CHAPITRE HUITIÈME
l'avenir des aryens
Conditions du problème. -— Le métier de prophète est rempli de déboires. Richelieu ne se doutait guère qu'il dressait l'échafaud de Louis XVL Bismarck ne supposait pas qu'il paralysait pour longtemps TEurope centrale et occidentale, au bénéfice de TAmérique et des Russes. Les publicistes ont toujours aussi complètement échoué dans leurs prévisions que les hommes d'état. Ce n'est pas que le proMème de la connaissance de l'avenir soit insoluble en soi. Si l'on rejette l'intervention de l'arbitraire et du mystique dans les événements comme dans le jeu des phénomènes chimiques, il faut bien reconnaître que tout ce qui se passera dans Tavenir est déterminé d'une manière immuable. Le progrès des connaissances humaines permettra peut-être de lire dans l'avenir comme l'histoire lit dans le passée mais nous sommes bien loin d'en être arrivés à le faire. La part de l'imprévu, qui n'est ni l'arbitraire ni le surnaturel, se trouvant ainsi réservée^ je vais
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chercher quelles sont les perspectives d'aveair de lEiiropasus et des peuples chez lesquels il domine.
J'examinerai d'une manière indépendante deux questions réellement distinctes. La première est celle des chances de succès de lEuropœus par rapport aux autres races habiles à lui faire concurrence. La seconde est celle des chances des différents peuples de parvenir à réaliser à leur profit l'empire mondial, et des conséquences de cet événement lointain mais inévitable. Si Tholocralie doit être réalisée par un peuple plus ou moins Aryen, quelles seront les conséquences de l'état social qui suivra sur la pureté, sur la valeur de la race?
Les concurrents de TAxyen. Les Juifc— Le seul concurrtBut dangereux de l'Aryen, dans le présent, c'est le Juif. La question juive ne se pose pas cependant pas à mes yeux delà même façon qu'à ceux des antijuifs, et de Drumont en particulier, si nous prenons l'affaire du c5lé français. Pour Drumont et ses amis, l'Aryen c'est l'indigène, \e Français de nation, c'est-àdire en fait le brachycéphale plus ou moins pur ou mélangé i'Europœus, résultat des longues sélections du passé. Par la Révolution le brachycéphale a conquis le pouvoir, et par une évolution démocratique ce pouvoir tend à se concentrer, en théorie, dans les classes inférieures, les plus brachycéphales. L*anti5:émitisme politique a pour but de conserver l'œuvre de la Révolution, et d'empêcher le passage du pouvoir entie les mains des Juifs, et plus généralement des étrangers. Sur cet antisémitisme pohtique se greffe Tantisémitisme économique, forme du protectionnisme, et l'antisémitisme religieux, forme du cléricalisme.
L'Aryen tel que je l'ai défini est tout autre, c'est IH. Europœusy une race qui a fait la grandeur de la France, et qui est aujourd'hui rare chez nous et presque éteinte. C'est une race.
non pas un peuple, et les peuples qui s'y rattachent, Anglais, Hollandais, Américains sont des étrangers, et plutdt des ennemis pour nous. La question telle que je la comprends est donc surtout de savoir qui, des Anglais et des Américains ou^. des Juifs, possède le plus de chances dans la lutte pour Texis- \ tence. Dans ces conditions nous autres Français sommes intéressés dans la question comme le lièvre dont on discute la sauce, et notre sauce à venir peut être juive^ sans que le succès définitif des Aryens soit compromis.
Le problème ainsi posé comporte une explication qu'il ne faut pas différer. Si Europœus est bien une race zoologique, les Juifs sont plutôt une race ethnographique, et par suite le problème n'est pas identique en théorie h celui de la concurrence d'Europœus et d'Asiaticus, par exemple, ou d* Europœus et du brachycéphule Alpinus. En pratique cela n'a pas une grande portée. Si les Juifs sont une race factice, ils ont été poussés par leur mode d'existence à un degré d'unité psychique égal à celui des races zoologiques les mieux déterminées, ^ et si l'incohérence zoologique se reflète dans la psychologie du Juif, cette instabilité même est une caractéristique de leur psychologie.
En fait les Juifs, comme les Cbananéens en général, les Phéniciens, les Carthaginois, représentent une population bâtarde, issue du mélange d'envahisseurs dolicho-blonds et d*indigènes très divers de l'ancienne Palestine. A cet élément premier se sont joints, dans les diverses régions colonisées par les Juifs, des éléments indigènes très différents. Comme les Phéniciens, les Juifs étaient grands voyageurs, et plusieurs siècles avant leurdispersion ils se répandaient déjà dans toute TAsie occidentale et en Egypte. Partout où s'installait une colonie juive, la propagande religieuse augmentait bientôt le nombre des adeptes, mais le recrutement se faisait de telle
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^ façon que la psychologie juive était peu altérée. Il fallait pour devenir Juif une véritable affinité» semble t-il, avec le Juif d'origine. C'est pourquoi le Juif nous apparaît toujours le même au point de vue moral : à Babylone» chez les Pharaons, dans l'Egypte des Ptolémées^ dans la Rome de Cicéron, à Ephèse ou en Espagne, le Juif était ce que nous le voyons aujourd'hui en France, en Pologne ou en Hongrie. La nation juive contemporaine est le meilleur exemple de convergence psychi- ^que : l'indice varie de 77 en Algérie & 83 en Pologne^ les Joirs sont blonds, les Juifs sont bruns, mais partout ils sont les
^ mèmes^ arrogants dans le succès^ serviles dans le revers, eau • teleux, filous au possible, grands amasseurs d*argent, d*une
^ intelligence remarquable, et cependant impuissants à créer.
•-> Aussi dans tous les temps ont-ils été odieux^ et accablés de persécutions quMls ont toujours mise? sur le compte de leur religion, mais qu'ils semblent avoir méritées par leur mau-
^ vaise foi, leur cupidité et leur esprit de domination. Si Ton réfléchit que Tantisémitisme est bien antérieur au christianisme, qu'il remonte au moins au xv« siècle avant notre ère, il est difficile de voir dans le supplice du Christ la cause unique de la haine dont ils ont été poursuivis par les chrétiens. Tel qu'il est, avec ses défauts balancés au point de vue de ses destinées futures par de hautes qualités intellectuelles et un vif esprit de race, le Juif apparaît bien comme un con-
*^current sérieux de TAryen dans la conquête du monde. Il ne faut pas cependant se faire d'illusions sur l'étendue de ses chances, limitées dans l'espace et le temps.
La situation du Juif est, en eflfet, tout autre dans les pays brachycéphales, d'où il paraît chasser le dolicho-blond, et dans les pays vraiment aryens, où il paraît tout au plus capable de se maintenir dans une situation plutôt inférieure.
Domination éventuelle des Juifé en Occident. -— Sur le continenty le régime ploutocratique impliquerait d*une manière toute naturelle ravénement prochain d'une puissante oligarchie juive. Aucun autre élément ne possède une telle proportion d*hommes habiles à faire foisonner les millions, et à semer la corruption autour d'eux. Tout autour de nous, le Juif n'a pas de rival dans l'art d'exploiter le travail du brachyc'phale et de concentrer ses économies. Sous un régime où la seule inégalité reçue est celle de la fortune, le Juif est naturellement appelé à prendre le premier rang, et la forte organisation qui fait d*Israêl un état dans les états pourra lui permeltre d'éliminer de la classe dominante tous les autres éléments, dans la mesure qu'il estimera nécessaire.
Le caractère ubiquiste de la nation juive, unicjue et pa»t )Ut présente, lui permet de se superposer aux multiples nations de race inférieure, et Je constituer au-dessus d'elles un) puissante unité gouvernante. Les Juifs peuvent devenir pour la moitié de l'Europe ce que sont les Anglais dans Tin le. La conquête de la France, plus facile en raison de la constitution du pays et de l'absence d'aristocratie organisée, se poursuit en ce moment sous nos yeux. Avoir fait cette conquête sans bruit, sans bataille, sans répandie une goutte de sang. Ta voir faite sans autres armes que les millions des Français et les lois du pays, cet exploit est plus merveilleux que ceux d'Alexandre et de César. Chose plus merveilleuse, cette invasion interstitielle, cette conquête légale n*ont pas soulevé les rancunes que laisse toujours le sang versé. Les vaincus acceptent leur défaite : le maître qu'ils cherchaient, ils l'ont enfin trouvé. Si dans les classes dirigeantes et dans le commerce les protestations sont nombreuses, la masse des ouvriers, la masse plus grande des paysans se taisent et ne protestent pas. C'est que pour les pre:niers la perte est directe, est certaine, les hauts
emplois, les places lucratives, les bonnes maisons ne seront pins pour leurs enfants. Pour la masse des travailleurs manuels il ne s'agit au contraire que d*un changement d*exploiteurs, et il n'est pas encore évident à tous les yeux que l'oppression doive être plus lourde.
Les peuples catholiques ont si bien conscience de la cause de leur déchéance, due aux sélections religieuses plus qu'i toute autre cause d'usure, qu'ils sont disposés à tout souffrir des Juirs. Plutôt que de reprendre le joug de l'Eglise, ils accepteront la domination nouvelle, si pleine d'inconnu qu'elle soit. L'Allemagne du Nord sera peut-être plusdif6ci!e à dissoudre, mais la lutte des classes peut l'amener assez vite au point de maturité où se trouve la France, et les Juifs y sont dès à présent très puissants. C'est pourquoi il est possible que dans un avenir prochain l'Occident devienne, à l'exception de l'Angleterre, une république fédérative gouvernée par une oligarchie juive. C*est ce que semble présager la prépondérance de plus en plus grande des questions économiques, l'aptitude majeure des Juifs à concentrer les capitaux, et le développement sans cesse plus aecusé du régime ploutocratique.
A mesure que le régime ploutocratique, — si mal appelé démocratique *, — se développera en Europe, on peut donc s'at-
U Le mot démocratie fait bien, il plait au peuple : Demos aime loujours à être flatté. La chose est plus rare. Le gouyernement direct par le peuple, la seule vraie démocratie, n'est possible que dans un territoire très restreint, dont les affaires sont locales, et suppose une certaine aptitude de tous avec une grande égalité d'intérêts. Quand les aflbiires sont nombreuses, il n*j a plus de démocratie possible qu'entre aristocrates, comme à Athènes. Il faut alors une classe esclave qui travaille, pendant que Thomme libre vit sur la place publique. Aussi n'avons ^nous guère chez les peuples modernes, sans esclaves et trop grands, que le nom de la démocratie. Dans le Référendum suisse, on en trouve
tendre à voir se développer une puissante féodalité juive^ maîtresse du sol, des usines et du capital, proFondéoienl séparée du peuple par la religion, la race et l'orgueil. Le seul écueil sur lequel puisse se briser la destinée de la nation juive serait celui du socialism)» mais de longtemps ce dan-^ ger n'est p^us à craindre. Beaucoup de socialistes estiment que le mouvement de concentration des richesses entre les mains des Juifs doit être favorisé par tous les moyens. C'est le procédé le plus sûr et le plus doux de parvenir à la nationalisation des moyens de production. Il suffira de frapper une classe peu nombreuse, étrangère et détestée. Au sein du parti ouvrier j'ai moi-même propagé cette idée. Le raisonnement J n'était pas mauvais^ mais les Juifs l'ont fait aussi et se gardent. Il n'y a pas de révolution socialiste possible tant que dureront les formidables armées d'aujourd'hui^ dont la fonction, il faut bien le dire, est plutôt de maintenir le régime plouto-
une trace, mais je crois que le Référendum serait d'application difficile chez les nations plus grandes, en France, en Allemagne. Il pourrait cependant intervenir peut-être dans les affaires municipales. Sous l'Empire, le plébiscite était une institution du même ordre, mais d*applica- ^. tien très limitée et faussée. Il n'a pas donné de brillants résultats. Pour ne pas renoncer au mot, on baptise démocratie un régime qui n*a rien de commun avec la démocratie, sauf le nom. On entend souvent par là un régime où le pouvoir est censé exercé par la plèbe, ou pour la plèbe. En réalité la plèbe, pas plus que la classe instruite, ne joue un rôle actif dans le choix des représentants. Ceux-ci sont, en réalité, désignés par des oligarchies sans mandat, et gouvernent dans l'intérêt de coteries, mais surtout dans le leur. En Allemagne, qui ne se pique point de démocratie, le sort des paysans et des ouvriers est infiniment mieux assuré par les lois qu'il ne l'est chez nous, et l'esprit des codes est plutôt voisin du socialisme. Leckj a fait de nos fausses démocraties une ^ critique très dure (Democracy ani Liberty , London, 1896). Voyez aussi Bodlej, France, London, f898.
cralique contre les tentatives de révolution intérieure que de défendre chaque pays contre son voisin. Il suffirait donc aux Juifs de se réserver les charges de judicature et les hauts emplois militaires pour maintenir leurs sujets dans la soumission, comme les Français font en Indo-Chine et les Anglais dans rinde.
Je crois que la domination juive ne sera pas plus douce que le fut celle des Carthaginois. Le sang est au fond le même, la psychologie la même. On voit trop le Juif obséquieux qui demande, on oublie le Juif arrogant qui commande. Il y a chez cet être, à double face, de la femme qui ruse et caresse pour corrompre, du prêtre hautain et dominateur. Si les Juifs fournissent très peu de criminels de sang, et une proportion si forte de voleurs, de faussaires et d'escrocs, ils sont plus vindicatifs que doux, et ce qu'ils craignent c'est le gendarme et le juge. Depuis la Commune, une seule fois le peuple et l'armée se sont trouvés aux prises. C'était à Fourmies, et un Juif fit ouvrir le feu. Je crois que la répression des tentatives des ouvriers, des paysans aussi que l'oppression pousserait à Témeute serait souvent terrible, dans un but exemplaire. Un feu en rafale couchant des centaines de cadavres à terre rn trente secondes calmerait les esprits très au loin. Et si l'armée nationale, bien que très disciplinée, encadrée de chefs juifs ou dévoués entièrement au régime de la ploutocratie juive, laissait cependant à désirer^ il serait aisé de faire faire les plus dures besognes par les régiments jaunes ou noirs, dont la base de recrutement serait assurée par les vastes colonies af.portées par la France et l'Allemagne.
Est-il probable que les Juifs aillent plus loin, parviennent à se substituer à la population indigène éliminée par la misère ou autrement? Je ne le crois pas. Le Juif est de nature incapable de travail productif. Il est courtier, spéculateur, il n'est
pas ouvrier, pas agriculteur. Organisé pour s'emparer habilement du fruit du travail d'autrui, le Juif ne peut exister sans une population bien plus nombreuse d'inférieurs qui sèment^ récoltent^ tissent et construisent pour lui. S'il n'est pas la première aristocratie du monde, il est certainement la mieux adaptée à la vie parasitaire. Prédateur^ rien que prédateur, il est un i>ourgeois, il ne peut, ne veut être qu*un bourgeois. Il existe en Pologne de fortes masses de Juifs ruraux, et beaucoup de Juifs travaillant dam les manufactures. Les premiers sont de mauvais agriculteurs, vivant surtout d*usureet delà vente des boissons. Les seconds sont de mauvais ouvriers, mal musclés^ peu résistants, maladoroits. C'est la né-/ cessité des lois du pays qui les réduit à ces conditions, et non leur libre choix. Dans les autres pays on ne rencontre guère de Juifs cultivateurs ou fabricants. Les statistiques sont très curieuses. Le recensement du 14 juin 1895, a donné pour le royaume de Prusse les résultats suivants.
Evangéliques (protestants) 20.247.447
Catholiques 40.805.961
Juifs 361,944
Sans confession ou appartenant à d'autres confessions 404.963
Voici maintenant la répartition des confessions dans les diverses branches de l'activité, humaine, l^e pour cent indiqué est pris relativement à la population de chaque confession, considérée isolément :
Agriculture et occupations connexes
Evangéliques 3.000.963 32.96 0/0
Catholiques 4.765.525 37.06 0/0
Juifs 4.650 1.03 0/0
472 L'AUYEN
\, forges, industrie du b&timent
Evangéliques 3.013.444 33.08 0/0
Catholiques \ 690J63 35.47 0/0
Juifs 33.246 20.67 0/0
Oommerce et industrie. — * Assurances
Evangéliques 436.306 5.01 0/0
Catholiques 172.074 3.61 0/0
Juifs 82.069 51.04 0/0
Ck)mmerce de détail, aubergistes, etc.
Evangéliques 449.482 4.94 0/0
Catholiques 186.939 3 92 0/0
Juifs 4.506 2.80 0/0
Services domestiques. — Salariés y compris les domestiques
Evangéliques 768.689 8.44 0/0
Catholiques 362.928 7.62 0/0
Juifs 4.791 2.98 0/0
Militaires. — Service de TBtat, de la cour. — Professions
libérales
Evangéliques 577.688 6.35
Catholiques 233.081 4.89 0/0
Juifs 9.804 6J0 O/O
Sans profession
Evangéliques 839.054 9.22 0/0
Catholiques 353.831 7.43 0/0
Juifs 24.732 15.38 0/0
Parmi les personnes sans profession, nous trouvons 15 0/0 chez les Juifs contre 9 0/0 chez les protestants et 7 0/0 chez les catholiques. Les Juifs occupés à l'agriculture ne font que i.03 0/0 de Tensemble des Juifs, contre 32.96 0/0 des protestants ot 37.080/0 des catholiques. Plus de la moitié, 51 0/0»
vît du coinm3rce, et 6.10 0/0 exercent des professions libérales, proportioQ bien plus forte que chez les confessions chrétiennes^ dont il faut défalquer d'ailleurs le corps nombreux de^ officiers. L'enseignement occupe 1.69 0/0 des Juifs, proportion plus forte que dans les autres confessions : prolestants 1.21 0/0, catholiques 1.11. Il ne faut d'ailleurs pas perdre de vue que les Juifs appartenant à peu près tous aux professions bojrgeoises, il faudrait les comparer aux bourgeois prêtes tants et catholiques et non à la masse.
Cette proportion est à peu près la môme dans les divers pays pour lesquels il y a des statistiques. Nous n'en avons pas en France. De peur de mécontenter M. Homais, le gouvernement a depuis longtemps supprimé des feuilles de recensement toute question relative à la religion. Il en résulte que nous ne savons même pas combien il y a de Juif^ en France, v ce qui serait facile, presque tous les Israélites de religion étant Juifs de nation, et presque tous les Juifs Israélites. Ce qui est certain c'est que l'on ne voit jamais de paysans ou d'ouvriers juifs. Chez nous plus que partout il faut comparer ^ le nombre des Juifs à celui des bourgeois et non à celui de l'ensemble de la population. Ce qui tend sans cesse à faire exagérer encore l'importance si grande de l'élément juif, comme de l'élément protestant, c'est qu'on oublie qu'ils re • présentent des états-majors sans soldats. Si nous avons en France lOO.OJO Juifs, mais tous dans le commerce ou dans les professions libérales, il est évident qu*ils doivent représenter un pour cent de ces professions sans rapport avec les proportions des divers groupes religieux dans la nation.
De telles conditions sont très défavorables à la perpétuité d*une domination. Les Juifs, à la différence des autres aristocraties, tendent à se multiplier au lieu de s'éteindre, mais leur multiplication se limiterait s'il s'agissait de fournir des
éléments destinés à remplacer nos ouvriers et nos paysans. Dans les conditions ordinaires, le mouvement se Tait de bas en baut^ jamais de haut en bas. Je ne croîs pas qu'il soit dans le naturel des Juifs d'essayer^ pour consolider leur domination, une cbose aussi anormale. Leur fécondité diminuera dès que le nombre de parasites compatible avec la vie sociale se trouvera dépassé.
Caractère éphémère de cette domination. — II faudrait d'ailleurs, pour arriver à une substitution complète, un temps plus long que la durée probable de cette domination. Les Juifs ont une natalité utile très supérieure à celle des populations au milieu desquelles ils vivent. Us ne font pas toujours plus d'enfants, mais ils en amènent davantage à l'âge adulte. Aussi leur nombre crolt-il relativement plus vite, ce qui, en bonne mathématique, leur assurerait une écrasante majorité dans un temps donné : seulement ce temps est éloigné de plusieurs siècles.
Dans la durée de ce siècle^ le nombre des Juife est pour toute l'Europe passé de 2 à 10 millions. S'il venait à quintupler de même dans le siècle prochain, cela ferait environ cinquante millions d'hommes en 2000. Ce nombre suffirait amplement à pourvoir le commerce, les administrations, l'enseignement, la justice, toutes les professions libérales, tous les emplois où l'on ne meurt pas de faim, mais il ne saurait suffire à remplacer les masses ouvrières et rurales. Les Juifs ne constitueraient donc qu'une caste d'autant plus détestée que son nombre plus grand rendrait son entretien plus onéreux à la masse des travailleurs. Cet édifice ne résisterait pas aux efforts extérieurs. Les Juifs fussent-ils arrivés à écarter le danger de la conquête de l'Occident par la Russie, ou à devenir les maîtres de la Russie elle-même, victorieuse de l'Occident,
leur puissance resterait à la merci d'une conquête aryenne^ car le Juif désorganise tout ce qu'il touche, ne possède ni l'esprit de gouvernement ni Tiustinct militaire nécessaire à ^ la conservation des empires. Les Etats-Unis d'Europe deviendraient donc un jour pays de conquête, une sorte de Chine, et les Juifs retourneraient bientôt à leur état naturel d'intermédiaires soumis entre l'Aryen et le brachycéphale.
Le Juif n'a jamais eu le sens politique. Il a le tempérament anarchiste, et depuis l'antiquité la plus haute ce caractère ^ est de race chez lui. Jamais les peuples chananéens ne sont arrivés à sortir du régime de la peuplade et de la cité. Et quelles cités! Prenez Tyr ou Jérusalem, Sidon ou Carthage, ie temps des Aménopbis ou celui des historiens grecs, partout la discorde, la gurrre civile en permanence, le massacre et la tyrannie. De larges calculs et de prévisions séculaires, ^ point de traces. Le condere in setemum est inconnu de ces peuples : or gouverner c'est prévoir, et faire comme si la nation devait atteindre les limites du monde et de l'éternité.
En vain le noyau chananéen des communautés juives d'Europe s'est agrégé des éléments locaux. Sauf peut-être pour les Ehasares, Taffinité qui a présidé à cet accroissement était si étroite que la psychologie primitive n'a pas changé. Les ordres religieux réalisent ce miracle de conserver le même esprit d'âge en âge, bien qu'ils se recrutent par cooptation. Entre ces ordres et la nation juive il existe des analogies profondes sur lesquelles je ne saurais trop insister. Les communautés, j'allais dire les congrégations juives, se sont ainsi agrégé seulement les individus nés pour être Juifs, comme un > cristal plongé dans une solution complexe devient le centre d'une cristallisation homogène. Et l'esprit d'anarchie, l'esprit impolitique des ancêtres de Jérusalem et de Carthage souffle encore sur les métis des vieux Chananéens.
Le Juir^ obéissant à ses aptitudes prodigieuses de spéculateur et d'escroc, traite toute aflTaire politique comme une spéculation ou une escroquerie. Il ne voit que le résultat immédiat^ quel'avantage direct, sans s'inquiéter des répercussions. C'est le parfait opportuniste, jamais il ne se doute que l'avenir est fils du présent^ il ne vit que dans et pour le présent. C'est pourquoi sa direction politique n'est pas seulement immorale» mais encore et surtout destructive.
Les Juifs n'ont pas davantage l'esprit militaire. De CandoUe a d'ailleurs montra pourquoi^ et par suite de quelle sélection. Au temps où les Habiri possédaient sans doute plus de sang blond, ils inquiétaient fort Rib-Addi^ roi de GebaU qui s'en plaignait, comme nous savons, très amèrement à Aménophis. Mais il y a de cela 3500 ans. La défense de Carthage, celle de Jérusalem montrent ce que peuvent déployer d'héroïsme farouche les Chananéens au désespoir, mais aux jours des plus grandes conquêtes de Carthage, les armées étaient composées de mercenaires. Je doute ^ue les troup is confiées à la direction des Juifs présentent jamais un esprit militaire. Si redoutables d'ailleurs queces armées puissent être, il suffirait de la cavalerie de S. Georges pour en avoir raison.
Les Aryens n*ont donc pas à se préoccuper de la concurrence des Juifs dans la direction des peuples. Quand même le rêve politique de l'ambition juive viendrait à se réaliser, chose possible en somme dans cette piriode de l'histoire oix l'intérêt économique est seul pris en considération, le désordre et l'anarchie mettraient promptement à la discrétion des peuples guerriers de race blonle les Etats qui auraient accepté la domination sémitique. Si grandes que soient les forces des peuples soumis à sa direction, le Juif se chargera lui-mèiae de les désorganiser, de les détruire, et de faire partie belle à ses adversaires.
De Candolle a dressé ua tableau saisissant de ravenir d'une
Europe juive *. Le grand botaniste genevois, qui a été le
\. Histoire des sciences et des savants, 2* éd., p. 173*175. Le passage est un peu loDg, cependant je veux le citer tout entier.
a Si l'Europe était entièrement peuplée d* Israélites, voici le singulier spectacle qu'elle présenterait. Il n'y aurait plus de guerres, par consé- >/ quent le sens moral ne serait pas si souvent froissé, des millions d'hommes ne seraient pas arrachés aux travaux utiles de toute espèce, et Ton verrait diminuer les dettes publiques et les impôts. D'après les tendances connues des Israélites, la culture des sciences, des lettres, des ai ts, surtout de la musique, serait poussée très loin. L'industrie et le com- ^ merce seraient florissants. On verrait peu d'attentats contre les personnes, et ceux contre la propriété seraient rarement accompagnés de vio« lence. La richesse augmenterait énormément par TefTet d'un trtviiil ' intelligent et régulier, uni b. l'économie. Cette richesse se répandrait en charités abondantes. Le clergé n'aurait point de collision avec l'état, ou bien ce serait seulement sur des objets secondaires. Il y aurait malheureusement des concussions et peu de fermeté chez les fonctionnaires pu- ^ blics. Les mariages seraient précoces, nombreux, assez généralement , respectés ; par conséquent les maux résultant du désordre des mœurs seraient rares. Les naissances seraient nombreuses, et la vie moyenne prolongée. Par toutes ces causes, la population augmenterait énormément. Ce serait un peu l'état de la Chine, avec plus de moralité, plus d'intelli-gence, plus de goût et sans les révoltes et les massacres abominables ^ qui déshonorent le moins céleste des empires.
Après ce tableau, qui n'a pas demandé beaucoup d'imagination, puisqu'il est basé sur des faits connus, je me hâte d'ajouter qu'une société ainsi composée ne serait pas viable. Pour peu qu'il restât en Europe quelques enfants des anciens Grecs ou Latins, des Cantabres ou des ^ Celtes, des Germains, des Slaves ou des Huns, l'immense population supposée serait bientôt soumise, violentée et pillée. Plus ses richesses seraient grandes, plus vite on la dépouillerait. Plus la race serait belle, plus on la traiterait comme celle des Circassiens et des jeunes captives qui pleuraient jadis à Bab^^lone. Si les barbares manquaient en Europe, il en viendrait d'au delà des mers. >)
Dans mon cours de 1890-1891, Les SémiteSf leur rd/6Socia2, j'ai consacré plusieurs leçons à la question juive. S'il m'est possible de publier ce volume, on j trouvera des détails plus complets. Voyez quant & prései.t^ Sélections sociales, p. 76, 139, 276, 3V6, 3ol, 479.
guide et le conseiller de mes premiers travaux de science politique, n*a pas assez prolongé son existence pour voir comme je le fais son hypothèse en voie d*ètre réalisée. Les événements marchent maintenant avec la rapidité de l'orage. La liquidation de la vieille Europe commencei le soldeur est à son poste, elle est commencée!
11 est assez curieux de voir que les Juifs ne paraissent pas avoir compris d'abord le rôle politique assigné à leur race par la destinée. C'est d'une manière automatique, et probablement tout à fait inconsciente, que la conquête du pouvoir dans lEu rope centrale et occidentale a commencé. Dès que les Juifs ont été livrés en toute liberté à l'exercice de leurs instincts, dans une société où les intérêts économiques sont considérés eu première lignc^ leurs aptitudes majeures à l'accumulation des capitaux les ont désignés comme les hauts barons de l'aristocratie du capital. C'est par l'acquisition des richesses que commencent toutes les aristocraties, mais la leur a cela de particulier qu'elle s'est fondée sur une acquisition paciGque et dépourvue de risques. Ils se sont emparés de l'argent par la force des instincts ataviques^ et l'argent leur donnera bienldt sans doute la suprême puissance, parce qu'il est aujourd'hui seul Dieu et seul roi.
Les Juifs clairvoyants ont pris conscience de ce rôle. L'idée d'une conquête possible du pouvoir^ et de son exploitation raisonnée, devient peu à peu courante dans Israël. Il se constitue, par la force des choses, une puissance gouvernementals qui ne connaît pas de frontières, et qui peut conduire,. s'il n'arrive point d'accident, à la constitution de ces Etals-Unis d'Europe, subordonnés à une oligarchie juive, dont j*ai parlé déjà comme d'une hypothèse admissible. Le mouvement qui s*opère ainsi devient plus volontaire, plus raisonné. Il se révMe aux yeux perspicaces par une inGnité de faits, et je suis
étonné que si peu de contemporains le comprennent. A part les livres de Drumont et de quelques antisémites^ à part un petit nombre de mémoires et de brochures allemandes et un petit livre bien inconnu sur led^£tats Unis d'Europe et la domination juive, écrit en français par un auteur dont j'ai oublié le nom, presque rien n'a été publié sur cette question importante.
Dans ces dernières années, beaucoup de Juifs, désireux de se constituer unepatriCy ont songea restaurerl'ancien royaume juif de Palestine. Les colonies fondées par un des Rothschild et qui prospèrent, ont été le poiiit de départ. Aujourd'hui ce qu'on appelle le mouvement sioniste prend des proportions très grandes. Je ne crois pas qu*il aboutisse à un exode, et à régulariser la situation anormale d'une nation qui depuis près de vingt siècles vit sans patrie et ue s'en trouve point plus mal. La restauration du royaume juif de Palestine n'empêcherait pas l'immense majorité des Juifs de rester cosmopolites. Le but paraît d'ailleurs bien mesquin aux ambitieux d'Israël, qui commencent à entrevoir comme une chose possible la domination réelle d'une moitié de l'Europe.
Ce n'est pas le mouvement sioniste qui déterminera l'échec des prétentions juives à la domination. J'attache plus d'importance à une autre cause, de nature purement religieuse. La force d'Israël est dans son exacte séquestration sexuelle. Cette ^ séquestration est due à une cause religieuse. Elle peut cesser avec cette cause, et Israël, déjà soumis à l'usure de sélections dont son isolement social le préservait jusqu'ici, serait exposé en outre aux conséquences du croisement, et à l'absorption par des masses plus grandes.
Une opinion propre naguère à quelques indépendants fait son chemin dans les milieux protestants, religieux et médita tifs. C'est que le Christ n'était point Dieu, fils de Dieu. Jésus
que ses disciples et lui-même croyaient leMessie, n'était que le plus grand des prophètes d'Israël^ avec la mission sublime d'apporter la dernière parole. Le Messie viendra seulement aux jours derniers, à la veille delà fin lointaine du morde. Le Nouveau- Testament se trouve ainsi soudé à l'Ancien, il n'y a plus qu'un Testament, qu'un Livre. Cette opinion ne change rien aux principes de conduite du christianisme, elle ne change que la conception reçue de la mission du Christ.
Et en même temps, parmi les Juifs, un nombre sans cesse croissant regarde le Christ comme prophèto, et fait du Nouveau-Testament le complément de l'Ancien. Protestants et nt^ojuifs arrivent ainsi à une croyance commune, et si demain appartient, chose possible, à cette conception nouvelle de la mission du Christ, le christianisme dans sa forme nouvelle ^ ne sera plus qu'une secte duMosaîsme, ou plutôt les deux religions finiront par se fondre en une seule.
Cette tendance, inconsciente chez la masse, très précise chez beaucoup, nous explique l'entente facile des protestants et des Juifs. Elle mérite d'être considérée avec une at:entioQ extrême, car nous sommes peut-être à la veille d'une trans-
^ formation du christianisme auprès de laquelle la Réforme de Luther deviendrait peu de chose. Les conséquences de révolution en cours peuvent modifier d'une manière complète les probabilités d'une phase de domination juive en Occident. Si risolement religieux des Juifs vient à cesser^ leur nation se dissoudra aussi promptement qu'un morceau de sucre plongé dans un verre d'eau. Quelle serait TinQuence de leurs descendants métissés, il serait difficile de le dire. Il existe peu de semblables métis. Les plus en vue chez nous sont affublés des plus grands noms de France. Les grandes familles, contraintes par les rois de résider à la cour pour être mieux surveillées,
' se sont adaptées sans retour à la vie parasitaire. Elles vivent
aujourd'hui aux dépens des rois de la Bourse, après avoir vécu de la bourse des rois. Leurs (ils épousent des Juives, leurs filles sont les maîtresses des Juifs. Le croisement des affranchis du Ghetto avec les enfants des courtisans et des courti-^ sanes de Louis XV ne p irait pas jusqu'ici donner des sujets bien brillants.
Les Bi achycéphales. — Il semblerait superflu d'essayer d'évaluer les chances des brachycéphales. Les étals brachycéphales, France, Autriche, Turquie, sans parler de la Pologne ' qui n'est plus, sont loin d'offrir la vitalité des Etats-Unis ou de l'Angleterre Cependant la médiocrité même du brachycéphale est une force. Ce neutre échappe à toutes les causes de destruction. Noiraud, courtaud, lourdaud, le brachycéphale règne aujourd'hui de l'Atlantique à la Mer Noire. Comme la mauvaise monnaie chasse l'autre, sa race a supplanté la race meilleure. Il est inerte, il est médiocre, mais se multiplie. Sa patience est au-dessus des épreuves ; il est sujet soumis, soldat passif, fonctionnaire obéissant. II ne porte pas ombrage, il ne se révolte point. Ces qualités purement passives ne l'ont pas servi dans les Iles-Britanniques où il a perdu pied. En présence d'éléments aryens d*une particulière énergie, et placés par les lois en bonne posture pour en faire usage, le brachycéphale a disparu comme trop inférieur. 11 n'est pas démontré que, dans les pays aryens, la lutte doive être, dans l'avenir, aussi défavorable pour lui que dans le passé. Les conditions légales et la coutume peuvent changer. Il est possible qu'avec le temps les états les plus favorables au développement de l'individualité passent par les phases traversées déjà par la France et par les états latins et brachycéphales. En ce cas^ le progrès des servitudes sociales et de l'interdépendance, — obligation de faire ceci, de ne pas faire cela, chaque homme grevé de servi-
L'ABTEN. 31
ludes au bénéfice de tous, — peut faire qu3 l'avenir soit aux
"^ plus serviles.
Ne l'oublions pas, la masse des règlements, des obligations
^ légales, croit rapideiueut parlout. Les Etals-Unis eux-mêmes présentent à l'heure actuelle une telle floraison de papier
v/ coercilif qu'on se demande ce qui pourra bien èlre permis dans un siècle. Si ce mouvement, qui se développe d'une manière inévitable, vient à s'accélérer, peu i:t) portera, dans un temps donné, que le caractère d'un homme soit ou ne soit pas énergique, entreprenant. Ce qu'il pourrait avoir envie de faire, et le voisin pas, la loi lui défendra de le faire, et l'homme actif sera dans ses actions très près de l'homme inerte.
Les chances du brachycéphale tendraient à devenir plus sérieuses encore si l'empire mondial était réalisé par les
^ Russes, peuple de bureaucrates. 11 est probable que la domination des Etats-Unis subirait une orientation plus libérale, mais celle de la Russie serait très probablement administra-
. tive et conduirait tout droit à une réglementation unique pour l'univers, à un fonctionnarisme universel, socialisme absolu
' compatible avec tous les gouvernements possibles. Et certainement ce fonctionnarisme est ce qui convient au brachycéphale. En France, dans ces cinquante dernières années, le nombre des fonctionnaires est passé de 188.000 à 416.000. Il en est ainsi dans les autres pays brachycéphales, et même en Suisse, où l'avènement politique des couches inférieures a fait disparaître les principes de bonne administration et de liberté. Si Ton continue à exiger, comme première qualité d'un sujet,
' qu'il soit parfaitement inerte et soumis & l'autorité, le brachyciphale finira par avoir le dernier mot. Race amie de la servitude, sans cesse à la recherche de maîtres et peu difficile dans leur choix, il peut user toutes les races capables de lui fournir ces maîtres, et rester seul, couvrant la terre de sa
postérité docile et midiocre. Seuls les noirs et certains jaunes pourraient être pour lui, dans cette sélection à rebours, des concurrents dangereux.
Les races colorées. — Les races colorées, H. asiaticus, H. A fer sont des concurrents de l'avenir plutôt que du présent. Les* Japonais, les nègres des Etats-Unis et des Antilles sont pour le moment les seuls représentants A^ ces races qui constituent un danger, et il est d'ordre bien secondaire. Dans l'avenir, quand le demi-milliard de jaunes de TExtrème-Oricnt sera parvenu à un degré de civilisation plus analogue au nôtre, les difficultés deviendront plus grandes. Il en sera de môme quand les populations noires de TArrique, douées d'une si grande fécondité et que nous empochons de s'égorger, rempliront le continent do leurs masses compactes et fardées de civilisation.
Le Japonais et le Chinois surtout possèdent de remarquables aptitudes économiques. Ils valent, au point de vue commercial, les Arméniens, les Juifs et les Anglais. Ils ont sur les Juifs un grand avantage : agriculteurs sans pareils, ils tiennent au sol par des racines profondes et ne constituent pas une simple classe bourgeoise, mobile et sans cesse exposée à l'usure sans pouvoir réparer ses pertes en puisant dans des réserves.
Je ne crois pas beaucoup aux dangers d'une invasion jaune faite par les armes ^ Si elle se produit, ce ne sera point sous
\ . On parle couramment des peuples jaunes comme de peuples usés par une civilisation remontant aux âges les plus lointains. C'est une erreur, comme pour l'Inde. Les Chinois paraissent être venus en fort petit nombre du Turkestan sur les bords du fleuve Jaune. Peut-ôtre leurs conducteurs avaient-ils été chassés de Ghaldée par quelque révolution, les plus anciens caractères chinois paraissant conserver la forme des caractères chaldéens du trentième siècle. La civilisation chinoise s'est développée lentement. Le premier souverain historique, Yu, date de 2205.
la forme d'une conquête chinoise. Il est très douteux maialenant que les peuples de l'Ëxtrème-Orient puissent conserver leur indépendance. 11 est peu probable qu'ils parviennent à la recouvrer après Tavoir perdue. Ce que je crains au point de vue militaire, c*est Temploi contre les races blanches de puissantes armées jaunes, fait par les nations européennes maîtresses de la Chine. Je crains les garnisons jaunes ou noires installées dans les villes de France ou d'Allemagne, pour y maintenir l'ordre, c'est-à-dire l'oppression des peuples d'Occident par les gouvernements occidentaux, avec l'appui des armées noires ou jaunes. Je crains encore plus qu'au jour de la grande lutte, l'écrasement de l'Occident ne soit l'œuvre des millions de soldats chinois que le Tsar russe pourrait encadrer dans ses troupes.
Au point de vue économique, il ne faut pas s'exagérer les dangers de la lutte de l'ouvrier à cinq francs contre l'ouvrier à cinq sous. La productivité de Touvrier jaune est très audessous de la moyenne, et le prix de la main d œuvre ira en augmentant là-bas quand elle sera plus demandée. L'ouvrier américain, si cher payé, n'en écrase pas moins l'ouvrier fran* çais moins payé : il produit plus que lui, à salaire égal. La concurrence des manufactures asiatiques ne sera vraiment
La Chine, au commcncemeat de notre ère, ne comptait qu'une trentaine de millions d'habitants, et a singulièrement progressé en toutes choses depuis deux mille ans. L*Indo-Chine ne parait a?oir été civilisée qu*à partir du commencement de notre ère, par desindous et des Chinois. Quaa) au Japon, il a commencé avec les nations modernes d'Occident. Le premier empereur, Kamî-Yamato, daterait de 667 av. J.-C, mais les arts de la civilisation paraissent n'avoir été importés de Chine que du ii* au V* siècle de notre ère. La première date historique certaine est de 461 ap. J.-G. La population était en 610 de 5 millions d'habitants, elle est aujourd'hui de 43 millions.
redouta'ble que le jour où elles auront sélectionné leurs ouvriers pour en obtenir un rendement élevé. 11 n'en est pas moins vrai que Ton peut se demander si la concurrence ne fera pas baisser les salaires en Europe et en Amérique et si certaines nations pourront conserver leur marché, en présence de concurrents vendant moins cher. L'industrie est menacée^ dans des conditions indéterminables quant à présent, d*une catastrophe analogue à celle qu*a subie l'agriculture, mais tandis que les terres délaissées reprendront leur valeur le jour où, la culture du blé occupant toutes les terres capables d'en produire à bon compte, la demande continuera à croître, il est à craindre que certains pays industriels ne puissent arriver à substituer aux industries vaincues d'autres plus prospères et ^ mieux appropriées au milieu. Dans ce cas certaines nations, l'Angleterre, l'Allemagne, pourraient être frappées de déchéance, et leur population forcée de se disperser.
Il est même possible que l'importation directe d'ouvriers jaunes vienne changer les conditions actuelles du travail en Occident. Les Etats-Unis se défendent. Je ne sais si l'Europe pourrait se défendre de même, surtout si la qualité de citoyens venait à être accordée aux Chinois soumis à la France par exemple, ou à l'Allemagne. Cette entrée d'éléments jaunes dans les nations occidentales ne pourrait être indéfiniment retardée si les principes politiques actuels continuaient à dominer. Il ne serait pas longtemps possible de refuser la qualité de citoyens aux Chinois, dont les aptitudes sociales et politi- ' ques sont plutôt au-dessus de la moyenne de celles de nos électeurs français. C'est un danger positif, et que Ton ne semble pas apercevoir, des annexions faites ou projetées en Extrême- Orient. Je ne sais si je me trompe, mais dès le jour où j'ai vu commencer le dépècement de l'Afrique et de l'Extrême-Orient, il m'a semblé que la cause du prolétariat d'Occident se trou-
Yâit pour biea longtemps comprocnise. Ce n'est pas pour nos éléments sociaux supérieurs que la concurrence jaune ou noire est à craindre, mais pour nos éléments inférieurs. Si le travailleur jaune ou noir se trouvait substitué un jour au brachycéphale, ce serait un changement à coup sur, mais non un progrès pour Thumanité.
A cela on me répondra : qu'importe? que la fabrication se fasse à Paris ou à Canton, par des mains jaunes ou par des mains blanches, l'industrie n'y perdra rien. Pardonl il n'est pas indifférent, pour moi, que le travail me soit enlevé au bénéfice du voisin. Et si je possède un domaine, je serai médiocrement consolé si l'on m'assure que dans cent ans il sera cultivé avec soin, mais par un Chinois. Je préférerais qu'il le fût par mes petits-fils, et que la prospérité de ma descendance se trouvât assurée.
M. Novicowa fait (Les luttes entre sociétés humaines, p. 561) un raisonnement du même ordre. « Une autre erreur capitale des sociétés consiste à se préparer des réserves pour l'aveuir. Ainsi les Américains ne permettent pas l'immigration des Chi nois. Ils disent qu'il y a plus d'avantages à laisser les régions du Pacifique et du Far-West à l'état de solitudes pendant de longues années qu'aies peupler de Célestes, parce qu'elles serviront aux besoins des générations futures. Cette conduite est des plus désastreuses, pour plusieurs raisons. D'abord l'expaasion nationale ne se fait pas seulement parle peuplement mais par l'assimilation. Si dix ou vingt millions de Chinois vont en Amérique et adoptent l'anglais comme langue maternelle, la culture anglo-saxonne aura un nombre d'adhérents plus considérable. » ,
Assurément, si le Chinois était assimilable, mais sa psychologie s'y oppose. 11 n'est pas inférieur à la plupart des Européens, mais il est autre. L'idée même d'assimilation est
con: Faire à la biologie. J'ai déjà opposé plus haut la notion naturelle de la nation et la fiction juridiq le. C'est d'ailleurs v toujours le même raisonnement d'économiste, qui ne connaît rîenen dehors de la richesse. Je pense au contraire que Thorame n'est pas fait pour le service du capital, mais le capital pour ^ le service de Thomme. C'est pourquoi je crains bien de ne jamais m'entendre avec M. Novicow, et son Avenir de la race blanche, qui contient de très bons passages, n'a pas produit sur mon esprit beaucoup d'impression.
Au point de vue sélectiouniste, je regarderais comme fâcheux le très grand développement numérique des éléments jaunes et noirs, qui seraient d'une élimination difficile. Si toutefois la société future s'organise sur une base dualiste, avec une classe dolicho-blonde dirigeante et une classe de race inférieure confinée dans la main d'œuvre la plus grossière^ il est possible que ce dernier rôle incombe à des éléments jaunes et noirs. En ce cas d'ailleurs ils ne seraient pas une gêne, mais un avantage pour les dolicho-blonds. Il ne faut pas oublier que rabolition de l'esclavage a été motivée surtout par des considérations chrétiennes, et qu'en somme cette institution, jugée en dehors de toute conception surnaturelle de l'homme, n'a rien de plus anormal que la domestication du cheval ou du bœuf. Il est donc possible qu'elle reparaisse dans l'avenir, sous une forme quelconque. Cela se produira même probablement d'une manière inévitable si la solution simpliste n'intervient pas : une seule race, supérieure, nivelée par sélection, mais nivelée par suppression de la postérité des individus inférieurs ou médiocres.
Limites de l'expansion possible des Aryens. — La plaine découverte, l'air sec des pays depuis longtemps défrichés sont funestes à l'Aryen. La vive lumière, l'ardeur du soleil le
tueot. En Europe, depuis l'antiquité, la forfit recule vête le Nord, et l'Aryen recule avec elle. Fils des vapeurs du Gulf- Stream et des grèves mouillées de la Mer du Nord, il ne peut se perpétuer sous d'autres cieus, il cède la place ou varie. Ce n'est pas la séleclion sociale seule qui l'a chassé de l'Europe méridionale et de l'Afrique du Nord, et déjà il n'est plus aux Etats-Unis ce qu'il est en Angleterre ou en Ecosse. Je renvoie aux Sélections sociales pont tout ce qui concerne cette question si grave de l'accii mate ment. J'ai montré qu'il ne fallait pas espérer voir Ewopseus conserver partout sod type, s'il est appelé, comme cela parait possible, à se répandre sur toute la terre. Il se formera des sous-variélés adaptées ans diSërents climats. Les caractères physiques seront modifiés, l'essentiel est que les hautes qualités psychiques restentau moins ce qu'elles sont aujourd'hui. La perte des caractères dus au lymphatisme, au domi-vitiligo, ne serait en somme qu'un progrès, un retour à l'étal sain. A cette condition, il est possible de substituer la descen- ' dance i'EwopcBus h celle de toutes les autres races du globe, et je pense que la formation des races adaptées pourrait être facilitée parle croisement. J'entends un croisement systématique etcontinu, le croisement tel qu'il se pratique ne pouvant donner que de mauvais résultats. J'ai montré dans les Sélec- /ionique les métis étaient le plus souvent des êtres peu re commandables. Le métissage de hasard ne donne d'ailleurs is résultats incohérents et semble impuissant h fournir eul une race homogène et fixée. Les combinaisons des l'ondamentaux se font, se défont, réalisent de préférence tes formes, comme s'il existait une loi des proportions s dans la chimie des races, mais toujours revienoenl pes foadamentaux, et le cycle recommence à l'infini, es types principaux de l'Europe, Europxus, spelsetis,
meridionalis , acrogonus exislent depuis dix mille ans, se combinent sans cesse, et nous ne sommes pas plus près que le premier jour d'une résultante fixe, d'un état d'équilibre donnant une race mixte, unique, stable et féconde. Nous n*en sommes pas plus près que d'une matière unique, synthétisant uniformément tous les éléments de la chimie dans une combinaison unique et définitive. C'est ce qu'il no faut jamais oublier de rappeler aux partisans ignorants des mélanges, et de la création d'une race unique par la fusion de toutes les races de l'humanité.
Le croisement qu'il faudrait employer est une toute autre ^ chose, c'est le croisement continu ou d'absorption, employé en zootechnie pour substituer une race étrangère supérieure à^ une race locale, sans courir les risques d'un remplacement en bloc par importation d'animaux non acclimatés. On y par« vient en fournissant aux femelles de la race locale^ à leurs • filles et petites-filles, exclusivement des étalons choisis de la race à introduire. Il se fait dans les produits une sélection na«* turelle d'après la plus ou moins grande résistance, et tout en se rapprochant par degrés du pur sang, on obtient des individus résistants.
Il ne faut pas s'imaginer que l'opération soit rapide. J'ai montré dans les Sélections que les métis étaient loin d'être d'exacts intermédiaires entre leurs auteurs. Il s'en faut qu' à la seconde opération on obtienne des sujets n'ayant plus en moyenne qu'un quart de la race locale. Cela dépend des analogies entre les races, de l'adaptation plus ou moins pro-'' fonde au milieu, des caractères forts, de la faculté plus grande de racer, etc. Il faut en moyenne de quatre à huit générations pour arriver à ne plus produire une forte proportion de sujets défectueux.
H se fait en C3 moment à TËcole d'Agriculture de Montpel-
lier une expërience très typique. Il s'agit de substituer au troupeau de moutons de race barbarine, très adaptée au climat mais bien déreclueuse. un troupeau de race Larzac. Un bélier de race Larzac a couvert dans ce but un lot de barbarines, puis ses filles, les filles de ses filles^ etc. Cette expérience, conduite d'une manière scientifique, a été rapportée par M. Sénéquier {Recherches sur le croisement continu^ Annales agronomiques, 1898, xxin, 497-519). Le tableau suivant donne les résultats des quatre premières générations :
Générations
Barbarins pr. purs
Barbarins Larzac
Larzao Barbarins
Lancao pr. purs
para 1 Lanan |
Ainsi, à la quatrième génération, il y a un sujet sur dix, qui malgré -rz de sang Larzac, est encore presqu'un pur barbarin, et parmi les 6 sujets de la première génération, pas un seul ne se rapprochait plus du type Larzac que du type barbarln, un seul avait des traces appréciables de sang Larzac, les cinq autres étaient presque de purs barbarins.
Cette expérience montre que si Ton cherchait, par exemple, à substituer à la population nègre du Congo une population dérivée d'Europœus, sans exterminer les indigènes, il pourrait se faire qu'au bout de deux siècles de croisement continu rigoureux, le résultat ne Tùt pas encore atteint. Il Faudrait au moins le double de temps si Ton voulait éliminer des brachycéphales, en raison de leur caractère fort. En aucun cas cependant on n'aurait à craindre ce qui est arrivé | our les ram-
panules de Naudin, et le retour d'un type antérieur à rhomme : nous avons pour garant rexpérience du passé.
La lutte pour la domination universelle. — J'ai étudié jusqu'ici d*une manière abstraite les chances des diverses races, en prenant leurs aptitudes pour base de raisonnement. Il faut envisager maintenant l'autre côlé de la question. J'ai déjà montré qu'il ne serait point indifférent pour le résultat final de la compétition des races que la domination universelle fût réalisée par telle ou telle des nations existantes. Dans une "" certaine mesure ce que j'ai dit se rapportait surtout à la concurrence interne, voyons la concurrence purement externe.
C'est une loi historique que les nations tendent à devenir sans cesse plus grandes. Babylone a soumis les villes de Chai*' dée, puis l'Assyrie et l'Egypte. Son empire est devenu partie intégrante de l'Empire des Perses, et celui-ci a été annexé par la petite Macédoine. L^empire d'Alexandre s'est morcelé, mais en grands royaumes. L'empire romain s'est développé de même, puis s'est morcelé aussi, et des états moyens lui ont succédé. Toujours à la périphérie, l'immense Empire espagnol s'est formé à son tour, puis démembré. L'Empire russe s'est étendu jusqu'à couvrir la moitié de l'Asie, l'Angleterre est maîtresse d'un empire plus vaste encore, et les Etats-Unis sont immenses. Sans eusse les nations deviennent plus grandes, et bien que l'aire des populations civilisées^ s'agrandisse sans cesse, le nombre des grandes nations reste à peu près le même. Comme la surface du globe est limitée, le temps est venu où il n'y a plus de place à la périphérie du monde civilisé pour la formation de nouvelles nations géantes, et il n'y a plus de régions civilisées où il puisse se former de petites nations. Ce siècle a vu disparaître un nombre infini de petits états en Europe^ l'Italie et l'Allemagne se sont cons-
tiluées à leurs dépens. Presque tous les petits états indigènes de TÂfrique et de l'Asie ont disparu, et parmi les Etats plus grands, il ne reste que le Japon, la Chine, le Siam^ la Perse, l'Abyssinie et le Maroc. Six états gouvernent aujourd'hui les trois quarts de la population du globe.
Le moment est proche où la lutte pour la domination définitive du globe va s'engager. Les nations qui pourront y prendre part comme prétendants sont désignées dès à présent par leur puissance actuelle ou virtuelle. Je dis virtuelle, car la puissance de certaines nations s'augmentera d'une manière automatique par le peuplement de vastes réserves. G est le cas de la Russie et de tous les Etats américains, de l'Australie et de l'Afrique australe. Ces Etats sont, pour les chances d'avenir, en meilleure posture que la France ou l'Allemagne, dont le territoire entièrement peuplé ne pourrait par lui-même nourrir une population plus forte.
Le rôle de l'Europe est fini, bien fini. Des nations qui comptaient autrefois, les unes, la Hollande, le Portugal, l'Espagne même ne comptent déjà plus. L'Autriche continue son existence chancelante, mais le jour semble proche où les provinces allemandes, la Bohême même, seront absorbées par l'Empire allemand. L'unité germanique sera ainsi reconstituée sous l'hégémonie de la Prusse protestante, pour un temps qui ne sera peut-être pas bien long.
L'avenir de la France parait moins certain, mais il ne faudrait pas se faire d*illusions. Nous avons dans notre histoire deux grandes fautes mortelles, la révocation de l'Edit de Nantes et la Révolution. Dans ces dt3ux aventures nous avons laissé le plus clair de notre force. Si les idées de la Révolution l'avaient emporté, il semble que la France aurait pu devenir le noyau dun groupement d'Etats et la métropole d'une humanité nouvelle. La Révolution a fait faillite, et des idées qui
Tont inspirëe^ la critique scienliQque ne gardera presque rien. Nous avons perdu une belle partie, mais quand onl'a^ jouée, il n'était pas probable qu'elle fût perdue: on croyait alors à h raison comme nous croyons à la science. Notre âge a vu s'envoler les dernières illusions. Quand la République fut fondée, il semblait qu'une ère de justice et de prospérité s'ouvrait. Ceux qui ont fait tant de sacrifices, il y a un quart de siècle, comptaient que la nation et l'humanité s'en trouveraient rachetées. Epoque d'illusions généreuses et de nobles dévouements ! Il s'est trouvé des gens pour mettre en actions celle popularité, ces sacrifices. Durant des années le prestige de la République a servi à couvrir un monde d'aigrefin?, et^ quand il aurait fallu au pouvoir des hommes de génie, dune vertu surhumaine, pour refaire une situation si compromise, tous les partis n'ont pu donner que des habiles, rusant au jour le jour, et persuadés que Ton gouverne avec des finesses d'à- ^ voués retors. Pendant que les années s'écoulaient en querelles byzantines, que le crédit delà République diminuait aux yeux de la nation, pour avoir trop souvent servi à garantir des ac-^ tes criminels et des hommes tarés, nos concurrents grandissaient d'une manière qui ne permet plus d'entrevoir d'égalité possible dans les luttes à venir.
Nous en sommes à n'avoir plus qu'une chance de conserver notre indépendance relative : continuer à ruiner nos finances pour le maintien d'un militarisme absurde, car un peuple fort peut désarmer, un peuple marqué pour une fin prochaine ne saurait le faire sans hâter d*autant la catastrophe. Si l'on calcule Iji proportion des naissances et des sujets mâles qui arrivent à l'âge adulte en France et eu Allemagne, on trouve qu'en 1911 l'Allemagne aura un nombre de conscrits exactement double de celui de France^ 530.090 contre 273.000. A ce jour la situation réciproque des deux nations sera claire, car pas un
homme de guerre n'admet qu'il soit possible de lutter avec des chances de succès contre un ennemi double. Il faudra donc, d'une manière inévitable» ou devenir le satellite d'un ennemi plus puissant de l'Àllemague, ou composer avec celle-ci» con* server en tout cas, pour rendre la conquête trop chère, l'armement à outrance qui nous écrase aujourd'hui. Situation terrible d'un peuple, la mort lon'epar épuisement, pour éviter la mort immédiate.
Je ne crois d'ailleurs pas que l'Allemagne puisse compter sur un avenir bien long. J'admets qu'elle puisse s'agran Jir en absorbant la moitié de l'Auslro-Hongrie, cela ne lui donnera pas au proche des territoires pour déverser l'excédent de sa population. Dès à présent les femmes allemandes travaillent beaucoup à peupler les pays à demi vides des Amériques, et préparent dans leurs fils qui émigrent des ennemis à leurs fil» qui restent. Le développement industriel et commercial de TAIIemagne est un des plus beaux exemples da ce que peut la volonté aryenne. Pas do ports, pas de cHes, des vasières et des bancs encombrant les estuaires, et cependant l'Allemagne a la troisième marine du monde. Peu de charbon, peud^ minerais, et cependant TAllemagne fabrique, elle exporte. En ce temps de concurrence difficile où la France, si riche en côtes et en ports, si prospère autrefois, n'a pas su maintenir son rang et a presque retiré son pavillon des mers du globe, TAllemagne a su, partant de rien, arriver à couvrir les mers de se$ vaisseaux. Rien ne montre mieux le contraste des deux peuples, Allemands du nord et Français, audace et ténacité chez l'un, légèreté et veulerie chez Taulre, mais il n'en résulte pas que l'Allemagne puisse indéfiniment augmenter sa population et la nourrir de son commerce extérieur. Tout a ses limites, et ici, la linito est le développement industriel qui se généralise sur le globe entier.
L'AVENIR DES ARYENS 49ô
Eiî rélat, rAllemagoe est le bouclier de TOccident contre l'iavasion russe. Tant que lo bouclier tiendra, la civilisation"^ que nous avons pourri durer. Dès qu'il sera rompu, je crois que l'Empire des Tsars s'étendra aussitôt jusqu'aux limites exlr6:ne<5, à l'Atlantique et h, la Méditerranée. L'événement ^ pourra être retardé par l'aclion de TAngleterre ou des Etats- Unis, par la coalition des nations occidentales, mais il me parait inévitable. La situation d) l'Occident est celle de la Grèce à la Gn des luttes d'Athènes, de Thèbes et de Sparte, les Ma- " cédoniens s'avancent.
La coalition occidentale peut se faire sous l'hégémonie de l'Allemagne. Il est possible aussi qu'elle se fasse dans des conditions différentes, par l'action des Juifs qui dissolvent ra- ^ pidement les nations, Corpora noti agunt nisi solula. Cette destruction de l'esprit national peut faciliter le groupimeut des nations, rendu difficile aujourd'hui par le nationalisme. En ce cas il pourrait se produire plus qu'une simple coalition, une ft^dération analogue à celle des Etats-Unis, sous la direction de la nation cosmopolite par excellence, mais j'ai déjà dit ce ' que je pensais des chances de durée de la domination juive. La coalition pure et simple n'aurait d'ailleurs pas beaucoup plus d'éventualités de succès. Celles des nations d'Occident qui ne sont pas, comme la France, frappées d'arrêt de développement, ne sauraient augmenter d'une manièreindéfinie leur population. La Russie, au contraire, possède d'immenses réserves de territoire, qui lui permettront de porter cette population à un chiffre double, triple de celui de la population de l'Occident, d'assurer ainsi le résultat de la lutte.
Il faut donc regarder comme terminé le rôle des nations occidentales, même récemment refaites etjeunes en apparence/ comme l'Allemagne et l'Italie. L'avenir est seulement aux nations qui disposent d'immenses réserves de territoire, pou-
YâDt recevoir des centaines de millions d'babilants. Ces nations peuvent attendre. Plus la lutte sera retardée, plus elle sera certainement fatale aux anciens peuples.
Tout ce que Ton pourrait espérer, — encore peut-on l'espérer ? — c'est qu'il soit fait une situation d'indépendance relative aux peuples historiques. La France, l'Allemagne, l'Italie sont de véritables musées historiques, les reliquaires d'une civilisation qui meurt, mais qui meurt après avoir engendré celles de Tavenir. Ceux qui héritent du profit de nos efforts, et qui deviennent ce qu'ils n'auraient point été sans nous ne doivenl-ils pas quelques ménagements aux nations usées par l'enfantement du monde nouveau? Comme pour la Grèce, qu'on laisse à ceux qui les composent une certaine dignité, eu mémoire de ceux qui ne sont plus. Nations à la retraite, c'est tout cequ'elles peuvent être désormais, j'en conviens, mais qu3 Ton n'en fasse point des Irlandes.
Dans deux générations la Russie comptera près de cinq cents millions d'habitants. Son territoire actuel et la Sibérie permettent de nourrir cette immense population, sans recourir à des ressources semblables à celles qui font vivre sur le sol de l'Angleterre et de l'Allemagne un excédent d'habitants. Au sud de la Sibérie, les immenses déserts qui dépendent aujourd'hui de TEmpire chinois, mais qui seront d'une manière nécessaire rattachés à l'Empire russe dans un avenir prochain, constituent une réserve dont il est impossible d'évaluer trop haut l'importance. Ces déserts m sont pas pierreux, sablonneux et sans eau comme le St.hara; leur mise en culture pourra exiger des artifices, mais une moitié au moins de ces immenses territoiresestsusceptiblede culture. II est possible qu'avant la date indiquée la majeure partie de la Chine, peut-être rinde et l'Asie entière soient tombées au pouvoir des Russes. On ne peut évaluer, en tout cas, à moins d'une quarantaine
de millions d'hommes les forces militaires dont disposera le Tsar de ce temps. La richesse qui se développe d'une manière lenteet régulière dans l'Empire russe sera devenue très grande, moindre sans doute que celle d'autres états, les Ëtats-Unis par exemple^ mais suffisante pour que les frais de guerre puissent être envisagés sans les appréhensions qui paralysent aujourd'hui l'action de la Russie. Cette grande nation a donc tout intérêt à retarder le plus possible la crise qui la mettra en conflit avec l'Occident. Plus cette crise sera retardée, plus grande sera l'inégalité des forces, plus grande la certitude du succès des Russes.
La Russie est avant tout une nation asiatique. L'Angleterre est cosmopolite et surtout maritime. Son vaste empire paraît morcelé, mais comme elle est maîtresse des mers, les autres puissances sont plutôt à Tétat d'enclaves dans son territoire. La force de l'Angleterre est prépondérante sur mer, plutôt faible sur terre. 11 est probable que l'Angleterre sera maîtresse de l'Afrique entière, dans un avenir rapproché : rien n'est ménagé en tout cas pour parvenir à ce résultat. L'Australie offre un vaste territoire de peuplement, bien qu'une faible partie des terres y soit fertile. L'Afrique du Sud pourra recevoir aussi de nombreux colons, et l'Angleterre sera longtemps encore un réservoir inépuisable d'émigrants. La richesse enfin est immense. Je doute cependant qu'avec tous ces avantages, et celui d'une écrasante supériorité do valeur de la race^ l'Angleterre puisse faire longtemps contrepoids à l'Empire des Tsars. Celui-ci a en sa faveur son extrême cohésion, une centralisation puissante^ un développement intense du militarisme. L'Angleterre est vulnérable partout, étant dispersée. Les différentes parties de l'Empire britannique peuvent, à certains moments, se trouver en conflit d'intérêts, au poiut l'aeyen 32
de ne pas se porter un mutuel secours. L'organisation militaire est imparfaite. 1/ Angleterre, il est vrai, se militarise peu h peu, et M. H. Spencer doit être bien étonné de ce phénomène, mais la psychologie de TAnglo-Saion, disposé à tous les sacrifices pour un effort exceptionnel, ne s'accommode guère d'une faction à monter pendant un siècle. Il est donc possible que l'Angleterre soit assez facilement chassée de l'Asie, et même qu'elle puisse perdre l'Afrique, I3 jour où des armées venant d'Asie pourront franchir l'isthme de Suez.
On peut donc envisager, avec quelques chances de vraisemblance, la possibilité que l'Angleterre et son inomense empire viennent à se souder aux Etats-Unis. Ces derniers, en raison de l'immensité de leur territoire continu, de la possibilité d'y faire vivre des centaines de millions d'hommes de race Europœus^ sont les véritables adversaires de la Russie dans la grande lutte à venir. Les Etats-Unis ont contre eux des chances nombreuses. Leur population reproduit peu, et l'augmentation est due surtout aux immigrés et fils d'immigrés* Le meilleur élément est menaci de diminuer de nombre, et dans la Nouvelle-Angleterre la situation est, dès à présent", très inquiétante. Le féminisme est un danger plus redoutable encore. L'Am(^rique pullule de femmes ingénieurs, avocats et même prédicateurs ^ Ces femmes^ qui sont précisément parmi les
{. J'emprunte au Journal des Economistes, iÔ98, S. V. xxxiv, p. 154- 155; i'inquiétaato statistique ci-dessous des femmes à professions masculines aux Etats-Unis :
Architectes i t%
Peintres et sculpteurs 412 10.810
Ecrivains littéraires ou scientifiques 159 2.725
Clergjladies 67 1.225
Dentistes 27 337
Ingénieurs — '27
mieux douées, font à rhomme uae concurrence inutile et ne remplissent point leur fonction propre. A ce régime, une na ^ tien risque de périr aussi promptement que si elle couvrait son territoire de couvents. La corruption politique est extrême. J'ai collectionné des quantités de documents qui permettent de regarder comme des enfantillages les concussions les plus retentissantes de nos politiciens français. La présence de dix millions de nègres est un danger, que vient augmenter celle ^ d*une prodigieuse quantiti de fainéants et de vauriens venus d'Europe, l'immigration ayant, dans ces dernières années, contribué à augmenter surtout la lie de la population.
L'esprit américain est cependant si plein de ressources que les Etats-Unis me paraissent avoir plas de chances que la Russie. On verra dans le paragraphe suivant avec quelle résolution les Américains se sont lancés dans la pratique du se- ^ lectionnisme. Un peuple d'une pareille indépendance d'idées est capable de se réformer sur bien des points. Si l'entente vient à se faire entre les Anglais et les Américains, il n*est point douteux que l'empire des mers doive leur rester, et qu'ils puissent lever parmi eux des armées suffisantes pour tenir en échec et pour abattre les forces de la Russie. L'Angleterre ne peut développer sa population au delà de limites
Journalistes 35 888
Légistes 5 208
Musiciennes 5.758 34.518
Remplissant des fonctions officielles 414 4.875
Médecins et chirurgiens 527 4.555
Teneurs de livres et comptables — 27.777
Copistes-secrétaires 8.046 64.048
Sténographes et typographes 7 21. 485
Si le mouvement continue, il ne naUra bientôt plus aux Etats-Unis que de la graine de portefaix ou de terrassiers.
qui sont à peu près atteintes, toute surproduction sera matière d'exportation. Les Etats-Unis peuvent au contraire arriver à compter dans un demi-siècle 150 à 200 millions d'habitants, et à fournir des armées immenses. La difficulté sera d'ailleurs de les transporter sur l'ancien continent, et je ne vois pas comment elle pourra être résolue. Cette difficulté pourra faire durer le duel très longtemps, à moins que Ton ne s'aborde par la Sibérie orientale, région peu propice. Les Ëtats-Unis prennent très rettement conscience de leur râle futur. La centralisation fait des progrès immenses, aux dépens d'ailleurs des libertés locales, et l'esprit militaire et conquérant se développe avec rapidité.
Je ne parle pas des républiques de culture latine. Elles sont venues au monde trop tard, et la race est en soi trop inférieure. Le Mexique, où l'élément indien Ta définitivement emporté, le Brésil^ immense état nègre qui retourne à la barbarie, sont les deux seules nations d'une importance numérique sérieuse. Le Chili et TArgentine, qui ont un tout autre avenir, sont très peu peuplés, et le retard initial ne saurait être réparé. Tous ces états seront dans cinquante ans les égaux, en population et en puissance, de la France, de l'Italie, de l'Espagne, mais comme ces nations, ils ne sauront échapper aux entreprises d'un gigantesque voisin.
On frémit en pensant aux hécatombes humaines que l'avenir réserve. La lutte entre les prétendants à la domination universelle sera longue, et nécessairement sans merci. La disparition des nations secondaires, de celles qui ne peuvent être prétendantes, ne sera pas nécessairement aussi sanglante. Il y a des cas où l'inégalité des forces est telle que la résistance du plus faible est inutile. S'il plaisait à l'Allemagne d'annexer la Hollande ou le Danemark, et si les autres nations laissaient faire, la résistance de ces petits états équivaudrait à un
suicide. II esl probable qu'elle serait de pure forme. D'autres petites nations pourraient même ne pas résister du tout, et se laisser annexer de bonne grâce. Cela pourrait être pour quelques unes une sorte d'avantage.
Tous les congrès, toutes les Gelions, toutes les subtilités n'empêcheront pas l'évolution de continuer, le nombre des ^ nations de décroître avec rapidité, l'état universel d'être réalisé. Les formules du droit international, les conférences pacifiques, humanitaires, servent surtout à rassurer les victimes de l'avenir, à les endormir dans l'espoir de la sécurité, pendant que grandissent les nations maltresses. Les ennemis du ^ militarisme et les amis de l'arbitrage n'ont pas tort, mais ils se font de grandes illusions. Les masses attirent les masses, les petites nations deviennent par la force même des choses les clientes et les satellites des autres. La lutte des grandes ^ nations est une nécessité naturelle. La vraie loi de la lutte pour l'existence est celle de la lutte pour la descendance. Les * excédents de population peuvent aujourd'hui trouver une issue par l'émigration. Quand la terre sera toute peuplée, Texpan- ^ sioD des uns aura pour condition nécessaire l'extermination ' des autres. C'est alors que la lutte deviendra inévitable et atroce. L'arbitrage est un moyen parfait pour éviter les conflits entre deux nations qui ne veulent pas se battre, mais quand l'écrasement de l'une devient une nécessité pour l'autre, il n'y a plus de place pour l'arbitrage. Le militarisme est épuisant, absurde, mais il est le seul moyen possible pour le faible de n'être pas détruit, pour le fort de s'entraîner à détruire et à dévorer le faible. Les luttes de l'avenir ne seront pas des jeux de rois ou des caprices de peuples, mais la conséquence nécessaire des besoins de nations en croissance. Il est très difficile de prévoir quand et au bénéfice de qui ra réalisé Témpire universel. Je ne crois pas cependant que
cela prenne plus de deux ou trois siècles. Les éTénemeots se précipilent avec une vitesse croissante. Je crois aussi que les Etats-Unis sont appelés h triompher. Au cas conlraiie, l'univers sera russe.
Il est plus difficile encore de prtSvoir l'état socialqui sortira de la victoire. On peut seulement affirmer que le mililarî^iue disparallra enfin. Une formidable armée sera conservée pour • la police du globe, mais une seule, quelques centaines de mille hommes seulement. Ce sera peu chez un peuple de trois ou quatre milliards d'hommes. L'unité de gouvernementcentral entraînera l'unité de la législation générale, et il deviendra possible d'arriver à une organisation systématique du travail. L'ère du socialisme sera venue, mais d'un Gocialisme sans doute très différent de ce que nous supposons. Le sélectionnisme pourra être pratiqué sans réserve, et le niveau moyen relevé de génération en génération. Il est possible qu'une très grande liberté règne, plus probable, surtout si la Russie l'emporte, que l'on aboutisse au contraire au fonctionnarisme général, A cette distance toutes les hypothèses sont [wssibles. Les progrès de la science auront changé dans de telles proportions les conditions de la vie que tabler sur les données actuelles serait s'exposer avec certitude ik faire des prévisions réalisation impossible. Une socii^lé qui n'aura plus la pour base industrielle, le christianisme pour foodeaoral, quelle idée pouvons-nous nous en faire ?
tlootlonnisme pratique. — J'ai montré dans les Séieeue la vie sociale n'était pas favorable aux meilleurs, sélection se fait le plus souvent dans le sens du plus is. C'est une idée qui a de la peine à pénétrer dans les , habitués h regarder l'évolution comme orieutée vers IX, et la sélection comme favorable aux meilleurs. De-
puis la publication du volume précédent de mon cours^ il a paru dans ce sens divers travaux importants, parmi lesquels il faut citer Demoor, Massart et Vandervelde, L'évolution ré- • gressive^ Paris, Alcan, 1897.
J'insisterai cependant sur le sens véritable et si méconnu de ridée darwinienne. La théorie de Darwin n'est pas, bien qu'on le dise, celle de l'origine des espèces, mais celle de la^ survivance. Une épidémie éclate, les plus réfractaires survivent. Un chasseur redoutable apparaît, les plus habiles s'échappent. La disette vient, les plus sobres ou les plus chercheurs subsistent. Les formes des survivants se perpétuent, celles des moins heureux s'éteignent. Il n'y a pas une espèce de plus» il peut seulement y en avoir de moins. La théorie de la survivance est donc plutôt celle de la destruction des espè- \ ces que celle de leur origine. Pour être conservée, il faut que la forme existe.
La théorie de Darwin est encore moins celle du progrès organique. La cause qui détermine la survivance implique une supériorité, mais relative. Cette supériorité existe par rapport à la cause de destruction, mais la forme survivante peut être pour tout le reste inférieure. Supposez sur un bateau qui fait naufrage un poisson et un homme, mettons un académicien. L'académicien se noie, le poisson rentre dans son élément. C'est de la sélection, ce n'est pas du progrès. L'évolu- ^ tion par sélection se fait en avant, en arrière, k côté. Remarquons d'ailleurs que nos idées de supériorité, d'infériorité, sont de pures conventions. Elles ne correspondent à rien de réel. 11 n'y a ni haut ni bas dans l'univers, qui est infini dans tous les sens. Il n'y a pas davantage d'infériorité et de supériorité, mais seulement des états que nous appelons tels, parce qu'il nous plait de les appeler ainsi. Le bien et le ma!, le beau et le laid, le chaud et le froid, le haut et le bas, '
l'inrérieur et le supérieur n'existent qu'en tant que nous les appelons tels. Ce qui existe ce sont lès actions, les choses, les températures, et ainsi de suite. Nous classons tout cela d'à* près un idéal qui peut varier suivant les temps^ les lieux, les hommes et leurs humeurs.
Le sélectionnisme, en tant que doctrine pratique» consiste à corriger les conséquences fâcheuses de la sélection naturelle, et à multiplier les types admis comme les plus beaux et les meilleurs. 11 a beaucoup d'analogie dans son but avec le socialisme, qui consiste à corriger les conséquences naturelles de révolution]éconoroique, d'après un idéal déterminé de perfection sociale.
Depuis la publication des Sélections^ les efforts des sélectionnistes américains ont abouti dans un certain nombre d'états à faire passer des lois d'une haute importance. Des lois analogues sont en voie de passer dans d'autres états américains.^Ces résultats sont d'une importance capitale pour l'avenir de l'humanité. Le plus difficile était de trouver un législateur disposé à donner l'exemple, et à prendre des mesures sévères pour empêcher la reproduction des éléments dont la postérité n'est pas souhaitable.
Je prendrai comme type la loi du Connecticut. Elle prohibe l'union libre comme le mariage et atteint les épilcptiques, les imbéciles, les faibles d'esprit. La peine qui frappe les conjoints est.de trois ans de prison au minimum. Les intermédiaires qui ont facilité soit le mariage, soit les relations accidentelles sont punis d'un an de prison et 1000 dollars d'amende. Le mariage est toléré si la femme a plus de 45 ans.
La loi proposée au Parlement de Pensylvanie interdit le mariage aux personnes atteintes des maladies suivantes : syphilis, blenaorrhagie^ épilepsie, dipsomanie, tuberculose, aliénation mentale. Les enfants d'aliénés sont frappés comme
les malades eux-mêmes. L'Ohio et le Maryland sont en voie de consacrer les mêmes prohibitions. ^
Le Texas a déjà prohibé le mariage des épileptiques» le Massachusetts celui des épileptiques, des alcooliques, des syphilitiques.
Dans rOhio, le rapt et le viol sont punis de castration. La ^ valeur sélective n'existe que dans le cas d'individus atteints de folie erotique : dans les autres cas la législation de TOhio est plutôt sujette à critique, les délits sexuels étant, d'une manière générale, du même ordre que le sacrilège et autres crimes religieux. L'appréciation de l'acte, toute violence mise à part, est subordonnée au concept religieux de l'appréciateur* C'est surtout au culte de la virginité connexe à la mariolâtrie, et à l'estime professée par le christianisme à l'égard de Tabstinence sexuelle que se rattachent les notions usuelles et légales relatives aux délits sexuels. Dans les sociétés antiques la plupart de ces délits étaient regardés comme légers, ou même comme des actes tolérés ou licites, et il en est de même chez les peuples civilisés non chrétiens.
En Europe, il commence à se fonder des associations sélectionnistes, et les idées pratiques se font jour dans le public, v L'opinion commence à voir avec défaveur le mariage des héréditaires. Des médecins ont le courage de détourner certains clients du désir de laisser une postérité. On commence dans les milieux éclairés à tenir compte dans les mariages de cerlaines conditions de race, et surtout des aptitudes de famille. ^ Cela est peu, mais c'est déjà plus qu'on n'aurait espéré il y a vingt ans. Les mœurs de l'Europe sont tellement fixées qu'il est difficile d'attendre dans cette voie de rapides progrès.
Les Américains, gens pratiques, commencent exactement par où il fallait commencer. On supprime d'abord, pour l'aveuir, les héréditaires, c'est-à-dire la plus grande partie des
individus à charge aux autres et à eux-mêmes, qui sont voués à une vie d'inutiles soulTrances par l'imprudence de leurs procréateurs. C'est le programme de llaycraft et des autres sélectionnistes anglais et américains dont j'ai exposé la doc- Irioe. Il n'est pas question de races inférieures, pas question de multiplication artificielle des cléments d'élite. Cela viendra plus tard. 11 suffira d'élargir des dispositions entrées dans les mœurs. J'ai d'ailleurs expliqué dans les Séleetiotks pourquoi la question de race avait peu d'importance aux Etats-Unis.
Selon moi, pour aboutir, la sélection systématique doit toucher le moins possible aux individus vivants, et se borner à prévenir la reproduction des uns, à favoriser celle des autres. Je ne suis pas partisan des mesures violentes dont parlent les sélectionnistes américains, et qu'ils commencent à pratiquer. La castration me parait inutile, elle comporte des succédanés qui pourraient être utilement appliqués aux sujets à éliminer. La sclérose de Tépididyme, déterminée par une injection de chlorure de zinc, est parfaitement suffisante et sans danger.* On emploie à cet effet une solution de 5 gr. de chlorure de zinc dans 100 gr. d'eau distillée. Le manuel opératoire est très simple et comporte deux méthodes. 1^ Inciser les téguments, injecter avec la seringue de Pravaz 3 à 5 gouttes dans l'épididyme mis à nu. 2'' Sans inciser, après asepsie locale, serrer la base des bourses avec les doigts pour faire saillir fortement le testicule, et après avoir reconnu l'épididyme, y enfoncer Taiguille de la seringue et injecter le chlorure de zinc. Cette dernière méthode est moins sûre, mais réduit l'opération à une simple piqûre. L'opération entraîne la sclérose de l'épididyme, la régression de la prostate, la sclérose du testicule, avec atrophie légère. Si l'on opère sur l'adulte, le sujet, to:alemeut infécond, conserve l'aptitude au coït. C'est l'opération de choix quand on ne veut pas empêcher le coït lui-même.
Ce procédé me parait le plus élégaot pour la suppression de v la postérité des dégénérés. Chez les femmes^ Tovariotomie, dangereuse même à froid, et dont les répercussions sont graves, peut être remplacée par une infibulation bien faite, par la suture de la partie antérieure du vagin, ou, si l'on veut " conserver l'aptitude au coït, par la production artificielle d'une sclirose des trompes.
La fiaillite du christianisme. — On a remarqué combien peu, dans mes prévisions, je tenais compte des idées politiques et des mœurs d'aujourd'hui. C'est que je regarde les idées et les mœurs comme devant subir une transformation complète dans ^ un avenir prochain. Depuis quinze cents ans le christianisme n'a pas empêché l'évolution politique et sociale de s'accomplir dans un sens plutôt contraire à ses principes. Je pense, et je m'en suis déjà expliqué dans les Sélections et dans la préface du Monisme^ que son influence sur les idées et les mœurs va diminuer encore. Nous sommes arrivés à un tournant : au > delà, dans l'inconnu, tout est possible, sauf le passé.
La crise d'idées contemporaines, la faillite du christianisme, n'a de comparable que celle même de l'avènement du chris- ^ tianisme. Et quand je dis faillite du christianisme, je devrais dire la faillite des religions^ si quelques-unes, l'islamisme par exemple, ne se trouvaient un peu à l'abri, par leur indépendance de toute cosmogonie, et par le déterminisme qu'elles admettent.
Nos idées politiques et nos mœurs étaient en rapport étroit avec la religion. Trois choses tenaient le christianisme en crédit dans l'esprit des masses^ et lui faisaient une clientèle en dehors des théologiens.
La première était la nécessité d'une explication des origines du monde et de l'homme. La Genèse répondait à ce besoin.
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Les théories évolutionnistes ont substitué une explication scientifique à Texplication religieuse. Du jour où l'on a su que rhomme était descendu d'ancêtres animaux et tous les êtres vivants d organismes très inférieurs» où l'origine des astres et de notre globe a été expliquée sans place pour le mystique, les masses ont commencé à ne plus croire. Il reste encore pour les savants une difficulté, celle de Torigine des premiers grumeaux de matière vivante, mais l'esprit simpliste des foules n'en tient déjà plus compte. Cette difficulté, pensentelles, sera bientôt résolue comme les autres, tout dépend d'une expérience de laboratoire qui peut être réussie demain.
La seconde était la nécessité de maintenir la morale. Pas de société sans morale, pas de morale sans religion. La moraloj c'était celle du christianisme, on n'en comprenait point d'autres. Donc, nécessité du christianisme. De nos jours on est arrivé à comprendre le caractère arbitraire des morales. Il y a un nombre infini de morales possibles, et de fait autant que de grands systèmes religieux. Ce que nous appelons conscience est la résultante des sélections sociales du passé, et de l'éducation présente. La morale du christianisme est certainement parmi les plus mauvaises. Faite en vue d'une existence ultérieure, qui est infiniment improbable, elle sacrifie la société à l'jndividu, la vie réelle à d'imaginaires intérêts mystiques. Nos contemporains ont vu tout cela : de là une crise morale qui jette le désarroi partout. La morale d'hier s'en va, et celle de demain n'est pas née.
La troisième était Tinfluence consolatrice de la religion dans les crises douloureuses de la vie et à Theure de la mort. Que de milliards d'affligés les promesses dorées du christianisme ont consolé! Que de milliards d'agonisants elles ont bercé jusqu'à Tinstant suprême de la chute dans le néant! Celts influence bienfaisante disparaît avec la croyance à la vie
future, et au bonheur infiai qui attend les malheureux. La grande consolatrice s'en va : si la religion a fait du mal aux sociétés, les individus n'auront plus jamais pareilles promesses de bonheur.
Nous sommes en marche par le monisme vers réliminalion complète de l'idée de religion. Nous sommes en marche, par>^ les formules nouvelles basées sur l'hygiène sociale, vers l'élimination de l'idée de morale. C'est une évolution qui a ses / avantages et ses inconvénients, mais que le progrès des con^ naissances humaines rend inévitable.
La faillite de la politique moderne. — Le christianisme a fourni à la politique une série de postulats : distinction de l'âme et du corps, origine surnaturelle de l'âme, identité de nature des âmes, indépendance des âmes. Ajoutez à cela ridée paradisiaque, Tidée de justice éternelle, celle de librearbitre et toute une série de principes de morale.
Il s'est opéré un démarquage curieux, commencé par les écrivains politiques chrétiens, achevé par les philosophes du xviii® siècle. Aux idées chrétiennes on a ajouté un grain d'idées antiques. De tout ce travail est sorti le système des principes politiques modernes. Les masses les ont acceptés avec ^ d'autant plus de facilité que ces principes se reliaient aux idées religieuses dont elles étaient imbues. L'envie, l'amour du lucre et des jouissances y trouvaient en même temps leur compte. L'essence surnaturelle de l'âme a servi de point d'appui à la théorie des droits de l'homme, antérieurs et supérieurs à la nature et aux sociétés. L'identité de nature des âmes a conduit à la théorie de l'égalité fondamentale, que les accidents de la vie sociale viennent altérer, mais qu'il faut rétablir. La commune origine des âmes, toutes créées directement par Dieu, a permis d'admettre aisément la théorie de la fraternité. L'in-
dépendance des Ames, qui ne participent pas à la parenté char- • nelle des corps, a servi de base & la thèse individualiste. La théorie du péché originel a produit, par un réflexe antireligieux, celle d*3 la bonté naturelle de l'homme, que les influences sociales et l'éducation rendent criminel ou mauvais. L'idée de libre arbitre a ouvert à la raison humaine des horizons ambitieux, et n'a pas été sans influence sur la conception, pourtant si différente, de la liberté politique. Le paradis a été laïcisé, on Ta fait descendre sur terre : théorie du progrès de < l'humanité. L'idée de justice absolue a subi la même évolution, ce n'est plus Dieu, c'est l'homme qui est chargé de la ' réaliser, mais elte sera... dans l'avenir 1 L'idée de charité a enfanté le philanthropisme sentimental et mal placé. Prenez, brassez tous ces enfantillages, combinez-les à doses diverses et vous aurez tous les systèmes de principes politiques, du socia- ^ lisme au cléricalisme, des idées du pays de Rousseau à celles du peuple des Tsars.
Le conflit de tous ces systèmes a fait couler pas mal de sang, et ce n'est pas fini. Jamais d'ailleurs l'homme n'a été plus égoïste que de nos jours : fraternité. C'est notre siècle qui a le premier fourni des milliardaires : égalité. De la liberté je ne parle pas, j'ai montré qu'elle était le propre d'une race, et encore I
La faillite de la Révolution est un épisode local de la faillite de cette politique chrétienne, démarquée, laïcisée, dont l'échec enlénèbre notre fin de siècle. Avec le christianisme s'écroule dans l'abîme la politi {ue libertaire^ humanitaire, égalitaire. Et les politiciens, dont le bagage intellectuel, quand ils en ont un, est de l'autre siècle, s*effarent, ne croient plus à rien, vont à l'aventure, et aux aventures.
Je le crois bien ! de tous leurs principes il n'y en a pas uq qui ne heurte de front quelque loi naturelle, et si les lois de la
nature deviennent les instruments puissants de celui qui sait, les ignorants ne cherchent pas impunément à les violer.
À toutes <;es doctrines qui s'écroulent, le monisme oppose }es siennes, dont les bises sont les inéluctables lois de la nature. Elles ne sont p')int donn:^es pour certaines, la certitude absolue n'existant que pour les philosophes et les théologiens, mais comme probables, avec une probabilité très grande, parfois voisine de Tinfiai. Tout un système de propositions les résume, dont la plupart n'ont pas besoin d'être développées.
L'homme n*est pas un être à part, ses actions sont soumises au déterminisme de l'univers. Les sociétés n'évoluent pas au ^ hasard; T^s lois de leur évolution sont complexes, à peine connues et difficiles à connaître, mais aussi nécessaires que celles du mouvement de l'atmosphère. Le surnaturel est exclu de la vie humaine et sociale.
L'âme et le corps sont un, les phénomènes psychiques étant fonction du cerveau. L'âme est donc héritée, comme le corps. Là psychologie individuelle est sous la dépendance des ancêtres : une inégalité fondamentale des individus résulte de la différence de naissance. L'inégalité de la naissance est la seule ^ qui ne puisse être réparée. Les effets de l'éducation sont essentiellement conditionnés par l'hérédité, ils sont intransmissi- " blés. L'éducation peut farder l'individu, rien ne passe de ce mensonge par la génération.
On n'eutre par décret ni dans une famille ni dans une nation. Le sang que l'on apporte dans ses veines en naissant, on le garde toute sa vie. L'individu est écrasé par sa race, et n n'est rien. La race, la nation sont tout.
Tout homme est apparenté à tous les hommes, et à tous les êtres vivants. Il n'y a donc pas de droits de l'homme, pas plus que de droits du tatou à trois bandes ou du gibbon syndactyle, que du cheval qui s*attelle ou du bœuTqui se mange. L'homme
perdant son privilège d'être à part, à l'image de Dieu, n'a pas plus de droits que tout autre mammifère. L'idée même de droit est une ficlion. Il n'y a que des forces. Les droits sont de pures conventions, des transactions entre puissances égales ou inégales ; dès que l'une d'elles cesse d'être assez forte pour que la transaction vaille pour l'autre, le droit cesse. Entre membres d'une société, le droit est ce qui est sanctionné par la force collective. Entre nations cette garantie de stabilité fait défaut. Il n'y a pas de droit contre la force^ car le ^ droit n'est que l'état cn^é par la force, et qu'elle maintient, latente. Tous les hommes sont frères, tous les animaui sont frères, et leurs frères, et la fraternité s'étend à tous les êtres, mais être frères n'est pas de nature à empêcher qu'on se mange. Fraternité, soit, mais malheur aux vaincus ! La vie ne se maintient que parla mort. Pour vivre il faut manger, tuer pour manger.
Le progrès est une pure conception humaine. L'évolution se fait autour de nous, en avant, en arrière, à côté, progresse, recule, tourne et retourne. Elle ne tend pas indéfiniment vers ^ le mieux, elle ne tend vers rien. Elle se fait actuellement vers la plus grande conscience, mais cette conscience s'éteindra avec l'être conscient, qui doit s'éteindre. Il n'y a pas de paradis, même sur terre. Il ne faut pas demander à la science plus qu'elle ne peut donner. Elle donne à l'homme conscience et puissance. Elle n'a pas un pouvoir direct sur le bonheur : pour cela il faut s'adresser au prêtre, au sorcier, au marchand d'alcool, de morphine, à l'armurier surtout, marchand de suicide.
La liberté, si elle existe, est étroitement limitée : 1® par l'hérédité; 2®parle milieu. L'action de la volonté sur l'évolutîcn sociale est donc restreinte. L'évolution sociale est dominée par la séleption, et la sélection sociale élimine les meilleurs.
L'AVENIR DES ARYENS 5i3
L'évolution a deux caractères généraux: 1^ spécialisation et inégalité croissantes; 2° interdépendance croissante, la réaction des actes de chaque individu tendant à intéresser Thumanité entière. Sans cesse Tindividu devient moins libre.
Entre les idées politiques d'hier et celles de demain, l'antagonisme est donc absolu. En présence des théories monistes et darwiniennes, les doctrines du xviii^ siècle ne sont plus que des variantes de la doctrine chrétienne. Le libéralisme, le socialisme sont deux formes du cléricalisme, c'est-à-dire de la po« litique basée sur les postulats de TEglise.
Il est vraiment étonnant que les conséquences du monisme et du darwinisme n'aient pas été vues d*une manière plus claire. J'éprouve un plaisir malicieux, mais vif, à constater l'embarras qui perce dans nombre d'articles récents, parus dans des revues socialistes, anarchistes ou prétendues démocratiques. ^ Dans le darwinisme, ou d'une manière plus générale dans les doctrines scientifiques sur l'origine des espèces et du monde, on avait vu surtout l'argument à opposer aux religions, et chez nousà l'ËgliseyCréationniste etliée parle textede la Genèse. On n'avait pas compris que le darwinisme appliqué à l'homme dans sa vie sociale excluait pour l'avenir tout élément d'explication sociale non scientifique, c'est-à-dire admettant des eau- ' ses surnaturelles en dehors de la causalité générale de l'univers. Quand je dis on, je dis les libres-penseurs, ou ceux qui se qualifient tels, car dès l'origine les Eglises avaient vu les conséquences des théories nouvelles, et en avaient pris texte pour dénigrer celles-ci.
Cette exclusion du surnaturel est ainsi d'autant plus fatale aux doctrines affranchies du dogme, mais restées esclaves du reste, que la ressource suprême des chrétiens leur fait défaut. Le recours au miracle, aux manifestations de l'omnipotence divine, rompant la chaîne des causes et des effets qui s'engen-
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drent à l'infiDi, le recours aux propriétés intrinsèques de l'âme considérée comme entité réelle distincte et en dehors du monde des forces et des atomes, tout ce qui peut permettre d'échapper par un acte de foi aux conclusions de la science politique darwinienne, tout manque à la fois à ces libres-penseurs.
Ils n'ont que le choix entre le retour pur et simple aux doctrines théologiques d'où ils procèdent ou Tadhésion pure et simple à Texplication scientifique des phénomènes sociaux, et l'abandon de tous les principes philosophiques dont leur doctrine politique est faite. Ce n^est pas vers la science qu'ils iront. Leur psychologie est celle des hommes qui jadis se prosternaient dans les églises et faisaient flamber les hérétiques : ne nous étonnons points ils en descendent. Déjà libéraux, socialistes, anarchistes traitent les darwinistes de barbares. Soit f voici les barbares qui viennent, les assiégeants deviennent assiégés, et leur dernier espoir de résistance est de s'enfermer eux-mêmes dans la citadelle qu'ils attaquaient. L'avenir prochain montrera à nos fils ce curieux spectacle, les théoriciens de la fausse démocratie moderne contraints de se renfermer dans la citadelle du cléricalisme. Ce conventionnel avait une intuition de l'avenir qui répondait à la demande d'un sursis d'exécution pour Lavoisier : la République n*a pas besoin de savants ! £n face des dogmes nouveaux l'alliance des hommes de l'Eglise et de ceux de la Révolution sera le fait de demain, mais il n'y a pas d*allianoe qui puisse retarder l'heure de la destinée, pas d'homme de génie qui puisse raaiener l'humanité à l'ignorance. Nous courons vers l'inconnu, mais jamais le passé ne reviendra, jamais i