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Le squelette à'Europxus et de ses diverses

variantes a fait l'objet de nombreuses recherches. Les unes ont pour objet VEuropœus défini d'une manière zoologique, les autres portent sur des populations qui contiennent une telle majorité à^Europœus que les résultats sont applicables à celui-ci d'une manière indirecte. Ainsi presque tous los travaux sur les Anglais» les Suédois. Pour les organes mous, la première catégorie de travaux fait à peu près défaut. Ceux qui ont étudié le cerveau, l'appareil digestif, l'appareil génital ne se sont pas préoccupés beaucoup de la race de leurs sujets. Il serait très utile d'avoir la monographie du cerveau, par^ exemple, dans les différentes races, mais nous devons nous contenter des descriptions du cerveau anglais par les anatomistes anglais, et ainsi de suite.

Le crâne à'Europseiis est allongé, ovoïde, convexe sur les côtés et en dessus. Il se différencie ainsi des crânes méditerranéens dont les courbes supérieure et latérale sont surbaissées, ou plus exactement appartiennent à de plus grands cercles. L'inion est saillant, bien marqué, la région sous-iniaque ne tend pas à former de l'inion à l'opislhion une courbe de court rayon, une bosse post-opisthiaque dirigée en bas, comme chez coniraclus. Les bosses pariétales sont modérées. Le front, assez haut, un peu incliné chez l'homme, plus droit dans certaines variantes, s'appuie sur une glabelle et des arcades sourcilières d'autant plus marquées que le sujet est plus vigoureux. L'apophyse orbitaire externe est recourbée, à la différence de spelœtis chez qui elle est droite et horizontale.

La face est haute, assez large d*une manière absolue, mais étroite en raison de la grande hauteur. Les malaires sont bien marqués, un peu en crochet vers le bas. Les maxillaires sont forts. L'orbite est grande, méso ou mégasème suivant la race, Page et le sexe, les angles arrondis, l'intervalle interorbitaîre médiocre. Les races diffèrent au point de vue du prognathisme ;

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en général etchez les anciens Germains en particulier, on trouve du prognathisme total, et surtout un prc^atbisme alvéolaire marqué ; chez d'autres races, en Danemark, en Angleterre, en Suède, le prognathisme est laible ou nul. Topinard donne pour 34 Gaulois ou Gallo-Romains le cbi&e de 80.3, pour 1 i Scandinaves modernes 80.1, pour 42 Francs 76.5, ces derniers sont bien plus prognathes.

Le nez est haut, étroit. Topinard donne pour indice nasal des Gaulois 45.8, des Anglais actuels (crânes) 46, des Frisons, 46.3. Hamy a trouvé sur des Mérovingiens 46.1 et 47.1 pour les sujets de Hardenthun et du Boulonnais {Crâties méromngiens et carolingiens^ Anthropologie, 1893, IV, 513-534). Ces moyennes sont encore celles des peuples dolicho-blonds d'aujourd'hui*

Les os longs du squelette n*ont pas encore été étudiés d'une manière suffisante. Les caractères qui attirent l'attention chez les néolithiques, perforation de l'humérus, colonne du fémur, plat ycué mie du tibia, sont absents chez Europxus. Je crois cependant que le premier et le dernier ne devaient pas être rares chez Etiropœns néolithique, mais comme on ne sait en général à quel crâne rapporter les ossements qui figurent dans les collections, il est difficile d'affirmer que les os présentant ces caractères n'appartenaient pas à des métis ou à des individus de race différente. Je puis cependant déclarer, d'après mes observations personnelles, que le tibia des individus de race Etaropxus était souvent comprimé. Cette compression, que Manouvrier distingue avec soin de la platycnémie véritable, est bien évidente sur des sujets dont je possède les squelettes entiers, et dont le crâne est d'£uro/Mni5.

Les os courts et plats ont encore moins attiré l'attention. C'est une lacune re^o^ettable dans nos connaissances.

L'analomie de race étant peu avancée, on doit s'attendre

à ce que les parties molles soient encore moins connues. De fait nous ne savons à peu près rien do Tangiologie, de la myologie diEuropœus. Pour la splanchuologie les données sont moins rares» mais ne portent que sur le cerveau et l'appareil génital. Les planches des anatomistes anglais nous renseignent plutôt sur le cerveau à'Europœus que sur le cerveau en général, mais le travail n'a pas été fait dans un esprit de com[araison. H est pourtant évident, si l'on met à nu le cerveau d'un Europœus et celui d'un Alpinus, que si toutes les parties sont les mômes, les détails des plis varient, et que leur position respective est modifiée d'une manière appréciable, le premier cerveau étant bien plus long et moins large ^ Le ?eul travail sérieux que je cônnaifse est la monographie du cerveau des Lettes, peuple lithuanien, par Weinberg {Das Gehirn der Lettenj Cassel, Fischer, 1896), illustrée de pliotogravures. La thèse de doctorat de Weinberg (Die Gehirnwendungen bei den Esteriy Dorpat, Mattiesea, 1894) est sans planches et porte sur un nombre trop restreint de sujets. Puissent les anatomistes abandonner l'anatomie cérébrale classique pour l'anatomie systématique par races ; le jour où leurs travaux auront fourni des matériaux suffisants, l'anthroposociologie pourra so fonder sur des bases plus précises que la cràniométrie.

Les travaux de Weinberg ne comportent de comparaison possible qu'au point de vue du poids du cerveau. Boyd a trouvé pour 306 cerveaux masculins de 21 à 50 ans, vraisemblablement presque tous britanniques, un poids moyen di) 1359 grammes. Meyer et Ileiberg, sur 90 cerveaux masculins du même âge, d'un Hôpital de Copenhague, et probablement en grande majorité danois, ont trouvé 1365. Dix Letles ont donné

f . Voyez quelques indications dans Le Fort, La topographie cranio-cérébrale, Paris, Alcan, 1890.

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à Weinberg un poids plus fort, 1403 grammes. Même différence pour les femmes, 1223, 1226, 1250.

L'appareil génital, du moins celui de la femme, est d'une importance anthropologique très considérable. Les gynécologistes observateurs prétendent reconnaître la rac3 d'une femme à la seule inspection des organes génitaux. De fait, chez les femmes à*Alpinus et d'EuropêSus^ la conformation de toutes les parties de l'appareil est aussi différente que celle du squelette crânien et les formes générales. Les grandes lèvres 1res (lévelo|>|)ées accusent chez Europœits 9 une évolution très avancée. CeU3 race s'écarte le plus de la forme simienne, sans grandes lèvres disliuctes. Les petites lèvres sont grandes, moins cependant que chez certaines races africaines, et sans pigmentation •. Les organes externes sont volumineux, placés plus en bas et en arrière que chez la femme Alpinus. C'est un caractère d'infériorité, que nous trouvons chez les singes : la vulve de la Femelle est presque toujours chez ceux-ci plus ou moins visible en arrière. Par ce caractère la femme Europssiis se rapproche des races dolichocéphales noires, et surtout des mélanésiennes, qui pratiquent naturellement le coït more pe-

i. Pour les plis labiaux, voir Cénas, Les petites lèvres au point de vue anthropologique et médico-légal, AFAS, 1897, lî, 708. On ne saurait trop insister sur l'importance des variations ethniques de l'orifice vulvaire; rignopance des médecins légistes, qui ne connaissent pas le caractère etlmique de certaines conformations, aboutit très souvent à des erreurs judiciaires de la plus hauie gravité. C'est dans les affaires essentiellement subordonnées à une conception religieuse, comme celles de mœurs, qu'il conviendrait de réduire au minimum les erreurs scientifiques, et c'est là qu'elles sont le plus nombreuses, les médecins môme les meilleurs n'étant d'ordinaire pas anthropologistes. Une des affaires qui m'ont valu le plus de succès comme ministère public mais qui chargent le plus lourdement ma conscience était uniquement basée sur une erreur de ce genre. C'est pourquoi je crois devoir insister sur la nécessité d'exiger des médecins légistes la connaissance de l'anthropologie.

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cudum. Le vagin est ample et long, Tutérus plus allongé que chez la Temme Alpinus, terminé par un col très allongé. Cette conformation différente de l'utérus des deux races principales de nos populations aboutit chez les métisses à une fréquente déviation , cause dinfécondité. L'utérus conformé sur un modèle diflférent à droite et à gauche ne présente plus son oriGce dans Taxe du vagin, et la fécondation devient une affaire de hasard.

Les diflFérentes conformations de l'hymen se trouvent chez la jeune fille, mais le type du diaphragme à ouverture centrale m'a paru prédominer d'une manière plus marquée.

L'appareil génital masculin ne présente de remarquable que son volume, en rapport avec la cavité des organes féminins, et la tendance au développement du prépuce. Le premier caractère rapprocherait Etiropœus d'Afer, si la verge longue et volumineuse de celui-ci n'était en môme lemps llasque et incomplètement érectile. Le second caractère, déjà observé par les Grecs et très indiqué par leurs statuaires, prédispose au phimosis et marquerait la race comme destinée à la circoncision.

L'histologie (VEuropœtis est tout entière à faire. Nous avons seulement des notions approximatives sur la cellule cérébrale et sur les cheveux, ces derniers de coupe elliptique, C3mme chez la généralité des races dolichocéphales. Le pigment, d'une manière générale, est rare, les chromoblastes sont dans un état de dégénérescence qui sera étudié au chapitre suivant.

Physiologie. — La physiologie de race est encore à faire, celle de notre race comme les autres. Elle est dominée par deux faits fondamentaux, le tempérament lymphatique, et la puissance des échanges quand Tindividu est mis en mesure de réagir contre son tempérament. Europœus est grand man-

geur, grand buveur, ce qui le place dans une condition écononaique fâcheuse pour la concurrence avec les races plus sobres. L'exigence de ses besoins est peut-être un des éléments principaux quidéterniinent les sélections sociales par déplacement. Le travail qu'il fournit est d'ailleurs plus élevé, en raison de la consommation qu'il fait. Les excréta sont abondants, surtout les sueurs qui deviennent intenses sous Tinfluence du travail et de la chaleur, môme modérés.

La physiologie pathologique d'EuropâBus est peu connue, mais Taptitude plus grande à certaines affections est marquée. La myopie, la hernie sont plus fréquentes que chez les autres races. Le lymphatisme entraine une prédisposition à toutes sortes de maladies. La scrofule, la blennorhagie sont particulièrement répandues et graves. La tuberculose pulmonaire cause une mortalité proportionnelle bien plus forte chez EuropaBUs que chez Alpinus, Les hôpitaux n'ont pas encore Thabitude de relever les caractères anthropologiques de leurs clients et d'établir une statistique des maladies par races, mais le travail a été fait individuellement dans plusieurs pays. Landouzy en France, Beddoe en Angleterre ont constaté l'aptitude majeure des dolicho- blonds à la phtisie. En Amérique Kuapp a trouvé 477 dolichocéphales sur 484 cas de tuberculose. Pour diverses maladies à terminaison rapide, la suette miliaire par exemple, la race exerce une intluencc marquée. Dans l'Ouest, les épidémies do suette ont enlevé parfois la totalité des blonds d'un village, respectant les bruns. Comme les dolicho-blonds sont rares au dessus de Taltitude de 100 mètres, très rares aux altitudes élevées, il en résulte que les maladies auxquelles cette race est prédisposée sont plus rares dans les montagnes et sur les hauts plateaux. C'est ce qui parait probable pour la tuberculose, et à peu près certain pour le trachome, d'après les recherches de Chibret {Etude de géogra-

phie ophtalmologique sur le trachome , Paris, Steinheil, 1896).

Le tempérament d'Europœus comporte une exacte adaptation à un climat particulier. Sous ce climat, la race est remarquablement vivace et féconde. J*ai montré dans Sélections sociales (p. 182-183) la longévité plus grande des peuples dolicho-blonds. Il semble au contraire que sous des climats différents la r(^sistance à'Europxus soit très diminuée, même inférieure à celle des autres races au milieu desquelles il vit. Ce phénomène n'est pas propre aux régions chaudes. On l'observe même dans le midi de la France et dans toute l'Europe méridionale. En Algérie les dolicho-blonds ne parviennent pas à s'acclimater. La disparition des colonies alsaciennes et prussiennes d'Algérie a été très remarquée. Je dois ajouter que cette élimination a été fortement aidée par les habitudes d'intempérance. On ne peut toutefois expliquer seulement par cette intempérance des parents l'excessive mortalité infantile qui a été la cause principale de la disparition de la colonie prussienne sous l'Empire et de celles des Alsaciens après la guerre. Les colonies allemandes de l'Amérique du Sud ne résistent pas davantage. On peut objecter l'exemple des Boers, qui sont de purs Europœusy et celui des anciens Libyens, mais les Boers résisteront-ils au Transwaal, c'est ce que nous ne pouvons afBrmer. Ils résistent au Cap, mais le climat est moins chaud, bien plus humide. Quant aux Libyens, ils ont existé en Afrique à une époque où le climat élait tout autre, et depuis deux mille ans ces peuples qui vivaient alors à la façon des Boers, promenant leurs troupeaux et leurs chariots dans les pâturages et les forètSy se sont graduellement éteints laissant la place à des races mieux faites pour le climat nouveau.

Ce phénomène de moindre résistance des Europseus hors de leur climat naturel est accompagné d'un phénomène menaçant et significatif. La supériorité physique et psychique l'arten. 3

à'EiiropâBus, taille, force, virilité de caractère, parait ainsi que la longévité dépendre d'une plus longue durée de la croissance, ou plus exactement d*un prolongement de l'enfance et de l'adolescence. La puberté est très tardive chez Europxtis dans son pays natal, et ce n'est pas un fait contesté que la puberté soit le signal d'un arrât du développement physique et psychique chez toutes les races. Or ce caractère si important est perdu d^emblée par Europmus dans les pays chauds, et même tempérés chauds. En Italie, dans le midi de la France, en Espagne, la puberté des dolicho-blonds est de deux ou trois ans plus précoce. Chose remarquable, elle est même plus précoce en général que celle des autres populations. Aux Antilles, les créoles blondes^sont réglées presque aussitôt que les négresses. Cette avance de la puberté parait en rapport direct avec le moindre développement physique et la moindre virilité morale des créoles Europœus^ comparés à leurs congénères d'Ecosse, de Suède ou de Poméranie.

Races. — Europœus présente une grande uniformité de caractères, et les variantes individuelles dépassent en général les limites des diverses sous-races que l'on chercherait à établir. Il est certain cependant que l'évolution d'Europœtis a dû comporter une série de nuances intermédiaires à partir de la race dont il est dérivé, certain aussi que les milieux un peu différents dans lesquels se sont faites les évolutions spéciales des divers peuples de race Europœus ont dû imprimer à ces peuples des caractéristiques un peu différentes. Par suite du mélange ou d'autres raisons, on voit aujourd'hui, partout où vit le blond, ses diverses formes coexister en proportions va» riables.

Les sous-races réellement discernables sont au nombre de

trois.

La première est surtout néolithique. Au point de vue ostéologique elle se distingue par une taille moindre, un indice céphalique moyen plus faible, oscillant autour de 72. Les courbes du crâne sont moins convexes, les tibias souvent affectés de platycnémie fausse. Je crois que cette race, qui représente un développement encore incomplet &Europœus, devait être blond foncé ou châtain clair, avec une propension individuelle à l'érythrisme. Nous connaissons Tostéologie de cette race par les sépultures néolithiques, surtout par celles d'Ani^leterre et de France. Je n'insiste pas, j'aurai à en parler dans le chapitre iv. au sujet des néolithiques d'Angleterre et de France. L'aspect extérieur nous est connu par des centaines de portraits peints sur les murs des tombes égyptiennes, depuis la quatrième dynastie jusqu'à la fin de l'époque des Pharaons. Nulle part nous ne trouvons le blond cendré, caractéristique de la Forme la plus parfaite à*Europasus.

Comme éléments vivants on peut rattacher à cette race la plupart des dolicho-blonds de l'Afrique du Nord, une grande partie de ceux de l'Espagne, du S. 0. et du midi de la France, et peut -être beaucoup d'habitants des Iles Britanniques et de la France. On trouve d'ailleurs un peu partout des exemplaires de cette variété, mais en dehors de ces régions on ne peut soupçonner si Ton a affaire à un cas d'hérédité ou à une variation individuelle. Il tombe sous le sens que dans les autres fractions de la population Europœus il peut naître des individus un peu moins robustes, un peu moins blonds, à crâne un peu moins convexe.

Cette première sous-race présente des analogies avec le méditerranéen brun, H. meridionalis. S'agit-il d'une variation ostéologique parallèle, faut- il y voir la trace d'une origine méditerranéenne partielle de la race ou d'un croisement ancien, faut-il regarder au contraire le méditerranéen brun

comme le descendant plus ou moins croisé de noirs, plus ou moins guéri de son demi-vitiligo, plus ou moins dégénéré de la première sous-race? Je ne crois pas qu'il Foit possible de résoudre ces problèmes. Il est possible d'ailleurs que ces diverses propositions, qui ne sont point incompatibles au fond, soient toutes exactes dans des catégories de cas.

Dans sa Fauna mecica, Linné a établi deux autres sousraces.

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