encore naguère des réserves {Sélections^ p. 113 et s.), est bien décidément un critérium de premier ordre pour distinguer les éléments supérieursdes autres, surtout dans une population homogène. C'est ce qui résulte d'une foule de documents récents, et on en verra plus loin des exemples.

Nous pouvons comparer à nos lycéens une série de 33 élè« Tes de l'Ecole normale de Rodez, aveyronnais d'origine. L'indice céphalique est très élevé, 87.60^ ce qui est beaucoup pour une catégorie de jeunes gens dont Tâge moyen n'est pas beaucoup au-dessous de celui des conscrits. Les norma- Jiens^ plus âgés en moyenne que les lycéens, ont un tiers d'unité de plus. Ils représentent, en somme, une catégorie un peu au-dessous comme origine sociale, mais ils sont très nettement séparés par leurs dimensions céphaliques absolues de la classe dont ils sortent. La longueur est 185.4, la largeur 162.4. Bien qu'immatures, les futurs instituteurs ont déjà un excédent de 8 millimètres sur la longueur, et de plus de 5 millimètres sur la largeur. Il est probable qu'à l'âge adulte l'indice ne différerait guère de celui de la population générale, et serait d'environ 86 ou 86.2, mais l'excédent des dimeasions absolues ne pourrait que croître et atteindre à peu près un centimètre pour chaque dimension.

Il ne faudrait pas croire cependant que nos normaliens aient la tète plus volumineuse que les élèves^de l'enseignement secondaire. Si l'on exclut, en effet, les plus jeunes de ceux-ci, on trouve pour dimensions absolues des lycéens : 20 ans i87.4, 161; 19 ans 186, 161; 18 ans 187.6, 160.

AU point de vue de la taille, la différence des classes est très marquée.

11 lycéens de 20 ans 1.660

Conscrits

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